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EAN : 9782864326526
90 pages
Éditeur : Verdier (06/05/2011)
4.15/5   311 notes
Résumé :
Dans cet essai sur l'esthétique japonaise, publié en 1933, l'écrivain défend une esthétique de la pénombre comme réaction à l'esthétique occidentale où tout est éclairé. Il revendique la patine des objets en opposition à la manière lisse de l'Occident.
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
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LesPetitesAnalyses
  14 avril 2021
Conseiller un livre est une entreprise périlleuse. Combien de fois n'ai-je pas recommandé tel bouquin à telle personne en étant certain qu'ils allaient devenir inséparables, que les pages allaient se faire bouffer toutes crues en une poignée d'heures ! La réalité m'a souvent remis les yeux bien en face des orbites: j'aurais fait un pitoyable libraire ou bibliothécaire.
Chaque lecteur potentiel a des goûts spécifiques, des attentes particulières qui varient en fonction de son vécu, ainsi qu'un degré "d'influençabilité" personnel tellement volatile qu'il faut être fin psychologue avant de dénicher l'objet idéal et ensuite débiter la phrase fétiche “j'ai le livre qu'il te faut !” Avant d'être partagée, la lecture reste un repli où l'on entre en résonance (ou pas) avec une histoire. D'ailleurs, ne dit-on pas que c'est le livre qui nous choisit et non l'inverse?
Tout comme dans l'action d'écouter une musique, il y a dans la lecture une part non négligeable d'initiation. Rares sont les personnes, par exemple, qui discernent à la première écoute la multitude de variations et de nuances d'un concerto de Bach. Il faut être un minimum aiguillé afin d'ouvrir le champ des possibles. La littérature n'échappe pas à cette règle initiatique. Si une personne vous montre dès l'enfance la lecture comme source de plaisir, il y a de grandes chances que vous tournerez des centaines de milliers de pages tout au long de votre vie. Cette initiation continue au gré de personnes rencontrées, de libraires chez lesquels on va fouiner, ou encore de blogs tels que l'excellent Bibliofeel qui propose des chroniques en dehors des sentiers battus. C'est d'ailleurs via ce site que le livre Éloge de l'ombre de Junichirô Tanizaki s'est mis à me faire de l'oeil. Analyse de cet ouvrage culte japonais. 行こう!
Afin de mieux saisir l'intérêt de ce livre publié pour la première fois en 1933, il est important de dire un mot sur Junichirô Tanizaki ainsi que sur la période durant laquelle il écrivit ce bref essai. D'abord l'homme, né un 24 juillet 1886 à Tokyo, est un écrivain qui a, dès ses premiers écrits, apporté un style qui brisa les codes littéraires japonais de l'époque lorgnant jusque-là du côté du romantisme et du naturalisme. Tanizaki a gardé tout au long de sa vie cet esprit anti-conformiste en faisant fi des courants qui traversaient le Japon de la fin du XIX au début du XXe siècle. C'est ce que l'on appelle l'ère Meiji du nom de l'illustre empereur nippon.
Cette période est un tournant dans l'Histoire du Japon. Ce pays, qui vécut pendant des siècles loin de l'influence culturelle et technologique occidentale, se voit soudainement chamboulé par une manière de vivre diamétralement opposée aux siècles de tradition et entre, d'un coup, dans l'ère de la modernité.
Ces deux éléments, c'est-à-dire la gouaille de Tanizaki et l'entrée dans le monde moderne sont pour moi, le socle de l'Éloge de l'ombre où l'auteur japonais regarde le présent en mettant dans la balance le poids d'un héritage multiséculaire.
Le Japon d'autrefois avait alors une identité forte, imprégnée d'une notion de beauté très différente de nos standards occidentaux. Et l'auteur de nous faire découvrir l'âme nippone ancestrale. Celle qui était habituée au dépouillement, à l'obscurité ainsi qu'aux ombres. Chez Tanizaki point de place pour l'éblouissement par la lumière qu'il considère inadaptée à la vie de l'archipel :
“ En fait, la beauté d'une pièce d'habitation japonaise, produite uniquement par un jeu sur le degré d'opacité de l'ombre, se passe de tout accessoire. L'Occidental, en voyant cela, est frappé par ce dépouillement et croit n'avoir affaire qu'à des murs gris dépourvus de tout ornement, interprétation parfaitement légitime de son point de vue, mais qui prouve qu'il n'a point percé l'énigme de l'ombre. “
Il y a dans le concept d'obscurité un respect profond et subtile pour l'environnement dans lequel il se manifeste. Il s'agit d'un tout et non d'une simple variation lumineuse. L'auteur japonais nous emmène jusque dans les toilettes japonaises de l'époque qui était, de nouveau, l'exact opposée des nôtres. Là, pas de carrelage ni de faïence, pas de pièce chauffée à la blancheur immaculée mais une annexe près des feuillages où le confort boisé est certes rudimentaire mais en adéquation parfaite avec la nature. À l'instar de ces lieux d'aisance, Tanizaki nous fait alors découvrir pourquoi l'obscurité était présente partout des WC aux meubles laqués noirs jusqu'aux ustensiles de cuisine rarement brillants mais souvent sombres. C'est qu'il y avait une recherche de poésie dans ce Japon ancestral. L'ombre était alors l'écrin parfait pour mettre en valeur des choses lumineuses telles que certaines couleurs éclatantes comme l'or ou plus banalement dit le… doré.
Cette conception de la beauté à travers l'obscurité est, sans doute, quelque-chose qui continue de perturber bon nombre d'entre-nous qui ne jurons que par la recherche absolue de lumière. Ne dit-on pas qu'une personne est rayonnante voire solaire? À contrario, n'utilisons-nous pas tout un vocabulaire péjoratif lié à l'ombre pour décrire des faits négatifs ? Pourtant les nuances et la subtilité ne se découvrent qu'à travers des jeux d'ombres. Les artistes sont sans doute les premiers à utiliser cet aspect positif de la pénombre. Il suffit d'admirer un chef d'oeuvre de la peinture pour se rendre compte de sa présence indiscutable. Sans elle, la peinture serait totalement différente. Il en va de même pour la photographie, la musique, la calligraphie et bien d'autres pratiques. le livre de Junichirô Tanizaki est culte car il a renversé la réflexion sur le beau en l'abordant, dès le départ, à travers l'obscurité et non via le poncif éculé qu'est la lumière.
“ Je crois que le beau n'est pas une substance en soi, mais rien qu'un dessin d'ombres, qu'un jeu de clair-obscur produit par la juxtaposition de substances diverses. de même qu'une pierre phosphorescente qui, placée dans l'obscurité émet un rayonnement, perd, exposée au plein jour, toute sa fascination de joyau précieux, de même le beau perd son existence si l'on supprime les effets d'ombre. “
Conclusion
Avec ce livre épais de 90 pages seulement, Tanizaki a renversé les codes conventionnels et donné une perspective déroutante afin de nous parler d'un Japon aujourd'hui disparu mais dont l'onde de choc continue encore de se faire sentir aujourd'hui. Car, si son ode à la faveur de l'obscurité peut-être lue de manière historique, artistique ou encore folklorique, elle est aussi une exceptionnelle mise en abyme de la manière dont fonctionne une modernité qui oublie d'où elle vient. Cette recherche viscérale de progrès qui nous fait détester la moindre parcelle d'ombres en nous. Il faut que tout scintille jusqu'à l'épuisement. Et que restera-t-il quand tout s'éteindra à nouveau? Il restera l'obscurité car c'est du néant que jaillit la lumière.
Un livre à mettre entre toutes les mains 😉
À bientôt,
Lien : https://lespetitesanalyses.c..
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torpedo
  20 mars 2020
Dans ce court essai, JunichiroTanizaki met en parallèle la conception de l'esthétique en Occident et en Orient. Notre regard, notre comportement, sont étroitement liés aux matériaux (carrelage, bois, papier, laque, céramique), aux couleurs, mais plus encore à l'éclairage qui influencent non seulement notre approche de l'espace mais également notre représentation de l'autre, en particulier de la femme. Pour illustrer son propos, l'auteur insiste sur la construction et l'agencement des maisons, sur la représentation théâtrale.
Pourquoi cet écrit datant de 1933 peut-il encore de nos jours autant nous parler ? Par la différenciation qu'il propose de l'ombre, de la pénombre, du clair obscur et même des ténèbres. J'y ai surtout vu l'idéalisation par l'auteur d'un Japon traditionnaliste déjà menacé à la sortie de ce livre par les conceptions occidentales.
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Akayashi
  17 mars 2016
Éloge de l'ombre et par là même mise en valeur de l'esthétique japonaise dans tout ce qu'elle a de plus singulier et fascinant. Tel est le désir de Junichiro Tanizaki lorsqu'il entreprend l'écriture d'un essai qui se révèlera très juste, beau et intéressant.
Dans ce livre, donc, Tanizaki se veut le défenseur d'un Japon traditionnel face à un occident moderne toujours plus à la recherche du progrès : il explique d'ailleurs que là où les japonais apprécient un objet vieilli, voilé et aux reflets profonds, les occidentaux s'empressent de tout faire briller.

Mais l'opposition qui est au coeur de l'éloge de l'ombre, c'est celle de l'obscurité que prône Tanizaki, synonyme de suggestion (et donc d'imagination), de subtilité, de retenue et de calme, a contrario de la vive clarté tant recherchée par l'occidental. Pourtant, en cherchant à chasser la moindre parcelle de ténèbres et en privilégiant la lumière, on gagne certes en visibilité mais on perd aussi énormément en profondeur.

L'auteur se sert très bien de ses souvenirs et évoque non sans un certain désarroi un certain moment passé avec ses amis :
« Une fois déjà l'on m'avait gâché ainsi le spectacle de la pleine lune : j'avais projeté, une certaine année, d'aller la contempler en barque, à la quinzième nuit, sur l'étang du monastère de Suma ; je conviai donc quelques amis et nous y vînmes, munis de nos provisions, pour découvrir que l'on avait, sur tout le pourtour de l'étang, suspendu de joyeuses guirlandes d'ampoules électriques multicolores ; la lune était d'ailleurs au rendez-vous, mais autant dire qu'elle n'existait plus. »
Petit à petit, on ressent tout de même l'inquiétude de l'homme face au fait que les japonais cherchent à imiter les occidentaux, en particulier en matière d'éclairage.

Au final, beaucoup d'exemples sont employés et le passé a valeur de preuve, preuve que l'ombre est un élément inséparable dans la notion de beau au japon.

Un grand livre, qui mérite amplement la note qui est la sienne sur le site.
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Alzie
  23 août 2018
Il m'a franchement amusée Junichirô Tanisaki, dans les toutes premières pages de cet éloge, en énonçant les principes fondamentaux d'un art de vivre japonais menacé par la modernité occidentale qui chahute déjà largement les usages traditionnels dans l'archipel au moment où il écrit (1933). Ainsi, quand les commodités les plus élémentaires de la maison d'habitation sont concurrencées par de rutilantes cuvettes à chasse d'eau, de disgracieux calorifères ou d'inconvenants éclairages électriques, se plait-il à rappeler combien ces "avancées" utilitaires s'accordent mal à l'idéal japonais des "petits coins" dont le lecteur découvre les principes, quelques pages plus loin, aux monastères de Nara ou de Kyôto. Puis convoquant le "génie national" Tanizaki questionne ironiquement cette victoire de l'hygiénisme rampant sur des habitudes largement séculaires. Entre purisme de la tradition et modernisme effréné lui, qui n'est pas totalement insensible aux sirènes du confort, tente avec humour de se frayer une voie médiane au grand péril de son budget. Mais cet antagonisme des valeurs sur lequel il s'attarde volontiers n'est qu'un prétexte, le véritable propos est ailleurs.
Une vraie philosophie cette esthétique de l'ombre et tant de grâce dans l'écriture d'un si petit recueil. Une quête de la beauté enfouie dans l'obscur qui revêt avec Tanizaki une densité insoupçonnée dans l'art d'habiter. Les sobres et discrets moyens de l'ombre convoquant les effets suggestifs les plus inattendus. La présence d'un auvent, le shôji d'une entrée, le fond d'une alcôve (Toko no ma), chaque recoin de la maison, chaque parcelle de matériau ou d'ustensile, la forme d'un aliment (jôkan), l'usure d'une patine deviennent promesse d'émotion sous lumière tamisée ou même indigente ; mais aussi le jeu de l'acteur (nô), le trait d'un maquillage, la pigmentation de la peau. Parcours de beauté peu ordinaire qui ne dévie jamais, malgré la subtilité de certains détours, d'un axe de sensualités où les plaisirs de l'oeil et du toucher s'allient à ceux du goût ou de l'oreille. Car outre l'objet, le geste, l'instant, toutes les sensations passent l'épreuve de l'ombre dans cet art inépuisable de la rêverie et de la contemplation auquel semble nous inviter l'auteur : une texture de papier (le hoshô duveteux), une saveur sublimée, une clarté suggérée dans un jeu d'opacités, le décor d'un laque, la profondeur d'un silence. A la moitié du livre, on se prend à plonger le regard au fond d'un bol laqué, en méditant sur quelques reflets luisants agitant la surface d'un simple bouillon. La grande prêtresse, ici, c'est l'ombre, la lumière devient accessoire. Dépaysant à plus d'un titre. Un pas vers la sérénité.
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LUKE59
  22 avril 2013
Dans ce court essai écrit dans les années 30, l' auteur tente de nous (les occidentaux) faire comprendre les règles élémentaires qui régissent la vie quotidienne dans un Japon traditionnel. Il y est question de la douceur d' une lumière naturelle tamisée par les shôji, de dépouillement décoratif, de silence, de refus du clinquant.......Tout en admettant les bienfaits apportés par les progrès techniques galopants, Junichirô Tanizaki estime cette esthétique fortement menacée , par exemple par l' éclairage cru de l' ampoule électrique venant boulverser ces délicats jeux d' ombre et de lumière baignant l' intérieur des maisons traditionnelles.En bref, un livre bien écrit , non dénué d' une pointe d' humour, intéressant tant sur le plan culturel que philosophique.
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critiques presse (3)
NonFiction   15 décembre 2011
Éloge de l’ombre (1933) est à la fois un essai magnifiquement écrit, original et pénétrant, et un texte imprégné de discours culturaliste qui brode à l’excès sur le thème de l’antagonisme occident/orient (Japon) au point d’en être quelque fois irritant et souvent schématique.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Lexpress   26 juillet 2011
La réédition du chef-d'oeuvre de Tanizaki, Eloge de l'ombre, à savourer dans toute sa subtilité.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   28 juin 2011
Le lecteur se laisse bercer par ce passage en revue encyclopédique quasi hypnotique, sans toujours saisir le dessein du maître. Heureusement, Tanizaki finit par vendre la mèche. Il est en mission pour régler son compte à une littérature japonaise coupable de s'être approprié les artifices du roman occidental.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
sterster   11 mai 2011
[...] à un éclat superficiel et glacé, nous avons toujours préféré les reflets profonds, un peu voilés; soit, dans les pierres naturelles aussi bien que dans les matières artificielles, ce brillant légèrement altéré qui évoque irrésistiblement les effets du temps. "Effets du temps", voilà certes qui sonne bien mais, à vrai dire, c'est le brillant que produit la crasse des mains. Les Chinois ont un mot pour cela, "le lustre de la main"; les Japonais disent l'"usure" : le contact des mains au cours d'un long usage, leur frottement, toujours pratiqué aux mêmes endroits,produit avec le temps une imprégnation grasse; en d'autres termes , ce lustre est donc bien la crasse des mains.
[...] Contrairement aux Occidentaux qui s'efforcent d'éliminer radicalement tout ce qui ressemble à une souillure, les Extrême-Orientaux la conservent précieusement, et telle quelle, pour en faire un ingrédient du beau.
+ Lire la suite
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DYPDYP   09 octobre 2012
Le papier est, nous dit-on, une invention des Chinois; toujours est-il que nous n'éprouvons, à l'égard du papier d'Occident, d'autre impression que d'avoir affaire à une matière strictement utilitaire, cependant qu'il nous suffit de voir la texture d'un papier de Chine, ou du Japon, pour sentir une sorte de tiédeur qui nous met le coeur à l'aise. A blancheur égale, celle d'un papier d'Occident diffère par nature de celle d'un hôsho ou d'un papier blanc de Chine. Les rayons lumineux semblent rebondir à la surface du papier d'occident, alors que celle du hôsho ou du papier de Chine, pareille à la surface duveteuse de la première neige, les absorbe mollement. De plus, agréables au toucher, nos papiers se plient et se froissent sans bruit. Le contact en est doux et légèrement humide, comme d'une feuille d'arbre.
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sterster   11 mai 2011
Le bol de laque au contraire, lorsque vous le découvrez, vous donne, jusqu'à ce que vous le portiez à la bouche, le plaisir de contempler, dans ses profondeurs obscures, un liquide dont la couleur se distingue à peine de celle du contenant et qui stagne, silencieux, dans le fond. Impossible de discerner ce qui se trouve dans les ténèbres du bol, mais votre main perçoit une lente oscillation fluide, une légère exsudation qui recouvre les bords du bol, vous apprend qu'une vapeur s'en dégage, et le parfum que véhicule cette vapeur vous offre un subtil avant-goût de la saveur du liquide, avant-même que vous en emplissiez votre bouche. Quelle jouissance dans cet instant, combien différente de ce que l'on éprouve dans une assiette plate et blanchâtre de style occidental ! Il est à peine exagéré d'affirmer qu'elle est de nature mystique, avec même un petit goût zennique.
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ivredelivresivredelivres   18 juin 2011
Je crois que le beau n’est pas une substance en soi, mais rien qu’un dessin d’ombres, qu’un jeu de clair-obscur produit par la juxtaposition de substances diverses. De même qu’une pierre phosphorescente qui, placée dans l’obscurité émet un rayonnement, perd, exposée au plein jour, toute sa fascination de joyau précieux, de même le beau perd son existence si l’on supprime les effets d’ombre.
Commenter  J’apprécie          360
sterster   11 mai 2011
Avez-vous jamais,vous qui me lisez, vu "la couleur des ténèbres à la lueur d'une flamme"? Elles sont faites d'une autre matière que celles des ténèbres de la nuit sur une route, et si je puis risquer une comparaison, elles paraissent faites de corpuscules comme d'une cendre ténue, dont chaque parcelle resplendirait de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.
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Vidéo de Junichirô Tanizaki
Émission “Une vie une oeuvre” de Matthieu Garrigou-Lagrange diffusée sur France Culture et consacrée, le 15 décembre 2012, à l'évocation de l'écrivain japonais Jun'ichirō Tanizaki. “Jun'ichirō Tanizaki, l'emprise des sens”. Par Michel Pomarède. Réalisation : Jean-Claude Loiseau. Jun'ichirō Tanizaki est le seul écrivain japonais publié en Pléiade, seul à faire l'unanimité parmi les spécialistes de littérature japonaise, dont il est l'enfant terrible. Alors que Mishima se mêle de l’histoire de son pays en fondant une milice paramilitaire, que Kawabata signe un appel en 1967, un an avant de recevoir le Nobel de littérature, contre la révolution culturelle en Chine, Tanizaki se tient en retrait de la vie publique. S’il est engagé, c’est dans son œuvre. Son obsession : donner libre cours à ses intrigues, ses narrations et ses fantasmes. Ceux-ci apparaissent sont révélés dès sa première nouvelle, publiée en 1910, à l’âge de 24 ans, et intitulée « Le Tatouage ». Il y met en scène des rapports sadomasochistes et fétichistes du pied. Adepte dans sa vie de relations triangulaires, il cède sa femme à un ami et l’annonce dans les journaux ! Il fait scandale en incarnant lui même son œuvre. À sa mort en 1965, il est au panthéon des lettres japonaises. En France, c'est surtout pour son court essai intitulé « Éloge de l’ombre », qu'il est connu. Une vie, une œuvre pénètre au cœur des fantasmes de cet ogre littéraire et met en lumière cet obsédé textuel.
Avec les traductrices et professeurs de japonais, Anne Bayard Sakai, Cécile Sakai, Jacqueline Pigeot, les romanciers René de Ceccaty et Michael Ferrier, le spécialiste du cinéma japonais underground Julien Sévéon et Agnès Giard, auteur des “Histoires d’amour au japon (des mythes fondateurs aux fables contemporaines)” et aussi du dictionnaire érotique au Japon, publiés chez Glenat.
Bibliographie : Les 2 volumes de Tanizaki dans la Pléiade Le volume In-quarto Tanizaki , publié chez Gallimard Les livres d’Agnès Giard chez Glénat Le cinéma enragé au Japon, publié par Rouge Profond, par Julien Sévéon
Sites internet : www.shunkin.net/tanizaki/accueil/accueil.html (bio et biblio complète) www.plathey.net/livres/japon/tanizaki.html (bio et adaptations cinématographiques)
Thèmes : Arts & Spectacles| Asie| Littérature Etrangère| Jun'ichirō Tanizaki
Source : France Culture
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