AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet

Cécile Sakai (Traducteur)
EAN : 9782070423866
214 pages
Gallimard (27/05/2002)
3.78/5   183 notes
Résumé :
Junichiro Tanizaki occupe une place à part dans l'univers de la littérature japonaise. Admiré, ayant reçu tous les honneurs, il n'a cependant fait partie d'aucune école et n'aura pas eu de disciples. Serait-ce la rançon de son absence d'engagement politique ou philosophique ?

Peu lui importe en somme, Tanizaki est un observateur qui se place à bonne distance de ses personnages, sans que cette réserve lui interdise toutefois d'insérer dans ses romans ... >Voir plus
Que lire après Journal d'un vieux fouVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
3,78

sur 183 notes
5
7 avis
4
5 avis
3
8 avis
2
3 avis
1
0 avis
Un septuagénaire, au portefeuille garni, tombe sous le charme de la femme de son fils. Cette dernière prend grand soin de lui, mais à un certain prix.

Je n'ai pas particulièrement aimé ce roman. La vieillesse est un thème qui ne me dérange pas, puisqu'il fait partie intégrante de la vie. Mais le côté pervers du vieux grabataire ne m'a pas plus emballée que ça. J'avoue avoir été perturbée également par le côté non moral de "l'histoire sexuelle" entre une belle fille et le père de son mari, d'autant que tout ceci se passe au Japon et que le respect et les règles de vie y sont assez pointus.
La "demoiselle" n'est pas en reste, accepter tous les caprices sans exceptions de son beau père, afin de gagner une liberté adultérine et financière n'est pas non plus très moral, à mon sens.

Alors bien évidement j'ai bien compris que l'auteur aimait ces personnages décadents et au côté obscur , et j'ai bien compris également ce qu'il voulait démontrer. Mais ça ne m'a pas emballé plus que cela... disons qu'il a un peu poussé le bouchon en faisant trop à mon goût.

J'ai par contre beaucoup apprécié sa plume, très descriptive.
Commenter  J’apprécie          7712
A priori, rien ne permet de s'enthousiasmer pour le journal de ce vieil homme,c'est le journal d'un malade et qui donc raconte sa vie médicalisée, il est aigri et n'aime pas sa famille : femme et fils. Pourtant quand ce vieil homme raconte comment sa belle fille lui crée des pulsions érotiques , le journal s'anime .
Junichiro Tanizaki a très bien su alterner et mélanger les passages médicamenteux et d'excitation pour créer l'intérêt du lecteur.
Avec l'écriture de Junichiro Tanizaki, il n' a pas été difficile de s'identifier au vieux fou, et d'apprécier les talents d'allumeuse de sa belle fille. Ce livre est intéressant car les personnages sont vivants, bien que le vieux fou soit moribond.
Un autre intérêt, le livre donne des détails sur la vie japonaise : par exemple, le fait qu'on puisse demander son nom pour un nom posthume
Ce livre court présente beaucoup d'intérêts.
Commenter  J’apprécie          553
Journal d'un vieux fou… Un titre pareil, ça dit tout. La quatrième de couverture apporte quelques précisions, elle mentionne un vieillard qui s'éprend de sa belle-fille (mettre l'accent sur le mot «belle», à prendre au sens propre) et qui lui prodigue des extravagances. Je suppose qu'il y a un public et un lectorat pour tous les genres. Celui d'un vieux libidineux n'est pas celui qui m'attire. C'est le nom de l'auteur, Junichirô Tanizaki qui m'a convaincu d'emprunter le livre à la bibliothèque. Disons que ce n'est pas votre auteur japonais typique. Oh, son écriture est proche de celle de ses compatriotes, pleine de finesse, quoique parfois assez crue, mais Tanizaki ne craint pas d'aborder des sujets audacieux. Et Journal d'un vieux fou ne fait pas exception. Exit la contemplation de la nature ou les émotions renflouées. Pour tout dire, j'y ai cru à ce septagénaire excentrique, devenu impuissant mais encore très intéressé par la chose, attiré par la beauté du corps féminin, prêt à se ruiner pour quelques instants de plaisir défendu. Surtout qu'il est malade, approchant la mort, s'accrochant à ses désirs. Qui ne voudrait pas se permettre un dernier chant du cygne ? La déchéance de ce vieillard est terrible, surtout que, comme l'indique le titre, il s'agit d'un journal. Jour après jour, semaine après semaine, il raconte sa situation qui se dégrade sous les yeux des membres de sa famille. Ouch ! Je me demande ce qui est pire ? Être témoin de la détérioration de son propre corps ou savoir que d'autres en sont témoins, en particulier la femme qui nous plaît et qu'on ne veut pas dégoûter. Je recommande ce livre à ceux qui cherchent une littérature japonaise ou orientale un peu différente.
Commenter  J’apprécie          454
Quoi de plus personnel qu'un journal intime ?

Tanizaki, en nous faisant entrer dans celui d'un vieillard, nous rappelle que peu de choses seraient à même de nous fournir tant de détails, à plus forte raison sur un sujet aussi isolé que celui-ci : l'attirance d'un vieil homme pour sa belle-fille.

Satsuko justement, la belle-fille, qui est pleinement consciente de l'attrait qu'elle exerce sur son beau-père, ne va avoir aucun état d'âme à tirer avantage de la situation. D'un côté la jeune femme, pleine de charmes, fait preuve de cruauté et semble en prendre du plaisir ; de l'autre, le vieillard est dans un état de soumission en étant plutôt suppliant. Pris au piège de cette femme d'autant plus attirante qu'elle est sûre d'elle et vaniteuse, le vieux narrateur n'a de cesse de penser à elle. L'estimant tant et plus, il dépense des sommes folles pour lui offrir des objets précieux ; en échange d'un baiser sur la jambe ou le pied…

Par ailleurs, Satsuko assiste à des matchs de boxe où le sang est pour elle un agrément supplémentaire. Si cette attitude dénote d'un certain goût pour la violence, elle n'est que plus aimée pour cela.

Au fur et à mesure, le vieillard ne peut que se rendre à l'évidence : sa décrépitude est inéluctable. Peu importe l'intensité de ses désirs, ils ne peuvent se réaliser ; de plus, sa santé se dégrade vivement et la présence de Satsuko constitue un facteur aggravant… Mais ne voulant rien entendre (comme tout bon vieux), hédoniste, il part du principe qu'il vaut mieux jouir de la vie en compagnie de jolies femmes, quitte à mourir prématurément. Les désirs sexuels prennent ainsi le pas sur la raison.

Outre tout cela, Tanizaki, fidèle à l'héritage esthétique de la culture japonaise, se montre passionné sitôt qu'il parle du Japon d'antan : « Cependant je n'aime pas le Tokyo d'aujourd'hui. Je ressens une nostalgie pour Kyoto qui a un charme particulier me rappelant ce que fut jadis Tokyo. Quels sont les créateurs de ce Tokyo, une ville misérable et chaotique ? N'étaient-ils pas tous des politiciens de province, des campagnards issus de paysans qui ne comprenaient rien à la saveur du Tokyo d'autrefois ? »

Au final, ce journal d'un vieux fou peut sembler curieux, mais il n'est pas inintéressant pour autant. Satsuko, cette héroïne sulfureuse, un peu de la même manière que la femme sans coeur De Balzac, nous questionne : pourquoi le mal nous séduit tant ?
Commenter  J’apprécie          291
Le journal étant par définition un écrit intime, rien d'étonnant à ce qu'on y trouve tous les petits secrets d'une personne, parfois peu avouables ! Ici, dans ce journal, il y a les problèmes de santé de ce septuagénaire grabataire et ses traitements. Puis, ce vieux fou raconte ses pulsions sexuelles et son attirance pour sa belle-fille. Nous pourrions évidemment être choqués par le fait qu'il soit tombé sous le charme de cette personne qui est quand même la femme de son fils ; mais la jeune dame fait tout pour entretenir la flamme, et il faut reconnaître qu'elle n'a pas grand-chose à lui accorder et que ça lui rapporte beaucoup ! Car ce brave monsieur, il voudrait bien, mais il ne peut point ; certes il a des pulsions et des désirs, mais la mécanique est rouillée et il lui est impossible de concrétiser.

Alors, finalement, qui est le plus à blâmer dans cette affaire ? Ce vieux, malade, qui éprouve des sentiments pour sa belle-fille, ou cette dernière qui en profite savamment afin d'enrichir son train de vie ?

Finalement, ce vieil homme, un peu fou, est tout simplement un homme malade, qui s'ennuie, dont les relations avec sa femme ne sont plus qu'un lointain souvenir et qui va retrouver un peu (très peu) de vitalité auprès d'une jeune femme. Il refuse de se voir tel qu'il est : un vieillard cacochyme et complètement décati.

Que celui qui n'a jamais eu de pensées troubles lui jette la première pierre !

Junichiro TANIZAKI a traité ce sujet formidablement ; le journal permet vraiment de rentrer dans la tête de ce vieux et d'y lire toutes ses pensées, avouables ou pas. Il est intéressant également d'entrevoir la société japonaise et ses codes. le plus surprenant peut-être est que ce livre a été publié au Japon en 1961 !

Bref, un livre très intéressant sur les caprices d'un vieillard qui a encore des pulsions sexuelles et se rêve en adonis.

À lire installé(e) sur une natte en écoutant du Shamisen, en grignotant des Dorayaki et en buvant un bon verre de Saké ou un thé Oolong…

Mon compte Instagram : @la_cath_a_strophes

La_cath_a_strophes est également sur Facebook
Commenter  J’apprécie          270

Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Je tiens un journal simplement parce que cela m'intéresse de l'écrire. Je n'ai pas l'intention de le montrer à qui que ce soit. Ma vue s'est affaiblie terriblement de sorte que je ne peux pas lire autant que je le voudrais, alors, n'ayant pas d'autre moyen de me distraire, j'écris pour tuer le temps. J'écris au pinceau en gros caractères pour être lisible. Pour qu'il ne tombe pas sous les yeux d'indiscrets j'enferme mon carnet dans un coffre-fort. J'en ai déjà accumulé cinq maintenant. Je crois que je devrais brûler le tout un de ces jours mais j'ai peut-être avantage à les conserver. De temps en temps j'en ouvre un vieux, je suis étonné de voir combien je perds la mémoire. Les événements d'il y a un an me paraissent nouveaux ; je ne trouve pas que leur intérêt ait diminué.
Commenter  J’apprécie          400
Je souffrais tant de la main, j'avais si mal du matin au soir que je n'éprouvais plus aucun plaisir à voir le visage de Satsuko, qu'elle-même, me traitant comme un grand malade, avait cessé de me considérer comme un partenaire sérieux : quel sens cela avait-il de survivre ainsi? Pour elle, j'avais envie de vivre à tout prix, laissant le ciel décider de ma chance - car, sinon, survivre était inutile...
Commenter  J’apprécie          250
Aujourd'hui vers 15heures, j'ai fait l'expèrience de mon frisson érotique. Mais je n'ai pas eu les yeux rouges. Ma pression sanguine m'a semblé normale. J'ai resenti une petite déception. Il me manque quelque chose si mes yeux ne s'injecte pas de sang et si ma pression ne monte pas au-dessus de 20.
Commenter  J’apprécie          260
Jusqu’à la cinquantaine, j’avais peur, plus que tout, de la mort, mais ce n’est plus le cas. Faudrait-il dire que je suis fatigué de la vie ? En tout cas, j’ai l’impression que je suis prêt à mourir, et n’importe quand. Lorsque l’autre jour l’on m’a annoncé, après les radiographies à l’hôpital de Toranomon, qu’il s’agissait peut-être d’un cancer, ma femme et l’infirmière ont pâli, mais sur moi la nouvelle n’a eu aucun effet. Au point que je me suis surpris à être aussi indifférent. J’ai même ressenti une espèce de soulagement, à l’idée que cette longue, si longue existence, verrait enfin une fin. C’est pourquoi je n’ai aucunement l’intention de m’accrocher à la vie — mais aussi longtemps que je vivrai, je ne pourrai pas ne pas être séduit par le beau sexe. Je pense que cela me restera jusqu’à l’instant ultime de ma mort.

(p. 27)
Commenter  J’apprécie          70
Donc, la soixantaine passée, on m’a averti que j’étais sujet à l’hypertension, et à soixante-six ou soixante-sept ans, je suis resté alité un mois à cause d’une petite hémorragie cérébrale — mais je n’avais jamais éprouvé de véritable souffrance physique. Ma première expérience dans ce domaine date de mes soixante-seize ans, après avoir fêté cet anniversaire faste. De jour en jour, j’ai perdu ma liberté de mouvement, d’abord de la main gauche vers le coude, puis du coude vers l’épaule, puis des pieds vers les jambes — les deux jambes. Dans ces conditions, les gens doivent se demander quel plaisir je peux encore trouver à vivre — d’ailleurs moi-même je m’interroge parfois —, mais par bonheur, si j’ose m’exprimer ainsi, et curieusement, l’appétit, le sommeil et les intestins se portent à merveille.

(p. 35)
Commenter  J’apprécie          70

Videos de Junichirô Tanizaki (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Junichirô Tanizaki
« […] Akutagawa Ryunosuke (1892-1927) tenait cette nouvelle pour l'une des oeuvres les plus fortes de Shiga Naoya (1883-1971). […] Tout en usant de mots familiers réussir à donner une pareille sensation de transparence, voilà ce qui dans tout texte, à quelque genre qu'il appartienne, importe au plus haut point. […] Une telle forme d'écriture dédaigne la fleur pour obtenir le fruit : par la simplicité même, elle accède à l'essentiel comme aucun mode d'expression de la vie quotidienne ne le pourrait. […] » (Junichiro Tanizaki [1886-1965])
« […] Sa légèreté n'est qu'apparente. Elle recèle une puissance insoupçonnée. Ainsi de ces variations de Chopin, subtiles, presque imperceptibles, qui résonnent en nous, se propagent jusqu'au fond de nos entrailles comme la douleur d'une dent. […] » (Hideo Kobayashi [1902-1983])
« […] l'originalité de Shiga Naoya tient au fait que jamais dans aucune de ses nouvelles il ne se laisse aller à l'analyse psychologique de son personnage principal. Il le présente seulement comme un homme qui lutte pour essayer d'établir des relations humaines rationnelles dans le monde qui l'entoure. le personnage apparaît si profondément hanté par cette quête que Shiga Naoya ne s'attarde pas à une étude de son caractère. […] » (Sei Ito [1905-1969])
« […] En janvier 1913 paraît un premier recueil de nouvelles, dédié à sa grand-mère. le 5 août de cette même année, Shiga Naoya est renversé par un train de la ligne Yamanote. Il est grièvement blessé et doit se faire hospitaliser. Il écrit en septembre la nouvelle Han no hanzaï (Le crime de Han) puis, en octobre, part en convalescence à Kinosaki. […] L'une de ses plus belles nouvelles, Wakaï (Réconciliation) […] est publiée en 1917, peu de temps après Kinosaki nite (Le séjour à Kinosaki). […] »
17:55 - Générique
Référence bibliographique : Naoya Shiga, le séjour à Kinosaki suivi de le crime de Han, traduit par Pascal Hervieu et Alain Gouvret, Éditions Arfuyen, 1986
Image d'illustration : Autoportrait de Shiga Naoya daté de septembre 1912.
Bande sonore originale : P C III - O UT O UT by P C III is licensed under an Attribution License.
Site : https://freemusicarchive.org/music/P_C_III/O_UT_1733/O_UT
#NaoyaShiga #LeSéjourÀKinosaki #LittératureJaponaise
+ Lire la suite
autres livres classés : japonVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus


Lecteurs (533) Voir plus



Quiz Voir plus

Les mangas adaptés en anime

"Attrapez-les tous", il s'agit du slogan de :

Bleach
Pokemon
One piece

10 questions
781 lecteurs ont répondu
Thèmes : manga , littérature japonaiseCréer un quiz sur ce livre

{* *} .._..