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Cécile Sakai (Traducteur)
EAN : 9782070423866
214 pages
Gallimard (27/05/2002)
3.78/5   161 notes
Résumé :
Junichiro Tanizaki occupe une place à part dans l'univers de la littérature japonaise. Admiré, ayant reçu tous les honneurs, il n'a cependant fait partie d'aucune école et n'aura pas eu de disciples. Serait-ce la rançon de son absence d'engagement politique ou philosophique ?

Peu lui importe en somme, Tanizaki est un observateur qui se place à bonne distance de ses personnages, sans que cette réserve lui interdise toutefois d'insérer dans ses romans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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sur 161 notes
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lyoko
  21 novembre 2017
Un septuagénaire, au portefeuille garni, tombe sous le charme de la femme de son fils. Cette dernière prend grand soin de lui, mais à un certain prix.
Je n'ai pas particulièrement aimé ce roman. La vieillesse est un thème qui ne me dérange pas, puisqu'il fait partie intégrante de la vie. Mais le côté pervers du vieux grabataire ne m'a pas plus emballée que ça. J'avoue avoir été perturbée également par le côté non moral de "l'histoire sexuelle" entre une belle fille et le père de son mari, d'autant que tout ceci se passe au Japon et que le respect et les règles de vie y sont assez pointus.
La "demoiselle" n'est pas en reste, accepter tous les caprices sans exceptions de son beau père, afin de gagner une liberté adultérine et financière n'est pas non plus très moral, à mon sens.
Alors bien évidement j'ai bien compris que l'auteur aimait ces personnages décadents et au côté obscur , et j'ai bien compris également ce qu'il voulait démontrer. Mais ça ne m'a pas emballé plus que cela... disons qu'il a un peu poussé le bouchon en faisant trop à mon goût.
J'ai par contre beaucoup apprécié sa plume, très descriptive.
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pdemweb1
  18 septembre 2014
A priori, rien ne permet de s'enthousiasmer pour le journal de ce vieil homme,c'est le journal d'un malade et qui donc raconte sa vie médicalisée, il est aigri et n'aime pas sa famille : femme et fils. Pourtant quand ce vieil homme raconte comment sa belle fille lui crée des pulsions érotiques , le journal s'anime .
Junichiro Tanizaki a très bien su alterner et mélanger les passages médicamenteux et d'excitation pour créer l'intérêt du lecteur.
Avec l'écriture de Junichiro Tanizaki, il n' a pas été difficile de s'identifier au vieux fou, et d'apprécier les talents d'allumeuse de sa belle fille. Ce livre est intéressant car les personnages sont vivants, bien que le vieux fou soit moribond.
Un autre intérêt, le livre donne des détails sur la vie japonaise : par exemple, le fait qu'on puisse demander son nom pour un nom posthume
Ce livre court présente beaucoup d'intérêts.
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Sachenka
  20 avril 2018
Journal d'un vieux fou… Un titre pareil, ça dit tout. La quatrième de couverture apporte quelques précisions, elle mentionne un vieillard qui s'éprend de sa belle-fille (mettre l'accent sur le mot «belle», à prendre au sens propre) et qui lui prodigue des extravagances. Je suppose qu'il y a un public et un lectorat pour tous les genres. Celui d'un vieux libidineux n'est pas celui qui m'attire. C'est le nom de l'auteur, Junichirô Tanizaki qui m'a convaincu d'emprunter le livre à la bibliothèque. Disons que ce n'est pas votre auteur japonais typique. Oh, son écriture est proche de celle de ses compatriotes, pleine de finesse, quoique parfois assez crue, mais Tanizaki ne craint pas d'aborder des sujets audacieux. Et Journal d'un vieux fou ne fait pas exception. Exit la contemplation de la nature ou les émotions renflouées. Pour tout dire, j'y ai cru à ce septagénaire excentrique, devenu impuissant mais encore très intéressé par la chose, attiré par la beauté du corps féminin, prêt à se ruiner pour quelques instants de plaisir défendu. Surtout qu'il est malade, approchant la mort, s'accrochant à ses désirs. Qui ne voudrait pas se permettre un dernier chant du cygne ? La déchéance de ce vieillard est terrible, surtout que, comme l'indique le titre, il s'agit d'un journal. Jour après jour, semaine après semaine, il raconte sa situation qui se dégrade sous les yeux des membres de sa famille. Ouch ! Je me demande ce qui est pire ? Être témoin de la détérioration de son propre corps ou savoir que d'autres en sont témoins, en particulier la femme qui nous plaît et qu'on ne veut pas dégoûter. Je recommande ce livre à ceux qui cherchent une littérature japonaise ou orientale un peu différente.
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Akayashi
  29 août 2016
Quoi de plus personnel qu'un journal intime ?
Tanizaki, en nous faisant entrer dans celui d'un vieillard, nous rappelle que peu de choses seraient à même de nous fournir tant de détails, à plus forte raison sur un sujet aussi isolé que celui-ci : l'attirance d'un vieil homme pour sa belle-fille.
Satsuko justement, la belle-fille, qui est pleinement consciente de l'attrait qu'elle exerce sur son beau-père, ne va avoir aucun état d'âme à tirer avantage de la situation. D'un côté la jeune femme, pleine de charmes, fait preuve de cruauté et semble en prendre du plaisir ; de l'autre, le vieillard est dans un état de soumission en étant plutôt suppliant. Pris au piège de cette femme d'autant plus attirante qu'elle est sûre d'elle et vaniteuse, le vieux narrateur n'a de cesse de penser à elle. L'estimant tant et plus, il dépense des sommes folles pour lui offrir des objets précieux ; en échange d'un baiser sur la jambe ou le pied…
Par ailleurs, Satsuko assiste à des matchs de boxe où le sang est pour elle un agrément supplémentaire. Si cette attitude dénote d'un certain goût pour la violence, elle n'est que plus aimée pour cela.

Au fur et à mesure, le vieillard ne peut que se rendre à l'évidence : sa décrépitude est inéluctable. Peu importe l'intensité de ses désirs, ils ne peuvent se réaliser ; de plus, sa santé se dégrade vivement et la présence de Satsuko constitue un facteur aggravant… Mais ne voulant rien entendre (comme tout bon vieux), hédoniste, il part du principe qu'il vaut mieux jouir de la vie en compagnie de jolies femmes, quitte à mourir prématurément. Les désirs sexuels prennent ainsi le pas sur la raison.
Outre tout cela, Tanizaki, fidèle à l'héritage esthétique de la culture japonaise, se montre passionné sitôt qu'il parle du Japon d'antan : « Cependant je n'aime pas le Tokyo d'aujourd'hui. Je ressens une nostalgie pour Kyoto qui a un charme particulier me rappelant ce que fut jadis Tokyo. Quels sont les créateurs de ce Tokyo, une ville misérable et chaotique ? N'étaient-ils pas tous des politiciens de province, des campagnards issus de paysans qui ne comprenaient rien à la saveur du Tokyo d'autrefois ? »
Au final, ce journal d'un vieux fou peut sembler curieux, mais il n'est pas inintéressant pour autant. Satsuko, cette héroïne sulfureuse, un peu de la même manière que la femme sans coeur De Balzac, nous questionne : pourquoi le mal nous séduit tant ?
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mh17
  15 mars 2020
Pilule amère
Je suis un peu déçue par ce journal. Je n'ai pas retrouvé la construction ludique de la Clé ni l' humour ravageur du Pied de Fumiko.
Le narrateur est un riche vieillard malade, impuissant, égoïste mais a priori lucide. Dans son journal il décrit, à l'aide de gros caractères, sa vie quotidienne de vieillard souffrant. Elle est rythmée par ses traitements médicaux, aussi extravagants que coûteux et par la passion obsessionnelle et non moins onéreuse qu'il éprouve pour sa bru. Pour son pied précisément. Il va jusqu'à désirer une tombe foulée par les grands pieds blancs de sa belle fille.
Le vieux fou, sa famille, ses médecins font penser à de nombreux personnages de Molière ou de la Comedia dell arte. La satire sociale et morale de la famille bourgeoise sont bien présentes au milieu des suppositoires. Mais le pathétique l'emporte, on sourit, sans rire, un peu dégoutés, un peu dérangés. C'est le but du jeu, me direz-vous...mais j'ai trouvé la pilule un peu trop amère à mon goût.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   22 novembre 2014
Je tiens un journal simplement parce que cela m'intéresse de l'écrire. Je n'ai pas l'intention de le montrer à qui que ce soit. Ma vue s'est affaiblie terriblement de sorte que je ne peux pas lire autant que je le voudrais, alors, n'ayant pas d'autre moyen de me distraire, j'écris pour tuer le temps. J'écris au pinceau en gros caractères pour être lisible. Pour qu'il ne tombe pas sous les yeux d'indiscrets j'enferme mon carnet dans un coffre-fort. J'en ai déjà accumulé cinq maintenant. Je crois que je devrais brûler le tout un de ces jours mais j'ai peut-être avantage à les conserver. De temps en temps j'en ouvre un vieux, je suis étonné de voir combien je perds la mémoire. Les événements d'il y a un an me paraissent nouveaux ; je ne trouve pas que leur intérêt ait diminué.
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SachenkaSachenka   18 avril 2018
Je souffrais tant de la main, j'avais si mal du matin au soir que je n'éprouvais plus aucun plaisir à voir le visage de Satsuko, qu'elle-même, me traitant comme un grand malade, avait cessé de me considérer comme un partenaire sérieux : quel sens cela avait-il de survivre ainsi? Pour elle, j'avais envie de vivre à tout prix, laissant le ciel décider de ma chance - car, sinon, survivre était inutile...
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pdemweb1pdemweb1   17 septembre 2014
Aujourd'hui vers 15heures, j'ai fait l'expèrience de mon frisson érotique. Mais je n'ai pas eu les yeux rouges. Ma pression sanguine m'a semblé normale. J'ai resenti une petite déception. Il me manque quelque chose si mes yeux ne s'injecte pas de sang et si ma pression ne monte pas au-dessus de 20.
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AlcyonAlcyon   05 juin 2018
J’avais pensé que les larmes de l’autre jour prouvaient que j’étais devenu fou, mais que démontraient donc les larmes d’aujourd’hui ? La fois précédente, je n’avais pas été sans prévoir de pleurer, mais ces larmes-ci étaient tout à fait imprévues. Tout comme Satsuko, j’aimais jouer au dur et au méchant, de sorte que les larmes d’un homme me semblaient parfaitement honteuses ; dans la réalité pourtant, j’avais la larme si facile que les motifs les plus futiles pouvaient la déclencher – ce que je m’efforçais coûte que coûte de cacher. Depuis ma jeunesse, je n’arrête pas de dire des méchancetés à ma femme, fier de ma scélératesse, mais il suffisait qu’elle se mît à pleurer pour que je cède sur-le-champ, faisant preuve de la plus grande lâcheté. Bref, j’avais fait mon possible pour que ma femme ignorât mes points faibles. On pourrait croire, à écouter ceci, que je suis un être pétri de générosité, mais à vrai dire et bien que j’aie la fibre sensible, bien que je sois prompt à verser des larmes, je suis au fond un homme pervers et excessivement froid. Oui, tel est mon portrait, mais il avait suffi de l’apparition d’un enfant innocent, avec ses douces paroles, pour que, submergé par l’émotion, je me mette à essuyer désespérément des lunettes qui restaient humides.
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oliviersavignatoliviersavignat   17 août 2020
Alors, quand je serai mort, ce qui ne tardera plus maintenant, elle ne pourra se défendre de penser : "Ce fou de vieillard repose sous ces magnifiques pieds, les miens. En ce moment même j'ai les pieds posés sur les ossements de ce pauvre vieux." Il n'est pas douteux qu'elle en éprouvera un frisson agréable bien que je doive dire qu'elle en aura un sentiment de répulsion plus intense. Il ne lui sera pas facile, il lui sera peut-être toujours impossible de pouvoir effacer ce souvenir de répulsion.
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Videos de Junichirô Tanizaki (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Junichirô Tanizaki
« […] Akutagawa Ryunosuke (1892-1927) tenait cette nouvelle pour l'une des oeuvres les plus fortes de Shiga Naoya (1883-1971). […] Tout en usant de mots familiers réussir à donner une pareille sensation de transparence, voilà ce qui dans tout texte, à quelque genre qu'il appartienne, importe au plus haut point. […] Une telle forme d'écriture dédaigne la fleur pour obtenir le fruit : par la simplicité même, elle accède à l'essentiel comme aucun mode d'expression de la vie quotidienne ne le pourrait. […] » (Junichiro Tanizaki [1886-1965])
« […] Sa légèreté n'est qu'apparente. Elle recèle une puissance insoupçonnée. Ainsi de ces variations de Chopin, subtiles, presque imperceptibles, qui résonnent en nous, se propagent jusqu'au fond de nos entrailles comme la douleur d'une dent. […] » (Hideo Kobayashi [1902-1983])
« […] l'originalité de Shiga Naoya tient au fait que jamais dans aucune de ses nouvelles il ne se laisse aller à l'analyse psychologique de son personnage principal. Il le présente seulement comme un homme qui lutte pour essayer d'établir des relations humaines rationnelles dans le monde qui l'entoure. le personnage apparaît si profondément hanté par cette quête que Shiga Naoya ne s'attarde pas à une étude de son caractère. […] » (Sei Ito [1905-1969])
« […] En janvier 1913 paraît un premier recueil de nouvelles, dédié à sa grand-mère. le 5 août de cette même année, Shiga Naoya est renversé par un train de la ligne Yamanote. Il est grièvement blessé et doit se faire hospitaliser. Il écrit en septembre la nouvelle Han no hanzaï (Le crime de Han) puis, en octobre, part en convalescence à Kinosaki. […] L'une de ses plus belles nouvelles, Wakaï (Réconciliation) […] est publiée en 1917, peu de temps après Kinosaki nite (Le séjour à Kinosaki). […] »
17:55 - Générique
Référence bibliographique : Naoya Shiga, le séjour à Kinosaki suivi de le crime de Han, traduit par Pascal Hervieu et Alain Gouvret, Éditions Arfuyen, 1986
Image d'illustration : Autoportrait de Shiga Naoya daté de septembre 1912.
Bande sonore originale : P C III - O UT O UT by P C III is licensed under an Attribution License.
Site : https://freemusicarchive.org/music/P_C_III/O_UT_1733/O_UT
#NaoyaShiga #LeSéjourÀKinosaki #LittératureJaponaise
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