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Jean-Jacques Tschudin (Traducteur)
EAN : 9782070308217
128 pages
Éditeur : Gallimard (13/05/2005)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 125 notes)
Résumé :
Femme-enfant ingénue, la belle O Tsuya apprend vite à user de ses charmes et devient une courtisane accomplie qui excelle à corrompre et manipuler les hommes.

Jeune et naïf, Shinsuke est une proie facile. Mais qui sait jusqu'à quelles folies peut conduire la passion ?

Avec un talent incomparable, Tanizaki met en scène une dramatique histoire d'amour dans le japon du XIXe siècle.
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  05 octobre 2016
Comment ne pas être séduit par le raffinement avec lequel cet auteur japonais met en scène une dramatique histoire d'amour dans le Japon d'hier ?
Shinsuke est un humble commis, sage, un beau gaillard un brin naïf, complétement influençable.
O-Tsuya, belle, éclatante de santé, enjouée et téméraire est la fille unique du patron de Shinsuke..
Ils s'aiment d'un amour impossible , fuguent, se réfugient à l'auberge de Seiji, un commerçant plus ou moins honnête , un peu truand......
Là- bas, enivrés par une succession de coupes de saké chaud lampées à petites gorgées, ils se sentent irrésistiblement précipités vers des plaisirs si intenses qu'ils croient y consumer leurs derniers jours......
En cinq chapitres lus d'une traite, l'auteur nous immerge avec talent dans une histoire commencée dans une feinte innocence terminée dans le crime et le sang......
Au fil des pages nous sommes plongés dans les affres de la passion et les extrémités où celle - ci peut nous entraîner .
Comment un commis humble et droit, naïf et intégre sombre dans le crime par amour, y prend goût et descend aux enfers ?
Leur relation intense et étouffante est traversée de passions si exacerbées par l'ivresse qu'ils sont incapables de se dominer.
O -Tsuya, une fiancée diabolique, perfide, cynique,manipule les hommes avec un art consommé, une rouerie, une cupidité raffinées.
Un basculement progressif et insidieux, l'on reste confondu devant tant de naïveté transformée
en vengeance, violence et crimes .......
Un petit ouvrage sans concession à l'écriture simple et belle traversé par une passion fulgurante menant à une folie destructrice , une perte de repères et de volonté , ou comment un amour irréfléchi pour une manipulatrice née, corrompue, peut rendre fou un individu et lui faire prendre moralité , convictions et humanité !
L'auteur Explore l'âme humaine dans sa version maléfique avec talent , naïveté et innocence, abjection et cynisme mêlés !
Du Grand Art !
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sandrine57
  26 février 2015
Shinsuke et O-Tsuya s'aiment d'un amour impossible. Il n'est qu'un simple commis, elle est la fille unique du patron. Convaincus qu'ils n'obtiendront jamais l'accord de leurs parents, les jeunes amoureux décident de fuguer. Si Shinsuke est d'abord réticent à l'idée d'abuser son employeur, la belle O-Tsuya réussit à le convaincre grâce à quelques minauderies, un zeste de chantage et la promesse d'un avenir radieux. Ils trouvent refuge chez Seiji, un habitué de la boutique, tout prêt à leur venir en aide et à négocier leur mariage auprès de leurs parents respectifs. Mais derrière l'ami bienveillant se cache un être fourbe. le choses traînent et, bientôt, les amants sont séparés.

Passion, manipulation, trahison et vengeance dans le Japon d'antan, tels sont les ingrédients de l'histoire d'amour de Shin et O-Tsuya, qui commence dans l'innocence de la jeunesse pour finir dans le sang. Un jeune homme intègre et une belle ingénue manipulatrice unis par une passion dévastatrice qui va les mener à leur perte...La tension qui monte en puissance...La femme perfide qui use de ses charmes pour arriver à ses fins...L'homme droit qui sombre dans le crime par amour, y prend goût et entame sa descente aux enfers...Des personnages ambivalents qu'on aime, qu'on prend en pitié pour finalement les rejeter en bloc...Des thèmes souvent abordés mais traités ici avec subtilité et poésie...
On ne crie pas au chef-d'oeuvre en terminant la lecture de cette nouvelle de Junichirô TANIZAKI mais on se dit que le voyage dans la culture nippone du temps où Tokyo était encore Edo valait le détour.
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Iansougourmer
  14 février 2013
Ce livre est un vrai coup de coeur ! Je tiens à prévenir ceux qui vont lire cette critique qu'elle sera partisane. En effet, Tanizaki est un de mes auteurs préférés !
O-Tsuya est la fille unique d'artisans, fiers de la grande beauté de leur fille et de son potentiel de séduction. Celle-ci entretient secrètement une romance avec apprenti de la boutique, le gentil et brave Shinsuke (Shin). Les deux amoureux décident de fuguer pour pouvoir vivre leurs amours, signant le début d'une vie de couple intense, corrompue et destructrice...
Le meurtre d'O-Tsuya est un petit livre qu'on lit d'une traite; la force de Tanizaki est de parvenir à mettre en place une atmosphère qui confine les deux amants dans une relation intense et étouffante, traversée de passions qu'ils ne semblent pas en mesure de dominer. Tanizaki nous fait le récit d'un amour qui emporte tout chez les personnages, leurs convictions morales et leur raison. Cet amour, après avoir fait traverser avec fulgurance aux deux amoureux les affres de la passion, ne laisse qu'un irrémédiable sentiment d'amertume et de jalousie, qui amène les personnages dans les dernières limites de leur raison, la folie destructrice prenant le pas.
Tanizaki construit avec finesse deux personnages personnages. O-Tsuya incarne, comme souvent chez l'auteur, une femme manipulatrice qui utilise sans gène ses charmes pour parvenir à ses fins. O-Tsuya est le symbole de cette femme enfant ingénue, qui par ses minauderies et ses caprices parvient à mener son monde par le bout du nez...Toutefois, O-Tsuya conserve aux yeux du lecteur une part de mystère : on ne sait pas si son abandon de Shinsuké à la fin du récit est réellement du au fait qu'elle est tombée amoureuse du seigneur ou si cette décision est dictée par un calcul de son propre intérêt...
Shinsuké est le personnage principal du récit et se révèle à ce titre encore plus complexe d'O-Tsuya. D'aucuns considéreront que Shinsuké est juste un benêt dont l'amour sans limites pour O-Tsuya le conduit à commettre des folies. Toutefois, s'il semble de prime abord qu'à aucun moment il n'a la maîtrise des événements qu'il subit, on ne peut qu'être ému de la force de son amour pour O-Tsuya et de sa volonté de préserver à tout prix cet amour. Animé par des sentiments purs, il le défend en ayant recours à l'acte le plus noir que l'homme puisse commettre : le meurtre. Cet amour va entrainer Shin à noircir irrémédiablement son âme. Tanizaki brosse un portrait de son personnage d'une grande finesse, le maintenant constamment entre ombre et lumière.
J'ai aussi apprécié la description de divers milieux de la société dans ses dernières années de l'ère Tokugawa que ce livre offre.
De plus le style de Tanizaki est tout simplement magnifique !
Tanizaki livre de sa magnifique écriture ici un livre d'une grande qualité, passionnant sur un thème pourtant maintes fois abordé : les folies de l'amour. L'auteur nous livre la vision de personnages possédés par leurs sentiments et qui semblent entrainés malgré eux dans les bas fonds de l'existence humaine.
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kuroineko
  04 décembre 2018
Tanizaki Junichirô possède de multiples facettes littéraires: fresque familiale avec Quatre soeurs, quasi vaudeville avec le chat, son maître et ses deux maîtresses, mélancolie contemplative dans le coupeur de roseaux, etc.
Le meurtre d'O-Tsuya débute par la passion amoureuse de Shinsuke, vingt ans, issu d'une famille pauvre, apprenti chez un prêteur sur gages de bonne renommée, pour la belle O-Tsuya, la fille unique de son maître. Celle-ci répond à ses sentiments. Les jeunes gens fuguent, aidés en cela par Seiji, un aubergiste ami de la famille Suruga. Promettant d'arranger les choses avec leurs familles respectives, celui-ci garde les amoureux chez lui en leur conseillant d'attendre. Si Shinsuke vit cette période pris de remords pour avoir trahi ses parents et son maître, O-Tsuya, elle, se montre d'une insouciance frisant l'impudence.
Ce qui commence sous des auspices romantiques à souhait prend un virage qui, à défaut d'être imprévisible, réserve des surprises de taille au lecteur. Point de contemplation ici, Tanizaki s'inscrit presque dans le roman noir. Il détaille avec minutie et profondeur la mentalité de ses personnages. Il ne recule pas devant la crudité des paroles et des actes.
Dès le titre, l'auteur nous renseigne sur la présence d'un meurtre. Il intrigue et ménage le suspense pour en amener le dénouement. Ce, avec un art consommé du récit. A la lecture de son livre, on ne peut qu'imaginer à quel point il dut provoquer lors de sa parution, mettant en scène manipulations, débauches et tuerie.
Le meurtre d'O-Tsuya m'a offert un grand moment de lecture. Lui aussi aurait pu s'intituler Éloge de l'ombre. Tanizaki Junichirô est définitivement un écrivain qui me plaît et dont je compte bien poursuivre la découverte.
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MahaDee
  30 juin 2017
Début du XXe siècle dans un Japon encore traditionnel, toujours basé sur des codes d'honneur. Une belle jeune femme, O'Tsuya, séductrice et manipulatrice et un modeste jeune homme, Shinsuke, respectueux des conventions, amoureux et naïf.
Junichirô Tanizaki n'a manifestement pas voulu présenter son histoire sous forme de thriller. D'emblée, le choix du titre supprime tout suspens. L'intérêt est ailleurs. Si l'on comprend assez vite vers quelle issue tragique va nous mener l'histoire, on reste néanmoins curieux de la manière dont on s'achemine vers cette issue. Au bout de quelques pages seulement, il parait évident que Shinsuke ne joue pas dans la même cour qu'O'Tsuya et qu'il ne sera pas de taille pour conduire cette histoire là où il aimerait qu'elle aille.
Le livre, certes court, tient son lecteur en haleine, notamment en montrant par le menu la transformation du personnage de Shinsuke. Comment ce jeune homme crédule, confiant, dupé, se métamorphose très progressivement et de manière insidieuse en un être violent, criminel, qui finit par ne plus voir ses contemporains sans imaginer pour eux une mort atroce.
En résumé, un roman court qui narre une histoire tragique, mais qui, peut-être en raison de l'époque où il a été écrit (il y a un siècle exactement) utilise beaucoup, trop à mon goût, les ressorts mélodramatiques.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
MahaDeeMahaDee   01 juillet 2017
Rassemblant toutes ses forces, Shinsuke avait saisi dans ses mains le bras droit de son adversaire, et s'acharnait à le tordre de plus belle, cherchant furieusement à s'emparer de son arme. Tandis qu'il résistait, emporté dans le maelström de cette lutte à mort, il fut soudain envahi d'une force terrifiante, dont il ne se savait pas capable. Plus soûl que lui, Santa ne parvenait pas à utiliser pleinement sa force brutale et finit par perdre son poignard. Malgré tout, il lui fit vaillamment face, sans fléchir, mais Shinsuke le projeta immédiatement au sol, et se jetant à califourchon sur son adversaire, lui enfonça sa propre lame dans la nuque. Il y eut un bruit sec, comme un grignotement de souris : sans résister davantage, Santa avait trépassé.
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kuroinekokuroineko   04 décembre 2018
Depuis qu'à l'âge de quatorze ans, il avait été placé en apprentissage chez Suruga-ya, il y avait travaillé sans le moindre problème, jouissant de la pleine confiance du patron qui le considérait comme une perle. Pour peu qu'il patientât encore une année deux, même s'il ne pouvait prétendre à la main de la belle - oh! de la si belle - O-Tsuya, il obtiendrait aisément le droit de se mettre à son compte, et, devant l'accomplissement de ses vœux de réussite sociale, quelle ne serait pas alors la joie de ses parents qui attendaient impatiemment ce moment dans leur quartier de Kiyoshima à Asakusa! Aussi, séduire la fille du patron et l'enlever, ça, c'était vraiment, mais vraiment la bêtise à ne pas faire, se répétait-il au fond de son cœur.
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IansougourmerIansougourmer   13 février 2013
Observant attentivement les geishas, O-Tsuya s'était vite pénétrée de leurs manières, et quelques jours après son arrivée, elle avait remplacé le joli chignon relevé à la shimada qu'elle portait en quittant la maison, par le style plein d'abandon de Hyôgo, ornant son abondante chevelure de peignes de buis ostensiblement plantés au-dessus des tempes ; elle portait comme l'eût fait un homme le dotera de plongé rayé que la patronne de l'auberge lui avait prêté contre le froid et fumait sans retenue un tabac qu'elle ne savait pas encore apprécier.
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IansougourmerIansougourmer   14 février 2013
Pourquoi l'avait-il tué ? Pourquoi en était-il arrivé à une si cruelle extrémité ?Lui même ne le comprenait pas bien. Il se rappelait simplement deux choses : d'une part la conviction que, s'il ne le tuait pas, il n'aurait aucune chance de s'en sortir ; et d'autre part que tout cela s'était passé dans un état de demi-conscience. Bien que, en plus du choc psychologique, il eut subi un certain nombre de blessures assez profondes, ses forces vives étaient si peu entamées qu'il s’émerveillait de la facilité avec laquelle il était possible de tuer quelqu'un.
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Zazette97Zazette97   05 juin 2011
Tu es devenue très experte dans l'art de t'exprimer, mais je suis sûr qu'au fond de ton coeur, tu es loin de m'aimer autant qu'avant. Et puis, ce doit être le jour et la nuit, entre ton pauvre Shinsuke et ce Tokubei qui a tellement d'argent et qui comprend si bien les choses !
En fin de compte, je ferais mieux d'aller tout de suite me constituer prisonnier, tu seras plus heureuse comme ça !

- Zut et zut ! Conduis-toi donc comme un homme ! Tu crois me flatter en me faisant des scènes de jalousie ? C'est trop stupide pour mériter une réponse, alors cesse, veux-tu !
De toute façon, je n'ai encore jamais connu d'autre homme que toi, alors...

- Dans ce cas, ton Tokubei, il est bien généreux !

- C'est précisément là où je sais y faire ! Je n'ai encore jamais tué personne, mais sinon je suis bien plus douée que toi pour le crime ! p.85
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Videos de Junichirô Tanizaki (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Junichirô Tanizaki
Émission “Une vie une oeuvre” de Matthieu Garrigou-Lagrange diffusée sur France Culture et consacrée, le 15 décembre 2012, à l'évocation de l'écrivain japonais Jun'ichirō Tanizaki. “Jun'ichirō Tanizaki, l'emprise des sens”. Par Michel Pomarède. Réalisation : Jean-Claude Loiseau. Jun'ichirō Tanizaki est le seul écrivain japonais publié en Pléiade, seul à faire l'unanimité parmi les spécialistes de littérature japonaise, dont il est l'enfant terrible. Alors que Mishima se mêle de l’histoire de son pays en fondant une milice paramilitaire, que Kawabata signe un appel en 1967, un an avant de recevoir le Nobel de littérature, contre la révolution culturelle en Chine, Tanizaki se tient en retrait de la vie publique. S’il est engagé, c’est dans son œuvre. Son obsession : donner libre cours à ses intrigues, ses narrations et ses fantasmes. Ceux-ci apparaissent sont révélés dès sa première nouvelle, publiée en 1910, à l’âge de 24 ans, et intitulée « Le Tatouage ». Il y met en scène des rapports sadomasochistes et fétichistes du pied. Adepte dans sa vie de relations triangulaires, il cède sa femme à un ami et l’annonce dans les journaux ! Il fait scandale en incarnant lui même son œuvre. À sa mort en 1965, il est au panthéon des lettres japonaises. En France, c'est surtout pour son court essai intitulé « Éloge de l’ombre », qu'il est connu. Une vie, une œuvre pénètre au cœur des fantasmes de cet ogre littéraire et met en lumière cet obsédé textuel.
Avec les traductrices et professeurs de japonais, Anne Bayard Sakai, Cécile Sakai, Jacqueline Pigeot, les romanciers René de Ceccaty et Michael Ferrier, le spécialiste du cinéma japonais underground Julien Sévéon et Agnès Giard, auteur des “Histoires d’amour au japon (des mythes fondateurs aux fables contemporaines)” et aussi du dictionnaire érotique au Japon, publiés chez Glenat.
Bibliographie : Les 2 volumes de Tanizaki dans la Pléiade Le volume In-quarto Tanizaki , publié chez Gallimard Les livres d’Agnès Giard chez Glénat Le cinéma enragé au Japon, publié par Rouge Profond, par Julien Sévéon
Sites internet : www.shunkin.net/tanizaki/accueil/accueil.html (bio et biblio complète) www.plathey.net/livres/japon/tanizaki.html (bio et adaptations cinématographiques)
Thèmes : Arts & Spectacles| Asie| Littérature Etrangère| Jun'ichirō Tanizaki
Source : France Culture
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