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Marc Mécréant (Traducteur)Alberto Moravia (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070383429
276 pages
Gallimard (02/04/1991)
3.87/5   106 notes
Résumé :
Dans le Japon des années vingt, un ingénieur de trente ans, Jôji Kawai, modèle du « type bien », s'éprend d'une jeune serveuse de quinze ans, Naomi, qui rêve de devenir « terriblement moderne ».

L'occidentalisation, cette plaie du Japon moderne, thème majeur de l'œuvre de Tanizaki, fait de Naomi un être irréductiblement cynique, vulgaire, inconstant, dont les roueries et l'érotisme, cependant, fascinent Jôji Kawai. Amoureux, il l'épouse.

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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
3,87

sur 106 notes
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oiseaulire
  30 mai 2019
Un homme se croit autorisé à transformer une jeune fille pauvre au gré de sa fantaisie, comme si elle était de la pâte à modeler, pour en faire la compagne de ses rêves. Quoi d'étonnant à ce que sa créature, dont il semblait avoir oublié l'humanité, lui échappe ? A travers une histoire d'amour destructrice, les deux protagonistes de ce drame jouent chacun leur partition, tiraillés entre tradition et modernité, Japon et Occident. Lorsque les plaques tectoniques que forment les sociétés bougent, ceux qui sont pris dans la faille n'ont d'autre choix que d'affronter au jour le jour les monstres qu'ils ont libérés.
Le narrateur voulant éluder toute contrainte et échapper aux conventions strictes de la famille et du mariage, a tenté de s'emparer de l'âme d'une femme en profitant sans scrupule de son infériorité sociale. Malgré cette répartition inégalitaire des rôles, celle-ci a su saisir au vol une occasion unique d'émancipation et tourner à son avantage la convention déséquilibrée qui aurait dû la transformer en poupée de chiffon bien élevée.
Ces deux personnages paient le prix d'un nouvel équilibre amoureux qui ne pouvait se faire sans dommages ni ambiguïté : si le héros se soumet sans réserve, il reste le maître du jeu, son esclave n'ayant d'autre choix que de dominer pour survivre. A travers souffrance et anéantissement volontaires, l'exquis masochisme nippon porte l'amour charnel à son paroxysme, bien plus subtilement ici que dans le film "L'empire des sens".
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euphemie
  21 septembre 2013
Une certaine vision de la femme idéale; celle qui tendre, fraîche, emplie d'innocence, que l'homme façonnera à son désir, celle qui comme il le souhaite deviendra un bijou précieux qu'il pourra exhiber et dont il pourra tirer jouissance et fierté....
L'innocente " fillette" que le "héros" veut transformer en femme parfaite, inaccessible beauté à lui seul réservé....va devenir une femme "gâtée" à double titre.
Ce Pygmalion de campagne, va se faire dévorer par cette Lolita, lui connait les affres de l'amour, elle n'en connaitra que la vénalité....
Cette histoire d'amour, mêle deux cultures qui cherchent à s'apprivoiser à se séduire mutuellement, mais qui ignorent tout des codes de bonnes conduites, chacune rêvant de l'autre à l'aune de ses propres désirs et imaginaires....
Heureusement l'histoire à presque un siècle, on peut espérer tout autant que le Japon et l'occident, tout comme la femme et l'homme ont depuis appris à mieux déchiffrer les codes de bonnes conduites.
Bien que le discours et les désirs de cet homme résonnent et font encore écho dans l'inconscient masculin, très certainement encore en occident aussi aujourd'hui, car lui à cette époque paraissait bien "moderne" toutefois....
A moins que les cultures et l'époque n'y fassent rien....quand il s'agit des hommes, des femmes, de l'amour et du désir.....la difficulté reste la même...le sens par quel bout le prendre...
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Christian_Attard
  22 janvier 2018
L'amour a-t-il un sens ?
Ce Jôji Kawai, ingénieur de trente ans qui s'entiche follement de la si jeune Naomi aime-t-il ? Ou est-il pris par cette folie des sens et de la raison qui finit par le perdre ?
On a tendance à évoquer le masochisme de Jôji car Naomi qu'il veut façonner, modeler à l'apparence d'une jeune occidentale le bafouera, l'humiliera en se comportant comme une prostituée.
Mais est-ce bien du sadisme de sa part ? Se venge-t-elle de s'être laissée épouser pour sa beauté et sa jeunesse ou se livre-t-elle à toutes ses passions par ennui, goût de lucre ?
Jôji aime-t-il ou se livre-t-il à une sorte de fétichisme sur la personne de cette adolescente qu'il apprête et manipule comme une poupée qui ne fait au fond qu'exprimer son autonomie et sa liberté. Naomi...Pinocchio ? Une poupée qui devient chair et vit hors de l'emprise de son créateur ?
Ce roman de Tanizaki est fort complexe et si l'on veut en plus y voir une dimension allégorique, le Japon s'offrant à l'Occident comme Naomi à ses amants, il offre matière à bien des questionnements.
Une légère critique toutefois, son étirement et l'insistance morbide de l'auteur sur les retournements répétés et bien prévisibles de son piètre héros.
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littlecat
  23 juillet 2015
"Un amour insensé" ou quand la passion vous empoisonne, vous emprisonne et vous dévore.
Jôji, ingénieur de trente ans, peu sûr de lui, tombe sous le charme de la beauté de Naomi, jeune serveuse de 15 ans. Il devient d'abord son pygmalion puis l'épouse.
Mais la jolie Naomi est rusée, cruelle, infidèle, dépensière, fascinée par l'occident et sa modernité . Elle exerce un pouvoir érotique sur Jôji, complètement soumis qui pardonne tout.
Malgré la personnalité machiavélique de Naomi, je n'ai pas vraiment ressenti de compassion pour Jôji, trop faible, submergé par ses désirs, facile à manipuler. Il a le choix de mettre fin à cette relation destructrice mais il s'y accroche et s'y complait.
...Bon, finalement il n'a que ce qu'il mérite. (sourire)
Une chronique facile à lire, sur une vie conjugale peu tranquille.
Dans ce roman, Tanizaki s'interroge également sur le passage des valeurs traditionnelles à une occidentalisation à l'excès.







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myriampele
  12 décembre 2021
Au début du XXème siècle, au Japon, un ingénieur d'une trentaine d'année, Jôji, tombe sous le charme d'une très jeune fille de quinze ans, Na-o-mi, qu'il promet de sortir de son milieu, d'élever au rang de dame moderne, version occidentale.
La jeune chipie a vite compris l'ascendant exercé sur ce trentenaire fou amoureux, bientôt époux, qui travaille durement pour satisfaire ses caprices.
Pour le lecteur le jeu devient vite insupportable, Naomi se joue de son époux, le ruine, le ridiculise, le trompe...
On assiste à un tête à tête cruel et inégal: Naomi sait que son corps devient indispensable à Jôji, qu'il ne peut se passer des quelques moments sensuels qu'elle lui concède, moyennant d'odieux chantages.
L'écriture est très simple, facile, pleine d'humour mais au bout du compte j'ai été exaspérée par les personnages.
Ce que désirait l'auteur, je pense!
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
littlecatlittlecat   22 juillet 2015
Ce qui désormais existait entre nous, ce n'était ni une pure tendresse d'amoureux, ni de l'affection conjugale; tout cela s'était évanoui comme un rêve ancien. Qu'est-ce qui m'attachait donc encore à cette femme infidèle et souillée ? Son attrait physique, uniquement son attrait physique, qui me menait à la longe. Cela scellait l'avilissement de Naomi mais aussi le mien.
page 194
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euphemieeuphemie   21 septembre 2013
On dit communément " les hommes sont les dupes des femmes" Pourtant, si je me fie à mon expérience, la duperie ne vient pas d"elles. A l'origine il y a ce fait, que l'homme, sans nul besoin qu'on l'y pousse,se plaît à" être dupe". Quand il a le coup de foudre pour une femme, tout ce qu'elle dit.....chatouille délicieusement son oreille ....." je te vois venir" dit-il....Ainsi fait-il le magnanime, s'offrant le luxe de tomber volontairement dans le panneau comme quelqu'un qui cherche à faire plaisir à une enfant. Il n'a nullement l'intention de se laisser berner par cette femme; c'est lui au contraire qui pense la berner et il en rit tout seul..........De tout mon cœur perpétuellement dupe, ma façon d'en user avec elle renforçait de plus en plus sa confiance en elle
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OsmantheOsmanthe   28 décembre 2014
Je dois ici confesser l'indignité de ce qu'on appelle un homme. Pour ne rien dire de la journée, une fois la nuit venue elle triomphait régulièrement de moi. Triomphait de moi...Je devrais plutôt dire que l'animal en moi se laissait subjuguer par elle. A vrai dire, je n'étais nullement porté encore à lui faire confiance; mais cela n'empêchait pas ma bestialité de me contraindre à capituler aveuglément devant elle, à me faire accepter toutes ses conditions. En somme, Naomi avait cessé d'être pour moi le précieux trésor qu'elle avait été, une idole adorée avec reconnaissance; elle n'était plus qu'une prostituée.
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euphemieeuphemie   21 septembre 2013
Le prix que je lui attribuais tenait en effet, pour l'essentiel au fait que c'était moi qui l'avais formée, qui avais fait d'elle la femme qu'elle était, au fait aussi que moi seul connaissais son corps dans tous ses détails; pour moi, en un mot, Naomi était comme un fruit que j'aurais fait pousser moi même. Ce fruit, je l'avais amené à sa merveilleuse maturité d'aujourd'hui au prix d'incroyables efforts de toute sortes ,en m'y consacrant à fond: il était normal que ce fût à moi le jardinier, d'y goûter .
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rkhettaouirkhettaoui   02 décembre 2015
Avec un salaire de quatre cents yens, il n’était guère facile de faire face à toutes ces charges ; loin de mettre de l’argent de côté, j’effectuais au contraire des prélèvements sur mes économies du temps où je vivais seul, et mes réserves fondaient lentement, mais sûrement. Quand on commence à y toucher, l’argent file vite ; le fruit de plusieurs années d’épargne se trouva complètement dissipé et, au point où nous en étions maintenant, il ne me restait plus un liard.
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Videos de Junichirô Tanizaki (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Junichirô Tanizaki
« […] Akutagawa Ryunosuke (1892-1927) tenait cette nouvelle pour l'une des oeuvres les plus fortes de Shiga Naoya (1883-1971). […] Tout en usant de mots familiers réussir à donner une pareille sensation de transparence, voilà ce qui dans tout texte, à quelque genre qu'il appartienne, importe au plus haut point. […] Une telle forme d'écriture dédaigne la fleur pour obtenir le fruit : par la simplicité même, elle accède à l'essentiel comme aucun mode d'expression de la vie quotidienne ne le pourrait. […] » (Junichiro Tanizaki [1886-1965])
« […] Sa légèreté n'est qu'apparente. Elle recèle une puissance insoupçonnée. Ainsi de ces variations de Chopin, subtiles, presque imperceptibles, qui résonnent en nous, se propagent jusqu'au fond de nos entrailles comme la douleur d'une dent. […] » (Hideo Kobayashi [1902-1983])
« […] l'originalité de Shiga Naoya tient au fait que jamais dans aucune de ses nouvelles il ne se laisse aller à l'analyse psychologique de son personnage principal. Il le présente seulement comme un homme qui lutte pour essayer d'établir des relations humaines rationnelles dans le monde qui l'entoure. le personnage apparaît si profondément hanté par cette quête que Shiga Naoya ne s'attarde pas à une étude de son caractère. […] » (Sei Ito [1905-1969])
« […] En janvier 1913 paraît un premier recueil de nouvelles, dédié à sa grand-mère. le 5 août de cette même année, Shiga Naoya est renversé par un train de la ligne Yamanote. Il est grièvement blessé et doit se faire hospitaliser. Il écrit en septembre la nouvelle Han no hanzaï (Le crime de Han) puis, en octobre, part en convalescence à Kinosaki. […] L'une de ses plus belles nouvelles, Wakaï (Réconciliation) […] est publiée en 1917, peu de temps après Kinosaki nite (Le séjour à Kinosaki). […] »
17:55 - Générique
Référence bibliographique : Naoya Shiga, le séjour à Kinosaki suivi de le crime de Han, traduit par Pascal Hervieu et Alain Gouvret, Éditions Arfuyen, 1986
Image d'illustration : Autoportrait de Shiga Naoya daté de septembre 1912.
Bande sonore originale : P C III - O UT O UT by P C III is licensed under an Attribution License.
Site : https://freemusicarchive.org/music/P_C_III/O_UT_1733/O_UT
#NaoyaShiga #LeSéjourÀKinosaki #LittératureJaponaise
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