AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Marc Mécréant (Traducteur)Alberto Moravia (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070383423
Éditeur : Gallimard (02/04/1991)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 69 notes)
Résumé :
Dans le Japon des années vingt, un ingénieur de trente ans, Jôji Kawai, modèle du « type bien », s'éprend d'une jeune serveuse de quinze ans, Naomi, qui rêve de devenir « terriblement moderne ».

L'occidentalisation, cette plaie du Japon moderne, thème majeur de l'œuvre de Tanizaki, fait de Naomi un être irréductiblement cynique, vulgaire, inconstant, dont les roueries et l'érotisme, cependant, fascinent Jôji Kawai. Amoureux, il l'épouse.

>Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
oiseaulire
  30 mai 2019
Un homme se croit autorisé à transformer une jeune fille pauvre au gré de sa fantaisie, comme si elle était de la pâte à modeler, pour en faire la compagne de ses rêves. Quoi d'étonnant à ce que sa créature, dont il semblait avoir oublié l'humanité, lui échappe ? A travers une histoire d'amour destructrice, les deux protagonistes de ce drame jouent chacun leur partition, tiraillés entre tradition et modernité, Japon et Occident. Lorsque les plaques tectoniques que forment les sociétés bougent, ceux qui sont pris dans la faille n'ont d'autre choix que d'affronter au jour le jour les monstres qu'ils ont libérés.
Le narrateur voulant éluder toute contrainte et échapper aux conventions strictes de la famille et du mariage, a tenté de s'emparer de l'âme d'une femme en profitant sans scrupule de son infériorité sociale. Malgré cette répartition inégalitaire des rôles, celle-ci a su saisir au vol une occasion unique d'émancipation et tourner à son avantage la convention déséquilibrée qui aurait dû la transformer en poupée de chiffon bien élevée.
Ces deux personnages paient le prix d'un nouvel équilibre amoureux qui ne pouvait se faire sans dommages ni ambiguïté : si le héros se soumet sans réserve, il reste le maître du jeu, son esclave n'ayant d'autre choix que de dominer pour survivre. A travers souffrance et anéantissement volontaires, l'exquis masochisme nippon porte l'amour charnel à son paroxysme, bien plus subtilement ici que dans le film "L'empire des sens".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
euphemie
  21 septembre 2013
Une certaine vision de la femme idéale; celle qui tendre, fraîche, emplie d'innocence, que l'homme façonnera à son désir, celle qui comme il le souhaite deviendra un bijou précieux qu'il pourra exhiber et dont il pourra tirer jouissance et fierté....
L'innocente " fillette" que le "héros" veut transformer en femme parfaite, inaccessible beauté à lui seul réservé....va devenir une femme "gâtée" à double titre.
Ce Pygmalion de campagne, va se faire dévorer par cette Lolita, lui connait les affres de l'amour, elle n'en connaitra que la vénalité....
Cette histoire d'amour, mêle deux cultures qui cherchent à s'apprivoiser à se séduire mutuellement, mais qui ignorent tout des codes de bonnes conduites, chacune rêvant de l'autre à l'aune de ses propres désirs et imaginaires....
Heureusement l'histoire à presque un siècle, on peut espérer tout autant que le Japon et l'occident, tout comme la femme et l'homme ont depuis appris à mieux déchiffrer les codes de bonnes conduites.
Bien que le discours et les désirs de cet homme résonnent et font encore écho dans l'inconscient masculin, très certainement encore en occident aussi aujourd'hui, car lui à cette époque paraissait bien "moderne" toutefois....
A moins que les cultures et l'époque n'y fassent rien....quand il s'agit des hommes, des femmes, de l'amour et du désir.....la difficulté reste la même...le sens par quel bout le prendre...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          142
ChristianAttard
  22 janvier 2018
L'amour a-t-il un sens ?
Ce Jôji Kawai, ingénieur de trente ans qui s'entiche follement de la si jeune Naomi aime-t-il ? Ou est-il pris par cette folie des sens et de la raison qui finit par le perdre ?
On a tendance à évoquer le masochisme de Jôji car Naomi qu'il veut façonner, modeler à l'apparence d'une jeune occidentale le bafouera, l'humiliera en se comportant comme une prostituée.
Mais est-ce bien du sadisme de sa part ? Se venge-t-elle de s'être laissée épouser pour sa beauté et sa jeunesse ou se livre-t-elle à toutes ses passions par ennui, goût de lucre ?
Jôji aime-t-il ou se livre-t-il à une sorte de fétichisme sur la personne de cette adolescente qu'il apprête et manipule comme une poupée qui ne fait au fond qu'exprimer son autonomie et sa liberté. Naomi...Pinocchio ? Une poupée qui devient chair et vit hors de l'emprise de son créateur ?
Ce roman de Tanizaki est fort complexe et si l'on veut en plus y voir une dimension allégorique, le Japon s'offrant à l'Occident comme Naomi à ses amants, il offre matière à bien des questionnements.
Une légère critique toutefois, son étirement et l'insistance morbide de l'auteur sur les retournements répétés et bien prévisibles de son piètre héros.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
littlecat
  23 juillet 2015
"Un amour insensé" ou quand la passion vous empoisonne, vous emprisonne et vous dévore.
Jôji, ingénieur de trente ans, peu sûr de lui, tombe sous le charme de la beauté de Naomi, jeune serveuse de 15 ans. Il devient d'abord son pygmalion puis l'épouse.
Mais la jolie Naomi est rusée, cruelle, infidèle, dépensière, fascinée par l'occident et sa modernité . Elle exerce un pouvoir érotique sur Jôji, complètement soumis qui pardonne tout.
Malgré la personnalité machiavélique de Naomi, je n'ai pas vraiment ressenti de compassion pour Jôji, trop faible, submergé par ses désirs, facile à manipuler. Il a le choix de mettre fin à cette relation destructrice mais il s'y accroche et s'y complait.
...Bon, finalement il n'a que ce qu'il mérite. (sourire)
Une chronique facile à lire, sur une vie conjugale peu tranquille.
Dans ce roman, Tanizaki s'interroge également sur le passage des valeurs traditionnelles à une occidentalisation à l'excès.







Commenter  J’apprécie          141
RogerRaynal
  27 septembre 2018
Un roman classique, par un auteur qui ne l'est pas moins, et qui raconte une histoire qui ne l'est pas du tout !
Nous sommes en 1918. Jôji, un jeune ingénieur de vingt-huit ans, tombe éperdument amoureux de Naomi, serveuse dans un bar. Jusque là, rien que de très banal. Sauf que Naomi a à peine quinze ans. Inutile de faire les gros yeux en pensant à Lolita : rien que de très normal dans le Japon de l'époque, car ce brave Jôji va épouser le plus civilement du monde la très (trop) jeune Naomi, pensant sincèrement qu'entre ses mains, il gérera l'éveil de ses sens et fera d'elle une épouse aussi accomplie et traditionnelle que soumise à sa volonté…
Évidemment, les choses ne vont pas vraiment se passer ainsi. Naomi va vite révéler, outre un tempérament de feu, un gout certain pour les jolies choses et une volonté encore plus certaine de liberté, et ce dans tous les domaines. Elle va constituer ainsi l'archétype de ce que l'on a appelé au Japon, à l'époque, les « moga », les « filles modernes », et va faire tourner en bourrique son infortuné, mais toujours irrémédiablement passionné, époux.
L'histoire de ce couple haut en couleur s'étale ainsi entre 1918 et 1926, dans un Japon en pleine révolution culturelle occidentale. C'est un roman plaisant, parfois comique, tant l'aveuglement du pauvre Jôji et la vanité de ses désirs sautent aux yeux. C'est aussi, en filigrane, une formidable histoire pleine de vitalité, de liberté, qui rend hommage à sa façon aux femmes japonaises de l'époque.
À la suite d'une erreur, j'ai lu ce roman dans la traduction anglaise de Chambers puis dans sa version française, chez Folio. Ce dernier éditeur (je sais, je me rends compte que je plains souvent de Folio…) a cru indispensable de faire précéder le roman d'une préface d'A. Moravia qui vient, bien dans l'air du temps, comme un cheveu sur la soupe, nous expliquer à quel point l'occident en général et l'Amérique en particulier sont coupables de tous les maux, surtout au Japon où, bien entendu, « sétémieuavan ». Pour qui connait un peu, et même beaucoup, le pays et son histoire, on est prié de ne pas rire. Naomi apporte un démenti total à cette sociologie de la repentance en montrant, bien au contraire, comment une jeune femme, à l'orée du vingtième siècle, affirme contre une tradition de la soumission la réalité et la force de ses désirs, de ses goûts et son amour immodéré de la liberté de vivre.
Là où Folio voit un personnage « cynique, vulgaire, inconstant », je vois une femme qui ose la liberté dans une époque et un milieu bien peu propice. Voilà du moins ce que j'ai retiré de ma lecture. Et vous, qu'en penserez-vous ? Tanizaki vous tend les bras.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
littlecatlittlecat   22 juillet 2015
Ce qui désormais existait entre nous, ce n'était ni une pure tendresse d'amoureux, ni de l'affection conjugale; tout cela s'était évanoui comme un rêve ancien. Qu'est-ce qui m'attachait donc encore à cette femme infidèle et souillée ? Son attrait physique, uniquement son attrait physique, qui me menait à la longe. Cela scellait l'avilissement de Naomi mais aussi le mien.
page 194
Commenter  J’apprécie          160
OsmantheOsmanthe   28 décembre 2014
Je dois ici confesser l'indignité de ce qu'on appelle un homme. Pour ne rien dire de la journée, une fois la nuit venue elle triomphait régulièrement de moi. Triomphait de moi...Je devrais plutôt dire que l'animal en moi se laissait subjuguer par elle. A vrai dire, je n'étais nullement porté encore à lui faire confiance; mais cela n'empêchait pas ma bestialité de me contraindre à capituler aveuglément devant elle, à me faire accepter toutes ses conditions. En somme, Naomi avait cessé d'être pour moi le précieux trésor qu'elle avait été, une idole adorée avec reconnaissance; elle n'était plus qu'une prostituée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
euphemieeuphemie   21 septembre 2013
On dit communément " les hommes sont les dupes des femmes" Pourtant, si je me fie à mon expérience, la duperie ne vient pas d"elles. A l'origine il y a ce fait, que l'homme, sans nul besoin qu'on l'y pousse,se plaît à" être dupe". Quand il a le coup de foudre pour une femme, tout ce qu'elle dit.....chatouille délicieusement son oreille ....." je te vois venir" dit-il....Ainsi fait-il le magnanime, s'offrant le luxe de tomber volontairement dans le panneau comme quelqu'un qui cherche à faire plaisir à une enfant. Il n'a nullement l'intention de se laisser berner par cette femme; c'est lui au contraire qui pense la berner et il en rit tout seul..........De tout mon cœur perpétuellement dupe, ma façon d'en user avec elle renforçait de plus en plus sa confiance en elle
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
euphemieeuphemie   21 septembre 2013
Le prix que je lui attribuais tenait en effet, pour l'essentiel au fait que c'était moi qui l'avais formée, qui avais fait d'elle la femme qu'elle était, au fait aussi que moi seul connaissais son corps dans tous ses détails; pour moi, en un mot, Naomi était comme un fruit que j'aurais fait pousser moi même. Ce fruit, je l'avais amené à sa merveilleuse maturité d'aujourd'hui au prix d'incroyables efforts de toute sortes ,en m'y consacrant à fond: il était normal que ce fût à moi le jardinier, d'y goûter .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
rkhettaouirkhettaoui   02 décembre 2015
Avec un salaire de quatre cents yens, il n’était guère facile de faire face à toutes ces charges ; loin de mettre de l’argent de côté, j’effectuais au contraire des prélèvements sur mes économies du temps où je vivais seul, et mes réserves fondaient lentement, mais sûrement. Quand on commence à y toucher, l’argent file vite ; le fruit de plusieurs années d’épargne se trouva complètement dissipé et, au point où nous en étions maintenant, il ne me restait plus un liard.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Video de Junichirô Tanizaki (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Junichirô Tanizaki
Jun'ichirô Tanizaki, par Igort.
Jun'ichirô Tanizaki (1886-1965) révèle dans ses oeuvres une sensibilité frémissante aux passions propres à la nature humaine et une curiosité illimitée des styles et des expressions littéraires.
autres livres classés : japonVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les mangas adaptés en anime

"Attrapez-les tous", il s'agit du slogan de :

Bleach
Pokemon
One piece

10 questions
393 lecteurs ont répondu
Thèmes : manga , littérature japonaiseCréer un quiz sur ce livre
.. ..