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EAN : 9782742716418
134 pages
Actes Sud (04/06/1999)
3/5   4 notes
Résumé :
Choucas est, en traduction française, le deuxième livre à paraître du Hongrois Sandor Tar. Et c'est celui où s'impose avec le plus d'éclat la force singulière de son style, en même temps que la misère morale du subprolétariat industriel qu'il côtoya tant d'années, avant de devenir écrivain. Dans le "petit roman" qui donne son titre à ce recueil de récits, trois compagnons d'origine tzigane trouvent un emploi précaire sur un chantier de construction, et un asile prov... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Sachenka
  03 mars 2018
Dernièrement, j'ai lu Notre rue, un recueil de nouvelles de l'auteur hongrois Sandor Tar. J'avais apprécié cette description de l'après-guerre appauvri, entrant dans le communisme. C'était dur, un peu sombre, mais ponctué de moments tendres, un peu comme une chronique de village avec ses personnages pittoresques. Suffisamment douce-amer pour que je puisse apprécier l'expérience. Choucas, cet autre recueil de nouvelles, n'a pas opéré le même charme. Je n'ai pas détesté mais ce ne fut pas un coup de coeur non plus. Disons que, cette fois-ci, l'auteur a misé davantage sur le côté amer, dur et sombre.
La nouvelle éponyme, Choucas, fut difficile à suivre. On y rencontre Maté, Ipogy et Horog – ouf ! pour un lecteur francophone –, trois jeunes tziganes qui cherchent emploi et gîte et autour d'eux gravitent un choucas, un oiseau. C'était intrigant. Alors que le trio se fait repousser par les humains, cet animal leur reste fidèle. Mais je n'ai pas eu le loisir de réfléchir aux thèmes tellement j'avais l'impression de m'embourber dans l'intrigue plutôt dense. Par exemple, assez tôt, le choucas devient un garçon qui parle. Étais-je tombé dans un récit fantastique ? J'ai dû relire deux fois pour essayer de comprendre. Finalement, il semble y avoir un quatrième jeune tzigane. Mélangeant ! Mais j'ai poursuivi ma lecture : malgré tout, c'était hors de l'ordinaire, étrangement attirant. Ce paysage de chantier de construction, d'immeuble en béton, aussi dur que les gens qui y travaillent et y vivent, il m'interpelait. Et, après tout, c'est là que trouvent refuge les âmes en peine, les jeunes tziganes n'y rencontre pas que l'hostilité, ils y font également de belles rencontres. C'est là qu'ils trouvent le courage de s'ouvrir les uns aux autres. Puis, la finale m'a intrigué, mystérieuse et poétique. Je ne m'y attendais pas du tout et ce fut agréable.
Malgré cela, je suis resté sur ma première mauvaise impression et le style d'écriture de Sandor Tar y est pour beaucoup. En particulier les dialogues, qui sont intégrés à même les paragraphes, sans tirets ni guillemets pour les distinguer ou les faire ressortir. En soi, ce n'est pas un problème, je trouvais ça original, stylisé dans Notre rue. Mais, quand ces dialogues sont nombreux et que les pragraphes sont longs, ça ajoute inutilement à la complexité.
Les autres nouvelles sont encore plus dures. Ces gens, jeunes et moins jeunes, alcooliques, sans situation, sans avenir… sans espoir ? Terrible ! le pire, c'est qu'ils sont voués à répéter ce cycle de violence et de haine. Par exemple, dans la deuxième, le quartier de chaux, un grand garçon se croit meilleur que son père et sa mère, alcooliques invétérés mais brutalise son frère et sa soeur. Sans doute suivra-t-il l'exemple de ses parents…
Et ça continue ainsi. Comme je l'ai écrit plus haut, c'est dur, c'est terrible. Tout n'a pas besoin d'être beau (ou décrire de belles choses) pour qu'on puisse l'apprécier… mais ça aide énormément. Ceci dit, il faut aussi des gens courageux pour écrire avec passion sur des réalités noires ou, du moins, faites de gris et d'ombres. Et Sandor Tar s'est donné comme mission de faire connaître cet univers qu'il a connu de si près. Je me suis toujours senti privilégié d'être né en Occident et des livres comme celui-ci me le rappellent...
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