AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070378616
Éditeur : Gallimard (13/10/1987)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 37 notes)
Résumé :
De la poésie la plus grave à l'humour le plus débridé, cet écrivain aux multiples facettes ne cesse de nous surprendre.
Pourtant, d'après un de ses commentateurs, " il n'y a qu'un seul Tardieu, qui rit ou qui pleure des mêmes angoisses fondamentales ". Cet ouvrage regroupe quelques-unes de ses œuvres de théâtre le plus fréquemment représentées en France et ailleurs et correspond à une volonté initiale de l'auteur. Sous le titre La comédie du langage (un de se... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
BazaR
  26 janvier 2016
Il y a quelques années, j'ai eu le plaisir de voir une amie jouer dans un ensemble de pièces/sketchs dont l'indubitable drôlerie provenait de la manipulation des mots et de leur sens ; quelque chose que n'aurait pas renié Raymond Devos et, plus récemment, Stéphane de Groodt. C'était la Comédie du Langage de Jean Tardieu.
Je sors aujourd'hui la version livre, plus complète, que cette amie m'avait offerte et qui dormait dans ma bibliothèque, espérant bien rire un bon coup.
Eh bien le résultat est mitigé car toutes ces pièces ne prêtent pas à rire. Celles que j'avais vues sur scène étaient les plus marrantes.
« Un Mot pour un Autre » montre une situation conjugale à trois dans laquelle tous les noms sont remplacés par d'autres tout à fait hors contexte. Exemple : « On voit que vous ne le coulissez pas ! Il a sur moi un terrible foulard ! » pour « On voit que vous ne le connaissez pas ! Il a sur moi un terrible pouvoir ! ». Quant à « Finissez vos Phrases », elle présente un flirt dans lequel aucune phrase de dialogue n'est terminée.
En dehors de l'humour de situation et de l'exercice de style que n'aurait pas détesté Raymond Queneau, on reste surpris de s'apercevoir qu'avec un minimum de concentration, tout reste compréhensible, comme si notre esprit complétait ou corrigeait en mettant à contribution son expérience. Les trois petites pièces de « La triple Mort du Client » reprennent cet idée de s'amuser intelligemment.
Mais les autres pièces m'ont laissé indifférent, au point que je les ai tout simplement passées dès les premiers mots lus. J'ai tenu jusqu'au bout avec le déprimant « Les Temps du Verbe » dans lequel un homme dialogue au passé depuis la mort de sa femme, sa conscience assimile tout évènement présent comme s'il était déjà passé. L'homme est en fait mort dans sa syntaxe et dans sa tête. « L'ABC de notre vie » qui - dixit la préface – se présente comme un oratorio où les mots jouent le rôle des notes, était définitivement trop conceptuel pour moi. Je n'y ai trouvé aucune saveur émotionnelle.
A noter à charge aussi, la masse d'information de descriptions visuelles de scène, de mouvement, de décor qui sont certainement une aide à la mise en scène mais gâche la lecture.
Bref, j'en resterai personnellement aux pièces humoristiques, avec d'ailleurs un plaisir plus grand à la vision sur scène qu'à la lecture. Ce n'est pas souvent le cas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          345
gill
  16 janvier 2013
La comédie du langage est un ensemble, assez peu homogène, de huit pièces courtes, comiques ou non, dont le propos commun est la parole et l'importance qu'elle tient au sein de la communication de l'être humain.
Elle s'ouvre avec "Un mot pour un autre"
Vers l'année 1900 une étrange maladie apparaît, touchant principalement les milieux aisés. Les personnes atteintes de ce mal utilisent un vocabulaire fantaisiste et intervertissent les mots sans se soucier de leur sens.
Au lever de rideau, madame de Perleminouze est assise sur un sofa dans son salon et lit un livre....
Quelques pages plus tard, s'ouvre un nouveau morceau "Finissez vos phrases"
Monsieur A, un homme quelconque, ni vieux, ni jeune et madame B, une femme du même genre, tout à fait insignifiante, se rencontrent et soutiennent une curieuse et incomplète conversation....
Avec "Les mots inutiles", la troisième comédie présentée dans dans ce recueil, l'auteur nous engage à prêter l'oreille et, à travers les paroles qu'échangent des personnes sensées, vous entendrez la danse absurde des mots en liberté....
Puis vient le temps de l'apprentissage avec "Ce que parler veut dire"
Un professeur, s'appuyant sur sa longue expérience de la linguistique et sur de nombreuses observations cliniques, va dresser au moyen d'exemples un catalogue a peu près complet de toutes les déformations que subit le langage à l'intérieur des groupes sociaux et des familles....
Soudain l'auteur avec "De quoi s'agit-il ?" nous transporte dans une salle de
greffe où un juge s'embrouille car monsieur et madame Poutre lui affirment, souvent dans une même phrase, tout et son contraire....
Au lever de rideau de "Conversation - Sinfonietta" un speaker dans un studio de radio, annonce la conversation-sinfonietta du compositeur Johann Spätgott dont la conclusion est un chant triomphal à la gloire de l'équilibre humain....
Et le recueil se poursuit, ainsi, dans une virevolte de mots, parfois déconcertante et étrange. L'auteur nous lance le défi d'entrer dans son théâtre beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. Passée la perplexité provoqué par la forme atypique de cette dramaturgie, le fond du propos se fait apparent et donne le sens à ces curieuses mises en scène.
Au final, la dernière page refermée, Jean Tardieu nous aura donné à réfléchir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          330
michfred
  11 septembre 2016
Huit exercices de style brillants et savoureux pour montrer, sur les planches, la liberté fertile et la terrible insolence des mots..
Commenter  J’apprécie          180
VACHARDTUAPIED
  01 avril 2013
j'ai encore été ravi par ma lecture des pièces de Tardieu !
Commenter  J’apprécie          00
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
BazaRBazaR   26 janvier 2016
[Le Préposé] Entrez!

[Le Client] Pardon, monsieur... C'est bien ici... le bureau des renseignements?

[Le Préposé] Ouin.

[Le Client] Ah! bon! Très bien. Très bien... Précisément, je venais...

[Le Préposé] C'est pour des renseignements?

[Le Client] Oui! oui! Précisément, précisément. Je venais...

[Le Préposé] Alors, attendez!

[Le Client] Pardon, attendre quoi?

[Le Préposé] Attendez votre tour, attendez qu'on vous appelle!

[Le Client] Mais... je suis seul!

[Le Préposé] C'est faux! Nous sommes deux! Tenez! (il lui donne un jeton) Voici votre numéro d'appel!

[Le Client] Numéro 3640? (Après un coup d’œil à la salle vide) Mais... je suis seul!

[Le Préposé] Vous vous figurez que vous êtes le seul client de la journée, non?... Allez vous asseoir et attendez que je vous appelle.

(La Triple Mort du Client - Le Guichet)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
BazaRBazaR   23 janvier 2016
IRMA (annonçant): Madame la Comtesse de Perleminouze!

MADAME (fermant le piano et allant au-devant de son amie): Chère, très chère peluche! Depuis combien de trous, depuis combien de galets n'avais-je pas eu le mitron de vous sucrer!

MADAME DE PERLEMINOUZE (très affectée): Hélas! Chère! J'étais moi-même très, très vitreuse! Mes trois plus jeunes tourteaux ont eu la citronnade, l'un après l'autre. Pendant tout le début du corsaire, je n'ai fait que nicher des moulins, courir chez le ludion ou chez le tabouret, j'ai passé des puits à surveiller leur carbure, à leur donner des pinces et des moussons; Bref, je n'ai pas eu une minette à moi.

MADAME: Pauvre chère! Et moi qui ne me grattais de rien!

MADAME DE PERLEMINOUZE: Tant mieux! Je m'en recuis! Vous avez bien mérité de vous tartiner, après les gommes que vous avez brûlés!

(La Comédie du Langage - Un mot pour un autre)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
gillgill   01 décembre 2012
Avant le lever de rideau, on entend une musique essoufflée d'orgue de Barbarie, une polka qui voudrait être gaie mais qui, en fait, est déchirante de tristesse, avec des notes qui manquent et des halètements de mécanique usée.
Le rideau s'ouvre.
La scène, dont on doit réduire les dimensions au minimum, par exemple en fermant plus qu'à demi le rideau, représente une salle quelconque, absolument nue.
Au lever du rideau, l'Inventeur - un homme sans particularité apparente - est assis sur une chaise et lit distraitement un journal, en tournant ou faisant semblant de tourner la manivelle qui, dans la coulisse, côté jardin, actionne l'orgue de barbarie.
De temps en temps, il baille, se gratte la tête ou consulte sa montre.
Il semble attendre quelque chose ou quelqu'un.
On sonne. L’inventeur se lève, pose son journal sur la chaise, va précipitamment vers la coulisse, côté jardin. Il fait mine d'arrêter la manivelle : la musique s'arrête.
Puis il se dirige côté cour. Il disparaît quelques instants dans la coulisse pour reparaître seul, mais en parlant à l'Acheteur qui restera invisible pendant toute la scène et sera supposé assis dans la coulisse, côté cour...
(lever de rideau de "la triple mort du client" pièce composée en triptyque, contenant "le meuble", "la serrure" et "le guichet" et parue dans ce recueil chez "Folio" en 1987)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
BazaRBazaR   24 janvier 2016
[Le Professeur] Voyons, vous, monsieur, voulez-vous me donner la définition du mot "bibi"?

[L'élève] Un: première personne du singulier du pronom personnel: moi, je, ma pomme, mézigue... Deux: petit chapeau féminin... Trois: petit baiser.

[Le Professeur] Parfait... Et vous, mademoiselle, maintenant. Voulez-vous me dire quelle est la signification du mot "chou"?

[La jeune élève] Un, substantif: légume rond, replié sur un cœur tendre. Deux, petit gâteau idem. Trois, petite personne idem. Quatre, adjectif: aimable, complaisant, gentil.

[Le Professeur] Exemple:

[La jeune élève] Soyez chou, emmenez Lolotte en teuf-teuf.

[Le Professeur] Traduction?

[Un élève] Soyez assez aimable pour inviter Charlotte à faire une promenade en automobile.

(La Comédie du Langage - Ce que parler veut dire)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          173
michfredmichfred   11 septembre 2016
IRMA, entrant. Bas à l'oreille de Madame et avec inquiétude.
C'est Madame de Perleminouze, je fris bien: Madame (elle insiste sur "Madame"), Madame de Perleminouze !

MADAME, un doigt sur les lèvres, fait signe à Irma de se taire, puis, à voix haute et joyeuse.
Ah ! Quelle grappe ! Faites-la vite grossir !

Irma sort. Madame, en attendant la visiteuse, se met au piano et joue. Il en sort un tout petit air de boîte à musique.
Retour d'lrma, suivie de Madame de Perleminouze.

IRMA, annonçant.
Madame la Comtesse de Perleminouze !

MADAME, fermant le piano et allant au-devant de son amie.
Chère, très chère peluche ! Depuis combien de trous, depuis combien de galets n'avais-je pas eu le mitron de vous sucrer !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Videos de Jean Tardieu (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Tardieu
Rencontres avec Jean Tardieu par Christian Cottet-Emard juillet 1988 et juin 1991 (LE BLOG LITTÉRAIRE de Christian Cottet-Emard)
Dans la catégorie : Littérature dramatiqueVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Littérature dramatique (842)
autres livres classés : théâtreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Couples célèbres de la litterature

Julien Sorel

Louise de Renal
Maguerite Gautier
Ariane
Camille
Celimene

10 questions
494 lecteurs ont répondu
Thèmes : roman , théâtreCréer un quiz sur ce livre