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Jacqueline Duplain (Traducteur)
EAN : 9782859407704
296 pages
Phébus (07/11/2001)
3.83/5   23 notes
Résumé :

Une petite ville du Middle West dans les années 1870, Isabel Amberson, est courtisée par deux hommes : Eugene Morgan, un bricoleur plein d'imagination, un rien farfelu et Wilbur Minafer, un jeune homme d'affaires assidu au culte du dimanche, qui est tout sauf un rigolo. Isabelle choisit d'épouser Wilbur dont elle a un garçon. Devenu un jeune homme celui-ci se révèle vite arrogant, plein de morve, insupportable. Seule une pers... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Biblioroz
  14 avril 2022
Dans les années 1870, au coeur de cette petite ville du Midland où l'élégance ne ressort plus de la qualité des tissus mais de la mode très éphémère qui émerge, où l'on arbore favoris et barbes fantaisistes et où l'on rajoute des salles de bains aux vielles demeures, beaucoup de choses ont disparu et d'autres voient le jour. Booth Tarkington nous en énumère certaines avec un délicieux humour accentué par une écriture tout à fait exquise.
Dans ce balbutiement de changements plus ou moins importants éclate la magnificence des Amberson avec le Major qui fit sortir de terre tout un nouveau quartier filant autour d'un boulevard portant son nom. Ces constructions firent la richesse de la famille et leur notoriété. Les Amberson habitent la plus belle maison de la ville et l'auteur donne, avec beaucoup d'esprit, la parole à un citoyen pour nous en décrire sa splendeur. À ce stade, je suis déjà conquise et charmée par le style enlevé de cet écrivain que je découvre ici !
La petite-fille du Major est la belle et gracieuse Isabel Amberson. de deux amoureux, elle a choisi celui qui ne s'est pas ridiculisé à ses yeux lors d'une sérénade et épouse Wilbur Minafer. Cette sage décision lui vaut la prédiction suivante de la part d'une certaine madame Foster : avec ce mariage sans amour, elle pourrira ses enfants. La seule erreur dans cette prophétie résidera dans le fait qu'elle n'aura pas des enfants mais un seul, George. Et heureusement, pourrait-on dire ! Car à neuf ans, celui-ci est la terreur de la petite ville, effronté, arrogant jusqu'à choquer un pauvre révérend très vieille école. Les habitants attendent donc que son éducation à l'université le remette en place et qu'il supporte à son tour quelques déboires. Mais la punition ne semble pas encore venir. Très beau, d'un maintien altier, sa condescendance vis-à-vis des personnes qu'il juge démodées ne fait que s'accroitre lorsqu'il revient chez lui.
L'auteur a doté ce Georgie, comme le nomme affectueusement sa famille, d'un caractère des plus fat et prétentieux qui lui fait dire « mes aspirations véritables sont de me lier avec un petit nombre d'êtres d'élite. » En découle que pour George, tous les autres sont des « dingos », l'un de ses mots favoris.
Lorsqu'il fera la connaissance de Lucy, la fille d'Eugène Morgan (l'ancien amoureux éconduit de sa mère), ses sentiments se réveillent mais il se heurtera enfin à une personne qui fera vaciller son aplomb, qui le fera bafouiller et se tourner en ridicule, lui, le grand George Minafer Amberson ! Il aura le malheur de dédaigner le père de Lucy et raillera ses recherches dans le domaine de l'automobile alors en pleine émergence. Il faut dire qu'en présence d'Eugène, la gaité et les joues roses de sa mère font monter en lui un fort ressentiment envers cet homme qui n'appartient pas à son illustre famille.
Avec une mère en adoration pour son unique rejeton, des flèches décochées par une tante rongée d'amertume et de jalousie, un dédain manifeste pour toute profession puisqu'aucune ne peut répondre à la vision de l'avenir du bel héritier, une ignorance face à l'évolution industrielle et sociale, la famille Amberson entame son déclin et les beaux jours du quartier du même nom partent en fumée laissant devant eux une décrépitude et un nom qui tombera dans l'oubli. La ville se transforme en cité industrielle, le train du changement est passé et les Amberson sont restés sur le quai. Les fortunes sont capricieuses et inconstantes.
Qui peut prévoir l'avenir ?
En juxtaposant l'agrandissement fulgurant de cette petite ville avec la dégringolade vertigineuse des Amberson, l'auteur manie aussi bien le côté drolatique que le côté tragique de son ouvrage. Les très belles lignes de Booth Tarkington nous montrent un monde qui court au capitalisme avec la naissance de l'industrie automobile, des sentiments qui se heurtent dramatiquement à un amour maternel trop fort et des richesses qui se désagrègent pendant que d'autres construisent de nouvelles demeures encore plus somptueuses sur les ruines laissées par les prédécesseurs.
Une très belle découverte d'un auteur méconnu en France et un titre que j'avais noté un jour suite à l'avis enthousiaste de moussk12, merci à toi Fabienne !
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moussk12
  27 avril 2019
C'est fin 19ème siècle, dans une petite ville des Etats-Unis, que la famille Amberson réside. Toute puissante de par sa position sociale et sa richesse, la superbe villa du major Amberson trône au milieu d'une avenue qui portera leur nom.
Georges, 3ème de sa génération, est élevé par sa mère, Isabel, son oncle et son grand-père, dans la plus pure tradition des grandes familles de l'époque.
Convenance et dignité vont de pair avec arrogance et mépris.
Bien qu'aux yeux de sa mère, Isabel, le beau petit Georgie représentera toujours un ange, très tôt, il fera preuve de tant de dédain et de méchanceté que tous les gens de la ville, respectueux envers cette famille, n'auront de cesse d'espérer qu'un jour, il le paye. D'une manière ou d'une autre. Ce n'est qu'en compagnie de la jeune Lucy, fille du premier prétendant éconduit de sa mère, qu'il pourra ouvrir son coeur et ses aspirations de maintenir son nom dans les hautes sphères de la ville.
Mais la ville se développe à une vitesse vertigineuse. En pleine révolution industrielle, avec l'arrivée de l'automobile, des migrants venant des quatre coins du globe, elle va déployer ses tentacules de suie et de poussière. Les Amberson parviendront-ils à maintenir leur position ?
Prix Pulitzer de 1919, La Splendeur des Amberson est une magnifique saga familiale où les histoires d'amour se fondent dans le contexte social évolutif de l 'époque. C'est un grand classique, superbement écrit, qui se lit d'une traite et qui m'a procuré beaucoup d'émotions. Il a été un enchantement de lecture.
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cyan
  28 octobre 2020
Fin du 19e siècle, Etats-Unis. La très riche et très digne famille Amberson représente la crème de la crème de la ville du Middle-West où elle fait la pluie et le beau temps. Mais les temps changent, la société évolue et les Amberson l'ignorent.
(...)
J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire: j'ai été surprise par la façon dont elle était racontée et le fait que le terme « nègre » revienne souvent au début n'a pas aidé. Je me suis accrochée et en fait le récit devient de plus en plus prenant au fil des pages. Je ne saurais pas dire exactement pourquoi, pour être honnête, parce que le personnage principal est réellement imbuvable: arrogant, égocentrique, snob, etc. Les autres protagonistes ne sont pas particulièrement attachants non plus, ceci dit.
Malgré tout, l'auteur réussit à nous embarquer dans l'histoire grâce à cette plume qui m'avait pourtant freinée au départ. C'est toute la haute-société de l'époque qui nous sont racontée, avec ses ridicules et ses aspirations totalement en décalage avec l'évolution du monde qui l'entoure. Booth Tarkington n'hésite pas à faire un portrait à charge de ses personnages. Même ceux qui sont a priori plus sympathiques peuvent prêter à sourire. Outre la critique sociale, on assiste également à l'adoption, de plus ou moins bon gré, des évolutions techniques de la fin de la Belle Epoque. C'est un peu la lutte du progrès pour s'imposer face à une société sclérosée, prisonnière de principes dépassés qui causeront sa perte.
Une très bonne lecture malgré une entrée en matière difficile. Je recommande très vivement, en particulier si la littérature classique américaine vous intéresse.
Lien : https://bienvenueducotedeche..
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jfponge
  22 mars 2015
La famille Amberson est le fleuron de la ville que le "Major" créa dans le Middle West peu après la fin de la Guerre de Sécession. Richesse, domesticité à foison, renommée de cette nouvelle "aristocratie", ces valeurs sont censées être tombées dès sa naissance dans l'escarcelle de "Georgie", le petit-fils du Major. Beau à mourir, tout comme sa mère Isabel, il va faire des ravages dans le coeur de Lucy, la fille d'un inventeur, pauvre mais qui va faire fortune grâce à son idée d'introduire dans la ville les premières automobiles au grand dam des propriétaires de voitures à chevaux. Tout semble bien parti pour une idylle romanesque genre "ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants". Hélas, George Amberson, fort attaché aux privilèges de sa "naissance" (pas question de travailler, pas question de fréquenter la roture), va s'ingénier à pourrir la vie de sa famille et faire le malheur de celle qu'il aime plus que tout, sa propre mère, et le sien par-dessus le marché. Mélodramatique à souhait, le roman de Booth Tarkington dresse pourtant un portrait sans concession d'une certaine classe que l'on appellerait en Europe les "parvenus". le thème rappelle l'oeuvre célèbre d'Emile Zola ("Les Rougon-Macquart"), qui se situe à la même époque, et le style n'en est pas très éloigné même si l'écriture est plus concise, modernité oblige. On se sent "accroché" dès les premières pages par le destin chahuté des nombreux personnages, et l'on comprend que ce roman ait inspiré un des cinéastes les plus doués de l'après-guerre, mais aussi des plus infatués de lui-même : Orson Welles. Il s'est tout de suite senti à l'aise avec son héros...
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oree
  15 avril 2020
Splendeur ...et misère des Amberson! C'est le retour de bâton pour un odieux gosse de riche célèbre par sa morgue insolente dans sa ville qui va connaître les bouleversements de l'arrivée de l'automobile . Belle saga familiale qui retrace les débuts de siècle dans le Midland, avec de beaux portraits et une fine étude psychologique.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
BibliorozBiblioroz   08 avril 2022
- Je ne suis pas sûr qu'il ait tort à propos des automobiles, fit-il. En dépit de toute leur vitesse, elles ne seront peut-être qu'un pas en arrière dans la civilisation. J'entends la civilisation spirituelle. Ajouteront-elles à la beauté du monde, à la vie de l'âme ? Je ne le crois pas. Mais elles sont là ; elles transformeront nos vies plus profondément que nous pourrions le supposer. Elles transformeront la guerre, et elles transformeront la paix. Je pense que l'esprit humain lui-même changera, à cause d'elles. Comment ? Je n'en sais rien. Mais le changement extérieur n'ira pas sans changement intérieur ; ici, George a peut-être raison : ce changement intérieur nous sera défavorable. Qui sait ? Dans vingt ou trente ans je pourrais n'avoir plus le droit de défendre ma voiture sans cheval, et déclarer moi-même : "Son inventeur a fait un beau gâchis !"
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cecilitcecilit   25 juin 2017
Le major Amberson édifia "sa" fortune en 1873, tandis que d'autres perdaient la leur ; ce fut le début de la magnificence des Amberson. La magnificence, aussi bien que le chiffre d'une fortune, est toujours sujette à comparaison. Laurent le Magnifique lui-même s'en fût aperçu s'il se fût avisé de hanter le New York de 1916. Les Amberson furent donc magnifiques à leur jour et à leur heure.
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oreeoree   14 avril 2020
-Que voulez-vous dire par: " le temps est comme le ciel et la fumée."
- Je veux dire que les choses que nous possédons, et que nous croyons solides… elles sont comme de la fumée, et le temps est comme le ciel dans lequel la fumée se dissout. Quant un nuage de fumée sort d'une cheminée, cette fumée apparaît toute noire et épaisse contre le ciel, comme si elle allait demeurer là pour toujours. Puis tout à coup, elle s'amincit, encore, encore, se disperse, et il ne reste bientôt plus que le ciel et le ciel ne change pas, lui.
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moussk12moussk12   27 avril 2019
A cette époque, avant que des obligations mortelles les eussent châssés à travers la vie - quand le téléphone dévoreur de loisirs n'existaient pas encore - les hommes avaient du temps pour tout; le temps de penser, le temps de discuter, le temps de lire, le temps d'attendre une femme !
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moussk12moussk12   27 avril 2019
Dans cette ville, à cette époque, toutes les femmes vêtues de velours et de soie connaissaient toutes les autres femmes vêtues de velours et de soie.
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