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ISBN : 2864329719
Éditeur : Verdier (08/03/2018)

Note moyenne : 4/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Le Temps gelé est un ensemble de récits évoquant les rives de l’Ienisseï, dans la région de Krasnoïarsk, où depuis trente ans Mikhaïl Tarkovski s’est installé comme chasseur-trappeur.
Après avoir longtemps vécu isolé, il habite maintenant le petit village de Bakhta avec sa famille. Ses récits retracent des histoires de chasseurs, de pêcheurs, de villageois, de gens simples, d’animaux, de rivières, toute une vie qu’il connaît bien, qu’il dépeint avec amour et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  29 avril 2018
Retour en Sibérie avec Mikhaïl Tarkovski, neveu du grand cinéaste, poète, écrivain et photographe russe défunt, Andrei Tarkovski que je vénère.
Nous sommes dans le village isolé de Bakhta, au coeur de la taïga, sur les rives du fleuve Ienissei, où il vit depuis près de quarante ans. Un village dont Werner Herzog cinéaste allemand, d'après les films documentaires de Mikhaïl, en a fait une excellente version courte sur la vie de ses habitants chasseurs-trappeurs, "Gens heureux: une Année en taïga-Happy People in the taïga", que je conseille de visionner vivement, si non déjà fait; une leçon de vie et d'humilité au coeur d'une nature sauvage dont il faut connaître et respecter les lois.
D'une prose poétique, émouvante, Mikhaïl en huit récits nous esquisse des portraits attendrissants de personnages de la région et parle de sa propre intimité, sur fond d'une vie des plus spartiates, où la priorité des hommes est leur métier de chasseurs-trappeurs, leurs femmes étant reléguées au second plan.
Dans des paysages de rêves, qui rappellent les films de son oncle,
on rencontre entre autres, tiotia Nadia, un petit bout de femme de soixante-quinze ans qui n'a pas froid aux yeux, qui fait sa propre bière maison, teintée avec du sucre caramélisé, pêche et part à la chasse et vit dans un hameau en ruine, toute seule,
Nikolai, qui dont le coeur flanche, hésite à abandonner la taïga et son métier de chasseur- trappeur, après dix-sept ans....pire qu'une maîtresse aimée,
Mikhail lui-même dans sa touchante intimité, raconté avec beaucoup de pudeur......
Une petite communauté, malgré le froid et l'isolement, où la chaleur humaine est plus présente que n'importe où sur cette terre.......
Des personnages d'antan, qui vivent encore en symbiose avec la nature, conservent leur pudeur et leur vraie nature, dans des conditions qui nous paraissent si difficiles,.....pourtant ils ont l'air plus satisfaits et plus qu'heureux que nous....bien que souvent ils ont recours à leur vodka pour dégeler leurs âmes, bouclées au plus profond d'eux par la solitude.
Si vous avez lu et aimé Volna Volnaia de V.Remizov, vous allez aussi aimer ce livre, qui en est un concentré, et si vous ne vous êtes pas encore hasardés dans ces contrées-là, n'hésitez pas, c'est trop beau ! Avec une postface surprise et un abécédaire très intéressant à la fin !
« ....la taïga....ce monde que l'on peut encore ordonner de ses propres mains. »
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nadejda
  02 avril 2018
En quelques chapitres, Mikhaïl Tarkovski nous fait découvrir dans "Le temps gelé" (titre qui rappelle "Le temps scellé" de son oncle, le cinéaste Andreï Tarkovski) sa vie de chasseur-trappeur dans la taïga sibérienne, au sein du village de Bakhtar et au long du fleuve Ienisseï, au fil des saisons et des rencontres.
Une vie rude, belle et exigeante.
Il nous permet de faire connaissance avec des êtres singuliers qui l'ont accompagné au cours de ces quarante ans, des êtres précieux qui l'ont marqué : Petrovitch qui tente de s'éloigner de Bakhta mais ne peut, comme l'auteur lui-même, vivre longtemps sans y revenir, tiotia Nadia et sa jument Belka, Tolia, Vitka, Guenka, Gochka, Foma, Valia, Timofeï…
« Ce printemps, Gochka et Foma avaient posé leurs filets près de l'île Borodinski.
(…) Gochka avait fait griller à la broche un esturgeon, le gars avait accordé sa guitare et Valia s'était mise à chanter. Et tout autour, le fleuve immense et le printemps… Et les deux pêcheurs, aux mains crevassées, plongeaient le regard dans le feu, tandis que s'élevait au-dessus de l'eau immobile la voix pure de Valia. »
Ils sont comme lui partie intégrante d'une nature dont ils ne peuvent se séparer. Un choix de vie qui s'est fait parce qu'il venait du plus profond de leur être.
« Et il (Timofeï) imaginait qu'il irait chasser avec son fils, il lui montrerait ses lignes de trappe,, dans un an ou deux il lui donnerait une cabane, et à l'automne, sans faute, il dormirait avec lui dans la taïga — dans ce monde que l'on peut encore ordonner de ses propres mains. »
À chaque instant c'est une redécouverte, comme un voeu renouvelé d'appartenance et un hymne à l'amour pour cette terre où « …s'unissent en un souffle clair le sourire d'une fille, les mots précieux de tiotia Nadia, une musique qui remonte l'Ienisseï et, une fois que ce vent doux nous a transpercé l'âme, tout disparaît. Ce sont pourtant ces quelques instants qui vont par la suite guider nos vies comme des amers sur le fleuve immense. »
En guise de postface Mikhaïl Tarkovsky offre un chant de reconnaissance à Maria Ivanovna Vichniakova sa grand-mère qui, à l'origine, a su poser les repères qui ont guidé sa vie future comme autant d'amers qui « permettent aux bateaux de garder leur cap. »
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michfred
  29 août 2018
Un monde rude et farouche.
Où l'on est seul avec le froid, avec l'eau, avec la neige, avec les bêtes.
Un monde d'hommes, où les femmes passent- frileuses, attirées par un trappeur en chapka de fourrure- , mais qu'elles fuient, souvent, craintives , pour aller se poudrer le nez avec les nouveaux riches, à Moscou, ou , si par hasard elles restent, qu'elles tentent d'apprivoiser en mettant aux isbas de petits rideaux coquets.
Au bord de l'Iénisseï, non loin de Bakhta, dans une cabane de trappeur perdue dans la taïga ou, parfois, dans un petit village un peu plus habité, vit, depuis 1978, le neveu du grand cinéaste Andreï Tarkovski, petit-fils du poète Arseni Tarkovski. Sa grand-mère, Maria Ivanovna Vichniakova, lui a tout appris de l'âme russe, de sa litterature si puissante et si riche, des oiseaux et de la nature, de la magie sauvage de la grande forêt. On la voit d'ailleurs, cette grand-mère adorée, dans le Miroir, tourné par Andreï , son fils.
A son tour, avec pudeur et poésie, Mikhaïl se fait , pour nous, le passeur de ce microcosme de sauvagerie ..si vaste, et pourtant si menacé.
Il dit avec simplicité le charme prenant mais aussi les sacrifices, les épreuves physiques et les fêtes trop arrosées de ces vies solitaires, aussi actives que contemplatives- la rude vie de la trappe, dans les étés trop courts et dans le long hiver.
Ce ne sont ni des contes, ni des nouvelles, pas même des récits: des éclats de voix entre les arbres, des traces dans la neige, des glissements de barquot sur l'eau glacée et bondissante, des crissements de Bourane sur les pistes gelées ...
Parfaitement dépaysant dans cet été caniculaire...
Une postface où Mikhaïl avec toute sa retenue de chasseur solitaire nous livre quelques clés pour comprendre ses choix , et un petit lexique du parfait trappeur qui est comme un abécédaire de la taïga, plein de poésie et d'âme russe...
Aussi enivrant qu'une vodka bien frappée !
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ninamarijo
  17 juin 2018
C'est la couverture du livre qui m'a attirée, la cabane en Sibérie… Sylvain Tesson j'avais beaucoup aimé !
Mais ce livre, c'est beaucoup plus, puisque il nous livre le choix de vie de Mikhaïl Tarkovski qui décide, un jour, de s'installer au bord du Iénisséï à 700 km au nord de Krasnoïarsk, à Bakhta un hameau de 200 âmes où les températures descendent à moins 40° en hiver !
M. Tarkovski vit loin de la civilisation, dans un des endroits les plus froid de la terre, il exerce le métier chasseur-trappeur et vit dans une cabane et nous dit-il «Dans une cabane le silence et la solitude invitent à la réflexion »Tarkovski est aussi poète.
Dans cette nature hostile sauvage et rude la petite communauté de Bakhta se serre les coudes, les portraits peints dans ces huit nouvelles sont les portraits de gens simples et robustes et surtout amicaux et bienveillants. Dans ces villages retirés les hommes vivent entre eux ou presque. Ce sont des chasseurs des pêcheurs ce sont des solitaires dans l'immensité de la taïga. Les rencontres ont toujours lieu autour de la vodka qui elle aussi réchauffe corps et coeurs et souvent résonnent quelques chansons populaires.
Mikhaïl Tarkovski écrit là un hymne à la nature, dans le froid sibérien, où l'air pur augmente l'acuité de la vue des paysages, rivières, forêt-taïga, montagnes, la beauté de la nature se révèle. L'Iénisséï, le héros de ces écrits est un fleuve vivant, il chante l'été et à la débacle quand il se libère des glaces il gronde puis se met en marche… le fleuve est source de vie on y pêche, il sert de route, l'été en bateau, l'hiver en Bourane. « La coutume veut que quand l'Iénisseï se met en branle on aille y puiser de l'eau. Tout le monde attend la débâcle comme une fête… Mais les choses se font lentement. La rivière monte le long des rives, l'eau se met à courir, des fissures serpente dans la glace, et l'Iénisseï ne bouge toujours pas. Enfin un beau jour, un claquement fort retentit comme un coup de feu, un vol de canard passe, et voilà que se met en mouvement l'énorme Iénisséï … la glace échoue sur les rives dans des craquements et des grondements… »
Mikhaïl Tarkovski aime la solitude, la nature et les gens. Dépaysement, grand froid et chaleur des rencontres assurés et, de la vodka !
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zazy
  07 avril 2018
Habillez-vous chaudement, très chaudement, prenez bottes fourrées, bonnet, pardon chapka, écharpe, gants (surtout ne pas les oublier) et suivez-moi, nous allons au nord de Novossibirsk, à Bakhta et ses environs. Vous allez faire un superbe périple.
Je viens de faire une lecture qui m'a empli les yeux, un voyage avec les mots de l'auteur.
Mikhaïl Tarkovski raconte cette région qu'il a choisie pour y vivre, fonder sa famille. C'est un pays dur où le froid hivernal n'a rien à voir avec nos moins dix degrés ou les quinze centimètres de neige qui font s'arrêter la vie parisienne. Non, là, la température descend jusqu'à moins cinquante ! La vie est rude, réchauffée à la vodka qui, bouteille après bouteille enivre les hommes.
Ils sont tous chasseurs, pêcheurs, vivent avec la nature. Vous rencontrerez Petrovitch qui, après une énième engueulade avec sa femme, décide de retourner dans sa région, mais l'Ienisseï le rattrape. Pavlik se fera une joie de vous montrer et, peut-être, monter à bord de son Ob bleu ou sa « Bourane jaune, équipée d'un projecteur, et dont la capote était ornée du loup du dessin animé « Nou pogodi ! » »
Il y a aussi tiotia Nadia (grand-mère Nadia) « Vieille femme toute petite, à la tête d'oiseaux, dépourvue de sourcils ». Une femme courageuse, bosseuse qui « n'aimait ni les poltrons ni les paresseux ni les mollassons ». Elle pose encore des pièges, aime régaler son prochain de confiture, croquettes, bière maison, poisson grillé.
Nicolaï lui, sent qu'il ne peut plus allez chasser sans se mettre en danger. Il « sentait de tout son coeur usé qu'il perdait quelque chose d'essentiel, de vital. »
Les habitants vivent au rythme du fleuve, Au printemps, « Un claquement fort retenti comme un coup de feu, un vol de canard passe, et voilà que se met en mouvement l'énorme Ienisseï avec sa glace salie que plus personne ne supporte, ses chemins fondus, ses trous marqués par des perches, une longue fente apparaît où brille de l'eau, la glace s'échoue sur les rives dans des craquements et des grondements ». Encore un hiver passé.
Et puis, il y a Tania, Tania qui fait chavirer le coeur du narrateur « Mes pressentiments ne m'avaient pas trompé, qu'était enfin apparu entre cette jeune fille presque inconnue et moi-même une chose inexplicable, aussi incertaine que le flottement des trembles ». Nous sommes en automne. Elle va l'accompagner à la chasse, rompre sa solitude. « Ces dernières années, il m'arrivait de plus en plus souvent de regretter de n'avoir personne avec qui partager toute la beauté environnante. »
Je pourrais continuer à vous parler de tous ces personnages qui vivent au bord du fleuve tant les portrait sont attachants. Ils sont les gardiens d'une tradition russe. Mikhaïl Tarkovski raconte la vie de ces gens simples. Il raconte la nature, e fleuve, les hivers très froids, le travail, la forêt avec poésie et moult détails. « Un matin, Vaska s'y rendit en passant par le bois et, tout cour, à travers les sapins, il vit devant lui quelque chose d'extraordinairement brillant. C'était l'eau pure, qui était remontée tout en haut des rives et dans laquelle se reflétait la forêt et nageait, en lâchant quelques cris, un canard siffleur à la tête rousse. »
La vie qu'il offre est la sienne aussi. Il pêche, chasse, il aime les gens qui vivent autour de lui. Lorsqu'il les décrit, c'est détaillé, réel « Il avait des moustaches couvertes de glaçons, une barre blanche de neige frissonnante, des yeux gris qui brillaient d'un éclat chaleureux tout au fond, derrière des cils blanchis, la peau rougie, de petits poils blancs sur les joues, une chapka givrée qui sentait le suint de chien. Il portait dans le dos une hache coincée dans une boucle métallique accrochée à sa ceinture, et en bandoulière, une carabine, le canon tournée vers le bas. »
« Il entreprit de construire un cabanon pour les bains, abattit des arbres, de gros pins de Sibérie, les ébrancha, prépara les rondins qu'il tira avec une corde jusqu'à la cabane, puis il dé »bita la tête en billes qu'il fendit ensuite et entreposa sur la pile de bois. le lendemain, il s'attaqua à la construction et, le soir venu, il fumait devant le feu en contemplant les murs qui se dressaient devant lui, les rondins éclatants fraîchement taillés, la montagne de longs copeaux résineux au-dessous, s'émerveillant une fois de plus de la force opiniâtre qui fait s'élever, dans le désordre du chantier, un solide cube jaune pâle. »
« Même la maison de tiota Nadia semblait habitée avec ses chambranles bleus, son entrée peinte en ocre, et l'herbe fauchée qui l'entourait. »
« Nikolaï se prépara dans le noir, réchauffa le moteur avec sa lampe à souder qui fit fondre à toute allure la glace transparente sur le réducteur ».
J'ai apprécié de trouver, en fin d'ouvrage, un dictionnaire des mots sibériens et deux cartes dessinées par l'auteur.
Un livre à faire rêver, mais bien couverte ; la vie est rude, les hommes aussi, mais tellement humains, loin de l'univers de Moscou. J'ai découvert cette partie de la Russie avec Un homme de peu d'Elisabeth Alexandrova-Zorina. J'y ai retrouvé cet amour de la forêt découvert avec L'archipel d'une autre vie d'Andreï Makine.
Un coup de coeur que j'ai eu plaisir à le feuilleter de nouveau pour écrire ma chronique.
Le temps gelé ? C'est une ode à la nature, un envoutement, un enchantement servi par une écriture brillante, descriptive, poétique, très bien rendue par la traduction de Catherine Perrel. La vie, hormis les moyens de communication moderne, ne semble pas avoir changé, surtout dans les cabanes disséminées dans la taïga qui permettent aux hommes de chasser la zibeline pour la peau, faire du bois, pêcher… Une nouvelle perle des éditions Verdier.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   23 mars 2018
Je m'assis sur un petit billot et sortis une cigarette. Devant moi l'Iennisseï s'étalait comme un plateau d'argent ciselé par le vent. Sur la rive opposée, au-delà de la barrière sombre des sapins, ondoyait la profondeur bleutée de la taïga qui était incroyablement automnale. J'ai toujours l'impression, je ne sais pourquoi, qu'ici l'automne n'apparaît pas sur place, mais qu'il vient d'ailleurs, sous la forme d'un air bleuté à la teneur particuliére, qui jaunit, flétrit, resserre tout, tandis que soudain, de pair avec une vigueur physique accrue, nous voyons sourdre en nous une étonnante réceptivité à la nature. Et soumis à cette calme volonté, nous avons envie de grimper. sur la plus haute falaise et de tomber à genoux, en regardant la mer lointaine de l'Ienisseï,....
Et longtemps s'inscrira en nous le chatoiement funèbre des rives, d'un jaune strié de vert sombre, et la fissure de feu traversant un nuage gris basalte bouchant le nord, jusqu'à ce que dans la fraîcheur d'un petit matin, un coup sourd de rame résonnant dans le brouillard ne donne des ailes au premier poème. p 36-37
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nadejdanadejda   22 mars 2018
Tout ce que j'écris, qu'il s'agisse de prose ou de poésie, je le dois à l'Ienisseï, le grand fleuve sibérien au bord duquel je vis depuis près de quarante ans.
(...) Quand j'étais petit, j'ai vécu entouré de livres, et en venant sur l'Ienisseï j'ai accompli mon rêve d'enfant. J'avais la tête pleine de toutes les histoires que j'avais lues sur la taïga et les hommes et les bêtes qui la peuplent, sur les explorareurs de ces contrées inhospitalières et, bien entendu, sur les trappeurs qui chassaient la zibeline. L'isolement, la beauté des rivières, des montagnes et de la forêt, particulièrement intense en hiver, la vie extraordinaire et indépendante des chasseurs-trappeurs professionnels, tout cela m'a fasciné. C'est ainsi que j'ai trouvé un métier, au coeur. de la Sibérie, et que j'y ai fait ma vie pour toujours.
Dans une cabane, le silence et la solitude invitent à la réflexion. J'ai beaucoup lu, étudié, je me suis intéressé à nos traditions. Le destin a aussi voulu que je rencontre des gens merveilleux. J'ai eu envie comme eux de rassembler mes forces, et d'écrire pour raconter ces hommes d'aujourd'hui.
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BookycookyBookycooky   28 avril 2018
On vit, aveuglés par nos préoccupations sans rien remarquer autour et, tout à coup, par une belle journée d'automne où chaque buisson se distingue nettement sur la rive opposée et où les nuages frais ne font quasiment pas d'ombre, quelque chose se met en mouvement.Et s'unissent en un souffle clair le sourire d'une fille, les mots précieux de tiotia Nadia, une musique qui remonte l´Ienissei et, une fois que ce vent doux nous a transpercé l'âme, tout disparaît. Ce sont pourtant ces quelques instants qui vont par la suite guider nos vies, comme des amers sur le fleuve immense.
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nadejdanadejda   23 mars 2018
Ma grand-mère m'a aidé à me construire en m'ouvrant trois portes : la nature russe, la littérature russe, la foi orthodoxe.
(...) Ma grand-mère m'a fait visiter la région de Moscou, l'Oka, la Volga, la région de Kalouga d'où elle était originaire. Nous avons passé un été au monastère d'Optina Poustyn, et elle en a profité pour me mettre entre les mains (j'avais une dizaine d'années) "Les frères Karamazov", dont l'action se déroulait dans ces lieux.
Peu de temps auparavant, nous avions vécu dans un village au Nord de l'Oka et tous les soirs avant de dormir, elle me lisait "Guerre et Paix". C'est par ces deux livres qu'enfant, j'ai découvert la littérature russe. Je n'oublierai jamais la détermination avec laquelle ma grand-mère, sans tergiverser, m'a plongé directement dans ces grandes oeuvres. p 110-111
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michfredmichfred   29 août 2018
Alors qu'il assouplissait les zibelines, il pensait à la taïga où, s'il arrive quelque chose, on ne peut s'en prendre qu'à soi-même. Il pensait à ses cabanes vides et esseulées, au méandre de la rivière et à sa haute rive, à ses eaux libres qui fumaient, à ce qui était une semaine auparavant d'une importance vitale et qui aujourd'hui semblait relégué à l'arrière-fond de l'âme. Vivement que Vovka grandisse...
Et il imaginait qu'il irait chasser avec son fils, il lui montrerait ses lignes de trappe, dans un an ou deux il lui donnerait une cabane, et à l'automne, sans faute, il dormirait avec lui dans la taïga- dans ce monde que l'on peut encore ordonner de ses propres mains.
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