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Citations sur Le Chardonneret (274)

Kittiwake
Kittiwake   26 janvier 2014

Si un tableau se fraie vraiment un chemin jusqu'à ton cœur et change ta façon de voir, de penser et de ressentir, tu ne te dis pas « oh, j'adore cette œuvre parce qu'elle est universelle », « J'adore cette œuvre parce qu'elle parle à toute l'humanité ». Ce n'est pas la raison qui fait aimer une œuvre d'art. C'est plutôt un chuchotement secret provenant des ruelles. Psst, toi, hé gamin, oui, toi. Un bout de doigt qui glisse sur la photo fanée.
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LoloKiLi
LoloKiLi   24 avril 2014
– Et tu l’aimes, oui. Mais pas trop.
– Pourquoi tu dis ça ?
– Parce que tu n’es pas en colère, dans tous tes états ou en train de pleurer ! Tu ne hurles pas que tu vas l’étrangler de tes propres mains ! Ce qui veut dire que ton âme n’est pas trop liée à la sienne. Et c’est bien. Tu veux mon expérience ? Tiens-toi à l’écart de celles que tu aimes trop. Ce sont celles-là qui te tueront. Ce qu’il faut pour vivre heureux dans le monde, c’est une femme qui a sa propre vie et te laisse vivre la tienne.

Il m’a tapé deux fois sur l’épaule puis il est parti, me laissant les yeux perdus sur le présentoir de l’argenterie avec un sentiment de désespoir renouvelé face au merdier de mon existence.
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patrick75
patrick75   29 janvier 2015
Il y a chez Proust, un passage célèbre où Odette ouvre la porte avec un rhume, elle boude, ses cheveux sont défaits, pas peignés, sa peau est tachetée et Swann, qui ne sait jamais soucié d'elle jusque-là, en tombe amoureux parce qu'elle ressemble alors à un Botticelli, une fille sur une fresque légèrement endommagée.
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LoloKiLi
LoloKiLi   27 avril 2014
L’inquiétude ! Quelle perte de temps. Tous les livres sacrés avaient raison. De toute évidence «l’inquiétude» était la marque d’une personne primitive et non évoluée spirituellement.
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LoloKiLi
LoloKiLi   24 avril 2014
Sa voix, comme celle d’Andy, était profonde et distante ; même quand elle était juste à côté de vous, elle donnait l’impression de relayer des transmissions depuis l’Alpha du Centaure.
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latina
latina   08 avril 2015
Bon sang, me suis-je dit en me détournant du miroir pour éternuer. Je n’en avais pas vu depuis un certain temps et c’est à peine si je me suis reconnu : bleu sur la joue, éruption d’acné sur le menton, visage barbouillé et enflé à cause de mon rhume – yeux gonflés aussi, paupières lourdes et ensommeillées me donnant l’air idiot et sournois d’un étudiant par correspondance. Je ressemblais à un gamin élevé dans une secte qui viendrait juste d’être sauvé par les flics du coin et que l’on sortirait clignant des yeux d’une cave bourrée d’armes à feu et de lait en poudre.
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bilodoh
bilodoh   24 juillet 2014
[…] mais cela a-t-il du sens de savoir que l’histoire se termine mal pour tout le monde, même les plus heureux d’entre nous, et qu’au bout du compte nous perdons tout ce qui nous tient à coeur… (p.784)
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joedi
joedi   16 mai 2014
— Un au revoir à la porte, a répondu Hobie qui semblait se parler en partie à lui-même. C'est ce qui lui aurait plu. Le regard d'adieu, le haïku sur la mort, il n'aurait pas aimé partir sans s'arrêter sur la route pour parler à quelqu'un. "Une maison de thé parmi les fleurs de cerisiers, en route vers la mort;"
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Malahide75
Malahide75   01 février 2014
Mais dépression n'était pas le mot juste. Il s'agissait d'un plongeon dans le chagrin et le dégoût, ça allait bien au-delà de la sphère personnelle, une nausée écœurante en réaction à l'humanité et à toute entreprise humaine depuis la nuit des temps, et qui me lessivait. Les convulsions répugnantes de l'ordre biologique. La vieillesse, la maladie, la mort. Pas d'échappatoire. Pour personne. Même ceux qui étaient beaux étaient comme des fruits ramollis sur le point de pourrir. Et pourtant, tant bien que mal, les gens continuaient de baiser, de se reproduire et d'affourager la tombe, produisant de plus en plus de nouveaux êtres qui souffriront comme si c'était chose rédemptrice ou bonne, ou même, en un sens, moralement admirable : entraînant d'autres créatures innocentes dans le jeu perdant-perdant. Des bébés qui se tortillent et des mères qui avancent d'un pas lourd, suffisant, shootés aux hormones. Oh, comme il est mignon ! Ooooooh. Des gamins qui crient et qui glissent sur le terrain de jeux sans la moindre idée des futurs enfers qui les attendent : boulots ennuyeux et emprunts immobiliers ruineux, mauvais mariages, calvitie, prothèses de la hanche, tasses de café solitaires dans une maison vide et poche pour colostomie à l'hôpital. La plupart des gens semblaient satisfaits du mince vernis décoratif et de l'éclairage de scène artistique qui, parfois, rendaient l'atrocité basique de la condition humaine plus mystérieuse ou moins odieuse. Les gens s'adonnaient au jeu, au golf, travaillaient, priaient, plantaient des jardins, vendaient des actions, copulaient, achetaient de nouvelles voitures, pratiquaient le yoga, redécoraient leurs maisons, s'énervaient devant les infos, s'inquiétaient pour leurs enfants, cancanaient sur leurs voisins, dévoraient les critiques de restaurants, fondaient des organisations caritatives, soutenaient des candidats politiques, assistaient aux matches de tennis de l'US Open, dînaient, voyageaient et se distrayaient avec touts sortes de gadgets et de trucs, se noyant sans cesse dans l'information, les textos, la communication et la distraction tous azimuts pour tenter d'oublier : où nous étions et ce que nous étions. Mais sous une forte lumière il n'y avait rien de positif à voir. C'était pourri de A jusqu'à Z. Faire vos heures au bureau ; pondre consciencieusement vos 2,5 enfants ; sourire poliment au moment de votre départ à la retraite ; puis mâchouiller votre drap et vous étouffer sur vos pêches au sirop en maison du même nom. Mieux valait ne jamais être né – ne jamais avoir désiré quoi que ce soit, ne jamais avoir rien espéré.
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berni_29
berni_29   21 avril 2018
Le tableau était caché, intelligemment selon moi, dans une taie d'oreiller propre en coton scotchée avec de l'adhésif à l'arrière de ma tête de lit. Hobie m'avait appris comment il convenait de manipuler avec soin les vieilles choses (parfois il utilisait des gants en coton blanc pour les objets particulièrement délicats) et je ne l'ai jamais touché de mes mains nues, juste par les côtés. Je ne le sortais jamais, sauf quand mon père et Xandra n'étaient pas là et que je savais qu'ils ne rentreraient pas avant longtemps – quand je ne pouvais pas le voir, j’aimais le savoir là à cause de la profondeur et de la solidité qu'il donnait aux choses, du renfoncement de l'infrastructure, d'une précision invisible, de la justesse d'une assise qui me rassurait, tout comme il est rassurant de savoir que, au loin, les baleines nageaient sans crainte dans les eaux de la Baltique et que des moines de mystérieuses zones temporelles psalmodiaient sans discontinuer pour le salut de l'humanité.
Le sortir, le tenir, le regarder n'était pas une chose à prendre à la légère. Même dans l'acte de tendre la main pour l'attraper il y avait une sensation d'expansion, un souffle et une élévation ; et ce à un point si étrange que, lorsque je l'avais regardé assez longtemps, les yeux asséchés par l'air réfrigéré du désert, tout l'espace entre lui et moi semblait s'évanouir et, quand je levais les yeux, c'était le tableau qui était réel, et non moi.
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