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ISBN : 2505064598
Éditeur : Kana (04/03/2016)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 58 notes)
Résumé :
Depuis l'accident de Tchernobyl, la destruction d'une partie de la centrale de Fukushima est la plus terrible catastrophe nucléaire civile qui ait frappée la planète. Suite à cet événement, un auteur de manga s'est fait engager anonymement comme ouvrier pour travailler dans la centrale afin de raconter le quotidien de cette usine et de ses réacteurs endommagés.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Osmanthe
  21 avril 2019
Kazuto Tatsuta est le nom d'emprunt d'un mangaka qui à partir de 2012 s'est enrôlé dans les équipes de travailleurs de la centrale de Fukushima, afin d'oeuvrer à l'effort colossal qui sera nécessaire, pendant des décennies pour que les choses rentrent plus ou moins dans l'ordre...
Il a entrepris en trois tomes de raconter le quotidien de ces hommes. Pour l'ensemble des trois volumes, la tonalité est très descriptive, et du coup leur qualité principale est la précision du propos, les détails apportés, qui rend le tout particulièrement instructif. le ton n'est pas du tout larmoyant. Il nous est plutôt conté un quotidien terre-à-terre, parfois trivial, où se mêlent les problèmes de contrat et de salaire, de contraintes vestimentaires liées à la sécurité pour cause de radiations, d'alimentation, logement et toilettes.
Les ouvriers du nucléaire sont ainsi rendus très humains, loin d'une image de héros, ce seraient plutôt des hommes qui cherchent d'abord à gagner leur croûte, à quoi s'ajoutent quand même le désir de servir cette région du Tohoku qu'ils ne connaissaient pas forcément.
Un regard utile et original, pour une vision neutre, à la manière d'un reportage. Et si l'on devine bien les travers de cet écosystème en quasi vase-clos, l'auteur se garde bien de les dénoncer véritablement, utilisant plutôt l'humour, à bon escient.
Dans ce tome 1, l'auteur-narrateur découvre le site, l'occasion de nous faire partager les contraintes liées à la sécurité (tenue complète très contraignante, à enfiler et défaire à chaque entrée-sortie de la zone, pour décontamination, contrôles...), mais aussi le système des sous-traitants en cascade, qui laisse les travailleurs peu libres de leurs mouvements pour changer d'affectation dans ce microcosme (le travail est plus ou moins intéressant et risqué, et le salaire est évidemment en conséquence), alors que les sous-traitants prennent des commissions à chaque niveau, le haut de la pyramide faisant de belles affaires...
Bien que passionné par le Japon, et sa littérature notamment, je ne suis pas amateur du tout de manga. Et je dois dire qu'ici, ça fonctionne plutôt bien pour dédramatiser un peu ce sujet angoissant.
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beklf
  10 septembre 2017
Ce manga m'intriguait depuis sa sortie car je n'avais pas eu l'occasion de lire vraiment beaucoup de manga avec une approche plutôt documentaire sur un sujet actuel jusqu'à présent. Beaucoup de choses ont été écrites sur ce manga concernant sa restitution très précise de la vie des ouvriers travaillant au démantèlement de la centrale de Fukushima. En effet, c'est très détaillé, à la fois par l'intermédiaire du récit de la vie quotidienne et des conditions de travail, mais aussi grâce à des plans du site ou encore la présentation de l'enchevêtrement des sociétés qui interviennent directement ou indirectement pour Tepco, la société qui gère la centrale. Toutefois, cette profusion d'informations ne suffit pas à en faire à la fois un bon documentaire et un bon récit graphique (bande dessinée ou manga, la distinction n'a pas d'importance). Sur l'aspect documentaire, cela manque d'un point de vue un peu plus marqué. Pas forcément une prise de position pour ou contre le nucléaire, ce n'est pas le propos de l'auteur, mais au moins une ligne directrice. A évoquer à la fois les aspects techniques, sanitaires, humains... sur le même plan, la dimension documentaire devient un peu trop clinique par moment, et un tantinet répétitive sur certaines choses. Sur l'aspect récit graphique, oui, le dessin est réaliste et agréable mais le rythme narratif est... non, en fait, il n'y a pas vraiment de rythme narratif et par moment, la lecture m'a semblé fastidieuse. Et pourtant, les BD documentaires denses, j'en ai lu un certain nombre sans aucun souci. Cela ne va toute de même pas m'empêcher de lire la suite, car le fond reste inédit, comme cela a déjà été souligné par beaucoup, et j'espère que le récit va mieux se construire au fil des pages.
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BMR
  08 avril 2016
Zone interdite.
On se plaint souvent que les auteurs et les dessinateurs aient du mal à vivre de leur art.
Mais parfois cela a du bon ... comme ce fut le cas de ce gars (appelons le Kazuto Tatsuta, c'est un pseudo) qui dû partir gagner sa croûte dans les décombres de la centrale de Fukushima.
Bonne pioche avec ce manga étonnant qui est une sorte de journal de bord des jours passés par un travailleur ordinaire Au coeur de Fukushima.
Le parti pris très original de ce journal graphique (et qui en fait toute la saveur) est que justement, il n'y a pas de parti pris.
Alors qu'on pouvait légitimement s'attendre à un pamphlet antinucléaire de plus ... et bien non.
Celui qui se cache derrière Kazuto Tatsuta se contente de décrire de manière minutieuse, factuelle, ordinaire, quotidienne, répétitive, les conditions et le travail routinier de ces ouvriers qui sont chargés de démanteler, démembrer, désosser, décontaminer les décombres de la centrale dévastée par le tsunami du 11 mars 2011.
Des ouvriers attirés par le salaire (pas toujours mirobolant) ou tout simplement un travail.
Des ouvriers soucieux de leur protection contre les radiations.
Des ouvriers conscients de la nécessité du travail qui est le leur.
Tatsuta nous décrit un monde étrange faits de masques, de cloisons, de calfeutrages et de combinaisons qui nous laisse un goût amer car il pourrait bien préfigurer ce qui attend beaucoup de monde dans quelques années lorsque les radiations auront envahi des zones bien plus étendues que Fukushima ou Tchernobyl. Brrr...
Bien sûr l'auteur évoque la pyramide des sous-traitants qui permet certainement quelques entorses aux règlements et aux contrôles, bien sûr l'auteur évoque quelques 'légendes urbaines' qui courent sur ce qui se passerait (ou pas) dans ces lieux méphitiques. Mais ce qui l'intéresse (et donc ce qui nous passionnent, nous lecteurs occidentaux) c'est son point de vue très nippon sur ces travailleurs qui, comme lui-même, sont venus débarrasser le pays de ce qu'il faut bien déblayer : pas tout à fait des héros mais des hommes salués par leur compatriotes, conscients de leur rôle après le désastre.
Ce regard très japonais (et très instructif) sur le devoir et le travail pourrait même conduire certains lecteurs à prendre cela comme presque de la propagande.
Mais non, Tatsuto évoque bien quelques critiques envers Tepco mais ne cherche pas à s'étendre pas sur les causes et les origines qui ont conduit à la catastrophe : son regard est uniquement concentré sur le travail d'aujourd'hui, d'après la catastrophe.
Un travail nécessaire.
Un travail auquel se sont attelés quelques travailleurs ordinaires, quelques travailleurs comme lui.
Un complément en images au roman de Thomas B. Reverdy qui évoquait les mêmes lieux maudits.
Pour celles et ceux qui aiment savoir ce qui se passe derrière les murs.
Lien : http://bmr-mam.blogspot.fr/s..
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zazimuth
  16 juin 2016
J'ai emprunté ce manga dans les nouveautés à la médiathèque.
Le narrateur, Tatsuta, raconte son parcours et sa volonté d'aller travailler sur le site de la catastrophe de Fuikushima pour aider dans la mesure de ses moyens.
Il raconte l'organisation des sociétés avec un système de sous-traitance des équipes qui interviennent sur le site de la centrale aussi bien au niveau des réparations à l'intérieur que dans la logistique et le service auprès de ces travailleurs. Tatsuta a occupé divers postes et son témoignage en est d'autant plus riche.
On découvre surtout la multitude des étapes de protection et d'équipement pour assurer la protection des personnels en zone irradiée.
Il y a aussi la solidarité au sein des équipes.
Une lecture instructive.
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CDIAdC
  29 avril 2016
Je ne reviens pas sur le contexte et le sujet de l'ouvrage. L'absence de pathos et de critique sur cet événement peut effectivement agacer et déranger dans un premier temps. le chapitre intitulé « L'incident n'est toujours pas résolu » pourrait presque prêter à sourire quand on sait que l'Europe s'échine à résoudre celui de Tchernobyl trente ans plus tard à grand frais. Mais ce récit factuel d'un ouvrier modeste finit par être oppressant et par renvoyer à la dure réalité de l'après-catastrophe. La lourdeur des équipements et des contrôles, les conditions de travail dangereuses et particulièrement pénibles en été à cause de la chaleur, la tristesse des paysages désertés, l'absence de vie sociale et le salaire dérisoire finalement touché sont racontés en détails avec un dessin très précis et très pédagogue. Finit par se dégager une transparence certaine sur ce qui se passe dans la centrale et une familiarité, une proximité avec ces hommes simples et courageux qui s'acquittent de leur tâche dans une ambiance comparée à un état de guerre.
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critiques presse (3)
Sceneario   05 avril 2016
L’ensemble s’avère donc très instructif et s’adresse à tout le monde.
Lire la critique sur le site : Sceneario
BDZoom   14 mars 2016
Pour la première fois, voici un manga factuel sur l’après-tsunami. Le lecteur y découvre la manière dont est gérée cet incident de l’intérieur, ce qui est vrai, ce qui est faux !
Lire la critique sur le site : BDZoom
Culturebox   14 mars 2016
Le lecteur en apprendra beaucoup sur les conditions de travail de ces ouvriers peu qualifiés et, le plus souvent, originaires de la région sinistrée.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
CDIAdCCDIAdC   29 avril 2016
« Moi, si je pouvais encore être exposé aux radiations, j'aimerais aller sur un chantier. » Akashi est un ancien militaire qui, après avoir arrêté l’armée, était entré chez Tateshiba. Après l'accident nucléaire, il transportait du matériel sur les chantiers… Mais comme il avait bientôt atteint sa dose limite de radiation, il avait été affecté au poste de secouriste dans la salle de repos. « ça ne te fait pas peur d'aller sur un chantier ? ». « Et toi ? ». « Tout dépend des radiations ». « Oui , si on a des données précises, ça ne sert à rien d'avoir peur «. « Et puis c'est mieux payé ». « Ha!Ha ! Il y a toujours des imbéciles appâtés par le gain ». « Chacun a ses raisons, mais sans tous ces types, le travail n'avancerait pas. » « Il faut de toute façon être un peu idiot pour vouloir venir travailler ici… Autant aller jusqu'au bout, même si ce n'est pour serrer qu'une seule vis ». « Oui, je comprends ce que tu veux dire. Il n'empêche que pour le moment, notre boulot consiste à nous occuper de cet endroit. Cette salle de repos est notre champ de bataille. Et on doit tout faire pour éviter que des personnes ne meurent au front. »
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AgillianAgillian   14 juin 2017
Depuis que je travaille à la centrale 1f, les gens de l'extérieur me demande souvent s'il n'est pas difficile de respirer avec ce masque. Évidemment, ça l'est, mais pas autant qu'on pourrait le supposer. La chaleur est bien plus difficile à supporter. Même en hiver, on transpire sous notre masque, et en été, c'est un véritable enfer. Mais le plus gênant... C'est... D'AVOIR LE NEZ QUI GRATTE...
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zazimuthzazimuth   16 juin 2016
On m'a expulsé de la zone interdite, et maintenant, j'y reviens pour travailler. Quelle ironie, n'est-ce pas ? (p.70)
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zazimuthzazimuth   16 juin 2016
"Soyez prudents !"
Pour ceux qui ne sont pas habitués, ça peut paraître étrange de toujours s'entendre dire ça, mais moi j'aime cette expression. (p.22)
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zazimuthzazimuth   16 juin 2016
Même en hiver, on transpire sous notre masque et en été c'est un véritable enfer. Mais le plus gênant c'est d'avoir le nez qui gratte. (p.62)
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