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ISBN : 2757879359
Éditeur : Points (02/05/2019)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Dans cet ouvrage passionnant, Christiane Taubira rend hommage aux livres et aux écrivains qui l’ont façonnée. De son enfance à Cayenne – où les lectures des jeunes filles étaient sévèrement contrôlées – à aujourd’hui, les auteurs et leurs œuvres défilent : Aimé Césaire, Léon-Gontran Damas, Gabriel Garcia Marquez, René Char, Yachar Kemal, Simone Weil, Toni Morrison, et tant d’autres…

Éveil de sa conscience sociale par les romans engagés, découverte de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  11 mai 2018
Christiane Taubira, née à Cayenne en Guyane, dans une famille modeste, est entrée en politique en 1993 en étant élue députée. Puis nommée Garde des Sceaux lors de la présidence de François Hollande, entre 2012 et 2016, elle a côtoyé un certain Emmanuel Macron alors dans le domaine de l'Économie.
Mais pour bien marquer son désaccord politique sur le sujet de la déchéance de nationalité des binationaux français (entre autres), elle claque la porte en janvier 2016. Il faut signaler aussi qu'elle avait également été largement caricaturée de façon indigne.
Après plusieurs ouvrages, en commençant par « Mabula Taki » (1995), avec la sortie de son tout dernier livre « Baroque sarabande », c'est l'occasion pour elle d'évoquer son jardin secret, la littérature, la lecture, l'amour de « la langue ». Dans ce récit autobiographique elle parle de cette passion dévorante mais c'est aussi l'Histoire des opprimés.
On apprend que c'est sa mère qui lui a inculqué le goût de lire. On peut lire en page 126 : « Et puis il y a tous ces livres que me ramène Maman. Des Club des Cinq, des Clan des Sept, des Dumas fils, des Conan Doyle, le Livre des Merveilles de Marco Polo, Moby Dick… Elle y ajoute les magazines de la salle paroissiale et bientôt un abonnement à France Loisirs. Des livres mais aussi des revues, des brochures, pourvu qu'il y ait quatre lignes à lire. »
Elle nous avoue aussi : « Assez folâtré. Il est temps que je vous dise.
Et d'abord, balisons.
Dans Cayenne des années cinquante, il n'existe pas de librairie. Une papeterie fait vente de livres un mois par an, le temps de liquider les manuels scolaires ». (page 125)
Elle reconnaît avoir emporté une valise en carton, pleine de livres. Quand elle déballe sa bibliothèque pour son retour dans son pays, il y a vingt-deux cartons déménagés : « trésor accumulé pendant mes années d'études, (…) acheminés en Guyane par bateau aux frais de mon beau-frère, premier cadeau de mon retour au bercail ». (page 134).
Lorsqu'on l'interroge, elle est intarissable, c'est un "cri d'amour" plein de sensualité qu'elle lance vers les livres, les écrivains, les poètes, les chanteurs...
Elle dévoile aussi s'être privée de repas, dans sa jeunesse, pour s'acheter des livres.
Son récit commence par cette explication : « C'était, je crois, pour échapper au bruit. Ce fut pour la langue. Et pour le temps. Cette sensualité de la présence dans l'instant. Lire. Voir d'abord. Puis toucher. Plonger. » (page 9) et elle raconte avec ardeur.
Il est impossible de citer tous les écrivains qui l'ont passionnée, qui continuent à le faire, mais on peut dire par exemple, que l'on passe d'Aimé Césaire à Léon-Gontran Damas – d' Édouard Glissant à Toni Morrison, Salvat Etchart, Rezvani. Elle cite aussi bien Émile Zola qu'Asia Djebar, Joseph de Maistre, Jules Romains, Céline, Alphonse Daudet, René Char ou Nina Simone. Il en est tellement d'autres que c'est mission impossible d'évoquer tous ceux qui lui ont inspiré « un amour érotique de la langue ». Certains l'ont déçue et elle le dit franchement, pas de langue de bois avec elle, c'est clair et net.
Au cours des entretiens qu'elle donne, elle est capable de réciter de longs poèmes en entier, de mémoire et quelle mémoire. Non, elle n'a rien oublié. Tout reste bien ancré dans l'esprit de cette écrivaine passionnée qui démontre « noir sur blanc », par petites phrases cet amour qui l'habite. Elle fustige les puristes, donne des lettres de noblesse à toutes les langues qui cohabitent avec le français.
Elle en profite aussi pour parler de quelques déceptions dans le chapitre : « Fleurs toxiques ».
Pour Christiane Taubira « On ne peut pas être le président de ce pays sans aimer la littérature ». Mais elle en veut aussi à certains personnages politiques (dont Manuel Valls) et bien qu'elle ait été accusée de laxisme, elle a mené jusqu'au bout sa réforme pénale ainsi qu'une loi contre le harcèlement sexuel. Elle a aussi soutenu le mariage pour tous et a donné sa démission en 2016.
Exit la vie politique et donc plus de temps à consacrer à ses lectures, ce qui lui avait terriblement manqué durant sa carrière dans son Ministère.
A présent, elle continue son militantisme tout en se laissant dévorer bien volontiers par sa passion pour la littérature.
Dans cet ouvrage de 180 pages, elle finit par : « Et dire le simple plaisir. La volupté. La félicité. Brûler d'une impossible fièvre. Lire. Toute l'énergie, la passion, le bien-être et le tourment d'une vie ardente ».
Sont joints également les « Sources bibliographiques et discographiques des citations », car il faut le dire, la musique est également très présente.
Voici donc un ouvrage étonnant, décoiffant où l'auteure n'est que « passion ». , elle vibre, elle étincelle. Pour notre plus grand plaisir elle dit ce qu'elle pense et tant pis si ça ne plaît pas à tout le monde.
J'aurais tant aimé en dire plus sur « Baroque sarabande » mais ce n'est pas possible. Il faut le lire pour comprendre tous les sentiments qui y sont décrits et admirer la culture formidable de cette ancienne Ministre, une des rares à avoir autant de connaissances littéraires et à les mémoriser pour nous en faire part dans des ouvrages qui lui valent chaque fois un franc succès.
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dedanso
  24 mai 2018
Sans parler de politique, puisqu'il n'en est nullement question ici, je peux vous confier que j'ai toujours apprécié Christiane Taubira pour son humanité, son érudition, son éloquence. Et j'ai retrouvé tous ces traits sous sa plume dans Baroque Sarabande.
Bien que le fil rouge de cet essai soit la littérature, l'érudition de Christiane Taubira ne s'arrête pas là et elle n'a de cesse de créer des liens entre la littérature et la peinture, la musique, la chanson, la photographie, la sculpture, le cinéma, la danse et même le sport !
Ses références sont nombreuses et variées même si l'on devine où vont ses préférences (Césaire, les auteurs créoles et surtout les poètes de tous bords ne sont jamais très loin).
Les livres dont elle nous parle mettent aussi en lumière son humanisme : il y est question de la condition féminine, d'esclavage et de colonialisme, de régionalisme et des DOM-TOM...
Christiane Taubira est aussi éloquente et efficace à l'écrit qu'à l'oral. Sa plume peut parfois paraître un peu complexe mais toujours très poétique et musicale.
Dans Baroque Sarabande, il est souvent question de la langue (ou devrais-je dire des langues), une langue mouvante qui s'enrichit inlassablement. Il y sera donc aussi question de traduction, de linguistique...
Un ouvrage donc fort intéressant, qui a emmené ma curiosité vers de nombreux auteurs qui m'étaient inconnus.
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Josephine2
  14 mai 2018
Un très beau titre que Baroque sarabande qui ouvre bien des portes. C'est un des messages de Christiane TAUBIRA. Ne vous interdisez rien, mais ayez le sens de l'analyse et de la critique, et étoffez vos lectures afin de mieux comprendre le monde autour de vous.
Sauf que trop de références au bout d'un moment lasse. Bien des auteurs sont énoncés et viennent éclairer Christiane TAUBIRA sur ses choix dans la vie de tous les jours et son amour pour la langue.
Un livre pour les érudits. Difficile de tout comprendre, vu qu'elle fait référence à des auteurs que je n'ai pas lus et donc pas le même ressenti. de plus, je n'ai pas les billes nécessaires pour apprécier à sa juste valeur les poètes qu'elle cite. Professeur Dan a décrit mieux que moi les difficultés à aborder ce livre.
Bref, il en restera que je lirai vraisemblablement quelques-uns des auteurs dont parle Christiane TAUBIRA. C'est toujours ça.
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fanfanouche24
  23 août 2018
Déjà plus de deux mois que j'ai abandonné à regret ce livre....Tout était pour me plaire : la personnalité dynamique, charismatique, courageuse , brillante de cette femme, devenue ministre de la Justice...
Ma curiosité s'est éveillée lorsque j'ai pris connaissance qu'elle parlerait des livres, auteurs qui l'avaient marquée...
Peut-être n'étais-je pas dans une disponibilité suffisante ou est-ce ce ton fréquemment revendicatif (historiquement, et c'est légitime !) qui a freiné mon élan... L'ensemble m'a semblé distant, froid... à mon avis, éminemment subjectif, je vous l'avoue !!...
Pour l'instant, j'abandonne... le parcours de cette femme est admirable... mais là, je ne parviens pas à entrer dans son ouvrage...Je le mets provisoirement de côté...
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Harioutz
  29 avril 2018
J'ai beaucoup d'admiration pour cette femme politique, j'espère qu'elle reviendra vite dans le paysage, poursuivre sa mission de faire évoluer nos mentalités.
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critiques presse (2)
Liberation   18 juin 2018
Elle a le verbe haut, un véritable don pour la joute oratoire. Mais dans sa voix, il y a quelque chose que tous les tribuns n’ont pas : la connaissance des textes. Christiane Taubira est pétrie de littérature.
Lire la critique sur le site : Liberation
LaLibreBelgique   29 mai 2018
Dans "Baroque sarabande", Christiane Taubira célèbre cet acte fondateur, la lecture, et les auteurs qui jalonnent son existence. Où s’ensemencent le plaisir de l’instant et la pensée en mouvement.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
dedansodedanso   24 mai 2018
Et les bons livres ont ceci de fabuleux qu'ils ne nous laissent pas indemnes. (...) [Les auteurs] entrouvrent leur monde même quand ils croient se barricader. Et, se livrant, ils nous livrent un peu à nous-mêmes. Ce chemin n'est ni le plus droit ni le plus court. Car les livres nous réveillent, nous bousculent, nous désolent ou nous réconfortent. Il arrive qu'ils nous confortent simplement. Souvent ils bougent avec nous, nous disent les choses différemment avec les mêmes mots et les mêmes enchaînements à des moments différents de nos vies, ils nous fouillent, nous éclairent, nous sauvent des naufrages. Ils nous préparent aux déconvenues et nous préviennent qu'il faudra parfois serrer les dents. Ils entassent la paille pour amortir les chocs à venir. Ils brassent l'air pour dégager la vue. Ils nous racontent toutes sortes d'histoires. Des vraies, des fausses, des arrangées, des vraies parce que possibles, vraies parce que belles, vraies parce que énigmatiques, vraies parce que sans fin, vraies parce que nous parlant subrepticement d'une inquiétude, d'une joie, d'une aventure, d'un malheur qui nous sont advenus. Ou de quelque embarras qui nous taraude. Ou d'un impossible à concevoir. Nous ne savons pas toujours que nous sommes grâce à eux caparaçonnés d'esprit et d'ardeur pour déjouer les pièges ça et là dispersés sur nos routes par les aléas de la vie.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   22 avril 2018
Ils sont là. Tous vos auteurs. Ils ne se bousculent pas. Ce ne sont pas des gens à bousculade. Ni fous ni sages. Ils auraient pu vaquer ailleurs. Mais ils sont là parce qu’ils sont fidèles. Pas pour ce combat-ci en particulier, simplement depuis toujours. Lors de votre voyage en vous-même quand vous commencez à frémir de vous sentir à la fois si vulnérable et si présente au monde. Lorsque vous déambulez sans boussole dans les méandres des innombrables lieux et situations où s’imposent des sociabilités non apprises, ils vous gardent sans effroi. Ils se glissent à vos côtés, plus sûrement encore dans l’intime de vos vigilances, quand vos repères se brouillent, que les raisonnements vous paraissent soudain inopérants, alors ils vous soufflent qu’il est des opacités qui ne se dissolvent pas et qui d’ailleurs sont bienvenues.
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dedansodedanso   22 mai 2018
Avis aux amateures. Voilà tracée par cette chaîne de prohibition la carte des obstacles à franchir, et fortuitement offerts les premiers indices pour atteindre à soi-même. Autant y aller en allégresse, aussitôt que possible, goûter aux saveurs brutes, âcres, coriaces, réjouissantes aussi de la transgression de cette cascade d'interdits, en encaisser les effets souvent sévères, voire cruels, se repaître de l'émoi suscité chaque fois, et savourer les discrètes transformations qui affleurent, subtilement gratifiantes pour soi. Redresser la tête, corser l'esprit, bien se camper dans le paysage et, face à celles et ceux qui se prennent pour les maîtres de votre monde et prétendent en tracer l'horizon, articuler comme Diogène répliquant à Alexandre le Grand : "Ôte-toi de mon soleil." Et tant pis si le rapport de force conduit à seulement le penser par devers soi, le penser alors très fort.
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dedansodedanso   18 mai 2018
Comment la littérature parvient-elle à nous transmettre l'intense sensualité de l'instant dans le moment même où elle nous parvient alors qu'elle peut avoir été écrite plusieurs siècles plus tôt. Pourquoi ces expériences si singulières, si locales, si particulièrement narrées nous emportent-elles jusqu'à nous-mêmes, à nos moments, à nos entours, à des mille et des lieux des choses racontées... C'est pourtant ainsi qu'elle fait quand elle est belle, vive, profonde, ardente ou froide et rude, trop vraisemblable ou incroyable, mais toujours lorsqu'elle atteint à des mots, des sons, des interstices, des abîmes et des cimes qui nous rendent contemporains tous les lieux et toutes les époques du monde, les cultures et leurs glissements, les langues et leurs esquives, les langages et leurs détours, les imaginaires dans leurs allées et venues.
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fanfanouche24fanfanouche24   19 mai 2018
Ah ! Lautréamont, dont Aimé Césaire dit que sa poésie est "belle comme un décret d'expropriation...le premier à avoir compris que la poésie commence avec l'excès, la démesure, les recherches frappées d'interdit, dans le grand tam-tam aveugle [...] jusqu'à l'incompréhensible pluie d'étoiles..." (p. 12)
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Vidéo de Christiane Taubira
France Culture : 50 ans après Martin L. King : l'Amérique vue par Christiane Taubira "Il y a toute une partie de la société américaine qui est aux prises avec la pauvreté, le chômage, avec toute une série de difficultés économiques sociales, et qui du coup se sent vulnérable, fragilisée, dans ce qu'elle portait comme patrimoine d'une espèce de suprématie raciale. Toute cette partie de la société américaine a vécu avec une très grande difficulté l'ère Obama." Christiane Taubira, ancienne garde des Sceaux, ministre de la Justice.
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