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EAN : 9782757890943
235 pages
Points (08/04/2022)
  Existe en édition audio
3.8/5   429 notes
Résumé :
C’est un samedi matin comme un autre, dans la maison isolée où Thierry, le narrateur, s’est installé des années auparavant. Il y vit avec sa femme Élisabeth, encore endormie ; leur fils habite loin désormais. Leur voisin Guy est rentré tard, sans doute a-t-il comme souvent roulé sans but avec sa fourgonnette. Thierry s’apprête à partir à la rivière, quand il entend des bruits de moteur.

La scène qu’il découvre en sortant est proprement impensable : ci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (129) Voir plus Ajouter une critique
3,8

sur 429 notes

Bookycooky
  10 février 2021
Vous habitez dans un trou perdu à la campagne seul avec votre femme. Et depuis quatre ans vous avez des voisins, les seuls à la ronde. Un couple sans enfants dont la femme est dépressive. Vous vous liez d'amitié, apéros en couple, partage de hobbies entre hommes......Et un beau jour vous vous réveillez, les flics ont encerclé leur maison et vos amis sont arrêtés ????????? C'est quoi ce truc ??????? Vous qui êtes un type sans histoire vous tombez de haut ! "....je suis le père de Marc, le mari d'Élisabeth, le type sans histoires sur lequel tous peuvent compter à l'usine. Pourquoi tout ceci m'arrive ?"
La rage, la nausée, l'incompréhension d'avoir frôlé l'horreur sans en voir eu le moindre soupçon ......Planté dans un décor féerique qui tourne à un décor diabolique après la révélation, Tiffany Tavernier nous plonge dans le désarroi d'un couple qui a partagé le quotidien d'un autre couple qui se révèle de totals inconnus, voir.....sans en avoir jamais eu le moindre soupçon. Un constat déstabilisant qui ébranle la confiance en soi ,en les êtres et la vie. Un constat qui va leur faire beaucoup beaucoup de mal. L'histoire en elle-même est plutôt courante, mais c'est le style et le point de vue d'où Tavernier l'enjambe qui est intéressant. Bien qu'on sait très vite de quoi il s'agit, on reste dans le tourbillon de l'affaire, emboîtant les pas du narrateur, exactement comme on suivrait en directe dans les médias le même genre d'événements à scandale. Sauf qu'ici le narrateur en tant qu'"ami" et voisin est lui-même dans le cadre de l'histoire, donc sujet à la même curiosité suscité par le couple acteur de l'Affaire. Mais le vrai pitch de cette histoire est qu'elle servira de catalyseur pour faire éclater tout ce qui est caché, tu, enfoui dans le subconscient du narrateur et celui de sa femme, en conséquence dans celle de leur relation. Finalement l'horreur chez le voisin assumera la fonction de solution chimique qui développera le négatif de leur vie ! Brillant !
Un livre qui se lit d'une traite avec plaisir, encore une première rencontre pour laquelle je remercie ma copine babeliote alexb27.
"Face à un très gros choc, chacun génère son propre système de défense, et parfois même au détriment de celui qu'on aime.".
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Ladybirdy
  24 avril 2021
Que ferions nous, nous simples citoyens si une armée de policiers en tout genre débarquait à côté de chez nous pour perquisitionner nos voisins accusés des pires monstruosités ? Même Marc Dutroux a du avoir un meilleur ami à l'époque. Qu'est-il devenu ce meilleur ami depuis l'affaire ? C'est sur ce postulat que Tiffany Tavernier écrit ici son second roman, L'ami.
J'avais survolé la quatrième de couverture, il aurait fallu que je la lise avec plus d'attention car il y est clairement mentionné « longue et bouleversante quête ».
J'ai donc très mal accueilli ce roman m'attendant à davantage de liens entre Thierry et Guy, le voisin monstrueux.
On suit ici l'itinéraire d'un homme blessé, qui ne supporte pas d'avoir été trompé et aveugle. C'est en quelque sorte l'histoire de monsieur tout le monde qui fait de son mieux pour continuer sa vie. Il retourne dans son passé, retrouve des fantômes du passé et en sort en quelque sorte grandi.
J'ai aimé les 50 premières pages et les 20 dernières. C'est peu de choses je l'admets. C'est un livre que je devrai relire en faisant le vide, sans rien en attendre, en acceptant de m'intéresser à la vie d'un homme qui longtemps a éprouvé une vive tendresse et amitié pour le monstre du siècle.
À l'heure d'aujourd'hui, je regrette d'avoir ressenti plus d'ennui que d'intérêt. de n'avoir ressenti aucune empathie pour Thierry car pour moi, le monopole de la peine s'accordait aux proches des victimes et peut-être pas le voisin.
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kitou94170
  02 mars 2021
Les voici les 5 étoiles et le gros coup de coeur de ce début d'année ! « L'ami » de Tiffany Tavernier. C'est lors de la diffusion de la grande Librairie que j'ai entendu l'autrice en parler et que j'ai très vite été intriguée par le sujet. Ravie de voir qu'il était à la médiathèque, je l'ai aussitôt emprunté et aussi vite lu !
C'est une déflagration qui débarque dans la vie d'Élisabeth et Thierry lorsqu'un samedi matin comme un autre, celui-ci découvre en sortant de chez lui une scène proprement impensable : la maison de leurs voisins et plus proches amis est encerclée par des individus casqués armes au poing, des voitures de police et une ambulance. Tout va très vite devant lui : même sa propre maison est envahie par ces hommes. Qu'est-il arrivé à Guy et Chantal pour engendrer une telle démonstration de force ?
Cauchemar ou réalité ?
C'est en fait un cauchemar, il va se réveiller ainsi que sa femme. Sa vie va reprendre son cours normal : ce matin il a décidé d'aller à la rivière et il ira.
Mais non, c'est bien la réalité et c'est en état de choc qu'il apprend l'arrestation de ses voisins : Guy, son ami, son presque frère, un tueur en série, un tueur de petites filles. Chantal a tout avoué : les enlèvements, les viols, les tortures et les meurtres. Guy est un « Monstre » de la pire espèce.
Tout cela est impossible : Guy c'est son ami, un homme sans histoire, sympa et serviable avec lequel il partage pas mal de choses, notamment leur passion commune pour les insectes. Et puis, les deux couples se reçoivent quotidiennement, diner, barbecue…comment a-t-il pu se tromper à ce point ?
Foudroyé par cette découverte, entre déni et culpabilité, Thierry se tourne vers Élisabeth, son amour, son encrage dans la vie, celle sur laquelle tout repose. Mais Élisabeth a perdu pied face à cette horreur. Elle n'a pas la force d'être là pour lui parce qu'elle est anéantie, qu'elle sombre et que pour remonter, il lui faut quitter cette maison. Alors elle décide de partir.
Thierry le taiseux, le taciturne voit soudain son monde s'écrouler, son environnement brutalement dévasté. Il prend soudain la mesure d'une grande solitude. Son immense colère et son chagrin vont alors le plonger dans de profondes ténèbres dont il va lui falloir sortir coute que coute pour pouvoir revivre et répondre à cette question qui le taraude : comment n'a-t-il pas pu voir que son ami était l'incarnation du mal.
Pour cela, Thierry va partir en quête de lui-même, de son passé et de l'enfant qu'il était, qu'il a enfoui au plus profond de lui. Qu'il a perdu si vite en cours de route.
La grande force de ce roman est qu'à partir d'un évènement catalyseur, l'autrice entraine le narrateur a plongé au plus profond de lui-même afin de prendre conscience du regard qu'on les autres sur lui et surtout l'obliger à sortir de cette carapace à l'intérieur de laquelle il est enfoui depuis si longtemps en se croyant protéger de toute adversité.
Ce livre est un magnifique portrait d'homme d'une puissance rare. L'écriture de Tiffany Tavernier m'a tout simplement subjuguée et emportée avec elle. C'est avec un grand talent qu'elle nous décrit la quête et la faculté de Thierry à pouvoir renaitre de lui-même et au monde qui l'entoure.
Voici un roman puissant, bouleversant, superbe qui amène chacun d'entre nous à nous poser certaines questions quant à notre attitude face à une tragédie. Difficile d'en sortir indemne ! Et en ce qui me concerne quitter Thierry que j'accompagnerai encore un peu bien volontiers !
Ami(e)s babéliotes, un roman à lire absolument !
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sabine59
  16 février 2021
Bouleversant, puissant! J'ai lu ce livre d'une traite. Merci aux Babeliotes qui l'ont chroniqué avec enthousiasme de m'avoir donné l'envie de le découvrir à mon tour.Portée par une écriture fine et sensible, une histoire marquante.
le narrateur est un taiseux, un blessé des sentiments, dont on découvrira petit à petit les ombres de l'enfance. le roman démarre fort: il assiste, en état de sidération, à l'interpellation de ses voisins, devenus des amis. Guy surtout était proche de lui, ils partageaient la même fascination pour les insectes. Et voilà qu'il apprend que c'est un monstre immonde...
Tout son monde s'écroule : le déchaînement des médias, l'éloignement de sa femme, les questions des collègues le tourmentent . Et l'incompréhension, la honte de n'avoir rien vu, puis la colère...
Mais ce qui est fort subtil ici, c'est que cet événement dévastateur n'est qu'un point de départ. L'auteure aurait pu en effet s'en tenir là, à analyser les émotions par lesquelles passe Thierry. Elle va plus loin, creuse en profondeur, dans les abysses sous-marins. L'image très symbolique de la vague qu'utilise l'auteure ne submerge pas que le présent. Elle inonde le passé, lui faisant prendre conscience du regard des autres sur lui,de sa solitude depuis toujours, de son repli sous les couvertures, sous la carapace. Pour se protéger du manque affectif. de l'absence.
Un magnifique portrait d'homme , noyé dans son monde intérieur, qui peu à peu remontera à la surface, vers la lumière... Superbe, poignant! Je vais me procurer " Roissy", une auteure à lire, c'est sûr!
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Christophe_bj
  11 février 2021
Un beau matin, dans un petit hameau de deux maisons, Thierry et sa femme Elisabeth voient débarquer chez leurs voisins et amis Guy et Chantal une armada de gendarmes. Que se passe-t-il ? Qu'ont bien pu faire leurs amis ? Dans la vie de Thierry et Elisabeth, cet événement fait l'effet d'une déflagration. ● L'originalité de ce roman est de traiter d'un fait divers abominable à travers le point de vue de Thierry, l'ami du criminel, un ouvrier taiseux qui n'a jamais pu ni su exprimer ses émotions ni ses sentiments. Non seulement on voit le crime par ses yeux mais aussi on se rend compte de l'effet qu'a sur lui cette découverte inouïe que son seul ami était un criminel immonde. Cela remet en cause toute sa vie. Cet aspect du roman est vraiment formidable. ● En revanche, je suis beaucoup plus réservé sur l'ambition qui a semble-t-il été celle de Tiffany Tavernier, de vouloir étendre sa réflexion à d'autres formes de violences, comme la guerre, les enlèvements, les violences faites aux femmes, les bouleversements écologiques et leurs répercussions sur les agriculteurs... Il me semble que cela nuit au roman, dont le propos aurait été bien plus percutant s'il s'était limité à la principale ligne narrative qu'il développe, l'« affaire Guy ».
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critiques presse (8)
Actualitte   10 mai 2021
Tiffany Tavernier propose une nouvelle fois de plonger à corps perdu dans une sensibilité hors normes devenue muraille, construite pour protéger, pour effacer ce qui déborde.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Actualitte   26 avril 2021
Alors que vous habitez en pleine campagne, à côté de voisins avec lesquels vous avez établi de cordiales et saines relations, surgissent soudain les forces de l’ordre. Voisins arrêtés. Que n’ont-ils pas vu ? L’horreur.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Culturebox   06 avril 2021
Wespieser Éditeur, raconte l'histoire de Lisa et Thierry. Le couple découvre peu à peu que le meilleur ami de Thierry n'est pas celui qu'il imaginait.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeJournaldeQuebec   22 mars 2021
Particulièrement bien mené, "L’ami", le nouveau roman de la Française Tiffany Tavernier, met en scène un homme sans histoire qui, sans se douter de rien, a longtemps eu pour ami un vrai criminel.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Bibliobs   26 février 2021
« L’Ami » n’est pas un thriller sur un tueur en série, mais le portrait d’un témoin direct et pourtant aveuglé. Un choc.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   02 février 2021
Frôlé par un fait divers, un homme voit sa vie se craqueler. L’écrivaine signe un roman vrai et juste.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeSoir   18 janvier 2021
Dans « L’ami », Tiffany Tavernier envisage un point de vue peu usité sur une affaire criminelle.

Lire la critique sur le site : LeSoir
LaCroix   15 janvier 2021
Découvrir avec stupeur que son voisin est un tueur en série et ne pas s'en remettre. Un roman à la fois social et intime sur les processus d'attachement et de réparation.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   29 mars 2021
REINE, 20 ANS, DISPARUE IL Y A SEPT ANS.
VIRGINIE, 14 ANS, DISPARUE IL Y A SIX ANS.
ZOÉ, 22 ANS, DISPARUE IL Y A QUATRE ANS.
MARGARITA, 19 ANS, DISPARUE IL Y A TROIS ANS.
SELIMA, 13 ANS, DISPARUE IL Y A DEUX ANS.
MARIE-ANNE, 13 ANS, DISPARUE IL Y A DIX-NEUF MOIS.
VIOLINE, 15 ANS, DISPARUE IL Y A DEUX MOIS.
ANNE-CÉCILE, 14 ANS, DISPARUE DEPUIS QUATRE JOURS, SAUVÉE IN EXTREMIS, AUJOURD'HUI DANS LE COMA.
Dans la maison, pas le moindre objet n’a bougé. La vague a déferlé pourtant. Rasant, laminant tout. Je cherche des yeux Élisabeth, qui fixe le poste, aussi hébétée que moi. À l'écran, ils répètent en boucle le prénom des petites victimes, soulignant, presque avec jubilation «qu'il pourrait y en avoir d’autres, beaucoup d'autre même ». Puis ils en viennent à cette histoire incroyable — un vrai miracle, scandent-ils —, ce couple de randonneurs perdus en pleine forêt qui, totalement par hasard, dans la nuit de vendredi à samedi, sont tombés sur le "monstre" sur le point d'achever la petite Anne-Cécile à coups de couteau. C'est grâce à leur témoignage et aux empreintes laissées par Guy Delric que la police a pu enfin identifier le tueur, l'arrêter aux aurores dès le lendemain, avec sa femme. p. 52-53
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hcdahlemhcdahlem   29 mars 2021
INCIPIT
C’EST UN SAMEDI COMME TOUS LES AUTRES. Je m’habille dans la pénombre, en faisant attention de ne pas réveiller Élisabeth. En bas de l’escalier, pas de Jules. D’habitude, elle m’accueillait avec des glapissements joyeux. Dans la cuisine, j’allume la cafetière électrique, je sors une tasse du placard. À travers la fenêtre, l’aube point, les feuilles des chênes frémissent. En face, personne n’est levé. Le silence emplit tout. Quand Jules est morte, c’est Élisabeth qui a voulu qu’on l’enterre dans un cimetière pour chiens, elle encore pour le choix de la tombe. Blanche. La cérémonie était belle. Même ses sœurs sont venues. Ce soir-là, on a tellement bu que tout le monde est resté dormir à la maison, sauf Guy et Chantal, bien sûr. Cela m’a fait quelque chose qu’ils viennent. Surtout Guy. Avec la dépression de Chantal, il en chie. Chie, oui, c’est le mot. On les entend parfois s’engueuler jusque tard, puis rien, ça passe. Nelly, leur chienne, c’était il y a un an. Un vrai coup de malchance, il y a si peu d’allées et venues par ici. L’enfoiré qui l’a percutée s’est bien gardé de laisser son nom, on ne l’a jamais retrouvé. Leur chienne, si. Du moins, ce qu’il en restait : un tas de chairs sanguinolentes qu’on a enterré le soir même avec Guy. À la pelle, dans son jardin. Une sale nuit comme on n’aime pas en vivre. Guy pleurait en silence, je creusais. C’est peut-être la raison pour laquelle Élisabeth a eu besoin de faire les choses en grand pour Jules. Pour rattraper ce malheur.
Sur la table, une Musca domestica se frotte les pattes, facile à reconnaître avec ses deux gros yeux rouges et son thorax gris. Je me demande si elles existent au Vietnam. La prochaine fois que Marc nous fera signe, je le lui demanderai. Il a l’air de trouver la vie formidable là-bas. Sur les photos de son compte Instagram, il n’arrête pas de sourire, ce qui rassure Élisabeth. Moi, pas. Qu’a-t-il eu besoin de choisir ce pays ? À coup sûr, mon père n’aurait pas apprécié. Ce boulot, en plus, dans ce grand hôtel. Est-ce qu’on le traite bien au moins ?
Dehors, le ciel vire au rose pâle. Je ne suis jamais allé bien loin, moi. Une fois, à vingt-deux ans, quelques jours en Espagne, une autre fois en Suède avec Élisabeth. Puis Marc est né. Partir ne nous disait plus rien ou alors à la mer, en été, avec le petit. Parfois, cela me fait tout drôle de le savoir si loin. Le manque remonte, brutal. Et puis ça passe, comme les disputes entre Guy et Chantal. Cela fait des années pourtant qu’il n’habite plus chez nous, mais bon, sa fac, un coup de voiture et j’y étais. Entre nous, désormais, même l’heure est différente et on a beau communiquer par Skype, plus le temps passe, moins on a de choses à se raconter.
Sur la table, la mouche s’envole et vient se poser sur la vitre. Plus que tout, j’aime ces heures où rien encore ne s’agite. Aucun bruit de voiture, aucune sonnerie de téléphone. Seule la lente poussée du jour, le craquement des branches dans le vent. J’avale d’un trait mon café. Après, j’irai faire mon tour le long de l’Aune. À cette heure, je n’y ai jamais rencontré personne à l’exception de Chantal, une fois. Le soleil venait de se lever. Je suis tombé sur elle, assise au bord de l’eau, les yeux dans le vague. La frousse qu’elle a eue en me voyant. Elle n’avait pas dormi de la nuit et s’était dit qu’un peu d’air frais lui ferait du bien. Je lui ai proposé de venir boire un café. Elle m’a fixé d’un air étrange, puis, subitement, elle s’est levée et elle est partie. Élisabeth dit que c’est à cause de ses médicaments. Des trucs tellement forts qu’il faut parfois des mois avant de trouver le bon dosage.
Les premiers rayons du soleil illuminent la cuisine. Bientôt, on pourra prendre le petit déjeuner sur la nouvelle terrasse. Le boulot que cela m’a coûté de déblayer le terrain. Mais ça y est, les piliers sont en place, il ne me reste plus qu’à poser les planches. On pourra y installer une balancelle comme dans les films américains. Dessous, je ferai une réserve à bois et, en cas de pluie, j’ai même prévu de construire un auvent. La vue est tellement belle d’ici. Des arbres, rien que des arbres. C’est ce qui m’a le plus emballé quand nous sommes tombés sur cette maison. Ce côté sauvage partout alentour. Élisabeth, non. L’idée de vivre dans un endroit aussi isolé lui faisait peur. L’affaire était si bonne, je l’ai suppliée de réfléchir. En plus d’être vendue pour une bouchée de pain et de laisser entrevoir toutes sortes d’aménagements possibles, cette maison était située à seulement dix kilomètres de l’usine où je travaille et à moins de huit kilomètres de P., le bourg où, en tant qu’infirmière, Élisabeth était attendue à bras ouverts. Si on optait pour un appartement en ville, c’étaient des dizaines de kilomètres en plus par jour et un espace beaucoup plus réduit. Malgré tout, Élisabeth hésitait et je m’apprêtais à renoncer quand sa mère évoqua l’idée d’acheter un chien. Là, ce fut magique. Avec un chien – mais un vrai chien de garde, hein ? –, alors oui, Élisabeth pouvait s’imaginer vivre là-bas.
Les jours suivant l’emménagement, j’étais tellement excité que je me suis lancé dans les travaux de notre chambre, de celle du petit, de la salle de douche, puis du salon en bas, de la cuisine et du garage.
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fertiti65fertiti65   14 juin 2021
Une envie de bruyère. De jeune bruyère rose pâle sur le point de virer violette parmi les crevasses de boue séchée, les douglas et les genêts. Revenir à l'enfance heureuse. Aux courses folles à travers les prés, les ruisseaux, les collines, les pentes. A la vieille langue que plus personne ne parle, à ses "r" qui roulent comme la caillasse dans les torrents, à ses mots humides et chauds qui sentent la terre et grattent la gorge.
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BazartBazart   14 janvier 2021
Guy, si doux, alors que tout de moi voudrait le démolir, et où sans nulle colère - mais pourquoi, Guy, pourquoi est-ce que tu ne te défends pas ? - tu subis la folie de ma rage, ton œil, offrande qui me regarde et où je vois mon ombre comme pour la première fois, ton œil, presque lac à présent, transparent, translucide et duquel je crois entendre s’élever ce murmure impossible, "continue, continue", alors que tout de moi cherche l’ignoble »
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fertiti65fertiti65   16 juin 2021
A la vue de ces murs épais de pierre, je tressaille de joie. Non, je n'ai pas révé. Je ne rêve pas. Alors, sans réfléchir, j'écarte les bras et je viens plaquer mon corps contre ses pierres chaudes. Vivre à nouveau avec elle. L'accueillir tout entière. Ne plus jamais l'oublier.
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Sabine Wespieser présente le nouveau roman de Tiffany Tavernier, "L'Ami", à paraître en janvier 2021
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