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EAN : 9782073015693
688 pages
Gallimard (06/04/2023)
3.73/5   88 notes
Résumé :
Il y a plusieurs milliers d’années, la Terre a envoyé de nombreuses équipes dans l’espace en vue de terraformer de nouveaux mondes et de donner un futur à l’humanité.
Arrivés à proximité d’une de ces planètes, les scientifiques à bord du vaisseau de terraformation baptisé l’Égéen découvrent, contre toute attente, qu’elle abrite déjà une forme de vie. Vont-ils surseoir à l’exécution de leur mission ou, envers et contre tout, rendre la planète habitable pour l’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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Décevant.
Après les araignées, les poulpes et un parasite bien roublard.

Construit comme le tome précédent, on retrouve nos Portidés et les Humains, en bonne intelligence, comme on les avait laissés à la fin.
Direction une nouvelle planète qui, surprise, a aussi fait l'objet d'une approche de « l'ancien Empire » ce qui a eu pour effet de développer (cette fois consciemment) une nouvelle espèce intelligente. Les poulpes.

On alterne donc, séquences sur le passé, humains ancienne génération, espèce en devenir pour les octopodes et le présent. Affrontement d'intelligences avec l'énorme écueil de la communication inter espèce.
Si Portidés, Humains et IA ont réglé, ou presque, leurs problèmes de communication, on retrouve là un nouveau système fondé sur les couleurs, les émotions. Et gardons nous de tout anthropomorphisme.

Ce que j'avais le plus aimé dans le premier tome, c'était l'histoire et l'ascension des Portidés, m'ennuyant avec les humains. Et dans ce tome, on est quasiment mis devant le fait accompli, on découvre une nouvelle espèce, déjà évoluée, ayant même par moment dépassé l'ancienne technologie. Mais pour quelle utilisation ? Et j'ai du coup, moyennement apprécié les interactions inter espèces.
Sans compter les relations avec le parasite. On se demande si l'auteur n'avait pas en tête deux possibilités, poulpes et parasites, mais pas assez de matière pour faire un livre sur chaque concept.
Parce que c'est là que le bât blesse. La matière. On ne découvre ni n'apprenons grand-chose. Scientifiquement parlant (Hard science) c'est survolé, pas de sens of wonder, pas d'épique, pas de surprises.

Bref, décevant.
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Amis arachnophobes, welcome back !
En 2018, Denoël Lunes D'encre traduisait Dans la toile du temps de l'anglais Adrian Tchaikovsky, une histoire de colonisation à travers le temps et l'espace où une espèce inattendue allait devenir le nouvel espoir d'une humanité auto-destructrice : les araignées !
Et plus précisément, les Portia !
Génial opus de xénobiologie et réflexion passionnante sur la communication et l'évolution, Dans la Toile du Temps se terminait sur un espoir, celui d'une coopération entre araignées intelligentes et Humains avec un grand H, capables désormais de comprendre les arachnides et de vivre en paix avec elles.
Trois ans plus tard, voici qu'Adrian Tchaikovsky remet le couvert avec Dans les profondeurs du temps, nouvelle épopée spatio-xénobiologique qui nous révèle d'emblée une terrible vérité : Avrana Kern n'était pas la seule terraformatrice de l'univers !

Sur la route de Damas
C'est en effet avec une autre équipe de terraformateurs que commence Dans les profondeurs du temps à bord d'un gigantesque vaisseau, l'Égéen dirigé par le scientifique Yusuf Baltiel et son bras droit, le fantasque et asocial Disra Senkovi.
Contrairement à Kern, ce n'est pas un mais deux mondes potentiellement habitables que découvre l'expédition. La première planète, Damas, est recouverte de glace mais pourrait facilement devenir une planète-océan accueillante si l'on s'en donne la peine. La seconde, Nod, réserve quant à elle une immense surprise à l'Égéen : la vie !
Une vie animale primitive sans aucune structure sociale ou véritable civilisation, mais une vie quand même. Erma Lante, la biologiste, commence alors à étudier cette découverte hors du commun tandis que Baltiel réfléchit aux implications éthiques d'une telle présence extra-terrestre sur sa mission.
Disra Senkovi, de son côté, a une idée étrange et brillante à la fois : tester le virus de Califi et Rus, celui-là même qui permet une évolution accélérée des espèces, sur… ses poulpes chéris ! Bientôt, le scientifique colonise Damas avec une population d'octopodes imprévisibles et querelleurs.
Pourtant, ce n'est pas de Damas que viendra la véritable menace mais de Nod et d'une espèce prête à tout pour partir vers… une grande aventure !
Bien des années plus tard, une autre équipe d'explorateurs arrive dans le système de Nod et Damas à bord du Voyageur.
Cette équipe cherche des traces d'une humanité disparue et dont les derniers membres survivent sur une lointaine planète en compagnie d'araignées intelligentes vivants au sein d'une société matriarcale. Personne, ni Humains ni arachnides, ne s'attend à ce que cache ce coin d'univers perdu à des années-lumière de la planète de Kern !
Pour son nouvel opus, Adrian Tchaikovsky déplace son action vers de lointains horizons mais ne change pas, fondamentalement, la recette gagnante de son précédent ouvrage.
On pourrait croire dès lors que Dans les profondeurs du temps fait dans la redites…mais c'est bien mal connaître l'auteur britannique et son imagination débordante !

Huit tentacules ou Huit pattes ?
Tchaikovsky reprend une même structure narrative avec Dans les profondeurs du temps en alternant entre passé et présent, permettant au lecteur de découvrir par petits bouts l'histoire du système de Damas et de Nod (et incidemment de l'expédition de terraformation humaine qui y échoue) tout en entretenant le suspense sur ce qu'il se trame dans le présent lors de la redécouverte de ces deux planètes par l'équipage du Voyageur.
L'anglais tente alors simultanément de nous montrer les évolutions qu'on subit les relations arachnides-Humains depuis le dernier roman mais, en plus, de nous faire prendre conscience qu'il existe toujours des barrières intrinsèques et extrinsèques à la cohabitation entre les espèces, qu'il s'agisse des araignées, des Humains…et désormais des Poulpes.
C'est sur Damas que cette nouvelle espèce prospère et va, très rapidement, devenir capable de maîtriser le voyage spatial.
Comme toujours, Adrian Tchaikovsky est un maître lorsqu'on en vient à parler de xénobiologie et d'imaginer des races nouvelles dont le raisonnement n'a que peu à voir avec celui des êtres humains.
Les Poulpes, comme les arachnides dans le précédent roman, sont passionnants et se distinguent radicalement des deux autres espèces précédemment citées.
Le britannique imagine une société impulsive et imprévisible, en perpétuel changement, où la violence est aussi soudaine que passagère, où l'on compose avec plusieurs « cerveaux » et avec une curiosité dévorante.
Même si les Poulpes sont moins humanisés cette fois — car ils sont principalement appréhendés par le point de vue de l'équipage du Voyageur — , il n'en reste pas moins l'une des pièces maîtresses du récit.
À travers eux, et en restant focalisé sur les explorateurs du Voyageur, Adrian Tchaikovsky nous rejoue un énième premier contact où la place du langage prend toute son importance.
Encore une fois, la communication est la clé de la paix inter-espèces.

Les langages de l'univers
Prolongeant sa réflexion de Dans la Toile du Temps, l'auteur anglais s'attache à démontrer le rôle central joué par le langage et la communication dès que l'on entreprend d'aller vers l'autre.
De façon particulièrement brillante, Adrian Tchaikovsky explore les nombreuses possibilités de l'évolution, montrant autant de chemins possibles dans la communication qu'il y a d'espèces. Si les humains s'expriment en faisant vibrer leur larynx, les araignées utilisent les vibrations générées par leurs pattes et les postures de leurs corps. Les Poulpes, eux, affichent leur sentiment directement sur leur Parure, leur peau et leurs tentacules, en changeant de formes et de couleurs. Dès lors, il faut trouver des schémas universels pour se comprendre, des ressentis similaires et, finalement, des terrains d'entente qui font fi des spécificités de langage pour mieux les retranscrire de façon universelle. Il s'agit d'ailleurs ici plus de traduction et de compréhension que de lisser les choses.
Car à travers les différentes façons de communiquer, Tchaikovsky amorce une autre thématique, celle de la transmission du savoir.
Et c'est ici que le roman se fait le plus intéressant, dans sa façon de montrer comment se transmet l'histoire dans les diverses civilisations, utilisant divers supports et prenant en compte certaines caractéristiques essentielles de l'espèce.
C'est aussi à ce point de l'histoire que la « menace » qui se terre sur Nod va avoir un intérêt tout particulier pour le récit. Sans trop en dire, Tchaikovsky parvient à nous rejouer une variation de The Thing tout en s'interrogeant justement sur la nature et les intentions de la Chose en question.
Dès lors, l'anglais oppose la mémoire génétique à la mémoire acquise avant d'y déceler des points communs pour mieux les réconcilier.
Le Savoir, élément déjà prépondérant avec Dans la Toile du Temps, devient cette fois un enjeu universel capable de conquérir l'espace, il est aussi le marqueur de la civilisation et de l'entité consciente d'elle-même.
Peut-on vraiment se considérer comme une espèce intelligente si l'on n'a pas conscience de son passé et de son rôle dans notre évolution ?

L'importance de la diversité
Contrairement à pas mal de romans revendicateurs et militants du moment, Adrian Tchaikovsky parvient de façon particulièrement astucieuse à démontrer que la force vient de la pluralité et non de l'uniformisation.
Il le démontre à la fois par la pluralité des espèces présentes dans son histoire et leur façon d'interagir entre elles, mais aussi, et surtout, par l'évolution de cette espèce menaçante (et prodigieusement bien utilisée) qui tient longtemps lieu de danger interstellaire dans le récit.
En utilisant également Avrana Kern (ou ce qu'elle est devenue), son interaction avec Meshner et la tentation d'écraser son esprit pour son seul profit, le britannique offre au lecteur une ode à la diversité des êtres, des langages, des pensées, des civilisations.
Sans lourdeur et avec une précision narrative qui force le respect, Dans les profondeurs des temps montre que l'uniformisation est l'ultime fléau de l'évolution et de la pensée, que la cohabitation et la différence sont autant de chances pour l'être biologique comme pour l'être philosophique.
Une démonstration magistrale que l'on peut utiliser une histoire ambitieuse pour parler de principes moraux et sociaux sans sacrifier pour autant ses héros et ses enjeux sur l'autel d'un militantisme aveugle lourdingue.
Tchaikovsky impressionne et se permet même quelques caméos bibliques/littéraires amusants où s'invitent Noé, Paul ou encore Achab.
Les amateurs apprécieront.

Suite passionnante et foisonnante, Dans les profondeurs du temps continue de régaler le lecteur grâce à son sens aigue du suspense narratif, à son traitement malicieux de thématiques universelles et, surtout grâce à l'imagination xénobiologique débordante de son auteur, Adrian Tchaikovsky.
Lien : https://justaword.fr/dans-le..
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« Dans la toile du temps » avait été un énorme coup de coeur. Preuve en est, cette suite, n'a pas pris la poussière sur mon étagère pendant des années. A l'issue de ma lecture, il y a quelques jours, j'étais un peu déçue. Mais, après avoir un peu digéré ce pavé foisonnant, je le réévalue à la hausse. C'est un bouquin qui gagne sans doute à chaque relecture, mais ça c'est l'avenir qui le dira.

Même si depuis la fin de ma lecture quelques jours se sont écoulés, mes réflexions vis-à-vis de ce roman sont encore un peu confuses et cela va sans doute se ressentir dans mon billet. « Dans les profondeurs du temps » est un roman complexe et foisonnant. Et c'est peu de le dire. Tchaikovsky propose une intrigue sophistiquée avec plusieurs ramifications. « Dans la toile du temps » utilisait déjà le principe des deux lignes narratives croisées, d'un côté celle des humains, de l'autre celle des araignées. « Dans les profondeurs du temps » va plus loin dans la double narration. On suit une tentative de terraformation se déroulant plusieurs générations avant la seconde ligne narrative qui suit une expédition menée par les descendants des humains et des araignées du 1er roman. L'intrigue est donc plutôt complexe et m'a un peu déroutée. Je l'ai trouvée parfois un peu difficile à suivre et j'ai parfois eu l'impression que le récit était confus et brouillon. En y repensant quelques jours après, ce sentiment s'estompe un peu et le récit m'apparait au contraire comme particulièrement maîtrisé mais très exigeant et demandant une forte implication de son lecteur.

L'auteur aborde une nouvelle fois de nombreux thèmes passionnants, en premier lieu la communication. Comme dans le roman précédent, cet aspect est vraiment passionnant. Tchaikovsky, tout en abordant le même sujet, parvient à ne pas se répéter et à proposer des développements autour de ce sujet nouveaux et originaux.
Le récit brasse plusieurs genres. « Dans les profondeurs du temps » tient du space opera, du récit de contact extra-terrestre, le tout avec un soupçon de hard-SF et une bonne dose de thriller horrifique. le récit est donc foisonnant, riche, presque trop. Il y aurait eu de quoi faire plusieurs romans avec tous ces registres, tous ces arcs narratifs. C'est cette luxuriance narrative qui m'a sans doute donnée ce sentiment de trop-plein mais ce serait tout de même un comble de reprocher à un auteur sa générosité. D'autant plus que, si l'ensemble donne l'impression de partir dans tous les sens et demande une concentration sans faille, chaque registre est bien maîtrisé et donne lieu à des développements intéressants. La palme revenant au côté thriller horrifique qui m'a fait penser à «the thing » de Carpenter mais qui se déroulerait sur plusieurs générations sans pour autant perdre en suspense ni en sentiment d'urgence.

Le seul point que je ne réévalue pas à la hausse après digestion du roman, c'est le côté émotionnel. Par rapport au 1er roman, il m'a vraiment manqué quelque chose. « Dans la toile du temps » avait réussi à me toucher, à m'émouvoir, voire à me bouleverser. Ce n'est pas le cas de « Dans les profondeurs du temps » qui n'est pas parvenu à me remuer le coeur. Je pense que cela vient du fait que ce second volet manque de personnages vraiment attachants. Dans le 1er roman, j'étais tombée sous le charme des araignées. Portia, Fabian et les autres étaient, contre toute attente, de formidables personnages qui suscitaient des émotions. Les personnages de « dans les profondeurs du temps » sont intéressants mais m'ont laissée assez indifférente. J'ai trouvé que ce second volet s'adressait plus au cerveau qu'au coeur et la dimension émotionnelle m'a manquée.

« Dans les profondeurs du temps » est un roman qui se mérite, qui demande une grande implication du lecteur. Moins immédiatement séduisant que son prédécesseur, ce second volet est plus brillant, encore plus intellectuellement stimulant. Mais il m'a manquée un brin d'émotion pour emporter mon adhésion totale.
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Je me rappelle, il y a un peu plus de deux ans avoir été totalement fascinée par la SF proposée par Adrian Tchaikocsky dans Dans la toile du temps mais avoir ressenti un manque une fois le volume refermé. Apprenant qu'il y avait une suite, ni une in deux, j'ai plongé tête la première dedans dès sa sortie poche. J'aurais peut-être dû y aller plus précautionneusement car ce fut un peu ardu.

La plume de l'auteur n'a pourtant pas changé, elle a ce je ne sais quoi de fascinant qui rend même les choses les plus complexes à appréhender totalement fascinantes avec des mots qui coulent des pages à notre esprit. Les thèmes sont également les mêmes, on parle de la rencontre entre elles d'espèces qui n'ont rien à voir et qui ont évolué suite à la main de l'homme. On se retrouve aussi à nouveau dans une très belle ambiance de space opera prenante et immersive où on voyage vraiment à bord des vaisseaux auprès d'êtres fascinants et surprenants. Ici zéro souci !

Mais peut-être étais-je moins disponible que la première fois, si la fascination et le vertige furent là, la lassitude fut aussi une compagne de lecture tout au long de ces très longues 678 pages... J'ai eu l'impression de tomber sur énormément de redites, beaucoup de moments où on tournait en rond et un sentiment de pédaler dans la semoule à plusieurs reprise. Ce fut un très long périple. Pourtant, l'idée d'alterner le présent avec la rencontre qui se fait entre humains, I.A., Portidés et Octopodes et le passé où on découvre la création et l'évolution de la civilisation des Octopodes est bonne sur le papier, elle permet de maintenir l'attention jusqu'au bout et avec ses ruptures de rythme de susciter à nouveau envie et curiosité quand le récit s'essouffle. Mais, je ne sais pas, quelque chose m'a troublée et manqué dans cette narration.

J'ai tout de même à nouveau beaucoup apprécié le voyage. C'était encore beau et vertigineux de retrouver nos araignées et les humains + I.A. qui les accompagnent dans cette nouvelle alliance pour aller à la découverte de l'univers. Quel chemin parcouru ! L'auteur en plus fait plaisir aux lecteurs de la première heure en recyclant des personnages connus. Embarquer à bord avec eux, vivre ce voyage, cette rencontre, suivre leurs échanges, leurs peurs, leurs craintes, leurs modes de pensées différentes, tout cela était passionnant. L'auteur sait vraiment faire vivre ces moments et fascine par le monde étrange et singulier qu'il a su créer et qui correspond bien à cette altérité qu'il prône et démontre ici où la communication est si importante pour détricoter les peurs. Comme dans le premier tome de sa saga malgré les concepts scientifiques, évolutifs et philosophiques qu'il met en branle cela reste tout à fait abordable.

J'ai aussi encore beaucoup aimé ce mélange entre Space Opera et Planet Opera qu'il sait produire. Ici, j'ai été aussi bien fascinée par le tableau qu'il fait des singuliers vaisseaux de nos amis Portidés et Octopodes que de la planète où ces derniers ont évolué et des voyages qu'ils ont connu ensuite dans des lieux singuliers de l'univers. En réutilisant les mêmes bases que ce qu'avaient connu les araignées avec leur évolution suite à l'intervention de l'homme, on connaît la même chose avec les pieuvres mais le résultat est totalement différent à l'image de ces espèces de base totalement différentes. Et même si maintenant on attend l'auteur là-dessus, il ne se prend pas les pieds dans le tapis et renouvelle le même exploit, je trouve, celui de nous conter l'évolution cohérente d'une espèce connue sur Terre vers quelque chose de totalement nouveau et inimaginable dans un nouveau contexte, nouvel univers, mais raconté de manière différente de la première fois. Chapeau ! Et puis, ces pieuvres et leur caractère lunatique ont quelque chose de sympathique !

La dynamique du récit repose aussi sur une autre gageure. On n'est pas dans la rencontre entre l'humanité et une espèce radicalement différente de la sienne. On est sur celle de deux espèces différentes de nous qui se rencontrent entre elles, comme si on avait transmis le flambeau. L'auteur nous embarque cette fois dans un moment suspendu qui dure et dure tout au long du tome où on craint que cette rencontre soit une terrible menace pour le vaisseau qu'on suit désormais, ce qui crée un climat de tension permanent en plus de la curiosité ressentie face à cette nouveauté que représentent les Octopodes. le procédé est donc assez différent du précédent volume, comme si l'auteur se renouvelait à chaque fois dans le récit de ces premières rencontres.

Cependant le revers de cette nouveauté, c'est que comme on est en présence de deux espèces différentes de nous, avec très / trop peu d'humains ou I.A. pour faire les médiateurs, on est en présence quasi permanente de deux pensées fort éloignées de nous qui tentent de communiquer sans y parvenir et le mur contre lequel elles se cognent semble bien plus épais que dans le premier volume, ce qui a peut-être participé à mon sentiment de lassitude. de même, il n'y a plus vraiment la surprise et du coup mes attentes étaient grandes et l'auteur n'a pas totalement transcendé cela en restant bloqué tout le tome sur CE moment. Il n'a pas su évoquer la même richesse thématique que dans son premier volume où il évoquait tour à tour évolution, darwinisme, linguistique, divinité, messianisme, intelligence artificielle, vie éternelle, reproduction, vie extraterrestre ou encore impérialisme spatial. Ici, ce fut moins ambitieux.

Dans les profondeurs du temps est une suite où j'ai pris plaisir à retrouver la plume envoûtante de son auteur mais où j'en ai aussi ressenti pour la première fois les limites. le vertige de ces rencontres d'espèces intelligentes différentes de nous ne peut me faire oublier le monolithisme parfois de la narration qui n'a pas réussi à se renouveler totalement depuis le chef d'oeuvre que fut le tome 1. Cela reste une excellente lecture de SF, fascinante, très bien construite, avec des images percutantes à avoir en tête ensuite et de très bonnes idées sur l'évolution des espèces et leurs rencontres, mais il a manqué quelque chose par rapport à Dans la toile du temps et je ne sais pas trop comment accueillir l'annonce d'un troisième tome paru en VO l'an dernier : Children of Memory, mais je me connais nul doute que j'irai à sa rencontre pour me faire une idée.
Lien : https://lesblablasdetachan.w..
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J'ai découvert cet auteur l'an dernier, et ce fut une révélation. Voici donc ma troisième lecture, j'aurais dû lire avant “Dans la toile du temps”, puisque c'est la suite, mais ce n'est pas trop gênant, parce qu'il a son propre univers. L'un et l'autre sont des histoire d'exploration spatiale avec comme objectif de terraformer des planètes lointaines pour préparer une éventuelle colonisation.


Le récit est séparé en deux lignes narratives croisées, séparées dans le temps par une très longue période. Dans l'une, on suit les explorateurs d'un système solaire, deux planètes terraformables, l'une possède déjà la vie, l'autre n'est qu'un océan inadapté à la vie terrienne, même marine. Dans leur bagages, des octopodes. de l'autre côté, on suit une expédition venue d'un autre système terraformé, celui mis en place dans le premier roman “Dans la toile du temps”, avec humains et araignées en coopération.


Par rapport aux deux premiers romans que j'ai lu d'Adrian Tchaikovsky, l'aspect hard SF est encore plus poussé, ce n'est pas une lecture facile, j'ai pris mon temps. On se rapproche un peu plus du maître du genre, Kim Stanley Robinson, auteur de la monumentale Trilogie Martienne. Alors évidemment, cette lecture est exigeante, mais absolument passionnante. L'auteur explore tout un éventail de sujets scientifiques, certains déjà abordés dans Chiens de guerre : intelligence augmentée, évolution des espèces, communication entre les espèces. Mais les aspects biologiques, chimiques, médicaux, astronomiques, physiques ne sont pas en reste. Pour mettre un peu d'ambiance, il apporte une ambiance de thriller SF, comme dans Sur la route d'Aldébaran, et de space opéra, mais toujours avec une base scientifique solide, ce qui nous offre un bel éventail d'idées et d'inventions.


J'ai été servi, niveau science fiction, c'est riche, complet, savant et épique, une lecture que j'ai trouvé passionnante et enrichissante. J'ai donc oublié de lire Dans la toile du temps, lacune que je comblerai sûrement un jour.
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critiques presse (2)
Telerama
09 mai 2023
Adrian Tchaikovsky, écrivain anglais comme son nom ne l’indique pas, s’est vu justement décerner le prix Arthur C. Clarke en 2016 pour son roman Dans la toile du temps, dont Dans les profondeurs du temps (doté pour sa part du prix de la British Science Fiction du meilleur roman 2019) est la suite directe.
Lire la critique sur le site : Telerama
Telerama
03 août 2021
L’écrivain anglais signe le deuxième volet d’un trilogie ambitieuse où évolution et cohabitation entre espèces sont au cœur des enjeux. Un roman scientifiquement convaincant, dans le sillon de “2001 l’odyssée de l’espace”.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Héléna veut se persuader que les poulpes sont des créatures intelligentes et raisonnables, et donc incapables de massacrer ou même se débarrasser d’ambassadeurs étrangers. Mais qui sait ce qu’ils pourraient leur faire ? Et ne devrait-elle pas arrêter de se reposer sur le bâton de l’anthropomorphisme pour imaginer ce qu’un cerveau extraterrestre est en mesure de concevoir ?
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Comme les Humains, les Portidés sont doués pour discerner des structures, même lorsqu’il n’en existe aucune. En tant que scientifique, Fabian s’est entraîné à ne pas céder à un telle conduite, qui favorise moins l’inspiration que les illusions.
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Un sage a déclaré jadis que l’espace n’était pas un océan, malgré la tentation de songer à des cuirassés, des lignes de vaisseaux et des flottes de guerre échangeant des bordées en se croisant gracieusement et lentement dans la nuit. Cependant, pour les poulpes, l’espace est un océan — bien que leur concept de l’océan soit très différent de celui des humains : un grand canevas multidimensionnel qui les entoure, qu’ils peuvent manipuler et ouvrir pour voir s’il contient quelque chose de comestible. L’idée de démonter quelque chose par simple curiosité a toujours été présente dans leur panoplie mentale. Pourquoi l’univers ferait-il exception ?
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-Et bien l'ennui avec les tigres, c'est que leurs performances diminuent rapidement quand on les envoie réparer des tuyaux de refroidissement à un kilomètre sous la surface de l'océan.
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Un grand nombre des êtres vivants qu'ils avaient étudiés paraissaient metaboliser la lumière du soleil, qu'il s'agisse de plantes sessiles ou de créatures mobiles, ce qui signifiait que leur mécanisme (encore inconnu malgré quelques hypothèses fascinantes) se montrait beaucoup plus efficace que la photosynthèse.
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