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Gabriel Arout (Traducteur)
EAN : 9782705803704
58 pages
Éditeur : Pierre Horay (09/07/2004)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 17 notes)
Résumé :

Légende ou réalité, cet inquiétant moine noir dont le retour est annoncé dans nos contrées, après une disparition de mille ans ? Réalité, répond Kovrine, le héros du récit, brillant universitaire. philosophe, qui a l'heur - ou le malheur - de rencontrer le moine et de disputer avec lui. Légende, réplique l'entourage de Kovrine, qui ne voit là qu'affabulations et visions malsaines d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  02 octobre 2012
Tchékhov…, Tchékhov…, c'est qui Tchékhov ? Tout le monde connaît le Tchékhov dramaturge (soit en gros sept pièces plus quelques petites piécettes au nombre de neuf, ce qui est peu dans le fond), mais le Tchékhov nouvelliste est beaucoup moins connu.
Je ne compte plus les personnes pourtant très calées en littérature qui ignorent ce pan de son oeuvre. Pourtant, à y regarder de près, Anton Tchékhov c'est environ 635 nouvelles au compteur, soit deux fois plus que Guy de Maupassant qui, en la matière, n'est pas tout à fait le premier venu.
C'est donc avec grand plaisir que je remercie les éditions Horay de nous permettre de lire, dans un format très agréable, l'une de ces belles nouvelles, qui, pour rester dans la comparaison avec Maupassant, pourrait s'inscrire dans la lignée du Horla, bien que des accents, plus typiquement russes ou tchékhoviens, puissent nous permettre également de la rapprocher de la pièce Ivanov.
Anton Tchékhov nous emmène une fois encore à la campagne. Andréï Vassilievitch Kovrine est un jeune homme, au parcours universitaire brillant, ayant été élevé par les Pessotski suite au décès de ses parents naturels.
Iegor Semionovitch Pessotski est un horticulteur et un arboriculteur hors pair, mu d'un amour disproportionné pour son jardin et son verger qui confine à la passion dans l'acception la plus forte du terme. Iegor considère Kovrine comme son fils et éprouve beaucoup de fierté à sa réussite académique. En dehors de son jardin et de sa fille Tania, c'est son seul point d'intérêt.
Tania, quelque peu plus jeune que Kovrine, partage l'engouement de son père pour les choses végétales.
Tant Iegor que Tania que Kovrine lui-même, sans forcément l'avoir formalisé ou se l'être avoué, considèrent qu'il ne pourrait y avoir d'autre choix que le mariage de la jeune fille de la terre et de son brillant frère d'adoption.
Tout irait pour le mieux dans le meilleur des jardins d'Eden possibles si Kovrine ne tirait pas autant sur la corde fragile de sa santé. le jeune homme, en effet, travaille nuit et jour, et, bien que sujet à de lourdes et fréquentes insomnies, il n'en demeure pas moins d'une jovialité exemplaire et communicative.
Nonobstant, cette frénésie de travail destiné à sa thèse et les nuits sans sommeil vont causer chez Kovrine un phénomène d'hallucinations. Il voit surgir comme d'une trombe, lors de ces épisodes sibyllins, un moine tout de noir vêtu, à la face blême et aux sourcils sombres, l'exacte image mentale, d'une légende vieille de mille ans.
Que pourra bien lui dire le moine noir de ses transes, c'est ce que je me propose de vous laisser découvrir…
J'ai cru y lire que le Tchékhov artiste pose au Tchékhov médecin la question de la pertinence ou de l'impertinence des traitements destinés à juguler les dérèglements psychiques des individus génialement hallucinés. En somme, une belle nouvelle, solide, qui mérite le détour, du moins c'est mon avis, faiblement halluciné, affreusement ordinaire, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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ninamarijo
  02 février 2019
Cette nouvelle a été écrite en 1893 après la visite de Anton Tchekhov à Sakhaline, il semblerait qu'il se soit inspiré d'un de ses rêves.
Anton Tchekhov évoque « la légende du moine noir » il nous narre le récit d' Andreï Vassilievitch Kovrine qui travaille jour et nuit à l'élaboration de sa thèse, et, finalement ce travail acharné va le mener aux portes de l'épuisement et peut être bien celles de la folie. En effet Andreï est sujet à des hallucinations : Il voit un moine noir apparaître la nuit, dans la nature. Ce moine va conseiller Kovrine, flatter son ego et lui annoncer qu'il est l'élu de Dieu pour contribuer à rendre le monde meilleur.
Kovrine est heureux et tout irait pour le mieux si son entourage ne s'acharnait pas à vouloir le guérir. Finalement Kovrine accepte de rencontrer les psychiatres et… « C'est le début de la fin » !
C'est le Tchekhov médecin et humaniste qui se révèle ici, il juge sévèrement la capacité de la médecine à soigner la folie. Il considère la folie comme une force créative et libératrice. Enfin il défend l'idée selon laquelle les traitements protègent plus la société que l'individu. Ces traitements plongent le patient dans l'indifférence, et, c'est bien après le traitement que le monde de Kovrine s'écroule.
Ainsi Tchekhov écrit entre humour et agacement : « Que Bouddha, Mahomet, Shakespeare ont dû se sentir heureux de n'avoir ni parents ni médecins obstinés à les guérir de l'extase et de l'inspiration … Les soins des médecins et des bons parents n'aboutiront qu'à abrutir l'humanité »
Un petit rappel s'impose il faudra attendre 1960 pour que le visage des hôpitaux psychiatriques change, « la camisole chimique » remplaçant « la camisole de force ». Pour le bien du patient ? Pas sûr… Et Tchékhov, médecin aurait-il approuvé ?

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PiertyM
  10 mai 2014
Cela devait être une erreur, pour ma part, de ne pas finir cette nouvelle, un peu d'ennui au début m'avait détourné de ma première lecture. Pour la deuxième fois, comme un voile tombé par miracle ou par le moine noir (rires..), j'ai eu une autre approche avec cette nouvelle où Tchekhov nous fait balader atrocement dans le monde psychique de Krôvine, un homme en conflit avec lui-même, un homme qui souffre du mal d'être, du mal de vivre.
Combattre l'ennemi est une chose mais combattre soi-même est la pire des choses. C'est ce à ce genre de combat que se livre Krôvine, un travailleur assidu. Surmené, il part en campagne pour se remettre. Pendant que Tania rêve son mariage avec Krôvine, Iégor Sémiônytch le père rêve de voir son jardin s'éblouir éternellement, Krôvine, lui, a dépassé le seuil du rêve, son rêve se fait chair et voilà il est sujet d'une apparition, celle d'un moine noir d'une vieille légende...
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saphoo
  19 avril 2020
Un court récit ou une longue nouvelle, qu'importe, on est emporté par ce moine noir comme un souffle. Ce qui m'a frappé c'est l'opposition du début bucolique, champêtre et l'étrange personnage qui se mue en aliéné. On tangue entre réalité et fantastique, est ce vraiment la folie qui s'infiltre ou est-ce réellement ce moine légendaire qui visite notre personnage ? C'est l'art et la manière de laisser le doute flotter entre le lecteur et l'auteur, l'art de la nouvelle de nous offrir une chute remarquable.
J'ai beaucoup aimé le style fluide avec cette empreinte d'une époque révolue.
Et c'est l'avantage de ces auteurs, même si on n'adhère pas à l'histoire, rien que l'écriture c'est un vrai régal alors quand le menu est à notre goût ça devient un festin.
Et vous en reprendrez bien un peu ? Oh avec plaisir, merci !
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TiriNoiret
  18 février 2019
Cour récit fantastique bien structuré, c'est avant tout la psychologie du personnage principal que décortique le récit du Moine noir. Plus que les allées et venues de ce fantôme ambigu, nous assistons à l'évolution mentale du héros.
Si le style reste proche De Maupassant, l'auteur s'éloigne pourtant du style fantastique en apportant une explication, un déroulé très clair même de cette inquiétante étrangeté chère à Freud qui s'empare du héros.
C'est bien évidemment dans le dessin des personnages, leur personnalité profonde ainsi que dans le décor champêtre que nous trouvons tout l'art de Tchekhov, qui nous rend tangible pour ne pas dire aimable chacun des protagonistes .
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   02 octobre 2012
Qu'ils étaient heureux, Bouddha, Mahomet, Shakespeare de n'avoir pas de bons parents ni de docteurs pour soigner leurs extases ou leurs inspirations ! dit Kovrine. Si Mahomet avait soigné ses nerfs au bromure, s'il n'avait travaillé que deux heures par jour et s'était mis au régime lacté, cet homme remarquable n'aurait pas laissé plus de traces que son chien. Par les bons soins des docteurs et de braves parents, l'humanité finira par s'abrutir, la médiocrité sera considérée comme le génie, et la civilisation sera perdue. Si seulement vous saviez comme je vous suis reconnaissant ! lança-t-il avec dépit.
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Nastasia-BNastasia-B   06 octobre 2012
" Quelle immensité, quelle liberté, quel silence ! songeait Kovrine en cheminant sur le sentier. On dirait que le monde entier me regarde et attend, aux aguets, que je perce son secret... "
Soudain, des vagues se mirent à courir le long des blés et le vent léger effleura doucement sa tête nue. Un instant plus tard, nouveau coup de vent, cette fois plus fort ; dans un chuchotement les blés oscillèrent et, au-delà, on entendit le sourd murmure des pins. Kovrine se figea, médusé. À l'horizon s'élevait, depuis la terre jusqu'au ciel, une haute colonne noire. On eût dit le tourbillon d'un cyclone. Les contours en étaient vagues mais, d'emblée, il était aisé de comprendre qu'il se déplaçait à une vitesse effrayante, exactement dans la direction de Kovrine.
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Nastasia-BNastasia-B   06 octobre 2012
Qu'adviendra-t-il de ce jardin quand je ne serai plus ? Sans moi, il ne resterait pas un mois dans l'état où tu le vois actuellement. Le secret de ma réussite n'est pas dans les dimensions du verger ou le nombre des ouvriers, mais dans l'amour que je porte à cet ouvrage, comprends-tu ? J'aime ce jardin probablement plus que moi-même. Je travaille du matin au soir. Je fais de mes propres mains toutes les greffes, toutes les boutures, toutes les tailles, toutes les plantations. Tout, tout, de mes mains. Et lorsqu'on veut m'aider, je suis jaloux et m'irrite, à en devenir grossier. Tout mon secret réside dans cet amour, dans la vigilance de mon œil de maître, mes mains de maître, et dans l'inquiétude que j'éprouve si je m'absente pour une heure, le cœur battant, presque affolé à l'idée qu'un malheur peut être advenu au jardin. Mais quand je serai mort, qui va s'en occuper ? Qui fera ce travail à ma place ? Le jardinier ? Les ouvriers ? Hein ? Oui, cher ami, écoute-moi bien : dans mon œuvre, l'ennemi principal, ce n'est pas le lièvre, ni l'oiseau, ni l'insecte, ni le gel, c'est l'intrusion d'un étranger.
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Nastasia-BNastasia-B   09 octobre 2012
Il songeait que la vie faisait payer cher les biens misérables et, au fond, si ordinaires qu'elle pouvait donner à l'homme. Ainsi, pour aboutir vers quarante ans à une chaire à l'Université, pour être un professeur parmi tant d'autres, et exposer d'une langue morne, ennuyeuse et pesante de banales pensées, qui plus est celles des autres, en un mot, pour atteindre à la position de savant médiocre, il avait eu besoin, lui, Kovrine, d'étudier quinze ans, de travailler nuit et jour, de traverser une pénible maladie psychique, de supporter les conséquences d'un mariage malheureux et de commettre toute une série de bêtises et d'injustices qu'il eût été agréable d'oublier. Kovrine se rendait compte, à présent, qu'il était un homme ordinaire et il s'en accommodait volontiers, car pour lui chaque homme devait se contenter de ce qu'il était.
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Nastasia-BNastasia-B   27 avril 2016
— Qui a attaché ce cheval au pommier ? l'entendit-on bientôt hurler sur un ton de désespoir qui vous fendait le cœur. Quel est le gredin, quelle est la canaille qui s'est permis d'attacher un cheval au pommier ? Bon dieu de bon dieu ! Ils ont tout abîmé ! Ils ont tout esquinté, tout sali, tout démoli ! [...] Que veux-tu, ces gens ne respectent rien ! lança-t-il d'un ton larmoyant, en joignant les mains. C'est Stepan qui, cette nuit, a transporté le fumier et attaché son cheval au pommier ! Et ce salaud a serré les rênes si fort que l'écorce a été éraflée en trois endroits. Qu'est-ce que tu dis de ça ? J'ai beau lui expliquer, il est là comme un abruti, à cligner des yeux ! Ce serait peu de le pendre !
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Videos de Anton Tchekhov (41) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anton Tchekhov
Anton Tchekhov : L’Envie de dormir (1978 / France Culture). Photographie : Anton Tchekhov à Melikhovo en 1897 • Crédits : By P. I. Seryogin (П.И. Серёгин) http://www.dlptheatre.net/Francais/Fr..., vi. Adaptation et réalisation de Jeanne Rollin-Weiss. 1ère diffusion sur France Culture le 24 février 1978. Varka est une petite bonne d'enfants de treize ans dont l'histoire tragique est racontée par Tchekhov dans la nouvelle “L'Envie de dormir”, écrite en 1888. Comme il est dur de servir à table, de laver, de coudre, il y a des moments où l'on a envie de se coucher par terre et de dormir sans égard pour rien. La journée passe, puis il y a les nuits, les nuits où le bébé crie. L'épuisement est là, celui de Varka, petite bonne d'enfants de treize ans dont l'histoire tragique est racontée par Tchekhov dans “L'Envie de dormir”, une nouvelle écrite en 1888. Interprétation : Roger Bret, Linette Lemercier, Berthe Chernel, Gilles Guillot, Jo Charrier et Jean Péméja.
“L’Envie de dormir” (extrait d'“Œuvres” d’Anton Tchekhov Tome II - Bibliothèque de la Pléiade - Traduction d'Edouard Parayre / © Editions Gallimard pour la version française).
Source : France Culture
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