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ISBN : 2734900262
Éditeur : (30/11/-1)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Depuis la mort de son mari, un an plus tôt, Mme Popova refuse de sortir et se considère aussi morte que feu son bien-aimé mari. Or surgit un dénommé Smirnov, ancien officier d'artillerie, qui s'introduit chez elle malgré son refus de recevoir qui que ce soit. C'est que l'époux de madame Popova devait douze cents roubles à Smirnov et que ce dernier en a besoin tout de suite pour payer des intérêts...



Pas de quatrième de couverture
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  06 octobre 2013
L'Ours est une très courte pièce en un acte. Tout de suite il me faut confesser qu'elle n'est pas à mes yeux ce qu'Anton Tchékhov a su faire de mieux.
Malgré tout, cette petite farce, sans être transcendante, passe assez bien et jouit d'un cortège de petites tirades savoureuses qui me la rendent assez agréable.
L'histoire se cristallise autour du moment où un créancier, Smirnov, vient réclamer une somme d'argent à une jeune veuve, Mme Popova.
Mme Popova se caractérise par une grande honnêteté morale et financière, une éminente droiture et une fidélité exemplaire, proche de l'ascétisme, vis-à-vis de son défunt mari.
Smirnov, lui, a un besoin urgent de la somme aujourd'hui même tandis que Mme Popova lui explique patiemment qu'elle ne pourra lui fournir l'argent que dans trois jours.
Le bouillant créancier est bien décidé à ne quitter la place qu'avec ses roubles en poche et la précieuse Mme Popova s'offusque des manières de cet « ours ».
S'en suit une mémorable prise de bec, qui tourne au duel et, comme toujours, je vous laisse découvrir le fin mot de la fable…
Bref, un petit divertissement sans prétention mais jamais déplaisant, du moins c'est mon opinion d'ourse mal léchée, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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Musardise
  21 octobre 2017
Après "Sur la grand-route", qualifiée d'étude dramatique par son auteur, me voilà passée à une "plaisanterie en un acte", qu'on classe dans les Farces de Tchekhov. Pièce comique très courte, en dix scènes de deux-trois pages chacune, elle repose donc sur une intrigue très simple. Popova est une aristocrate, veuve zélée, qui a décidé de porter le deuil de son mari jusqu'à sa mort, bien que n'étant pas sans savoir que ce dernier avait passé sa vie à la tromper. Survient Smirnov, propriétaire terrien incapable d'obliger ses débiteurs à lui régler leurs dettes, à tel point qu'il se retrouve dans une situation financière plus que préoccupante. Popova, sous prétexte qu'elle a trop de chagrin pour s'occuper de question d'argent, ne déroge pas à la règle. Comme elle est le dernier espoir pour Smirnov de récupérer une partie de ce qu'on lui doit, il décide de ne pas bouger de chez elle tant qu'elle n'aura pas réglé ses dettes. Sur quoi les voilà s'affrontant sur la question des défauts inhérents au sexe féminin et masculin, puis carrément en duel, Smirnov provoquant Popova, et Popova répondant à sa provocation.
Il n'y avait sans doute pas de la part de Tchekhov de volonté très ambitieuse dans l'écriture de cette pièce - une de celles qui fut les plus jouées et qui connut le plus de succès. Les personnages s'enlisent dans un ridicule voulu par l'auteur, Popova avec ses manières de veuve éplorée, Smirnov avec son aspect un peu rustre et sa détestation des femmes. Il y a là une critique de la société contemporaine (amenée à évoluer ?), illustrée par un Smirnov qui va passer des clichés les plus misogynes à un acte radical qui vaut déclaration d'égalité entre les sexes, autant que par une Popova qui, après avoir joué les femmes éplorées - comme il se doit à l'époque -, va étonnamment relever le défi. Pour autant, la pièce est tellement courte et le nombre de personnages tellement restreint que Tchekhov ne prend guère le temps de construire des scènes suffisamment solides et efficaces. Disons-le, certains retournements de situation, trop rapides, sont un peu bâclés, et tout n'est pas très subtil, même si on a droit à des passages et à des répliques franchement drôles.
J'ai cru comprendre que Tchekhov misait beaucoup dans cette pièce sur le jeu des deux acteurs (et, naturellement, sur l'opposition des personnages), ce qui expliquerait en partie que l'intrigue ne soit pas davantage travaillée. On dit aussi que Tolstoï a vu cette pièce de nombreuses fois, et que chaque fois il riait aux éclats. Ma foi, il n'y a pas de mal à être bon public ! Qu'on soit un grand écrivain ou pas.

Challenge Théâtre 2017-2018
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LydiaB
  11 janvier 2014
Cette pièce en un acte de 1888 n'a absolument pas vieilli et n'a rien perdu de sa verve. Cette farce met en scène une veuve au caractère bien trempé, Madame Popova, ennuyée par Smirna, un propriétaire venu lui réclamer l'argent que lui devait l'époux décédé. Les deux personnages sont aussi explosifs l'un que l'autre, ce qui provoque un comique de situation. Aucun des deux ne veut céder. Smirna ne partira pas tant qu'il n'aura pas réussi à avoir son argent. Quant à Élena Popova, elle est prête, telle Calamity Jane, à sortir les armes et à se battre en duel ! Ici encore, on rit face à la situation incongrue. La fin va révéler une surprise de taille...

En peu de pages et peu de personnages sur scène (trois en ajoutant le domestique, Louka), Tchekhov a réussi la prouesse de condenser tous les éléments humoristiques faisant de cette petite pièce une farce à la fois amusante et fine où la grossièreté n'a pas lieu d'être.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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AMR
  28 août 2019
J'ai décidé d'aller faire un petit tour du côté du théâtre de Tchekhov parce que la troupe d'amateurs à laquelle participe l'un de mes fils prépare en ce moment même une farce en un acte de cet auteur russe, L'Ours.
Cette pièce n'est sans doute pas la plus connue. Il l'a écrite en 1888, au début de sa carrière théâtrale.
J'ai découvert un texte à la fois drôle et décalé autour des thématiques entremêlées du veuvage, de la place des femmes dans la société, de la dette et de la demande en mariage.
Une certaine économie des personnages : une jeune veuve inconsolable, un officier d'artillerie venu réclamer son dû et un vieux majordome… Autant Éléna ivanovna Popova est belle et raffinée, toute en fossettes et distinction et en proie à son chagrin, autant son créancier, Grigori Stepanovitch Smirnov, est rustre et grossier, tandis que Louka incarne un valet de chambre pragmatique et distancé, proche cependant de sa jeune maîtresse à laquelle il est très dévouée.
Une économie d'action également : un seul acte autour d'une demande de remboursement d'argent qui va se transformer en duel au pistolet puis en demande en mariage sous le regard fataliste du valet. Des péripéties cocasses, un comique de répétition, un jeu sur le langage avec l'impossibilité à communiquer entre deux personnes que tout oppose, un contraste entre le rôle discret mais essentiel de Louka, la virilité outrancière de Smirnov et la sensualité bridée d'Éléna.
Un texte à la limite de l'absurde, à prendre au premier degré mais également à analyser ; je pense notamment au discours sur les femmes et leur place dans la société et à l'évolution dans l'attitude de Smirnov, très misogyne au début et beaucoup plus ouvert à la fin…
Je connais mal l'histoire de la Russie et ne sais pas vraiment faire un parallèle entre la représentation d'un monde très rural et les réalités contemporaines de l'écriture de la pièce. Il me semble pourtant lire comme une satire d'un milieu de propriétaires terriens en perte de repères ; le servage a été aboli dans les années 1860 seulement et il faut sans doute se remettre un peu en question pour continuer à exploiter les propriétés agricoles.
Une lecture intéressante qui m'a donné envie de voir la pièce représentée sur scène.
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Marti94
  17 mars 2017
J'ai été très agréablement surprise par cette courte pièce de théatre de Tchekhov dont les dialogues et l'humour vont crescendo. J'ai beaucoup aimé les personnages qui se dévoilent dans le rythme éffréné d'une dispute entre propriétaires terriens pourvus d'un très sale caractère. Mais où sont les bonnes manières de la noblesse russe? N'y aurait-il pas de la dérision?

Un vieux domestique tente de convaincre sa maîtresse de vivre plutôt que de se cloitrer dans sa tristesse depuis la mort de son mari. La veuve ne se console pas quand un créancier vient lui demander de l'argent. Elle ne peut pas rembourser la dette de son mari tant que l'intendant ne sera pas rentré. Furieux, l'homme mysogyne ne s'attendrit pas et ne veut pas partir avant d'être payé. Il est grossier à cause de déceptions amoureuses qui l'ont rendu aigri.
Elle veut virer ce montre et le créancier goujat sera bien surpris lorsque la veuve sortira son Smith et Wesson pour le provoquer en duel.
Ah ! en voilà une femme émancipée !
L'ours va être sous le charme de cette femme de tête et ne veut plus se battre parce qu'elle lui plait. Il devient fou d'amour et la demande en mariage alors qu'elle veut se battre. Pourtant le célibataire endurci avait fait le serment de ne plus tomber amoureux. Il va faire tomber la colère de la belle veuve orgueilleuse qui va succomber.
Les personnages sont loin d'être dénués d'ambiguïté ce qui rend cette pièce en un acte très drôle. Tchechov n'a rien à envier à un Labiche quand il excelle dans le genre du Vaudeville.
Lu en mars 2017
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise   19 octobre 2017
LOUKA. Ah ben tiens ! Mieux vaut entendre ça que d'être sourd. Notre maître Nikolaï Mikhaïlovitch, il a décédé, c'est comme ça, c'était le destin, Dieu ait son âme... Un peu de chagrin, bon, ça va, point trop n'en faut. Vous allez pas quand même jusqu'à la fin de vos jours pleurer et porter le deuil. Moi aussi, dans le temps, j'ai eu ma vieille de décédée... Et alors ? Du chagrin, des larmes, j'en ai eus, tout un mois, et, bon, ça va comme ça, parce que, passer sa vie dans les lamentations, franchement, pour une vieille, ça vaut pas le coup.


Traduction : André Marcowicz / Françoise Morvan
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LydiaBLydiaB   11 janvier 2014
Vous avez le malheur d'être femme, vous savez donc d'après vous-même ce que c'est qu'une femme. Dites-moi, en toute franchise: avez-vous de votre vie rencontré une femme sincère, fidèle et constante ? Vous n'en avez pas rencontré ! Ne sont fidèles et constantes que les vieilles et les guenons ! Il y a plus de chance de rencontrer un chat avec des cornes ou un merle blanc, qu'une femme fidèle !
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Nastasia-BNastasia-B   05 octobre 2013
Est-ce qu'une femme sait aimer qui que ce soit, hormis les petits chiens ?...
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SharonSharon   08 juin 2016
Pas de différence entre les sexes ! Je la tuerai par principe.
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Marti94Marti94   16 mars 2017
Ça! ça, c'est une femme. Je n'comprends que ça! Une vraie femme! Ce n'est pas une molasse, une chiffe, mais du feu, de la poudre, une fusée... Il est même dommage de la tuer.
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Célia Houdart Villa Crimée éditions P.O.L : où Célia Houdart tente de dire comment et de quoi est composé son nouveau livre Villa Crimée, et où il est question notamment d'un ensemble construit par Sarah Bitter au 168 rue Crimée, à Paris 19e, de logements sociaux et d'ateliers d'artiste, d'architecture et d'écriture, de 212 fenêtres et de 212 fragments, de cuivre et de pavés, de couverture et d'ouvertures, de "La Vie mode d?emploi" et d'"Espèces d'espace", de Geroges Perec, d'admiration et des merveilles du monde, à l?occasion de la parution aux éditions P.O.L de "Villa Crimée", à Paris le 23 octobre 2018 "Un îlot en chantier, un labyrinthe de traits sur un plan d?architecte, un toit-manteau de cuivre gold. Un couple qui dort à la belle étoile sur une loggia, le piano d?Anton Tchekhov dans sa Datcha Blanche. Série de visions, de fictions. Fenêtres sur cour et vies rêvées, en même temps que coups de sonde dans le passé d?un quartier parisien"
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Je m'appelle .............?..........." je suis un jeune homme de dix-sept ans, laid, maladif et timide", je passe mes étés dans la "maison de campagne des Choumikhine", et je m'y ennuie.

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