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ISBN : 3013144806
Éditeur : Le Livre de Poche (09/07/1971)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 18 notes)
Résumé :
En quoi consiste le bonheur ? Est-il à notre portée ? Dans Oncle Vania (1897), les personnages s'interrogent. Aux élans d'espoir et de joie succèdent l'abattement et la détresse. Le dégoût d'être laid, vieux, malade. L'ennui d'habiter en province, où jamais rien ne se passe ; de travailler comme un forcené, sans reconnaissance aucune. La douleur d'aimer sans retour. La fadeur de ne pas aimer. Ailleurs, à une autre époque, dans d'autres circonstances, peut-être, ils ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Nastasia-B
  23 août 2014
Ceux qui me connaissent un petit peu savent que j'aime, de temps à autres, me faire l'avocate soit du diable, soit des causes perdues. Et bien que j'aie déjà proposé un commentaire pour chacune des deux pièces qui composent cet ouvrage, j'aimerais amener votre attention sur cette édition en particulier.
Nous savons tous que les très vieilles éditions du « Livre de Poche » ont auprès de beaucoup une réputation de ringardise absolue, esthétiquement, surtout, mais aussi pour la piètre qualité du papier ou de la reliure, ou encore pour l'appareil critique inexistant, et cætera, et cætera, j'en passe comme vous pouvez vous le figurer. En somme, à l'heure du tout numérique, du high-tech, du flashy, du supersonique, ces vieux livres jaunis ne valent même pas le coup de talon qu'ils suscitent dans l'esprit de certaines et certains.
Nonobstant, au risque d'en surprendre quelques uns, j'ai une affection toute particulière pour ces mal-aimées chez les classiques de poche.
Premièrement, elles conservent totalement ce qui fit leur succès en leur temps, à savoir une extrême modicité de coût quasi imbattable sur le marché de l'occasion.
Deuxièmement, et on ne le souligne jamais (ou jamais assez), je constate que ces vieilles reliques du Livre de Poche n'ont à rougir devant personne quant au nombre des coquilles, surtout pas devant Folio ni même la pourtant fort prestigieuse Pléiade.
Troisièmement, et là encore on n'en fait guère de cas, je veux parler de la pertinence des choix éditoriaux, souvent copiés par la concurrence, mais dont tout le mérite devrait revenir en premier lieu à cette collection.
Ceci nous ramène à ces deux pièces de Tchékhov. En effet, quelle bonne idée de les proposer ensemble, ces deux-là, et non deux autres. Certes, on peut toujours plaider en faveur du hasard qui, pour le coup, aurait été heureux. On ne peut l'exclure, mais je n'en crois pas une lettre. Ces deux pièces ont évidemment des rapports multiples qu'il est très intéressant de mettre en miroir.
L'une comme l'autre ont pour cadre une grosse maison à la campagne où les personnes qui y résident se sentent perdus loin de la vie de la ville. Les deux ont comme dénominateur commun d'avoir pour héros des êtres ratés, frustrés, dont le potentiel se délite et n'aura jamais été reconnu à sa vraie valeur. Dans les deux, l'auteur témoigne de l'aspect fugace, fragile et dérisoire d'une seule existence humaine à l'échelle des temps.
Ces pièces sont aussi radicalement symétriques ou de forme inverse. Dans l'une, le personnage du médecin, cher à Tchékhov, est le seul à sembler être lucide, dans l'autre, c'est le plus égaré et le plus profondément altéré de tous.
Dans l'une, la femme qui est la pièce rapportée de la famille provoque l'explosion de l'assemblée, dans l'autre, cette même femme joue l'implosion par un travail de sape souterrain et maintenu pendant plusieurs années. Dans une pièce, le scientifique raté qui a épousé la femme-piège quitte le noyau familial avec son épouse, dans l'autre, c'est le noyau familial qui finalement quitte le couple du scientifique raté et de la femme-piège.
On pourrait multiplier de la sorte et pendant un bon moment les analogies et les dissemblances symétriques rigoureusement opposées, mais je pense que le constat est clair. C'était rudement bien vu, mesdames et messieurs les éditeurs de cette époque du « Livre de Poche », d'avoir choisi ce rapprochement-là, et je vous tire mon chapeau.
Mais ce chapeau, vous le savez, n'a sans doute pas beaucoup d'allure, il ne taille pas bien grand, car il n'épouse que mon avis, c'est-à-dire bien peu de chose…
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Funrider
  02 janvier 2018
Sans être un expert de l'art dramatique et encore mois de théâtre classique (dont je ne suis pas particulièrement fan - d'où les 3 étoiles) je sais apprécier une oeuvre qui a marqué son temps et dont le sujet traité peut toujours être cité en exemple pour expliquer les relations humaines.
Que ce soit dans « Les trois soeurs » ou « Oncle Vania », ces 2 pièces de Anton Tchekhov mettent en scène un mal de vivre, porté par des personnages d'une couche sociale plutôt élevée, issues de la société russe (civile et militaire – pour « Les trois soeurs ») de la fin du 19ème siècle. Un mal de vivre attribué à la banalité du quotidien, selon Anton Tchekov et à la constellation des solitudes des êtres humains.
Il évoque la morosité ambiante dans « Oncle Vania » et le fragile équilibre des relations entre les protagonistes. La décision, par le patriarche, mélancolique de sa vie passée, de vendre potentiellement le domaine familial, tenu alors par Sonia et son oncle Vania, risque de briser les noeuds des relations humaines entre les personnages mis en scène.
Dans l'autre pièce « Les 3 soeurs », la fragile union fraternelle entre les 3 soeurs et leur frère, en désaccord sur le mariage et la gestion de la maison familiale (là encore) pèse sur leur quotidien. Entre mariage raté, ennui de la vie quotidienne, désespoirs amoureux (qui peuvent aller jusqu'au conflit meurtrier), « les 3 soeurs » traite aussi de ce mal de vivre.
Dans une critique de théâtre de la pièce « Vania d'après Oncle Vania » (sur www.aubalcon.fr) j'ai trouvé cette référence à une lettre de Gorki à Tchekhov que j'ai trouvée très juste et qui peut s'appliquer aux 2 oeuvres évoquées dans cette critique : « Je me suis mis à trembler devant votre talent, et à trembler de peur pour les gens, pour notre vie, misérable, incolore. Quel drôle de coup – et comme il est précis – vous avez frappé là ».
De là à dire que ces pièces restent d'actualité, il y a un pas certain ; mais des metteurs en scène contemporains ont su adapter l'oeuvre de Tchekhov pour qu'elle reste vivante (comme Simon Stone avec « Les Trois soeurs d'après Tchekhov », 2017).
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Bruno_Cm
  25 juin 2019
Tchékhov reste pour moi, encore cette fois, plutôt une déception. Rien de très enlevé. Rien de fou. Rien qui me fasse tressaillir. Je suis resté et reste et suis à quelque pas de/à côté.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   03 juin 2012
Ah ! Où est-il, où est-il parti, tout mon passé, quand j'étais jeune, gai, intelligent, quand mes rêves et mes pensées touchaient à tout ce qui est beau et élevé, quand mon présent et mon avenir étaient éclairés d'espoir ? Pourquoi, à peine commence-t-on à vivre, est-on déjà ennuyeux, terne, inintéressant, paresseux, indifférent, bon à rien et malheureux, pourquoi... Cette ville existe depuis deux cents ans, il y a cent mille habitants, et pas un seul qui ne soit pareil aux autres, pas un enthousiaste, ni dans le passé, ni dans le présent, pas un savant, pas un artiste, personne qui se distingue un tant soit peu, un homme qui susciterait l'envie ou le désir passionné de l'imiter... Chacun ne fait que manger, boire, dormir et, pour ne pas s'abrutir d'ennui, ils agrémentent leur vie de ragots dégoûtants, de vodka, de cartes, de chicane et les femmes trompent leurs maris, et les maris font hypocritement semblant de ne rien voir, de ne rien entendre, et cette influence répugnante et irrésistible pèse sur les enfants, étouffe en eux l'étincelle divine et ils deviennent, à leur tour, des cadavres semblables les uns aux autres et aussi pitoyables que leurs pères et mères...
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Nastasia-BNastasia-B   21 décembre 2012
TOUZENBACH : Dans un million d'années la vie restera telle qu'elle a été. La vie ne change pas, elle est constante, suivant ses propres lois, desquelles nous ne pouvons pas nous mêler ou, du moins, que vous ne connaîtrez jamais. Les oiseaux migrateurs, les grues par exemple, volent, volent, et que les pensées qui les pensées qui les traversent soient élevées ou vulgaires, elles voleront toujours, sans jamais savoir pourquoi ni vers où. Elles volent et elles voleront, quels que soient les philosophes qui se seraient nichés parmi elles : qu'ils fassent de la philosophie à leur aise, pourvu qu'elles volent...
MACHA : Mais quel est le sens de tout ça ?
TOUZENBACH : Le sens... Voyez, la neige tombe. Quel sens cela a-t-il ?
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Nastasia-BNastasia-B   06 juin 2012
Je crois qu'il n'existe pas et ne peut exister une ville assez grise et morne pour qu'un homme intelligent et cultivé n'y soit nécessaire. Admettons que parmi les cent mille habitants de cette ville, arriérée et grossière, bien sûr, il n'y ait que trois personnes comme vous. Il est évident que vous n'aurez jamais raison de cette masse obscure qui vous entoure. Tout au long de votre vie, vous serez obligés de céder petit à petit, vous allez vous perdre dans cette immense foule, la vie vous accablera, et pourtant vous ne disparaîtrez pas, vous ne resterez pas sans influence. Après vous, on en trouvera peut-être six de votre espèce, puis douze, et ainsi de suite, jusqu'au jour, où, à la fin, la majorité vous ressemblera.
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Nastasia-BNastasia-B   26 août 2012
Je me suis assis... J'ai fermé les yeux - comme ça - et je pense : Ceux qui vivront cent, deux cents ans après nous — et pour qui nous déblayons maintenant le chemin — se souviendront-ils seulement de nous ?

(Oncle Vania)
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Nastasia-BNastasia-B   05 juin 2012
IRINA : Nous nous rencontrerons un jour.
FÉDOTIK : Dans dix ou quinze ans ? Alors, nous aurons même de la peine à nous reconnaître, on se dira bonjour froidement... (Il prend une photo.) Ne bougez pas... Une dernière encore.
(...)
TOUZENBACH : Si Dieu le veut, on se reverra. Mais écrivez-nous. Sans faute !
RODÉ : Adieu, les arbres ! (Il crie :) Ho-ho ! (Un temps.) Adieu, l'écho !
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Célia Houdart Villa Crimée éditions P.O.L : où Célia Houdart tente de dire comment et de quoi est composé son nouveau livre Villa Crimée, et où il est question notamment d'un ensemble construit par Sarah Bitter au 168 rue Crimée, à Paris 19e, de logements sociaux et d'ateliers d'artiste, d'architecture et d'écriture, de 212 fenêtres et de 212 fragments, de cuivre et de pavés, de couverture et d'ouvertures, de "La Vie mode d?emploi" et d'"Espèces d'espace", de Geroges Perec, d'admiration et des merveilles du monde, à l?occasion de la parution aux éditions P.O.L de "Villa Crimée", à Paris le 23 octobre 2018 "Un îlot en chantier, un labyrinthe de traits sur un plan d?architecte, un toit-manteau de cuivre gold. Un couple qui dort à la belle étoile sur une loggia, le piano d?Anton Tchekhov dans sa Datcha Blanche. Série de visions, de fictions. Fenêtres sur cour et vies rêvées, en même temps que coups de sonde dans le passé d?un quartier parisien"
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Le clafoutis de Tchekhov

Je m'appelle .............?..........." je suis un jeune homme de dix-sept ans, laid, maladif et timide", je passe mes étés dans la "maison de campagne des Choumikhine", et je m'y ennuie.

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