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Patrice Pavis (Éditeur scientifique)Bruno Sermonne (Autre)Tonia Galievsky (Autre)
ISBN : 2253039926
Éditeur : Le Livre de Poche (01/10/1986)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 281 notes)
Résumé :
L'hiver à la campagne, le thé à sept heures du matin, les soirées interminables, le dégoût des autres et surtout de soi-même...

L'ennui est là, comme une espèce de boue gluante dans laquelle on s'enlise, comme des sables mouvants qui les engloutiront tous, Vania, Sonia, Astrov...


Dans un dernier sursaut, ils sortent la tête, essaient de haïr, d'aimer, de tuer, de se tuer... Ils n'en ont plus la force, ni l'envie. Rien que de p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  23 mars 2014
Puis-je me permettre un conseil ? Si vous ne lisez qu'une pièce de Tchekhov, choisissez celle-ci. Vous ne serez pas déçu, ou si vous l'êtes, vous le serez de toutes les autres. Il s'agit chronologiquement de la cinquième de ses sept pièces longues et elle en constitue, selon moi, la quintessence.
Anton Tchekhov signe en effet un petit bijou avec cet Oncle Vania (diminutif d'Ivan, rien à voir avec un quelconque représentant en serviettes hygiéniques). Il a l'art de créer des ambiances, dans ses pièces, où tout semble voué au capotage.
Des gens contraints de vivre ensemble et qui ne peuvent pas se souffrir, certains qui en aiment d'autres sans qu'il y ait de réciprocité, des ambitions inassouvies, des attentes, des frustrations, bref, un cocktail détonnant pour planter le décor d'une bonne empoignade familiale !
Jugez plutôt : Vania déteste Sérébriakov, l'ex-mari de sa soeur défunte, mais il aime Eléna, la nouvelle épouse de celui-ci. Sonia, la fille de Sérébriakov aime le docteur Astov, qui lui aussi aime Eléna, qui elle n'aime personne, tout comme son mari Sérébriakov d'ailleurs.
Une véritable orfèvrerie de situation pourrie où les protagonistes ont ruminé de longue date leurs frustrations respectives. Ajoutez là-dessus le sel d'un tempérament bien trempé, ironique, caustique, sarcastique tel que celui de l'oncle Vania, le tout doublé d'une sérieuse tendance à démarrer au quart de tour et vous aurez une petite idée de l'ambiance de plomb qui règne dans cette maison de campagne.
Hormis ce décor relationnel, Tchekhov peaufine aussi la patine historique de ses personnages ainsi que l'environnement géographique rural de cette pièce : Sérébriakov est un professeur à la retraite, surtout expert en glose, qui jouit d'une certaine célébrité et qui a toujours vécu en ville, loin des préoccupations matérielles. Mais étant retiré, et faute de moyens suffisants, il est venu s'installer avec sa jeune et jolie nouvelle femme Eléna dans la maison appartenant à sa première épouse décédée, une grosse ferme à la campagne.
Le domaine fonctionne depuis des lustres grâce à l'abnégation et l'énergie de Vania et de sa nièce Sophia, fille du professeur de son premier mariage. On apprend que depuis des années, le professeur tire ses revenus du travail de Sophia et Vania, lequel a ouvert récemment les yeux sur le talent douteux de Sérébriakov ainsi que sur Eléna, dont il est tombé follement amoureux.
À travers les yeux de Sophia et Vania, l'un et l'autre non désirés et pourtant méritants, Tchekhov nous peint un tableau touchant, tragique, bouché et sans issue, d'une existence ratée où il ne reste guère que le suicide ou l'abnégation. C'est donc un regard assez déprimant mais non dénué de vérité sur la condition humaine et son non-sens.
En outre, au-delà des frustrations et vitupérations de Vania, il me faut signaler l'autre personnage hyper intéressant de cette pièce, en la personne du docteur Astov. Si l'on se souvient que l'auteur était lui-même médecin, on comprend qu'il y a mis une certaine dose de sa propre personne.
J'en retiens surtout un étonnant discours écologiste et une vision du développement durable très en avance sur son époque. Ce n'est pas un motif nouveau chez lui, il l'avait déjà exprimé dans une pièce antérieure, le Sauvage (ou L'Homme Des Bois, selon les traductions). Ceci n'est probablement pas étranger au fait qu'Anton Tchekhov fit son fameux voyage à l'île de Sakhaline dans la même période où il remaniait sa pièce le Sauvage qui allait finalement aboutir à cette pièce, constatant au passage l'étendue de l'impact négatif de l'Homme sur la nature.
À plusieurs égards, cet Oncle Vania reprend, revisite ou annonce certains des éléments typiques du " style " Tchékhov, comme on peut le retrouver dans ses autres pièces, mais avec une légère préférence quant à moi pour cette version de son style, un peu moins intellectuel ou oscarwildesque, un peu plus " à la bonne franquette ", quasi franchouillard, au sens de Michel Audiard j'entends.
Et sur ce point, je ne peux que féliciter le metteur en scène qui eut l'idée géniale de confier le rôle de Vania à Jean-Pierre Marielle (voir la couverture de l'édition du livre de poche) car, durant toute la lecture de la pièce, j'entendais sa voix dans les répliques et c'était un bonheur, souvent drôle et grotesque, caustique et cassant, tragique et touchant.
En somme, une pièce superbe, d'une fraîcheur et d'une efficacité redoutables ; du très grand Tchekhov, en tout cas c'est mon petit avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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palamede
  04 janvier 2017
Si Oncle Vania est une pièce très russe, sa modernité et son sujet lui donnent une forme d'universalité.
Quand le vieux professeur Sérébriakov se retire dans sa propriété à la campagne, accompagné de sa belle et jeune épouse, il y retrouve sa fille Sonia et Vania, son beau-frère, qui gèrent le domaine, secondés par la vieille nourrice Marina, et Éfim, un domestique. Il y rencontre aussi Téléguine, un propriétaire ruiné et Astrov, un médecin écologiste.
Une arrivée qui va troubler tout ce petit monde et engendrer des remises en cause existentielles. Car dans ce huis clos familial, amour, amitié et désir contrariés font naître des frustrations qui conduisent les personnages à l'autodestruction, même s'ils croient à leurs rêves et ne se résignent pas.
Tchekhov peint une bourgeoisie mi-campagnarde, mi-intellectuelle en train de sombrer, incapable qu'elle est d'évoluer. Une peinture d'une humanité en crise qui nous touche, car elle est un constat d'échec, elle montre des hommes qui savent avoir raté leur vie, mais ne peuvent la quitter. Remarquable.
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pdemweb1
  24 décembre 2015
Avec une table et deux chaises, Anton Thekhov livre un drame inextricable.
Avec de simples dialogues, l’auteur raconte l’origine de l’histoire, le paroxysme de la crise et son issue.
Anton Thekhov donne peu d’éléments scéniques ; il offre beaucoup de liberté au metteur en scène et aux acteurs.
Je découvre Tchekhov, et les situations de frustrations pour ses personnages m’ont plu.
La pièce a encore un coin obscur : Quel est le rôle de Ilia IlitchTéléguine, propriétaire foncier ruiné ?
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michfred
  26 avril 2015
Comme le samovar qui mijote toujours au coin de la cuisinière de Marina, les haines recuites, les rancunes tenaces, les frustrations délétères des personnages d'Oncle Vania mijotent doucement dans l'isba d'été de cette famille de la bourgeoisie russe, guettée par la déchéance, minée par les dettes et l'oisiveté contrainte ou naturelle de ses membres...
Sérébriakov, un faux savant et un vrai tyran, les tient tous sous sa houlette faite de caprices et d'égoïsme. Sa (trop) jeune femme, Eléna, se languit d'ennui et bovaryse à loisir, aimée par son beau-frère, l'Oncle Vania, éponyme de la pièce, qu'elle déteste, et par le sémillant médecin de famille, Astrov, qui a l'heur de lui plaire...si tant est que cette jeune personne vaine et narcissique puisse aimer quelqu'un...
Il y a aussi la pauvre Sonia, fille d'un premier mariage de Sérébriakov, empathique, douce, diligente, amoureuse en secret du séduisant docteur, mais laide, si laide...
Devant le spectre du déclassement social qui menace, Vania et Sonia , les parents pauvres, déploient de touchants efforts d'organisation, de gestion,, font et refont les comptes...travail bénévole et exploitation honteuse... Mais ne sont-ils pas "nourris" et "logés"? On le leur rappelle , s'ils s'insurgent..
Sérébriakov et Eléna, deux "pivots" égocentriques faits de fausse gloire et de faux-semblants, autour desquels gravitent en tournant sur soi comme des planètes folles des êtres perdus ou cyniques,ou comme le docteur, déjà happés par d'autres gravitations ( la médecine, la ville...)- en tous les cas des êtres malheureux.
En somme, un huis-clos de fin de saison, de fin de classe (sociale).
Qui saura saisir la dernière chance d' échapper au destin broyeur qui fait déjà crisser ses dents? ...
"Oncle Vania", c'est toute la mélancolie de l'âme russe...
On se prend à attendre , comme les personnages - tous passablement ivrognes- une bonne rasade de vodka pour oublier ou pour éviter de se tirer une balle dans la tête à la roulette russe...
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Allantvers
  17 mai 2019
J'ai beau manquer grandement de culture et en matière de théâtre, et en littérature russe, le moment que je viens de passer sur la scène de Tchekov me laissent l'impression d'avoir eu en main un sacré monument du genre.
Cela ne peut être en effet que le signe d'un talent singulier que le fait de savoir transmettre au lecteur des perceptions très vives avec une telle économie de moyens : les mots sont simples et l'intrigue plus qu'épurée, et pourtant on ressent très vite à la lecture et de manière croissante une tension, une atmosphère qui s'épaissit par une accumulation d'amertume et de frustration qui met presque mal à l'aise. Tout le monde souffre dans cette pièce, d'une souffrance existentielle qui rend violent, apathique ou empêche d'aimer : l'un à cause de la mort qui approche, l'autre à cause de la vie qui s'enfuit devant lui, l'une parce qu'elle est laide, l'autre parce qu'elle est belle.
J'ai eu le coup de foudre pour Astrov, médecin amoureux déçu de la nature, de la nature humaine et d'une femme, irrésistible quand il boit; un personnage magnifié par cette atmosphère délétère et mélancolique.
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
SirennaSirenna   31 octobre 2015
Astrov
-Baste ! me voilà dégrisé. Vous voyez, je suis sobre, et je le resterai jusqu’à la fin de mes jours. (il consulte sa montre) Donc,je continue. Comme je vous l’ai dit : mon temps est fini ; il est trop tard pour moi...J’ai vieilli, je me suis surmené, je deviens vulgaire ; mes sentiments se sont émoussés,
et je me crois incapable d’un attachement quelconque... Je n’aime personne...et je ne pourrai plus aimer.Seule la beauté m’émeut encore. Elle seule ne me laisse pas indifférent.Il me semble que si Elena Andréevna en avait envie, elle pourrait me faire perdre la tête en un seul jour. Mais ce
ne serait pas de l’amour, ce ne serait pas un attachement...
Il tressaille et se cache les yeux de la main.
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Nastasia-BNastasia-B   28 novembre 2012
C'est étrange quand même !... On se connaît, et puis... brusquement, sans savoir pourquoi... on ne se revoit plus jamais ! C'est toujours comme ça, dans la vie !...
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Nastasia-BNastasia-B   26 septembre 2012
Tu as pris un flacon de morphine dans ma boîte à pharmacie. Écoute... si pour une raison quelconque tu as envie d'en finir avec toi-même... eh bien, va dans la forêt et fais-toi sauter la cervelle. Mais rends-moi ma morphine ! Sinon des bruits vont courir. On va me soupçonner. On va croire que c'est moi qui te l'ai donnée. C'est déjà suffisant de savoir qu'il faudra que je t'ouvre le corps pour l'autopsie... Tu crois que c'est drôle ?
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Nastasia-BNastasia-B   13 février 2013
Il me semble que vous devriez comprendre que ce qui perd le monde, ce ne sont pas les bandits, ni les guerres, mais les haines, les inimitiés, toutes ces petites querelles sordides...
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Nastasia-BNastasia-B   31 décembre 2012
Les forêts russes retentissent de coups de hache. Des milliards d'arbres périssent. Les tanières des bêtes sauvages, les nids des oiseaux se vident ! Les rivières s'ensablent et se dessèchent. Des paysages merveilleux disparaissent pour toujours, uniquement parce que l'homme paresseux n'a pas l'idée de se baisser et de ramasser le combustible à ses pieds !
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Videos de Anton Tchekhov (48) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anton Tchekhov
Célia Houdart Villa Crimée éditions P.O.L : où Célia Houdart tente de dire comment et de quoi est composé son nouveau livre Villa Crimée, et où il est question notamment d'un ensemble construit par Sarah Bitter au 168 rue Crimée, à Paris 19e, de logements sociaux et d'ateliers d'artiste, d'architecture et d'écriture, de 212 fenêtres et de 212 fragments, de cuivre et de pavés, de couverture et d'ouvertures, de "La Vie mode d?emploi" et d'"Espèces d'espace", de Geroges Perec, d'admiration et des merveilles du monde, à l?occasion de la parution aux éditions P.O.L de "Villa Crimée", à Paris le 23 octobre 2018 "Un îlot en chantier, un labyrinthe de traits sur un plan d?architecte, un toit-manteau de cuivre gold. Un couple qui dort à la belle étoile sur une loggia, le piano d?Anton Tchekhov dans sa Datcha Blanche. Série de visions, de fictions. Fenêtres sur cour et vies rêvées, en même temps que coups de sonde dans le passé d?un quartier parisien"
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Je m'appelle .............?..........." je suis un jeune homme de dix-sept ans, laid, maladif et timide", je passe mes étés dans la "maison de campagne des Choumikhine", et je m'y ennuie.

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