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André Markowicz (Traducteur)Françoise Morvan (Traducteur)
ISBN : 2742758488
Éditeur : Actes Sud (16/11/2005)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 8 notes)
Résumé :

De même que Tchekhov est l'auteur de nouvelles qui sont devenues les modèles du genre, il a composé des "petites" pièces qui, étudiées par tous les élèves des conservatoires et écoles de théâtre, sont parmi les plus grandes du répertoire mondial. Il les a écrites pour la plupart en 1888 et 1889, soit entre la première et la deuxième version d'lvanov, au moment où il s'interrog... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Nastasia-B
  28 janvier 2015
Les pièces en un acte d'Anton Tchékhov se répartissent pour trois d'entre elles en études dramatiques et pour six d'entre elles en farces. Il convient, je pense, de bien distinguer ces deux ensembles ; les premières étant, selon moi, de bonne voire très bonne qualité, et les secondes très moyennes à franchement mauvaises.
Les trois études dramatiques sont, dans l'ordre de cette édition : Sur La Grand-Route, le Chant du Cygne et Tatiana Répina. Les six farces étant : Des Méfaits du Tabac, L'Ours, La Demande En Mariage, le Tragédien Malgré Lui, La Noce et le Jubilé.
Sur La Grand-Route me semble être à la fois la plus ambitieuse et la plus intéressante de ces pièces en un acte. C'est en tout cas ma préférée et de très, très loin. On y perçoit une claire, nette et évidente annonciatrice et inspiratrice de la célèbre pièce de Maxime Gorki, Les Bas-Fonds.
C'est un théâtre rare pour Tchékhov. Lui qui nous a plutôt habitué à faire frayer ses drames parmi la petite aristocratie ou la bourgeoisie, il nous transporte cette fois-ci dans une taverne franchement mal famée et peu recommandable des bords de route où s'y croisent des pèlerines hors d'âge, des voyous patentés, des ivrognes de toute espèce, des vieillards à l'article de la mort, des voyageurs tombés en panne, etc.
La langue n'y est pas fleurie et les vies sont abîmées, frappées du sceau du destin. On y retrouve les mêmes appels messianiques que dans Les Bas-fonds, les mêmes hors-la-loi, les mêmes empoignades verbales qui peuvent à chaque instant devenir physiques. L'omniprésence de l'alcool, la précarité et la promiscuité.
Et, comme dans Les Bas-Fonds, on y rencontre un personnage surprenant, Bortsov, un ancien propriétaire foncier opulent, c'est-à-dire, un aristocrate, désormais ruiné, sali, mis plus bas que terre, plus mendiant que le dernier des mendiants, plus ivrogne que le dernier des ivrognes. Je vous laisse découvrir son histoire qui arrive même à attendrir les rudes gaillards de la taverne.
Le Chant du Cygne nous présente la grande remise en question d'un acteur âgé, sur le déclin, qui s'interroge sur son art et sur le sens qu'il a donné à sa vie durant toutes ses années de scène. Cette pièce fait écho, mais de façon plus faible, à La Mouette, où cette thématique est mieux développée.
Enfin, dernière étude dramatique, Tatiana Répina est une variation sur le thème du mariage orthodoxe. On assiste donc à une cérémonie en bonne et due forme, qui assomme tout le monde d'un puissant ennui et le décalage est donc réalisé par les voix et commérages en coulisses, sur les bancs de l'église, les remarques du marié à son témoin qui croule sous le poids de la couronne et... sur les murmures qui s'opèrent lorsqu'il semble à chacun que Tatiana Répina a fait son apparition à la cérémonie...
Viennent alors les six farces qui m'ont cordialement ennuyée sauf peut-être L'Ours, à un degré moindre.
Des Méfaits du Tabac est selon moi une pièce creuse où l'auteur n'a rien ou à peu près à nous dire, tout comme son protagoniste principal. C'est un monologue, un peu comme le Tragédien Malgré Lui, où un mari, complètement phagocyté par sa femme, tenancière d'un pensionnat-école de musique, est mandé par son épouse pour faire une énième conférence de bienfaisance. le brave factotum va donc s'exécuter, en ayant bien évidemment pas la moindre idée de ce dont il va pouvoir parler devant un auditoire qui, de toute façon, ne l'écoutera pas. Or, accablé par la férule de sa despotique épouse, il pète un câble et balance à l'assemblée les secrets du caractère de sa femme et de ses pitoyables relations avec elle. Bref, il parle de tout, sauf peut-être des méfaits du tabac...
L'Ours nous met en présence un créancier qui vient réclamer une somme d'argent à une jeune veuve. Cette dernière, plutôt prude et de belles manières, lui confesse qu'elle ne pourra recouvrer sa créance que dans quelques jours. Or, lui, a un besoin urgent de la somme aujourd'hui même. S'ensuit donc une empoignade verbale de toute beauté où fourmillent quelques belles répliques pour se finir d'une façon quelque peu inattendue.
Une Demande En Mariage surfe sur l'éternelle âpreté au gain et l'étroitesse d'esprit de ces propriétaires terriens que fustige souvent Tchékhov. Toujours est-il que toute la pièce est un crêpage de chignon sur des peccadilles, qui interdisent même au fiancé de formuler sa demande auprès de la jeune fille convoitée. Très faible intérêt selon moi.
Le Tragédien Malgré Lui, c'est encore pire, du gros, lourd et gras qui tache... Un quasi monologue où un citadin de la classe moyenne, qui vient passer son été en datcha à la campagne, égrène les mille misères que cette vie de villégiature lui cause auprès de son épouse tyrannique. On est au fond du trou de Tchékhov d'après moi.
La Noce, un peu à la manière d'Une Demande En Mariage, se prétend une caricature des classes moyennes qui veulent faire comme les " grands ", en mettre plein la vue, mais qui n'en ont ni les moyens ni les manières. le passage avec le capitaine de frégate, assez drôle au tout début, devient catastrophique et d'un lourdingue absolu vers la fin.
Le Jubilé nous transporte dans une banque où, là encore, Tchékhov s'en prend au vernis derrière lequel se cachent les personnages " respectables " et essaie de l'écailler. Mais c'est encore de la grosse mécanique redondante, pas drôle et qui ne présente pas beaucoup d'intérêt à mes yeux.
En conclusion, un recueil très inégal, qui vaut essentiellement pour Sur La Grand-Route, très intéressante si l'on souhaite comprendre l'ontogenèse des Bas-Fonds de Gorki. Pour le reste, vous pouvez sans doute passer votre route, mais ce n'est que mon avis, c'est-à-dire, vraiment pas grand-chose.
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Musardise
  17 mai 2018
Rien d'exceptionnel dans ces pièces en un acte auxquelles Tchekhov disait ne pas attacher grande importance, ce qui est probablement vrai - du moins en partie ; en effet, il avait à ménager quelques susceptibilités lorsqu'il faisait publier l'une d'entre elles par tel collaborateur plutôt que par tel autre. Reste qu'on sent bien qu'elles n'ont pas compté pour lui comme ce fut le cas pour sa tétralogie, loin de là.
André Marcowicz et Françoise Morvan, les traducteurs, on fait le choix de ne pas présenter dans le recueil les nouvelles qui ont inspiré une partie des pièces, craignant qu'elles révèlent la faiblesse des premières, à la lumière des secondes. Seules exceptions : la nouvelle La nuit avant le procès, publiée ici pour la bonne raison que la pièce ne fut jamais achevée et que la comparaison ne peut aller jusqu'au bout. C'est fort dommage, car voilà qui aurait tout de même permis aux lecteurs de suivre le cheminement littéraire de Tchekhov. Il nous faut donc vaquer ça et là de nous-mêmes si nous tenons à remonter aux origines.
Neuf pièces, donc. Trois "études dramatiques" et six "farces", qui, elles, relèvent en fait du vaudeville, et qu'on a donc agrémentées en fi de recueil d'une nouvelle et d'une pièce inachevée. Ces pièces ne sont pratiquement jouées qu'en Russie, et certaines des farces, notamment L'ours, valurent un succès énorme à Tchekhov de son vivant. En France, elles sont plutôt montées par des troupes amateures ou de toutes petites troupes professionnelles.
Les deux premières études dramatiques donnent le ton : c'est terriblement mélodramatique, particulièrement Sur la grand-route, qui tourne presque au grotesque à force de manque de finesse. Tatiana Répina, en revanche, vaut le détour pour son comique qui rend très bien l'ennui que peuvent subir les participants à une messe à laquelle ils ne comprennent goutte, car psalmodiée en vieux slavon, et interrompue par une fin des plus tragiques.
Je ne m'attarderai guère plus sur les farces. Pour la plupart, et même si je ne les juge pas excellentes, la simple lecture ne semble pas leur rendre justice, puisqu'une Babeliote connue pour sa longue et avisée pratique du théâtre (son pseudo commence par un B et se termine par un Y ; je dis ça, je dis rien) m'a dit avoir beaucoup ri en voyant L'ours et La demande en mariage, alors que je n'étais pas plus convaincue que ça sur papier. Je m'en remets donc à son jugement - on sait que le vaudeville perd facilement de sa verve à la lecture. Cela dit, je n'ai pas boudé mon plaisir avec Les méfaits du tabac, monologue d'un homme convié à tenir une conférence qui tourne au délire, puisqu'il va glisser peu à peu vers un règlement de comptes public avec sa femme. Les esprits chagrins trouveront sans doute que cette petite pièce, de mon point de vue ma foi assez comique, manque de finesse. Qu'ils aillent donc pleurnicher dans les tavernes mal famées où les boyards avinés attendent en vain le retour de leur femme !
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   05 février 2015
TIKHONE : Va-t'en !
BORTSOV : Tu ne me comprends pas… Comprends donc, gros rustre, s'il y a ne serait-ce qu'un grain de cervelle dans ta tête de pioche de moujik, ce n'est pas moi qui réclame, c'est mon dedans, pour parler dans ta langue à toi, en moujik, qui réclame ! C'est ma maladie qui réclame ! Comprends !
TIKHONE : J'ai rien à comprendre… Dehors !
BORTSOV : Mais si je ne bois pas tout de suite, comprends-le, ça, si je n'assouvis pas ma passion, je suis capable de commettre un crime. Dieu sait ce que je suis capable de faire ! Dans ta vie d'aubergiste, tu en as vue, goujat, des ivrognes, et tu n'as toujours pas réussi à comprendre ce que c'étaient, ces gens-là ? Des malades ! Mets-les aux fers, bats-les, découpe-les, mais donne-leur de la vodka ! Écoute, je te le demande humblement ! Fais-moi cette grâce ! Je m'abaisse ! Mon Dieu, ce que je m'abaisse !
TIKHONE : Donne de l'argent, t'auras de la vodka.
BORTSOV : Où tu veux que je le prenne, l'argent ? J'ai tout bu ! Tout, jusqu'à la lie ! Qu'est-ce que je peux te donner ? Il me reste, tiens, ce manteau, voilà tout, mais, le donner, je ne peux pas… Je n'ai que ma peau nue en dessous. Tu veux la chapka ?

SUR LA GRAND-ROUTE, Scène 1.
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Nastasia-BNastasia-B   11 février 2015
JIGALOV : On remet ça ? Pour boire, y a pas d'heure. Le tout, Kharlampy Spiridonovitch, c'est de garder le cap… Bois tant que t'es cap' mais garde le cap… Mais pour ce qui est de boire, pourquoi on boirait pas ? Boire, on peut… À la bonne vôtre ! (Ils boivent.) Et des tigres, vous en avez, en Grèce ?
DYMBA : On z'en a.
JIGALOV : Et des lions ?
DYMBA : Des lions aussi, on z'en a. C'est en Russie qu'y z'y a rien, en Grèce, y z'y a tout. Là-bas, z'ai aussi le papa, le tonton et les frères, et, ici, z'ai rien du tout.
JIGALOV : Hum. Et des cachalot, en Grèce, vous en avez ?
DYMBA : Y z'y a tout.
NASTASSIA TIMOFÉÏEVNA : À quoi ça sert de manger et de boire pour rien ? Il serait temps de passer à table. Tripote pas le homard avec ta fourchette… Ça, c'est spécialement pour le général. Si ça se trouve, il peut encore venir…
JIGALOV : Et des homards, en Grèce, vous en avez ?
DYMBA : On z'a… Y z'y a tout, là-bas.
JIGALOV : Hum… Et des registrateurs de collège, vous en avez ?
ZMÉÏOUKINA : J'imagine quelle atmosphère il doit y avoir en Grèce !
JIGALOV : Et des arnaques aussi, je parie qu'y en a plein. Les Grecs, pas vrai, c'est comme les Arméniens et les Tziganes. Ça vous vend une éponge ou un poisson rouge, et ça ne pense qu'à vous plumer. On remet ça ?

LA NOCE.
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Nastasia-BNastasia-B   25 décembre 2014
POPOVA : Monsieur, dans ma solitude, j'ai depuis longtemps oublié le son de la voix humaine, et je ne supporte pas les cris. Je vous le demande instamment, veuillez ne pas troubler mon repos !
SMIRNOV : Donnez-moi mon argent et je m'en vais.
POPOVA : Ce n'est pas en chinois que je vous l'ai dit : je n'ai pas d'argent disponible en ce moment, attendez jusqu'à après-demain.
SMIRNOV : Moi non plus, ce n'est pas en chinois que j'ai eu l'honneur de vous le dire : l'argent, je n'en ai pas besoin après-demain, mais aujourd'hui. Si vous ne me payez pas aujourd'hui, demain je serai obligé de me pendre. [...] Comment voulez-vous qu'on vous parle ? En français, peut-être ? [...] Comme je suis heureux que vous ne me rendiez pas mon argent... Ah ! pardon de vous avoir dérangée ! Quel temps magnifique aujourd'hui. Et, ce grand deuil, comme il vous sied !

L'OURS, VIII.
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Nastasia-BNastasia-B   24 janvier 2015
KOUZMA : Tous les jours, on marie, on baptise, on enterre, et ça change rien à rien…
LE SACRISTAIN : Mais qu'est-ce que tu voudrais, au juste ?
KOUZMA : Rien… Comme ça… Ça sert à rien. Ils chantent, ils encensent, ils lisent, Dieu, Il entend toujours pas. Quarante ans ça fait que je travaille ici, jamais c'est arrivé qu'Il entende, Dieu… Où Il est même, Dieu, j'en sais rien… Ça sert à rien…
LE SACRISTAIN : Mmouais… Philosophez… vous en deviendrez chèvre. À la revoyure !
KOUZMA : Ce midi, on a enterré un monsieur, là, on vient de faire un mariage, demain matin, on a un baptême. Et ça n'arrête pas. À qui ça sert ? À personne… Comme ça, pour rien.

TATIANA RÉPINA.
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Nastasia-BNastasia-B   05 février 2015
MÉRIK : Ils vous inventent plein de machines et de remèdes, et y a pas encore un gars assez malin pour inventer un remède contre la femme… Ils cherchent comment guérir toutes les maladies, mais ce qu'ils voient pas, c'est que, la race des femmes, elle en tue plus que toutes les maladies… Elles sont sournoises, âpres au gain, sans pitié, sans rien dans la tête… La belle-mère harcèle la belle-fille, la belle-fille essaie d'entourlouper le mari… Et ça n'en finit pas…
TIKHONE : Les bonnes femmes, elles lui en ont fait voir, maintenant, il y va à la hache.

SUR LA GRAND-ROUTE, Scène 3.
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