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ISBN : 2080722964
Éditeur : Flammarion (25/10/2006)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Un jeune homme entreprend de faire une demande en mariage qui tourne au pugilat. Un propriétaire terrien, ours mal léché, vient réclamer de l'argent à une veuve résolue à rester fidèle à la mémoire de son mari. Un conférencier chargé de développer devant une assemblée de province les méfaits du tabac raconte en fait les déboires de sa vie conjugale. Trois pièces en un acte portant un regard terriblement moqueur sur le mariage, l'amour et la solitude dans la Russie d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Nastasia-B
  07 septembre 2015
Ce mini recueil regroupe trois pièces en un acte : Une Demande En Mariage, L'Ours et Les Méfaits du Tabac. Ces trois pièces ont en commun, hormis leur brièveté, d'être à tendance comique et centrée sur les misères de la vie conjugale, que ce soit avant même la demande ou bien des années après.
Les hommes et les femmes semblent condamnés à se plaire de prime abord et à ne pas se convenir par la suite, et cela sur toute la ligne tant les abysses qui séparent les visions féminines et masculines des choses paraissent à jamais inconciliables.
L'autre point commun de ces trois pièces est que le protagoniste principal vient avec l'idée et le but de faire quelque chose de précis, ce quelque chose n'étant finalement jamais réalisé.
Cette édition est très bien faite avec un bon petit dossier, principalement à l'adresse des lycéens, mais même pour les autres, cela ne fait pas de mal.
1) UNE DEMANDE EN MARIAGE est une grosse et grasse farce épaisse, avec une mécanique comique lourde, insistante et redondante, qui, vous l'aurez remarqué, ne brille pas selon moi par sa subtilité ni une quelconque forme de finesse.
Lomov, un rural trentenaire vient faire sa demande en mariage à son voisin Tchouboukov, père d'une certaine Natalia. Anton Tchékhov fustige l'âpreté au gain et l'étroitesse d'esprit de ces propriétaires terriens. Toujours est-il que toute la pièce est un crêpage de chignon sur des peccadilles, qui interdisent même à Lomov de formuler sa demande auprès de Natalia.
Bon, sans mentir, je n'ai pas du tout aimé et heureusement que Tchékhov a su faire autre chose (et d'autre envergure) que cette petite pièce facile et bâclée.
2) L'OURS, sans être transcendante ni extrêmement différente, passe déjà un peu mieux et jouit d'un cortège de petites tirades savoureuses qui me la rendent plus digeste.
Un créancier, Smirnov, vient réclamer une somme d'argent à une jeune veuve, Mme Popova, éminemment droite et fidèle vis-à-vis de son défunt mari. Smirnov a un besoin urgent de la somme aujourd'hui même tandis que Mme Popova lui explique qu'elle ne pourra lui fournir l'argent que dans trois jour.
Smirnov est bien décidé à ne quitter la place qu'avec ses roubles en poche et Mme Popova s'offusque des manières de cet « ours ». S'en suit une mémorable prise de bec, qui tourne au duel et je vous laisse découvrir le fin mot de la fable…
3) LES MÉFAITS DU TABAC est une petite pièce monologue, où l'auteur nous offre une farce grinçante, sans prétention, mais pas extrêmement drôle non plus.
Un mari, Ivan ivanovitch Nioukhine, complètement phagocyté par sa femme, tenancière d'un pensionnat-école de musique, est mandé par son épouse pour faire une énième conférence de bienfaisance. Vous vous doutez que ce brave factotum de l'établissement de sa redoutable compagne n'a absolument aucune idée de ce dont il va parler et que son auditoire n'a, visiblement, pas non plus l'habitude de l'écouter.
Mais voilà, c'est peut-être la conférence de trop, accablé par la férule de son despote femelle, Nioukhine pète un câble et balance les secrets du caractère de sa femme et de ses pitoyables relations avec elle.
Bref, il parle de tout, sauf peut-être des méfaits du tabac...
Je pense que, dans l'ensemble, Anton Tchékhov a tenté de renouer avec une forme de comique ou de burlesque à la Nicolaï Gogol ; il est néanmoins clair qu'au vu de ces trois pièces-là en tout cas, c'est un plantage, car, quel que soit l'angle d'approche, c'est moins drôle, plus poussif et plus rébarbatif que son trublion de modèle. Tchékhov excelle dans un autre registre mais dans celui-ci, n'est pas Gogol qui veut.
Au demeurant, ce n'est bien sûr que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose. À vous de vous forger le vôtre.
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PiertyM
  27 juin 2014
Une demande en mariage
Une petite pièce de théâtre qui résonne comme le vrombissement d'un moteur. Ça crie, ça se tord, ça se déchire, c'est drôle, c'est léger, on s'emporte, on se reprend, on se dégonfle, allez top chrono, c'est le compteur à zéro, ça redémarre...disputes entre voisins...
C'est dans ce même climat que va se confirmer une demande de mariage, une drôle de demande pendant que l'un reste encore dans le brouillard en sortant d'une léthargie, l'autre crie déjà je le veux, et le père d'un ton burlesque crie au champagne...
Dans cette pièce, Anton Tchekhov nous fait jouer des personnages extrêmement vulgaires. On ne s'y plait pas pour le rire mais plutôt pour la surprise qui surgit à la m^me vitesse qu'elle est intervenue
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   02 novembre 2012
SMIRNOV : Madame, dans ma vie, j'ai vu bien plus de femmes que vous n'avez vu de moineaux ! Je me suis battu trois fois en duel pour des femmes ; j'ai quitté douze femmes ; neuf autres m'ont lâché. Oui ! Il fut un temps où j'étais stupide ; j'étais sucré comme du miel, doux comme du lait d'amandes ; je me déroulais comme des perles ; je joignais les talons... J'aimais ; je souffrais ; je soupirais sous la lune ; je me liquéfiais ; je fondais ; je devenais glacé... J'aimais passionnément, avec rage, de toutes les manières, que le diable m'emporte !... Je parlais comme une pie de l'émancipation des femmes ; les sentiments tendres m'ont coûté la moitié de ma fortune. Mais maintenant, votre humble serviteur ! maintenant, on ne me trompera pas ! Suffit ! Yeux noirs, yeux passionnés, lèvres rouges, fossettes aux joues, lune, " murmure, respiration craintive ", pour tout cela, madame, je ne donnerai pas désormais un rouge liard ! Exception pour les personnes présentes, mais toutes les femmes, petites ou grandes, sont des mijaurées, des maniérées, des cancanières, haineuses, menteuses jusqu'à la moelle des os, frivoles, mesquines, sans pitié, d'une logique révoltante et, en ce qui concerne cela, pardonnez ma sincérité : un quelconque moineau peut rendre des points à une philosophe en jupons !
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Nastasia-BNastasia-B   01 novembre 2012
MME POPOVA : Monsieur, dans ma solitude je me suis depuis longtemps déshabituée de la voix humaine et je ne supporte pas les cris ; je vous prie instamment de ne pas troubler mon repos.
SMIRNOV : Donnez-moi mon argent et je partirai.
MME POPOVA : Je vous ai dit, en langue russe, que je n'en avais pas de disponible pour l'instant ; attendez jusqu'après-demain.
SMIRNOV : J'ai eu aussi l'honneur de vous dire, en langue russe, que j'avais besoin d'argent aujourd'hui, et pas après-demain ; si vous ne me payez pas aujourd'hui, demain je serai obligé de me pendre. [...] Comment voulez-vous qu'on vous parle ? En français ? [...] Comme je suis heureux que vous ne me rendiez pas mon argent... Ah ! pardon de vous avoir dérangée ! Quel temps magnifique aujourd'hui. Et ce deuil vous va si bien !

L'OURS.
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Nastasia-BNastasia-B   31 octobre 2012
Regardez une créature poétique ; c'est de la mousseline, de l'éther, une demi-déesse, un million d'enchantements ; mais jetez un coup d’œil dans son âme... c'est un crocodile ordinaire !
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Nastasia-BNastasia-B   30 octobre 2012
MME POPOVA : Parce que vous avez de bons poings et un gosier de bœuf, vous croyez que je vous crains ? Quel butor vous êtes !

L'OURS.
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Vidéo de Anton Tchekhov
Célia Houdart Villa Crimée éditions P.O.L : où Célia Houdart tente de dire comment et de quoi est composé son nouveau livre Villa Crimée, et où il est question notamment d'un ensemble construit par Sarah Bitter au 168 rue Crimée, à Paris 19e, de logements sociaux et d'ateliers d'artiste, d'architecture et d'écriture, de 212 fenêtres et de 212 fragments, de cuivre et de pavés, de couverture et d'ouvertures, de "La Vie mode d?emploi" et d'"Espèces d'espace", de Geroges Perec, d'admiration et des merveilles du monde, à l?occasion de la parution aux éditions P.O.L de "Villa Crimée", à Paris le 23 octobre 2018 "Un îlot en chantier, un labyrinthe de traits sur un plan d?architecte, un toit-manteau de cuivre gold. Un couple qui dort à la belle étoile sur une loggia, le piano d?Anton Tchekhov dans sa Datcha Blanche. Série de visions, de fictions. Fenêtres sur cour et vies rêvées, en même temps que coups de sonde dans le passé d?un quartier parisien"
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Le clafoutis de Tchekhov

Je m'appelle .............?..........." je suis un jeune homme de dix-sept ans, laid, maladif et timide", je passe mes étés dans la "maison de campagne des Choumikhine", et je m'y ennuie.

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