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ISBN : 2226314660
Éditeur : Albin Michel (28/01/2015)

Note moyenne : 4/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Depuis que son compagnon l'a quittée, Ria vit seule à Eel House, sa maison d'enfance du Suffolk, sur la côte sauvage du nord-est de l'Angleterre. Cette poétesse de quarante-trois ans s'est accommodée d'une vie d'ermite troublée par quelques rares voisins, méfiants de cette « étrangère » qui a longtemps vécu à Londres.

Une nuit, Ria aperçoit un homme nageant dans la rivière qui borde son jardin. Ben, vingt ans, a fui la guerre civile du Sri Lanka et tr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
traversay
  03 mars 2015
Après le magnifique Retour à Brixton Beach, le nageur est le deuxième roman de Roma Tearne traduit en français (il nous en reste deux à découvrir). Un peu en-dessous de son précédent, mais à peine, le nageur se goûte d'abord à travers les splendides descriptions de paysages du Suffolk, sa côte et ses marais, ses oiseaux et ses poissons, décrits par une artiste peintre, ce que Roma Tearne est également, ce n'est pas un hasard. Mais le récit est également riche en émotions, une symphonie en trois mouvements dont trois femmes sont les narratrices. Très différentes les unes des autres, elles se rejoignent par le drame qu'elles ont vécu : la perte d'un amant, d'un fils ou d'une mère. Roman sur le deuil et le chagrin, le nageur est aussi un livre sur l'attachement à la terre natale et l'exil, thème que l'auteure connait parfaitement puisqu'elle a émigré d Sri Lanka vers l'Angleterre durant son enfance. Roma Tearne nous montre deux pays en guerre, l'une est violente, en Asie, l'autre plus feutrée en occident, mais pas moins traumatisante, contre les "étrangers" et tous ceux qui peuvent ressembler de près ou de loin à des terroristes et tant pis pour les dommages collatéraux. Mais le nageur est d'abord une oeuvre intimiste où les sentiments refoulés s'expriment lors de tragédies. le fil rouge du livre, personnage faussement secondaire, est Eric, un homme qui a longtemps vécu, beaucoup aimé et souffert, et qui représente le symbole de la constance, de la bienveillance et de la compréhension. Au milieu du tumulte et des drames, il se dresse, plie mais ne rompt jamais et console. Derrière la tristesse qui irrigue tout le livre, il symbolise l'espoir et la résistance aux coups du sort de la vie. Superbe figure dans un monde ravagé par l'intolérance.
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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SZRAMOWO
  10 avril 2018
« Je commençais à comprendre que le monde ne correspondait pas à l'image que j'en avais » dit l'une des héroïnes du roman de Roma Tearne.
Roman à la fois sombre et lumineux, optimiste et désespéré, beau dans l'écriture et juste dans le ton.
Le sujet est en plein dans l'actualité.
Maria Robinson, 43 ans, poétesse qui a connu un succès d'estime et cherche à retrouver l'inspiration, vit à Eel House dans le Suffolk, ce comté paisible de l'East Anglia. Sa maison au bord d'une rivière, héritée de son oncle Clifford après la mort de ses parents, incite à l'observation de la nature et à l'introspection :
« le jardin était parfaitement silencieux, il n'y avait pas de lune ce soir-là quand je me penchai à la fenêtre pour humer le parfum des fleurs de jasmin fraîchement écloses. La rivière scintillait par intervalles mais, par cette nuit sans étoiles, il était impossible de distinguer l'eau de la végétation. Rien ne bougeait, on n'entendait aucun bruit. Je ressentis un petit pincement au coeur lorsque la cloche de l'église sonna une heure.»
Jack son frère cadet, un arriviste ambitieux, cherche à lui faire vendre pour qu'ils puissent se partager un argent nécessaire à assouvir ses ambitions politiques.
A la mort de leur père auquel elle était très attachée, elle s'éloigne de sa mère qui couve Jack à l'étouffer. Maria ressent très tôt la différence entre « eux » et « elle ».
Dès qu'elle en a l'occasion, elle se réfugie à la ferme de son oncle et chez Eric un ami de la famille chez lesquels elle trouve une résonnance à ses convictions humanistes et poétiques.
C'est cette différence dans la perception des choses et des personnes qui ressurgira des années plus tard.
Alors qu'autour d'Eel House des meurtres d'animaux, égorgés selon le rite Hallal, surviennent et que des cambriolages ayant pour objet des vols de documents d'identité se multiplient, Maria est amenée à rencontre Ben un jeune Tamoul, médecin, qui a fui le Sri Lanka pour éviter la conscription et une guerre sanglante.
Le roman se déroule en trois parties portées chacun par la voix d'une femme qui a un lien avec Ben.
Le contraste est violent entre cette relation qui s'appuie sur la recherche de la compréhension de l'autre et le refus par tous les autres personnages de l'empathie et de la compassion envers un étranger, quelle que soit son origine, son histoire et sa situation, seulement parce qu'il est étranger.
Le côté désespérant du roman réside dans cette opposition qui semble irréductible et tend à montre qu'il n'y a jamais ni gagnants ni perdants.
L'espoir, lui, vient de la capacité des humains à partager leurs chagrins, à bannir le mensonge, à lâcher prise comme dit Eric.
Un roman à lire absolument.
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kathel
  30 juillet 2015
Ria, la quarantaine, vit seule dans la maison dont elle a hérité, dans le Suffolk, une région de bords de mer et de marais. La jeune femme, qui a pour seule famille son frère avec lequel elle ne s'entend pas et ses insupportables neveux, est une poète reconnue. Elle a besoin pour travailler du calme de cette maison, que l'imagination, aidée par les mots de l'auteur, dessine très vite. Ria préserve sa tranquillité jusqu'au jour où elle aperçoit un homme, un tout jeune homme, nager dans le bras de rivière qui borde son jardin. Ce nageur la trouble. Une rencontre et des sentiments naissent entre l'écrivain et le demandeur d'asile. Ceci n'est que le début de la première partie d'un roman qui en compte trois, avec un drame central et des sauts spatiaux et temporels.
J'ai beaucoup aimé ce roman sensible, subtil et émouvant, sur la rencontre des cultures, sur la difficulté de vivre dans un autre monde que celui où on est né, sur le chagrin et la douleur, sur les façons de surmonter les épreuves… Ces thèmes sont entrelacés avec la présence de la nature, une présence forte et pesant sur les destins.
La fin m'a tiré des larmes, ce qui ne m'arrive pas souvent, et que ne comprendront que ceux qui le liront. Étonnant que ce roman écrit par une anglaise dont la famille est venue du Sri Lanka, n'ait pas davantage fait parler de lui, il mérite qu'on s'y intéresse, et j'ai bien l'intention de lire aussi le premier roman de Roma Tearne, Retour à Brixton Beach.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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helvetius
  10 octobre 2017
Malgré un style agréable à lire et une histoire touchante, je dois avouer que j'ai été peu touché par cette lecture. Roma Tearne nous offre avec le nageur un récit poignant et percutant d'actualités mais j'ai fini par m'ennuyer un peu au milieu du roman car l'histoire d'Anula, aussi triste soit elle, n'a pas su me toucher autant que celle de Ria et Ben ou encore celle de Lydia.
Le style de Roma est beau, poétique et elle a su me confiner dans un cocon lors de la première partie du récit. C'est justement lorsque cette bulle éclate avec le drame qui touche Ria que j'ai commencé à décrocher de l'histoire. le récit d'Anula est extrêmement touchant, sa vie et tous les drames qu'elle a vécu ne peuvent pas laisser indifférent mais ses tergiversations vis à vis de sa relation avec Eric a fini par m'agacer et me laser. J'ai fini par retrouver un intérêt à la lecture lorsque le récit de Lydia commence...
Roma Tearne nous permet ici de nous poser des questions sur l'immigration et l'émigration, du mal du pays, de la difficulté à quitter ses proches et à chercher à s'adapter et s'intégrer dans un pays totalement étranger qui devient peu à peu hostile à toutes formes d'immigration. Si on passe au-delà de la romance du roman, Roma Tearne appuie vraiment sur un point d'actualité brûlant qui déclenche des polémiques tout les jours, Ben est un jeune homme, médecin, qui sait que sa vie est menacé dans son pays natal. Malgré l'amour qu'il porte à sa mère et à ses proches, il décide de tout tenter pour vivre librement dans un pays qui se dit civilisé et tolérant mais qui le mènera malheureusement à sa perte malgré de belles rencontres...Finalement, on peut se demander si Roma Tearne ne cherche pas à faire passer un message sous couvert d'une romance et d'un drame familial...
Je ne connaissais pas Roma Tearne, je remercie donc chaleureusement Babelio et Milady pour l'envoi de ce roman dans le cadre de masse critique, j'ai ainsi pu découvrir cette auteure qui a un style vraiment doux et poétique. Malgré un long passage qui m'a un peu ennuyée, cela ne m'empêchera pas de m'intéresser aux autres oeuvres de Roma Tearne car la vision du monde qu'elle offre dans ce récit a su me parler malgré tout...
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BellesLecturesLesGens
  12 octobre 2017
Je pense que l'on peut compter sur les doigts d'une main les livres que j'ai abandonnés et celui-ci en fait malheureusement partie. C'était peut-être juste une question de moment ou d'état d'esprit mais me forcer à lire est, me semble-t-il, très mauvais signe et surtout un perte de temps au vu des autres livres qui m'attendent ...
Et pourtant je l'attendais ce bouquin et depuis sa sortie en grand format ! Un thème qui m'emballait ...
J'ai lu 184 pages sur 380 et ce qui m'a posé problème est que je n'ai pas cru un seul instant à cette histoire entre Ria et Ben. Trop "emballé c'est pesé" à mon goût. L'impression de passer à côté de quelque chose, mais où était ce qqchose !!?
Et puis je vous avoue que Ria, me tapait tout de même un peu sur le système. Elle a peut-être eu une enfance difficile (son frère aussi d'ailleurs) mais cela n'excuse pas tout. Et pour en revenir à son frère, je déteste ce genre de personnage (et surtout ses idées), cela n'a évidemment pas aidé ;)
Bref, après cette première partie, j'ai tenté quelques pages de la deuxième et ... Pas mieux. J'ai donc arrêté les frais !
Tout ceci étant évidemment très subjectif et personnel. La plume est belle et le thème est d'actualité. C'est juste que ce n'était pas une lecture pour moi, à ce moment là. Et au vu des critiques, il plaira certainement à une grande majorité.
Merci Babelio et Milady éditions pour cet envoi, dans le cadre de Masse Critique.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
kathelkathel   30 juillet 2015
« Parfois, m’a expliqué la journaliste, quand les gens empruntent ces longs itinéraires impossibles, le voyage lui-même devient tellement incompréhensible que pour survivre et ne pas perdre la raison, ils se réinventent. Et ils pensent que leur véritable histoire est trop terrible pour être crue. »
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rkhettaouirkhettaoui   03 janvier 2018
À la mort de Clifford, je vivais encore avec Ant, j’espérais encore avoir un enfant, j’avais encore soif d’un semblant d’amour. Nous étions en train de faire le tour des services spécialisés dans le traitement de la stérilité, démarche aussi vaine que monotone. Ant avait commencé par faire des tests,puis ç’a été mon tour. Des mois de courbes de température interminables nous attendaient, mais à la fin, il m’a fallu admettre qu’aucune technologie au monde ne pouvait venir en aide à un vieil utérus. On m’a annoncé sans ménagement que les ovules refusaient de s’accrocher, sans plus d’explications. J’étais âgée de trente-huit ans et, selon toute apparence, frappée d’une stérilité inexplicable. Lorsque j’ai fini par comprendre, lorsque j’ai enfin prononcé le mot « stérile » à voix haute en me regardant dans le miroir, j’ai commencé à me rendre compte que le phénomène se répandait en Grande-Bretagne. Où que j’aille, je rencontrais des femmes dont l’utérus ne pouvait pas garder d’ovule fécondé. Nous étions partout : des filles dont le corps juvénile contredisait la vieillesse de nos organes.
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kathelkathel   30 juillet 2015
Alors, j’ai repris le chemin de l’est et de mon passé, pour revoir cet immense ciel d’aquarelle et le gris tendre des marais qui se mariaient si bien avec la mer. Et, avec un peu de chance, pour trouver la paix. J’étais une femme de quarante-trois ans, une poétesse dont l’oeuvre, même avant le départ d’Ant, explorait le sentiment vide : la couleur du néant, son odeur.
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luocineluocine   23 novembre 2015
L’obscurité qui régnait dans le camion avait aboli toute possibilité de penser à autre chose que respirer. Elle avait effacé jusqu’au souvenir de la peine qu’il avait éprouvée en apercevant le visage de sa mère pour la dernière fois ; et c’est ainsi qu’il avait voyagé, à travers des terres sans fin, avec le sentiment toujours plus fort de son insignifiance et de sa propre mortalité. Comme le nageur qu’il était, il s’était éloigné de la rive, encore et encore, jusqu’à ce qu’arrive le moment où il avait compris ce que l’on entendait par « point de non retour ».
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kathelkathel   30 juillet 2015
L’apparition du nageur, la veille, avait la consistance de ces rêves. Je me souviens d’une mosaïque vue autrefois au Musée archéologique de Naples. Elle aussi représentait un nageur. Les bras fins, légèrement levés, les hanches sveltes, la tête inclinée, il se penchait pour récupérer ses vêtements.
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