AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782021382624
336 pages
Éditeur : Seuil (01/03/2018)
3.58/5   19 notes
Résumé :
Au jour le jour, la vie dans la rue de trois personnages, deux hommes, une femme : la faim, le froid, la drogue et l'alcool. Les lieux de leur refuge sont les abords des superettes où ils font la manche. Les trois amis, dont l'esprit flotte entre oubli et rêverie d'un jour meilleur, errent dans la capitale à la recherche d'un chien perdu, un chow-chow, gros lion à la langue bleue, en espérant la belle récompense mentionnée sur l'annonce.
À travers l'odyssée... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
3,58

sur 19 notes
5
2 avis
4
8 avis
3
0 avis
2
0 avis
1
0 avis

La_Bibliotheque_de_Juju
  06 avril 2018
Pour son premier roman, Tom-Louis Teboul nous jette à la rue.
On suit les pérégrinations de 3 « habitants » de la rue.
Une vie de misère qui n'est pas dépourvue d'humanité. le quotidien de ses « clodos » est parsemé de joies futiles, de sentiments forts, de petites trahisons et de fortes émotions. Leur vie est la notre même si on préfère détourner le regard.
Le lecteur découvrira une sorte d'univers parallèle avec ses règles et ses codes de conduite. La loi de la rue. Un roman « instructif » car vrai.
C‘est crû. C'est réel. Pas édulcoré. Et c'est ce que j'ai aimé dans ce livre. On suit le quotidien de clochards. Des vrais.
J'ai été mal à l'aise de lire ça, au chaud sur mon canap, en buvant un bon thé. Mais n'est ce pas ce que l'auteur veut nous faire toucher du doigt ? Ce décalage, cette vie au-delà de la notre. Ces gens, en bas de chez moi, que je croise et que j'oublie aussitôt.
Tom-Louis Teboul m'a fait réfléchir. Il m'a montré du doigt là ou je n'aime pas regarder.
Ernst, Jul et Ilmiya danseront longtemps dans ma tête. Ainsi que leur quête du chien perdu …
Un premier roman qui claque fort, réaliste et sans clichés.
Juste.
Un roman juste, oui.

Lien : https://labibliothequedejuju..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1216
Adriatik
  06 juillet 2018
Décidément les belles surprises de l'année 2018 ont été nombreuses jusqu'ici pour moi.
Ce premier roman de Tom- Louis Teboul en fait partie.
Dans ce récit où la fiction fait écho à la réalité, l'auteur donne la parole aux sans-abris. (je précise que l'auteur a travaillé 5 ans pour écrire ce livre. Il connaît bien ce milieu mis en marge par la société.)
Dans le Paris de nos jours, Ilmya , Ernst et Jul, des compagnons d'infortune arpentent les rues, dorment sur les trottoirs et tentent de survivre. le froid, la drogue, l'alcool, l'indifférence des gens sont leur lot quotidien. Mais ces personnages avec leur caractère bien trempé sont vraiment attachants avec leur côté humain. On les suit dans leur vie de misère, on sent le froid qui ronge les os, on est ivre avec eux et on a même envie de rire parfois.

Vous l'avez sûrement compris, il n'y a pas de ton larmoyant dans ce livre. Il y a du burlesque, un langage crû, un ton vif, nerveux ,bref,un mélange d'ingrédients qui marche à merveille.
Avec ce roman, l'auteur réussit à nous faire regarder la réalité en face. ' L'humanité avançait, rapide, sans concession, et les plus faibles se désagrégeaient telle la chevelure d'une comète en traçant une éphémère route de poussière que l'on nomme trainée'.
Ironiser pou dire la vérité.
Rire pour ne pas pleurer.
Vies déposées' m' a rappelé un autre roman que j'avais beaucoup aimé ‘Les maraudeurs' de Tom Cooper pour les personnages décalés et son humour.
Merci Tom-Louis Teboul pour ce moment de lecture.
J'espère que votre livre connaîtra un public très large et qu'il aura beaucoup de succès.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          350
LettresItBe
  17 mars 2018
Après Marc Villard et Les biffins ou, dans une toute autre mesure, Zarca dans son Paname Underground, c'est au tour du jeune auteur Tom-Louis Teboul de s'emparer de la thématique des sans-abris et de la misère dans les rues de la Ville lumière. Un premier roman osé, qui s'empare d'un thème difficile à traiter en fiction sans tomber dans le facile pathos social culpabilisant. Qu'est-ce qui ressort de ces Vies déposées ? Lettres it be vous dit tout !

# La bande-annonce

Au jour le jour, la vie dans la rue de trois personnages, deux hommes, une femme : la faim, le froid, la drogue et l'alcool. Les lieux de leur refuge sont les abords des superettes où ils font la manche. Les trois amis, dont l'esprit flotte entre oubli et rêverie d'un jour meilleur, errent dans la capitale à la recherche d'un chien perdu, un chow-chow, gros lion à la langue bleue, en espérant la belle récompense mentionnée sur l'annonce.

À travers l'odyssée de ces existences désespérées, l'auteur a composé un portrait d'invisibles d'une grande force et d'une grande justesse, dévoilant de façon très romanesque la réalité sans fard d'un Paris méconnu et crépusculaire.

# L'avis de Lettres it be

Ayant vécu un peu plus de six années du côté du quartier de la Goutte-d'Or à Paris, toujours proche des thématiques relatives à la marginalité et la pauvreté, ce roman fait évidemment écho à l'existence et aux convictions de son auteur né en 1987. Tom-Louis Teboul a aussi été avocat avant de rejoindre le mouvement Emmaüs dès 2016. Une existence polarisée, un engagement assumé et qui se retrouve dans une plume assurée et réaliste (pour notre plus grand regret).

« Et Ernst retira avec grâce le sceau sécurisant de la bouteille de vin en plastique. Clic que ça faisait. Il but un coup. Devant ses gencives rouges, un sourire prit place, timide, laissant entrevoir les dents, l'absence de dents, qui, Ernst l'espérait, ferait mouche auprès des « petites Japonaises ». Il expliquait ça avec la conviction de l'homme soûl. »

Ces personnages qui attendent sans plus trop savoir quoi ni pourquoi, cette prostituée gracieuse qui se salit et se fait salir jour après jour pour pouvoir s'accorder sa dose quotidienne … Tom-Louis Teboul n'épargne rien, pas même les termes crus et explicites qui pourraient généralement passer pour de l'épate-bourgeoise dispensable. Ici, tout sonne juste, plein, crasseux mais toujours humain. Et dans ce méli-mélo de vies à ras-le-trottoir, impossible de ne pas saisir au vol la lumière qui émane de ces pages. L'espoir fraternise avec la misère, la pitié provisoire s'absente et laisse place au vacarme des misères silencieuses.

C'est En attendant Godot qui danserait un slow claudiquant avec Les clochards célestes de Kerouac. Tom-Louis Teboul investit la thématique de la rue avec un roman fort, qui éreinte tout au long de sa lecture. La langue y est saillante, crue, parfois même déroutante. le ton est vif, rapide, essoufflant. Là où Marc Villard dans son dernier roman Les biffins abordait cette réalité avec une retenue certaine, Teboul met les deux pieds dans le plat et ose, frappe. Ca sent le vin éventé à chaque page, ça pue le quai de métro au petit matin. Mais loin de sombrer dans le sensationnalisme bidon, le primo-romancier nous invite à baisser les yeux, le temps d'un livre, sur ceux que l'on ne voit plus, sur ceux dont on n'entend plus les complaintes pour une pièce dans les rames des métros. C'est brillant. Une grande réussite pour un succès à ne pas manquer en ce début d'année 2018.

Découvrez la chronique dans son intégralité sur Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
Agathethebook
  07 mai 2018
Aujourd'hui j'ai lu ce livre et je l'ai déposé sur ce banc.
Il n'étaient pas là à ce moment là , ceux qui y passent leur journée, sûrement à cause d'une averse passagère.
Comme Jul, Ernst et Ilmiya, les trois sans-abris du roman, ils errent de place en place, interrogent le ciel, fuient le froid de l'hiver, la pluie, la police, ou les autres qui comme eux, cherchent l'endroit le plus sûr, le plus tranquille, celui où ils pourront boire leurs bières en tendant la main. Tendre la main pour boire, boire pour tendre la main; fumer du crack pour vendre son corps, vendre son corps pour fumer du crack. Ces gestes sont leur unique horizon.
Ces vies déposées, comme l'auteur les appelle, se souviennent, douloureusement, du point de rupture, le jour où tout a basculé. Après 7 ans de prison, Jul n'avait plus de femme, plus de maison. Il ne s'est jamais réinséré, alors il s'est endormi devant le Franprix, à Paris. Parce qu'autant être clochard à Paris, Paris c'est la culture ! Dit-il. C'est là qu'il a rencontré Ernst, et Ilmiya. Ils sont bien parfois tous les trois, lorsque la bière et la drogue ne manquent pas, lorsque la réalité paraît moins crue. Un jour, une petite annonce leur donne un objectif: un petit chien, un chow-chow, s'est perdu dans le quartier. La propriétaire promet une belle récompense à celui qui le retrouvera... D'une écriture impeccable, Tom-Louis Teboul nous secoue : ils nous raconte les codes de ceux qui vivent à côté de nous.... pour que plus jamais vous ne regardiez ce banc de la même manière. Je ne donne jamais mes livres, et je ne donne pas souvent de l'argent non plus. Mais j'ai déposé ce livre là, car je suis sûre qu'Ernst adorerait le lire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          201
MadameTapioca
  09 mai 2018
Les voit-on encore ? Ne sont-ils pas devenus un peu invisible ? Est-ce qu'on ne finit pas par s'accommoder de la misère ?
Ernst, Jul et Ilmiya vivent dans la rue. Ils sont clochards (on dit SDF de nos jours comme si clochard était un gros mot).
2 hommes et 1 femme. Un trio de pro de la cloche.
Ce ne sont pas des novices de la rue, ils ont déjà une longue expérience de cette vie.
Ils sont déjà bien abimés. Ils font partie de la cohorte des damnés de notre société.
Mais attention, la rue c'est un métier.
Faut connaitre les bons endroits pour faire la manche, les lieux où dormir, les meilleurs spots pour se prostituer vite fait, pour se fournir en crack et en bière.
Avec eux, vous allez découvrir les embrasures de tous les Monoprix , Leader Price, Franprix de la capitale et les meilleurs coins de trottoirs ou parking pour poser votre carton.
Vous allez aussi connaitre le froid, la violence, l'alcool et l'ennui, l'ennui, l'ennui.
L'auteur nous décrit le quotidien de ces trois personnages, attachants, chacun dans leurs travers respectifs.
Le jour où notre trio tombe sur une petite annonce de recherche d'un chien perdu avec grosse récompense à la clef, ils s'engagent tous les trois dans une odyssée loufoque à travers Paris. Ce chien, cette récompense, c'est un ticket pour un avenir meilleur.
« Vies déposées » c'est une immersion dans la grande exclusion avec une écriture qui est un savant mélange d'oralité, d'expressions populaires et de belles phrases.
Un dosage parfait d'ironie, de burlesque et d'empathie qui nous fait assister à la lente désagrégation – pas si lente – des malchanceux, des clodos, des toxicos, des punks, des migrants, des fous, des prostitués.
Un livre où tout sonne juste, profondément réaliste mais, étrangement, pas larmoyant.
Je rajoute que j'ai vraiment apprécié que l'auteur mette une femme dans cette histoire. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à vivre dans la rue. Si notre société est violente, elle l'est encore plus avec les femmes. Ne l'oublions pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150

Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
AdriatikAdriatik   01 juillet 2018
La rom bougea les épaules pour trouver la position qui lui convenait le mieux. Elle souffrait un peu au niveau de son outil de travail, Ilmiya. Elle avait satisfait un homme .....mais ça avait valu le coup.Trente euros. Le commis du boucher l'avait prise dans le local, derrière l'entrepôt, là où les écritures comptables et les choses importantes se rangeaient. Inexpérimenté, il avait confondu le corps de la rom avec la viande qu'il vendait.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
AdriatikAdriatik   10 juillet 2018
Aux jeux de l'amour, l'humain ne pouvait faire semblant. A un moment ça pète. L'élastique casse.Plus personne ne parle.Certains s'en sortent. Les autres continuent, mettent des rustines pour recouvrir les failles.
Commenter  J’apprécie          220
MadameTapiocaMadameTapioca   08 mai 2018
- Jamais je ne réparerai de radio. C’est ma contribution pour que Marine ferme sa gueule.
Et quand il disait Marine, il disait tous les pourfendeurs de la solidarité. Il savait que les discours de haine fonctionnaient comme le cancer. Une fois le doute semé, la haine se démultipliait en de larges métastases dans toute la tête, puis l’on votait Le Pen sans se rendre compte de ce que ça voulait vraiment dire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
AdriatikAdriatik   03 juillet 2018
C'est quand même dommage que les morts aient tous les honneurs, râla Blondel qui trouvait que l'on s'occupait trop des défunts et que les vivants ne devenait importants qu'une fois qu'ils s'en allaient.
Commenter  J’apprécie          170
AdriatikAdriatik   03 juillet 2018
Il se souvenait de la mort du Dédé mais le caractère récent de la nouvelle l'empêchait d'y croire réellement. Le lendemain d'un décès, on y croit pas encore, c'est trop tôt, le mort est encore là.
Commenter  J’apprécie          110

autres livres classés : sdfVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
2573 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre

.. ..