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EAN : 9782226243010
464 pages
Éditeur : Albin Michel (22/08/2012)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 102 notes)
Résumé :
« J’ai été, un jour, un homme de convictions, volontaire et déterminé. Les autres venaient me consulter pour retrouver un ancrage solide quand leurs cœurs et leurs âmes vacillaient. Un jour... Aujourd’hui, c’est à l’urgence que je dois faire face. »
Au cours d’une longue nuit où il attend ses assassins, d’anciens frères d’armes, un homme raconte son histoire, celle d’une communauté recluse dans une vallée inaccessible de l’Inde, selon les préceptes d’un gouro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
mariech
  01 mars 2013
Je ne vais pas écrire une critique de ce livre mais simplement donner mes impressions .
C'est un livre coup de poing , qui m'a non ému , ce n'est pas le terme mais bouleversée , il y avait longtemps qu'un livre ne m'avait atteint comme ça , c'est une lecture dont je me souviendrai longtemps , un livre qui atteint son but , celui de nous faire réfléchir .
Depuis le personnage principal me hante , m'accompagne dans mes joies et mes douleurs , quelle merveilleuse histoire d'amour et horrible à la fois .
En le lisant , on se rend compte que la quête d'absolu , de monde merveilleux peut déraper vers la cruauté , la violence psychologique .
Ma critique n'est pas terrible mais j'espère avoir atteint mon but bien modeste de donner envie de le lire , rien ne me ferait le plus plaisir d'avoir des retours de ce livre qui m'a donné tant d'émotions .
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Sachenka
  06 avril 2020
Avant d'entamer la lecture de ce roman, La vallée des masques, je me suis assuré de ne rien lire à son sujet. Voyez-vous, un peu plus tôt cette année, j'avais lu un autre bouquin de l'auteur Tarun Tejpal et ce que j'en avais entendu avait à ce point élevé mes attentes que la déception était inévitable. On ne me la fera pas deux fois ! Eh bien, grand mal m'en a pris. Pourtant, le roman commence avec du mystère et de l'intrigue. Dans un bâtiment quelconque en Inde, un type attend que ses anciens camarades viennent l'assassiner. C'est le moment pour lui de se remémorer ce qui l'a conduit dans cette situation – en d'autres mots, à nous raconter son histoire. Et elle est sombre, trop pour moi. Je dois admettre que les histoires de gangs de rue et de sectes ne m'attirent pas du tout, tant dans les bouquins qu'à la télévision. Incidemment, ceux que ces histoires intéressent auront une opinion différente de la mienne. Ceci dit, avoir su dès le début que celle-ci était inspirée d'un fait réel, je l'aurais entrepris sous un angle différent, un peu comme un reportage ou un documentaire. Peut-être l'aurais-je un peu mieux apprécié ? Ou peut-être pas. J'ai trouvé pertinent en apprendre un peu sur la mécanique par laquelle la communauté se développe et recrute des membres. Toutefois, la quatrième de couverture mentionne une exploration de la société des hommes dans son ‘'inhumanité''. Oui, on y retrouve de la violence. Et comment la pauvreté, l'exclusion et le désespoir peuvent mener à des dérapages. C'est à ça qu'on faisait référence ? Pas besoin de se taper une brique (et plusieurs heures de lecture) pour comprendre cela, le bulletin-télé fait ce travail en quelques minutes. Pourquoi les auteurs indiens ne pondent-ils généralement que des pavés ? Quoiqu'il en soit, je me serais attendu à une plus grande réflexion philosophique mais, malheureusement, plus on avance, plus l'intrigue repose sur l'action. Cela ne semble pas avoir dérangé la critique, qui le porte aux nues. Beaucoup vantent les qualités de la plume de Tejpal, y trouvent même un je-ne-sais-quoi de poétique. Mon dédain pour ce genre d'histoires sombres m'a empêché de les remarquer. Tant pis. Tout ceci étant dit, je considère important que des livres comme La vallée des masques existent et soient lus. Mêmes romancés, ils dénoncent des situations d'abus, de maltraitance, de manipulation. Toutes les sectes proposent un esprit communautaire, répondent à un besoin de spiritualité inassouvi et ça entraine des dérives. C'est horrible, il faut y mettre un terme et tant mieux si des romans peuvent y contribuer.
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Luniver
  06 janvier 2019
Aum a compris le monde, Aum a réalisé que les hommes étaient bien trop égoïstes, avides de richesse et de pouvoir pour entendre son message, aussi Aum a emmené un petit groupe de fidèles au sommet d'une montagne, coupé de la corruption et de la saleté du monde, pour y développer une communauté de purs.
Karna est un des enfants de cette communauté. Toute sa vie est codifiée selon des règles bien précises ; on lui apprend à discipliner son corps et son esprit, et à extirper de son âme toute tentation de possession ou d'orgueil. Et cela va jusqu'à couper les liens familiaux (toutes les femmes doivent materner tous les enfants, sans montrer de préférence pour les « siens », et les pères n'existent pas vraiment, toutes les conceptions se faisant dans des genres d'orgie anonyme), ou à dissimuler tous les visages derrière un masque commun à tous, de manière à ce que personne ne puisse succomber à sa propre beauté ou en tirer profit dans ses relations avec autrui.
Nous voyons, en tant que lecteur, cette société soi-disant parfaite se fissurer de plus en plus, mais Karna n'a conscience de rien : il ignore, ou plutôt craint le doute, toutes les questions ont déjà été posées et toutes les réponses ont été données, il n'y a plus qu'à suivre le chemin tracé. le meurtre ? Les forts survivent, les faibles meurent, c'est la loi de la nature. le viol collectif ? Une épreuve pour accepter que le bien du groupe vaut plus que l'individu. La domination des hommes sur les femmes ? Une règle biologique bien établie. Les maîtres qui profitent de plaisirs interdits à la base des fidèles ? Chaque niveau de pureté possède ses propres règles. Même les conflits idéologiques fratricides et les purges qui s'ensuivent n'entameront pas sa conviction d'acier. Jusqu'à ce que des instincts plus « animaux » viennent (enfin) fissurer cette belle armure infranchissable…
Le roman est interpellant car finalement, Karna n'a jamais connu que sa communauté, et les buts de celle-ci, sur le papier, n'ont rien de répréhensible : l'individu au service de la collectivité, un idéal d'égalité, de frugalité, … beaucoup de choses que professent bon nombre de religions ou de philosophie. Peut-on réapprendre seul la compassion, la joie, le plaisir des arts quand on en a jamais eu d'exemples sous les yeux ?
Enfin, une citation d'Amin Maalouf m'a suivie tout le long de l'histoire : « La vertu devient morbide si elle n'est adoucie par quelques écarts, et la foi devient aisément cruelle si elle n'est atténuée par quelques doutes. » Quelle que soit la doctrine ou la discipline que vous voulez apprendre, si on punit vos écarts au lieu de vous les pardonner avec indulgence, un conseil, fuyez à toutes jambes !
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Cath36
  28 janvier 2013
Il y a des livres qu'on n'arrive pas à finir. Et il y a des livres que l'on n'aurait pas envie de finir mais qu'on ne parvient pas à quitter, et donc malheureusement que l'on finit, si vous voyez ce que je veux dire.... Je n'étais pourtant que moyennement attirée par ce nouveau livre de Tarun Tejpal. Un roman sur la secte Aum? Bof bof. Et puis j'ai suivi le conseil de ma petite voix intérieure qui m'a invitée à le lire. Et boum ! la révélation, l'enthousiasme ont surgi au fil des pages.
D'abord Tejpal est un très grand écrivain qui sait mener un récit, et à plus forts raison une fable. On est ici loin du style un peu journalistique de son premier roman "Loin de Chandigarh" ; "La vallée des masques" est un très grand texte, profond, magnifiquement écrit, et on est saisi, envoûté jusqu'au bout par le récit de cet ancien adepte qui attend sa mort des mains de ses anciens condisciples.
Tejpal sait admirablement nous faire passer progressivement de la fascination à l'effroi.
D'autre part, loin d'être une simple analyse du fonctionnement des sectes et de la dépersonnalisation de ceux qui en sont victimes, ce roman pose la question de notre responsabilité personnelle quant à notre propre vie, notre volonté (et donc liberté) de s'en remettre ou non à d'autres -guides imbus de leur vérité et de leur pouvoir sur les autres-
Ce roman dénonce également ces leurres que sont la volonté de maîtriser parfaitement la vie et la quête d'une pureté absolue, pureté aussi dure et tranchante que celle du diamant, et qui, au nom de sa lumière finit par faire beaucoup de morts en toute normalisation de la cruauté.
Ce qui est ici propre à la secte, est valable pour toute société, tout pouvoir politique ou religieux tyrannique et arbitraire. Rien ne peut remplacer la liberté de penser par nous-mêmes et c'est ce désir, avec le goût de la vie aussi imparfaite soit-elle qui va conduire le héros à sa mort -ou pas, car Tejpal finit son livre sur une fin ouverte en dépit de chances très minimes pour son héros de suvivre.
Ce livre, à l'écriture très musicale, est aussi un bel hommage à la musique, symbole de vie, de joie, de liberté et de bonheur, qui s'oppose à la rigueur des théories abstraites et froides. Bel hommage au doute qui doit "toujours alterner avec la foi comme la nuit et le jour", ce livre, en ces temps de fanatisme religieux et de dogmatismes intransigeants, est à mon avis un des meilleurs romans de l'année 2012.
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EclatDuSoleil
  19 septembre 2012
Je viens de fermer le livre, et je suis encore toute bouleversée par ma lecture... J'écris rarement immédiatement après avoir lu un livre, je me laisse toujours un peu de temps pour prendre du recul, et je le regrette parfois, parce que les impressions les plus vives ont commencé de s'atténuer... A chaud, c'est difficile de savoir par où commencer, mais je me jette à l'eau, pour être sûre de n'être influencée par aucune autre opinion sur ce livre, que j'ai acheté sur la seule foi du nom de son auteur. Je devrais même dire que je me suis précipitée, lorsque j'ai vu "Tejpal" dans les listes de la rentrée littéraire. le temps de dire "ouf", il était sur ma tablette, et je plongeais dedans...
Le temps d'une nuit, la dernière de sa vie, Karna, ou bien faut-il l'appeler X470, son patronyme de Wafadar, ces guerriers du groupe d'hommes auquel il appartenait, raconte sa vie. Celle d'un adepte, qui suivra toutes les étapes, ou presque, de l'initiation à la pureté prônée par le gourou Aum, qui voulait dans cette haute vallée de l'Himalaya créer un monde parfait. Mais qui dit pureté dit aussi purification... et la simple énonciation de ce mot ouvre la porte à des évocations que nul homme du XXIème siècle ne peut ignorer. La dernière étape à franchir pour devenir Grand Timonier, une appellation elle aussi très évocatrice, c'est justement de procéder à une purification, celle du Nid des Handicapés. Refuge isolé aux confins du territoire, Le Nid cache "toute la honte de la communauté", et l'un des Grands Timoniers, le porte parole du Père Bienveillant, a décidé qu'il fallait procéder à son élimination. Mais notre narrateur y découvrira un pan de son histoire personnelle qu'il était loin de soupçonner, et il fuira la communauté pour rejoindre "l'outre-monde", celui des hommes ordinaires et des passions viles selon Aum (dont toutes les critiques ne sont pas dénuées de sens), mais Karna y découvrira celui des sentiments et de la musique...
L'auteur le dit dans une courte vidéo, enregistrée lors de son passage à Paris en juin dernier et presque aussi poignante que son livre, l'histoire peut être lue comme une fable.
Mais, comme il le dit aussi, la trame en est complexe, et appelle mille réflexions sur la condition humaine et sur la société, sur la recherche d'un système parfait, sur l'embrigadement et la manipulation, sur les inévitables dérives que l'on peut constater dans les sectes comme dans les régimes totalitaires... et même dans ceux qui prétendent ne pas l'être... A l'heure où toutes les utopies sont mortes, démasquées sinon détruites, il est intéressant de se souvenir, avant d'imaginer un nouveau système "forcément" meilleur, de tout ce qui a lamentablement foiré dans les précédents, et que Tejpal met en lumière, directement ou indirectement.
J'aime particulièrement les dernières phrases du livre :
"Puisse-t-il faire germer en eux le seul état - s'il en existe un - qui dépasse en grandeur la musique ou l'amour. 
Le doute.
Puisse-t-il toujours alterner avec la foi comme la nuit et le jour."
Je pense que tout lecteur sera soupçonneux dès le début de l'histoire quant à  l'idéologie et aux règles de la communauté des "purs". Les actes que le narrateur est amené à commettre, mais surtout la manière dont la morale en vigueur en lave sa conscience, révulsent à maintes reprises. La manière dont les détenteurs du pouvoir imaginent imposer leur mode de vie au reste du monde fait rire jaune. Et s'il subsiste un quelconque doute sur le bien-fondé du fonctionnement de la communauté, la manière dont sont traitées les femmes ne peut que le détruire. J'ai grimacé, révoltée contre le contenu du livre et presque contre son auteur, peinant à concevoir qu'il ait pu salir sa plume à écrire certaines scènes... Mais c'est une femme qui ouvre les yeux du héros, révélateur et levier de son retournement, initiatrice du doute puis du cheminement vers la vérité cachée de la société qu'il prétend servir.
Et j'ai reconnu Tarun Tejpal, qui reste après ce nouvel opus mon auteur contemporain préféré, avec Erri de Luca peut-être. Je crois que je me sens plus proche de Tejpal, plus torturé, moins distancié même si je le trouve très lucide, effrayé par le chaos de ce monde et la difficulté d'y vivre tranquillement dès lors qu'on a quelques prétentions éthiques, toujours confiant cependant dans la capacité rédemptrice de l'amour... et au final toujours aussi amoureux des femmes :-)
J'avais beaucoup aimé Loin de Chandigarh, et je retrouve dans ce nouveau roman toute la quête de l'auteur sur le sens de la vie. Dans La Vallée des masques, c'est non seulement le cheminement de l'individu qui est questionné, mais aussi celui de la société, du vivre ensemble qui se porte si mal dans les sociétés occidentales, et sans doute en Inde aussi, même si l'auteur manifeste in fine beaucoup d'indulgence pour la manière dont vivent ses contemporains.
Loin des auto-fictions foireuses ou des biographies romancées que nous propose trop souvent la littérature française, une fois encore en cette rentrée littéraire (je vous ferai grâce de la longue liste de livres que je n'ai même pas envie d'ouvrir), Tejpal puise à la fois dans l'observation du monde et dans son imagination pour aboutir à un questionnement universel, au moins dans notre monde actuel. Je ne sais pas dire ce qu'il en restera dans le temps. Mais pour maintenant, il me semble que c'est à lire de toute urgence. Ce n'est pas sans douleur - certains passages sont d'une cruauté à peine soutenable pour moi - mais on s'y laisse cependant facilement embarquer : l'écriture est toujours aussi fluide, sensuelle, poétique parfois, ironique de temps en temps, un peu moins cette fois-ci, et en tous cas très accessible.
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critiques presse (3)
LesEchos   13 novembre 2012
Sensuel et précis, l'auteur […] prend manifestement plaisir à inventer un monde, à agréger les fantasmes en système. Le récit aurait sans doute gagné à plus de concision, mais on peut s'y laisser prendre comme à un piège.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Culturebox   16 octobre 2012
L’écrivain veut aussi montrer que « même les belles idées peuvent devenir des idées dangereuses ». Et c’est une des forces de son roman : dans une très belle langue, il décrit un monde d’une grande beauté, même s’il est constamment sous-tendu par une violence terrible.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress   17 août 2012
Tarun Tejpal signe là une parabole impitoyable sur l'inhumanité de la société des hommes, et dont la charge politique extrême ne peut laisser indifférent.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
babycomeback44babycomeback44   24 octobre 2013
Après avoir exposé les raisons d'écrire, l'auteur abordait dans ses grandes lignes la façon de procéder. Tant mieux si vous étiez doué d'éloquence, sinon, il fallait viser une prose simple, l'histoire étant toujours plus importante que la syntaxe. un don de conteur permettait de la commencer au milieu, par la fin, à n'importe quel point. faute de quoi, il n'y avait aucun mal à suivre la chronologie du début à la fin, en ligne droite comme les rails d'une voie ferrée. craigniez-vous d'ignorer trop de choses, y compris de votre propre contexte, pour être crédible? Le nom de l'arbre qui poussait devant chez vous, l'histoire de votre groupe social, la loi que vous aviez transgressée? il fallait alors vous renseigner, et si c'était impossible, évoquer l'arbre sans honte comme celui dont le nom vous restait inconnu. La plupart de vos lecteurs vous pardonneraient, à condition que vous ne mentiez pas. Chez les grands écrivains eux-mêmes, existaient de vastes plages d'ignorance. L'acte d'écrire était un art de la transmission, mais aussi de la découverte. Chaque histoire avait une âme parfaitement singulière. l'arbre, n'étant pas lui-même l'âme de votre récit, ne devait pas constituer un obstacle à sa progression. et voilà. foin de mots recherchés, de talent particulier, de connaissance profonde : on pouvait toujours écrire son histoire. il suffisait de se livrer à un simple exercice qui consistait à noter à la façon d'une liste de courses, chaque jour, dans un cahier, les points que vous souhaitez aborder dans votre récit. des jours, des mois ou des années durant, l'homme désireux d'écrire son histoire devait diligemment énumérer tous ses ingrédients, en partant du chiffre 1. Puis, à mesure de la rédaction, les biffer tour à tour de son inventaire. un jour, à force d'opiniâtreté, la liste de courses serait vide et à sa place se dresserait une histoire, la sienne, son remède singulier dans la grande pharmacopée des récits du monde.
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Cath36Cath36   28 janvier 2013
Peu importe que je ne comprends pas dans sa totalité la signification de mon histoire. Quelqu'un d'autre y parviendra, tôt ou tard. Tel est le principe auquel les hommes devraient s'en remettre pour agir. Faire ce qu'ils savent devoir faire, confiants dans le fait que quelqu'un d'autre, lui aussi, fera ce qu'il doit faire.
Je suis arrivé dans cette maison, en présence de cette machine noire, afin de pouvoir dire ce que j'ai vécu. Mon sablier se vide implacablement. Bientôt, des ombres d'ombres sans pitié se glisseront par les crevasses de cette vieille demeure.
Je pose ma tasse vide sur le rebord de la fenêtre derrière la table. Pas une feuille ne bouge aux branches du semul. Le moment est venu de poursuivre. De presser le pas et d'en finir.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   30 août 2012
Mes adieux à mes frères de caserne furent empreints d’une chaleureuse affection dénuée de sensiblerie. La sentimentalité, nous avait dit le maître, était un défaut grave pour tous, mais plus encore pour un soldat et un saint homme. Dans l’outre-monde, les humains tombaient, perpétuellement malades d’excès de sentiments. Envers leurs enfants, leurs parents, leur conjoint, leurs amants et maîtresses, leurs amis, et même chez certains, de façon diffuse et geignard, envers l’ensemble des êtres vivants, plantes, animaux, tout.
L’outre-monde, nous avait-on appris, était un repère de faux maîtres qui encourageaient cette forme d’imbécilité chez leurs ouailles. Ils engendraient ainsi chez elles une faiblesse qui les détournait de la vérité, aidés par une culture qui exaltait la sentimentalité. Les larmes dans leurs yeux empêchaient les hommes de voir, la boule coincée dans leur gorge étouffait leur parole. C’était une stratégie d’asservissement : l’individu sentimental est facile à contrôler, à manipuler. Il est capable, au nom du sentiment, d’abandonner la voie juste sans se poser de questions.
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fabienne2909fabienne2909   01 novembre 2012
(...) Les hommes d'ici s'appliquent à escamoter les mauvaises nouvelles et ne se transmettent que les bonnes. C'est leur façon d'aller de l'avant. Les histoires qu'ils se racontent préfèrent aux périls du chemin les oasis qui les attendent, les houris aux yeux de biche. A chaque stade de la vie, on ensevelit les pertes, les chagrins, la privation, l'échec : un malheur parfois d'une telle épaisseur qu'il faut creuser jusqu'au centre de la Terre et même au-delà pour l'enfouir. Puis on poursuit sa route. L'individu qui n'est pas rompu à cet art de l'inhumation se leste d'un poids si lourd qu'il périt sur place, incapable de faire un pas.
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KirsikkaKirsikka   19 avril 2015
Personne ne peut s'affranchir des griffes de son passé. Parfois, en entendant l'inspecteur des égoûts tonner et fulminer, je suis aspiré en arrière, transporté dans la Vallée. Il veut l'égalité. Il veut l'efficacité. Il veut la fin de l'exploitation. Il veut l'extermination de l'élite. Il parle, et le tambour des mots commence à me marteler la tête, le sang bat à tout rompre dans mes veines.
Alors je lui demande gentiment pourquoi il bat sa femme, et il se fait larmoyant.
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Vidéo de Tarun J. Tejpal

La vallée des masques - Tarun Tejpal
www.rentree-litteraire.com/auteur/tarjun-tejpal/ « J'ai été, un jour, un homme de convictions, volontaire et déterminé. Les autres venaient me consulter pour retrouver un ancrage solide quand leurs coeurs et leurs âmes vacillaient. Un jour...Aujourd'hui, c'est à l'urgence que je dois faire face. » Au cours d'une longue nuit où il attend ses assassins, d'anciens frères d'armes, un homme raconte son histoire, celle d'une communauté recluse dans une vallée inaccessible de l'Inde, selon les préceptes d'un gourou légendaire, Aum, le pur des purs... Figure majeure de la littérature indienne contemporaine, auteur de Loin de Chandigarh, Prix des libraires 2007, Tarun Tejpal explore la société des hommes dans son « inhumanité » et entraîne le lecteur dans une fable philosophique et politique puissante, qui s'impose d'ores et déjà comme une lecture incontournable. La presse « Un sommet : un grand huis clos paranoïaque, foisonnant, complexe, digressif. » Livres Hebdo « Les livres passent et repassent, mais certains restent... La vallée des masques fait partie de ceux-là. N'ayons pas peur des mots, Tejpal nous livre un grand et magnifique roman. Créateur et façonneur, ses mots font place à un monde qui s'ouvre devant nos yeux ; la littérature prend ici tout son sens. » Page « Une fable universelle sur la pureté dangereuse...Une parabole impitoyable sur l'inhumanité de la société des hommes, et dont la charge politique extrême ne peut laisser indifférent. » L'Express.fr « Une fable ...
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