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Télérama (30/11/-1)
4.2/5   5 notes
Résumé :
L’œuvre de Vermeer, après avoir été oubliée durant deux siècles, suscite à présent une passion peu commune. La rareté de ses tableaux – trente-six peut-être – et le mystère entourant sa vie en font un artiste singulier. L’absence totale de chronologie, les nombreuses différences de styles et de signatures, la difficulté de lui attribuer formellement certaines toiles entraînent depuis plus d’un siècle les experts dans des débats passionnants. Pourtant, pour la majori... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
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J'avoue ! Je suis et resterai un éternel amoureux de Johannes Vermeer.
J'ai déjà laissé plusieurs critiques sur ce peintre du silence, de la lumière tamisée, du geste suspendu. Un peintre hors du temps qui peignait peu, lentement, et fut redécouvert par le français Thoré-Bürger en plein milieu du 19e siècle. Cet artiste ne montre pas de la peinture mais quelque chose d'autre, d'indéfinissable…

Je ne pouvais finir l'année sans lui. En furetant dans ma bibliothèque, j'ai retrouvé plusieurs revues sorties à l'époque de la magnifique rétrospective qui eut lieu en 1996 au Mauritshuis à La Haye. Je les ai feuilletées à nouveau pour le plaisir. La plupart étaient de qualité. Un excellent chapitre du Télérama hors-série a retenu mon attention : « Vingt-trois regards sur trente-six toiles ». Des peintres, écrivains, philosophes, photographes interprétaient, analysaient avec leur sensibilité des toiles du peintre. Je vous fais partager de courts extraits :

« La jeune femme en jaune écrivant une lettre » : elle écrit, son regard pointe vers nous, interrogateur.
Gille Aillaud (peintre) : « C'est le temps que peint Vermeer. Pas le temps proustien, qui foisonne, se ramifie et se plaît en méandres, ce temps qui coule en butant sur tout et en se mêlant de tout, mais la persévérance en acte, le temps, qui n'est rien de senti, de la chose qui dure, le temps fondamental et immobile de la présence. »

Vous connaissez certainement cette toile « L'Entremetteuse » : le gentilhomme élégant sur la gauche de la toile pourrait être un autoportrait du peintre.
Laurent Boudier (critique d'art) : « L'or va tomber dans les mains de la jeune fille ; qui le fera rebondir dans la main de la vieille femme, l'entremetteuse ; qui, sans doute, partagera à son tour le gain avec le gentilhomme hilare. Marché conclu. Qui est dupe ? Qui est floué ? Qui dormira ce soir sur le doux sein de la belle campagnarde au sourire de foin ? »

« La Liseuse en bleu » : la lecture féminine était le sujet de prédilection des peintres hollandais.
Jean Baptiste Pontalis (éditeur) : « Elle attend un enfant. Elle a gardé son visage d'enfant, elle n'a pas quitté le pays de l'enfance. Elle reçoit une lettre. L'enfant est en elle, tout en elle, encore invisible. L'homme est loin. La carte, sur le mur, n'indique pas où. Sa lettre dit l'absence, nous ne le voyons pas, mais la liseuse, elle, le voit, elle l'entend. Il est là. »

« La Jeune fille endormie » : curieux tableau de jeunesse d'une femme seule, endormie, la porte entrouverte suggérant une présence invisible.
Olivier Cena (journaliste) : « Mais ainsi assoupie, accoudée à la nappe ouvragée, derrière son tapis d'Orient, elle ressemble à un portrait de Matisse ou à un personnage de Bonnard : belle mystérieuse, désirable et, cas unique dans l'oeuvre de Vermeer, offerte. »

« La jeune fille au collier de perles » : de l'or, je perçois de l'or ! Une lumière l'enveloppe d'un halo lumineux doré. Elle est arrêtée au milieu de sa toilette, surprise au moment où ses mains potelées hésitent devant son miroir pour attacher les rubans du collier glissé autour de son cou.
Laurent Boudier (critique d'art) : « Sont-ce le vêtement jaune et l'hermine duveteuse qui nous réchauffent de sa sensualité apaisée ? Est-ce le visage doux comme du pain qui donne à nos yeux un peu de sa lumière ? Ou le geste intensément féminin d'une main gracile hésitant à se parer. »

« Portrait d'une jeune femme » : Cette femme semblerait être une variante de « La jeune fille à la perle ». Elle est moins jolie, mais vraie dans son sourire d'enfant.
Charles Matton (peintre) : « Un délicat « pétard » de blanc au bord de la paupière humidifie le regard. La pâte nacrée véhicule un mystère. Quels seraient les mots susceptibles de faire le poids pour exprimer cela ? Quel poème aurait l'ambition d'équivaloir à cela ? Des mots se pressent sans rapport rationnel avec le sujet : salive, pureté, nacre, opale… délicate, chétive existence. »

Si vous pouvez retrouver ce hors-série, conçu par Olivier Cena et Laurent Boudier, prenez-le sans hésiter. Avant de le refermer, je recommande chaudement un autre chapitre, écrit par le regretté Michel Butor, intitulé « La coquille d'où naît la perle », sorte d'autoportrait dans lequel Vermeer, à travers une représentation personnelle de la plupart de ses toiles, nous conte son existence.

Joyeux Noël

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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Hopper peint des ouvreuses de cinéma, des serveurs de café désœuvrés, des femmes solitaires devant des livres ouverts ou des fenêtres vides. On l'a longtemps traité d'illustrateur. C'est l'un des plus beaux peintres de notre temps, qui sait faire palpiter dans un blues léger les aplats de couleur, le rayon de lumière traversant une fenêtre, la pâleur d'un homme qui n'attend rien. La jeune fille qui feuillette la page blanche d'un magazine chez Hopper est sœur de la servante qui tient la lettre chez Vermeer. L'attente ou l'ennui y forment, d'un tableau l'autre, de subtiles correspondances.
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Depuis que j'ai vu au musée de La Haye une vue de Delft, j'ai su que j'avais vu le plus beau tableau du monde. Dans Du Côté De Chez Swann, je n'ai pu m'empêcher de faire travailler Swann à une étude sur Ver Meer.
MARCEL PROUST
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