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ISBN : 208125056X
Éditeur : Flammarion (04/05/2011)

Note moyenne : 4/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Depuis Première apparition avec épaisseur (coll. "Textes", 1986) jusqu'à Terre exacte en 2007, Esther Tellermann a publié l'ensemble de son œuvre poétique chez Flammarion. Elle est également l'auteur d'un récit : Une odeur humaine, paru chez Farrago en 2004.
J'ai préféré
l'Infante une nuque épandue
que cambre
l'odalisque. J'ai préféré l'humble
et le bol
l'ascèse du profil
et le silence
où le vif écorche... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Dixie39
  12 janvier 2015
Ce recueil est tissé de traces. Esther Tellermann nous prend par la main et nous entraîne à travers les failles, les siennes, celles qu'elle a su ouvrir avec ses mots. Failles du temps. Tout n'est qu'impression. Impression par l'effet que les poèmes produisent sur nous, par l'empreinte, la trace laissée, qu'il nous faut découvrir et également par l'imprimé : sur la croix, sur les arbres, sur la peau...
Je n'ai pas cherché du sens, mais je me suis laissée guider. Je me suis vue au pied de la croix, en un temps où les hommes et pas seulement celui que l'on nomme fils de Dieu, y étaient suspendus, à regarder la trace...
« Le voilà
sur la colline fendue
et dans les labyrinthes
de la chute
où pourrissent
les peines et les blessures
le voici
égaré dans les chants funèbres
et les cartes battues
pour longtemps de ses paumes
vint la lourdeur avec le poids
un nom poussé
qui grandit »
Je me suis vue près des eaux du Gange, le jaune du safran recouvrant toute chose ? le jaune, ce jaune scandé en mesure jusqu'à ce que montent à nos narines des odeurs : celles d'un pays, de plantes, de sucs, … aux noms tout droit sortis de textes surannés. Là, au premier abord, j'ai soupiré en croisant ce vocabulaire qui m'a semblé si lourd et « pompeusement » obsolète. Mais le charme opère. L'or, l'onyx, l'améthyste, les huiles et les onguents impriment le caractère sacré, précieux... Nous croisons Ophélie et quelques autres dans ce temps, inconnu de nous, qui sous-tend nos présents. Puis, page après page, L'auteure se penche avec nous et nous montre du doigt d'autres traces : celles des chairs, les voix à rayures sur le bruit des rails. Nous cherchons comment épeler les noms, nommer, donner un nom.
« une voix
sur une voix
enfouie. »
Et sur la dernière strate, nos pieds sont sur cette terre d'Europe que nous connaissons bien, recouverte par la neige qui magnifie toute chose, qui cache et dissimule aussi : efface.
« Europe dé-
souillée
aurait enchevêtré
ses eaux ses
forêts sourdes depuis
que la lumière
trouve le ciel
défait l'odeur
caresse l'églantine
dessine la courbe
en magnificat
J'ai supposé vos neiges
une langue de mort. »
Sommes nous réconciliés avec tous ces épisodes du temps que nous apercevons entre les failles ? Avec toutes ces traces qui nous ont été révélées ? Que voyons nous sur la photographie, quelle impression reste figée sur le papier, nos rétines, nos chairs ?
« mémoire contre
mémoire
je me porterai témoin
du lieu de chaque
enfance »
Nous poursuivons la danse, nous poursuivons nos pas dans l'espace : nous vivons sur, là où en d'autres temps nous survivions.
Contre l'épisode. Tout contre.
Peut-être suis-je passée tout à côté, peut-être n'est-il question de rien ou de si peu de tout cela. Mais c'est ainsi que j'aime la poésie. Pouvoir m'approprier les mots. Et pour cela, il faut qu'ils soient vivants, qu'ils soient emprunts de la sensibilité de l'auteure, de tout ce trop plein d'émotions qui déborde dans une prose tout en finesse, portée par ce vocabulaire des poètes d'antan qui malgré cela, grâce à cela, nous donne un supplément d'âme.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Dixie39Dixie39   11 janvier 2015
Corolles refondent
l'innocence.
Dans la bouche j'irai puiser
la trahison et le
témoin.
Chacun de nous sera
épelé
chaque rayure sera
requise
ô
soudain
par toi j'ai roulé sous la marche
du monde
dans les villes jaunes
j'ai tendu
mes moignons.
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Dixie39Dixie39   13 janvier 2015
Qui n'a cherché
l'air
d'entre les doigts
la teinture
des liquide
Isolde
une place d'hiver
s'est soudée à ta nuit
et givre
à la glycine.
Il y eut des forêts
chairs devenues
chairs
monceaux d'haleines

qui de toi ou de moi
au bord de l'héliotrope ?
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Dixie39Dixie39   13 janvier 2015
Sous les graviers ils t'ont
jeté
ont épandu la braise
sur
l'ombre de tes cils
puis
t'ont frappé.
A tes lèvres j'ai recueilli
l'écume

vinrent le chiffre
et les surfaces
levées des pôles
et des syllabes.
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Dixie39Dixie39   13 janvier 2015
Il m'a parlé
mots glissaient sur ma nuque
me mirent parmi les hommes
hors des chambres secrètes
au plus près des étreintes

et je n'appartenais pas tout à fait.
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Dixie39Dixie39   13 janvier 2015
Voix sur
le bruit des rails
fige les précipices
contre les bouleaux
les îles dans la pierre
la plus blanche des sources
tu la continues
par la main.
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Video de Esther Tellermann (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Esther Tellermann
Poésie féminine contemporaine en langue française -Extraits de poèmes - Tel-Aviv 2013
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