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ISBN : 237491092X
Éditeur : Quidam (03/01/2019)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 6 notes)
Résumé :
" Ce mensonge était pour elle un poison, un poison qui la rongeait, à petit feu, lentement mais sûrement.
Pourquoi n'avait-elle pas droit à la vérité ? La plus élémentaire vérité. "

Claire Meunier veut la vérité.
Pour reconstituer le puzzle dépareillé et dispersé de sa vie, elle brave mensonges et interdits familiaux.
Avec un formidable désir de vivre, elle part à la recherche de ses origines, toutes ses origines.
Quitte à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
lucia-lilas
  14 janvier 2019
Tout de suite, ce livre a piqué ma curiosité. Très vite, j'ai senti que le ton léger du départ n'allait pas forcément donner lieu à un dénouement très heureux. Restait à savoir lequel.
C'est l'histoire d'une famille, enfin de deux familles et de ce que racontent les uns et les autres pour arranger une vérité un peu différente de la réalité. C'est l'histoire de ce que certains ont vu et de ce que d'autres ont refusé de voir soit parce qu'ils étaient bien trop jeunes pour saisir le sens de ce qui se passait sous leurs yeux, soit parce qu'ils savaient qu'ils allaient en souffrir.
Ah, ce rapport au réel, à la vérité ! Chacun se débrouille comme il peut… sauf que parfois, les conséquences de ces petits arrangements sont bien plus graves que ce qu'on aurait pu imaginer, si tant est qu'on puisse imaginer quelque chose…
Le roman débute donc sur la plage de Saint-André-de-Gironde et les personnages, dont les noms ne seraient pas déplacés dans une comédie de boulevard, se nomment Messieurs et Mesdames Meunier et Coquillaud et ils sont accompagnés de leurs enfants respectifs. Tout ce petit monde se retrouve comme chaque année l'été et tandis que Monsieur Coquillaud se promène longuement avec Madame Meunier, Monsieur Meunier s'occupe des gamins, les surveille, leur donne leur goûter. Quant à Madame Coquillaud, elle reste au logis.
Voilà à peu près le tableau et j'imagine que vous voyez très bien le hic. Sauf que, lorsqu'on vit la chose, on n'a pas forcément le recul nécessaire pour l'analyser. Et c'est bien le problème De Claire, la fille des Meunier, qui se pose bien deux trois questions mais, pour le moment, ne va pas plus loin dans ses interrogations. Et c'est bien dommage, car tout le monde sait que les non-dits, les mensonges ou les semi-vérités se débrouillent toujours pour creuser tranquillement leur petit trou dans le fin fond de notre inconscient et finissent par nous laisser des traces plus profondes que des tranchées…
Bon, on peut le dire, les premières lignes sont assez drôles, l'humour est omniprésent : on frôle la comédie, le vaudeville. Les personnages, assez caricaturaux dans leur présentation, font sourire : ils sont tous vaguement ridicules, la palme revenant à ce Monsieur Georges Coquillaud, chef d'une PME d'assurances qui, sur la plage de Saint-André-de-Gironde, se proclame « Chef de tribu africaine » (!), « Père de l'Humanité » et révolutionnaire ! Rien que ça !
La mère Meunier, elle aussi, vaut son pesant de cacahuètes : elle ne s'intéresse « ni à grand-chose ni à grand monde », balance les tiroirs mal rangés de sa fille par la fenêtre et s'enferme dans sa chambre tout le week-end quand elle le juge nécessaire. Pas plus équilibrée que ça, la mère !
Donc, le début du roman est assez léger, c'est l'acte I d'une pièce de théâtre qui n'en est pas une ou d'un roman qui ressemble de plus en plus à… non, pas à une tragédie… quoique…
Car effectivement le ton change et la narration très distanciée du départ devient petit à petit plus personnelle, intime, et l'on finit par se demander si c'est toujours le même roman qu'on est en train de lire… Mais je ne vous raconte rien… Suspense !
En fait, je ne sais pas pourquoi mais je n'ai cessé de penser à Maupassant en lisant ce texte : cette petite ironie dans la présentation de ses personnages, le « pas bien grave » du début, le badin, l'ordinaire qui va déboucher progressivement et subrepticement sur quelque chose de bien plus sombre , voire de franchement terrible... Je me suis demandé à plusieurs reprises si ce roman avait une dimension autobiographique… Qu'importe au fond...
J'ai lu ce livre d'une traite et vraiment, il m'a beaucoup plu : on se passionne pour l'enquête menée par la jeune Claire sur son passé !
Une seule petite restriction concernant... le titre !  Un peu fleur bleue, littérature à l'eau de rose. « Une vie » aurait été parfait, mais laissons à Maupassant ce qui lui appartient. (Je me suis amusée à chercher un titre et j'ai trouvé : « Tout reprendre »… les premiers mots de… Mais bon, faudra qu'on s'organise une petite soirée pour en discuter...)

Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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motspourmots
  07 janvier 2019
"Toute vérité franchit trois étapes. D'abord elle est ridiculisée. Ensuite elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme une évidence". Cette exergue, citation d'Arthur Schopenhauer, on l'apprécie mieux lorsque, le livre refermé, des questions plein la tête, on revient au début décidé à feuilleter encore un peu ce drôle d'objet qui décidément n'est jamais tout à fait ce que l'on pense qu'il est. Car cette quête de la vérité orchestrée par Laurence Teper est tout sauf linéaire ou convenue. Oh, les ingrédients sont bien communs à nombre de romans, des zones d'ombre dans le passé familial, des non-dits voire des mensonges ; mais le parcours de l'héroïne, dont le prénom, Claire, n'est certainement pas choisi au hasard ne cesse d'intriguer le lecteur sans jamais tomber dans la facilité.
Dans ce récit en trois actes, comme autant de tableaux d'une pièce de théâtre, on plonge d'abord dans l'enfance, ou plutôt cette zone particulière entre fin de l'enfance et début de l'adolescence. le regard encore naïf posé sur les adultes, les observations étonnées De Claire sur le comportement de ses parents, sa mère surtout et de la famille Coquillaud avec laquelle ils passent les vacances d'été sur la côte Atlantique. C'est frais, amusant pour le lecteur qui décrypte les images que l'enfant ne perçoit qu'au premier degré. Les actes suivants seront ceux des révélations et de la quête de la jeune femme dont la vie semble régie par des sensations et des contraintes inexpliquées. Un parcours compliqué, rendu encore plus difficile par le comportement toujours plus intrigant de sa mère et le mur de silence que chacun lui oppose. Et petit à petit, l'émotion gagne. le combat de cette jeune femme, volontaire, bonne élève, à la fois fragile et forte, bien décidée à avancer pour elle-même parce qu'il n'est jamais trop tard pour se délester des poids qui entravent, ce combat touche au coeur.
"Rien ne tient. Il faut tout reprendre. Les dates, les faits, les discours. Il faut tout reprendre. Rien ne tient". le psy que Claire finit par consulter est là pour rappeler que le cerveau fabrique des histoires avec la matière dont il dispose et que la vérité ne peut se révéler que par des faits. C'est donc une véritable enquête que va devoir mener Claire pour retracer l'histoire de ses deux familles, maternelle et paternelle et trouver l'origine de ses failles qui prennent leur source, comme c'est souvent le cas, bien avant sa naissance. de quoi l'aider à se réconcilier avec elle-même.
J'avoue avoir été d'abord déstabilisée par la tonalité du début, tout en fausse légèreté avant d'en comprendre le sens en avançant et d'en apprécier toute la justesse au moment de l'épilogue. Grâce à ce parti-pris, l'auteure évite toute mièvrerie ou excès d'apitoiement. Elle campe des personnages de théâtre, aux traits un peu épaissis pour être bien perçus des spectateurs du fond de la salle. Mais à la fin, quand le rideau tombe, voilà notre héroïne débarrassée des artifices qui entravaient son jeu. Et enfin libre de vivre.
Et quel joli choix de citations, qui ouvrent chacune des parties, notamment celle-ci, de Christian Bobin, en exergue de l'épilogue : "Il y a un critère de la vérité, c'est qu'elle vous change : ça bouleverse comme un amour, la vérité".
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Warrenbismuth
  04 janvier 2019
Pourquoi dès la première phrase on sent comme un relent Simenonien ? « Lorsque la DS blanche s'engagea dans le boulevard de la Corniche et qu'elle sentit l'odeur des pins, Claire, l'aînée des enfants Meunier, sourit ». Pressentiment qui se concrétise tout au long de ce superbe premier roman. Les personnages sont très Simenoniens, les situations également, l'atmosphère est pesante, poisseuse.
Au centre du récit, Claire. Née dans les années 60, parents qui se détestent, mère acariâtre, dominatrice, père effacé, les deux ne s'apprécient pas (couple Simenonien, cf. : « le chat » par exemple, pour le côté passif familial se référer aux « Soeurs Lacroix »). Pour le père la mère est une folle, pour la mère le père est un raté issu d'une famille de collabos, de droite. de plus les parents de papa Meunier (qui a fait l'Indochine) avaient divorcé et le père s'était remarié avec une allemande mère d'une fille, en pleine fin de deuxième guerre mondiale, la trahison suprême. Raison de plus pour madame Meunier de haïr son mari mais aussi tous ses ascendants.
Et puis il y a la famille Coquillaud avec laquelle les Meunier partaient chaque année en vacances avant le divorce de monsieur Coquillaud qui était par ailleurs devenu le patron de madame Gisèle Meunier. Pour elle il a représenté Dieu sur terre, plus que de l'estime, c'était une admiration, une adoration. Claire finit quand même par se poser la question : ne serait-elle pas la fille de ce diable de Coquillaud ? Ils paraissent amants avec sa mère, se cachent à peine.
Claire continue son parcours de vie. Elle rencontre Nicolas, un petit juif mal à l'aise, il paraît un double de KAFKA. Ils se marient, trois filles viendront égayer le morne ménage. Nicolas n'aime pas Claire, il ressent tout au mieux de la tendresse, de l'estime. Quant à Claire, c'est la pitié qui l'a poussée vers Nicolas, ce type chétif sans aspérités, qui semble se demander ce qu'il fout sur terre tant il n'y prend aucun plaisir.
Il va y avoir la mort de Ludovic, le frère De Claire, immense choc émotionnel, traumatisme à long terme, vu comme l'anéantissement du vrai complice, du confesseur, du vrai amour.
Un roman à facture et écriture classiques. Mais il est bien difficile de ne pas aller voir plus loin, toujours plus loin, afin de connaître un peu mieux, parfois jusque dans les moindres détails, cette famille Meunier, avec ses côtés lugubres : un couple ne s‘aimant pas, une fille qui préfère largement son père à sa mère, un fils adoré de sa soeur mais atteint d'une tumeur, un ancien patron arrogant, autocentré, la tête à claques de ce roman.
Dès le début Claire part en quête de sa personnalité en recherchant dans son passé. Pourquoi est-elle à ce point focalisée sur les juifs, jusqu'à vouloir tous les sauver (son mariage par exemple) ? Pas à pas, elle va collecter des informations capitales, de plus en plus précises, remontant plus près dans le passé, ce qui va la mener du côté de Poitiers au tout début de l'occupation allemande.
Ce roman assez elliptique est découpé en actes, comme une pièce de théâtre. Ils sont trois et représentent chacun une partie de la vie De Claire : la jeunesse, les questionnements et souffrances, la tentative de reconstruction. C'est bien proportionné, excellemment huilé, on se laisse prendre au jeu sans aucune résistance, et même avec une évidente complicité tant la psychologie des personnages est fouillée. Ce premier roman se lit aisément, nous ramenant sur les routes parfois sinueuses du siècle dernier, le XXe, quand on lisait encore en noir et blanc. L'ambiance est froide (car ?) distanciée, une très bonne surprise que ce « Cadenas sur le coeur » que l'on doit une fois de plus au décidément excellent Quidam Editeur en ce début 2019.
https://deslivresrances.blogspot.fr/
Lien : https://deslivresrances.blog..
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SagnesSy
  04 janvier 2019
Il faut ouvrir ce premier roman en n'en sachant rien, comme ça, comme le premier de 2019. On apprécie les exergues, dans un premier temps, le fameux « all is true » du père Goriot, et ceci :
« Toute vérité franchit trois étapes. D'abord elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme une évidence. » Arthur Schopenhauer.
C'est un roman découpé en trois actes, comme au théâtre.
Acte 1 : présentation des personnages, à hauteur d'enfant puis d'adolescente.
Acte 2: révélation
Actes 3 : retournement de situation et enquête.
Le ton évolue lui aussi, d'abord volontiers caustique et moqueur, il se fait candide et fragile avant de prendre de la vigueur et de trouver sa voie en épilogue. le tout nous raconte Claire Meunier bien décidée à connaître la vérité sur sa naissance, sa famille, ses origines. Et c'est passionnant ! Une quête des origines qui évite les pièges du convenu, du larmoyant ou de la farce outrancière, qui a su trouver la juste distance et accroche le lecteur très habilement.
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keisha
  09 janvier 2019
il s'agit -mais pas que- d'un roman français et d'une héroïne souffrant de ne pas connaître une vérité familiale.
Mais c'est plus malin qu'on ne croit. D'entrée, pas question de lâcher le roman (moins de 200 pages), écrit sans pathos. Claire, née dans les années 60, raconte les vacances d'août au bord de la mer, avec la famille du patron de sa mère. Même moi j'ai vite saisi qu'il y avait quelque chose entre ladite mère et ledit patron. Un 'entre les lignes' subtil.
Le temps passe. Claire passe tout à sa mère, que je qualifierais de toxique, mais réussit tout de même à avoir sa propre vie. Cahin-caha. La famille adore les secrets dirait-on, son frère malade du cancer est bien le seul à ignorer la gravité de son état, puis c'est le tour De Claire, qui saisit le taureau par les cornes (enfin!), questionne sa mère et son père (en vain) et s'en va fouiner dans les archives.
Une fin apaisée.
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
BazartBazart   18 janvier 2019
Elle essaya de raisonner. Elle commença par une hypothèse simple et qui aurait eu le mérite de clore l'affaire, n'était il pas simplement normal d'être obsédé comme elle l'était par le sort des juifs ashkénazes? Tout le monde ne l'était il pas ?
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SagnesSySagnesSy   04 janvier 2019
Et de temps en temps, il lâchait un « je sais tout cela, je le sais, d’ailleurs, je sais tout. »
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Video de Laurence Teper (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurence Teper
Résumé vidéo de la rencontre avec l'éditrice Laurence Teper, diamche 20 juillet 2008, La Baule
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