AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2203206942
Éditeur : Casterman (06/11/2019)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Peut-on se détacher complètement du monde des hommes ? Quitter la ville et son quotidien pour aller vivre au bout du monde, tel est le défi que s’est donné Sylvain Tesson.
De février à juillet 2010, l’écrivain voyageur a choisi de vivre la fin de l’hiver puis le printemps sibérien. Habitant seul une cabane au bord du Lac Baïkal, il s’est plié au silence en choisissant de vivre lentement, environné de livres, de vodka et de souvenirs. Sans déranger la nature ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
beatriceferon
  29 novembre 2019
Sylvain Tesson s'était lancé un défi : « vivre en ermite au fond des bois. » Il est donc parti en plein coeur de l'hiver au bord du lac Baïkal, tout gelé à cette période de l'année, « à la pointe du Cap des Cèdres du Nord ». Il n'est pas totalement seul. Il a emporté « des livres, des cigares et de la vodka », on lui confiera deux jeunes chiens qui le préviendront si un ours rôde dans les parages et ses voisins les plus proches ne sont qu'à cinq heures de marche vers le nord ou une journée vers le sud.
J'aime beaucoup Sylvain Tesson et j'avais lu le roman qu'il a consacré à cette expérience hors du commun. J'étais donc curieuse de la découvrir mise en images par Virgile Dureuil.
Je suppose que son premier travail a été de choisir les passages qu'il a trouvés les plus marquants, et qu'il a réussi cette périlleuse entreprise.Le bandeau de l'ouvrage, signé par Sylvain Tesson, précise : « si ma mémoire savait peindre, cela donnerait ce livre. »
Il est découpé en six chapitres qui s'ouvrent chacun sur une page blanche, au bas de laquelle une vignette de grandes dimensions propose un paysage représentatif du mois qui sera raconté dans les planches suivantes. On commence en février. Sylvain Tesson quitte la ville dans laquelle il achète les provisions pour son ermitage. Les rayons du supermarché donnent le tournis : à perte de vue, des milliers de bouteilles de ketchup. J'ai déjà mal à l'estomac en pensant aux repas de notre aventurier : n'importe quoi nappé de « super hot tapas » ou de tabasco et noyé sous des litres de vodka !
Le décor est grandiose, c'est vrai. Mais le froid est...sibérien ! Moins trente degrés, rien que le lire me fait frémir. On verra Sylvain Tesson marcher sur le lac gelé, avancer péniblement dans une couche de neige si épaisse que, en dépit de ses raquettes, il s'y enfonce jusqu'à mi-cuisse. Pendant la nuit, le feu s'éteint, il gèle dans la pièce. Notre homme est isolé de tout : plus d'ordinateur, de téléphone. Pour se chauffer, il doit fendre des bûches et, pour écrire, il a son carnet et son stylo. L'eau, il doit la puiser dans le Baïkal, dont, chaque matin, il lui faut percer la glace avec une pique rudimentaire. C'est aussi dans ce trou qu'il pêche. Il lui arrive d'avoir des hallucinations, dont celle de la main blanche est particulièrement effrayante. Et souvent, il discourt en pensée avec les auteurs dont il lit les livres. On voit notamment Tolstoï assis à ses côtés.
Le retour du printemps amène des dangers qui effrayent d'autant plus que Virgile Dureuil les a magnifiquement rendus, tels la glace qui se rompt, par exemple. Mais il apporte aussi des couleurs ou des visites inattendues. Nous quitterons le voyageur en juillet, dernier mois de son expédition.
L'auteur de ce roman graphique a su rendre les sentiments de notre aventurier de l'extrême, ses émerveillements, ses peurs, ses doutes, sa solitude. Il a bien mis en balance avantages et inconvénients de la vie urbaine en regard de l'isolement dans cette petite cabane perdue dans l'immensité.
A l'abri et au chaud, on peut, grâce à lui, vivre un moment à côté de Sylvain Tesson. On peut profiter de la beauté qui l'entoure sans souffrir de ses désagréments.
Les sites surtout sont magnifiques. C'est un ouvrage que j'ai beaucoup aimé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Marech20
  25 novembre 2019
Jamais lu. Et pourtant, j'en ai tellement entendu parler. Donc, voilà, c'est mon premier Tesson. Et... whaouh!
Cela me parle tellement (enfin, mis à part le grand froid et la vodka). Il y a des phrases percutantes et/ou magnifiques.
Bref, un vrai bonheur de lecture.
Et plutôt qu'une longue critique, je vais de ce pas indiquer plusieurs citations, sans vérifier si elles y sont déjà. Juste pour le plaisir de les relire, de les écrire...
Commenter  J’apprécie          101
mallaurylit
  11 décembre 2019
Cher Virgile,
.
Le roman de Sylvain Tesson est pour moi devenu un classique, un de ceux que je recommande, un de ceux lu et relu, tellement que maintenant je discerne avec précision, la cabane avec cette table près de la fenêtre, la neige épaisse qui s'accumule, la solitude au bord du lac, l'homme, son verre de vodka à la main, le regard à travers la vitre, un livre devant lui…
.
Ce qu'il me manquait, c'était cet album photo, celui qui retrace les moments significatifs, celui qui met en évidence les plus belles phrases, les pensées de l'homme en réflexion dans cette nature éloignée de tout.
.
Ton album, c'est cela et plus encore, c'est un bel hommage à l'écrivain parti à la rencontre de lui-même, ce sont les panoramas sublimes, le lac à perte de vue, les cèdres immenses qui s'élancent toujours plus haut, c'est l'endroit idéal, celui que l'on rêve de partager, ce sont ces images magnifiques, esquissées avec talent. Et toujours ce sentiment de paix, d'être à la bonne place, cette sensation qui transparaît au travers de ces couleurs douces, ces déclinaisons de brun, de bleu et de mauve pour restituer le sublime des paysages.
.
La balade dans les forêts de Sibérie a été avec toi exactement ce que j'en espérais, une restitution sous forme d'évasion réussie, un reportage fidèle au récit de l'écrivain, une parenthèse enchantée dans ce monde en mouvement perpétuel, un roman graphique qui, lui aussi, s'ajoute à la liste de mes lectures préférées.
Lien : https://www.instagram.com/p/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
culturevsnews
  19 novembre 2019
N'ayant pas lu le roman de Sylvain Tesson , je ne pourrais pas faire le parallèle entre la bd et le roman, mon seul avis sera donc sur cet ouvrage, c'est un livre qui nous fait penser au film Into The Wild de Sean Penn : se retirer dans la nature, sans les "commodités" modernes, et jouer un rôle de médiateur sur la beauté de la nature et sa place dans l'univers.
Le lac Baïkal est un véritable "étang" ; en fait, grâce à sa profondeur, c'est la plus grande étendue d'eau douce du monde, 700 km de long, 80 km de large et un kilomètre et demi de profondeur. Dans ce récit le personnage principal n'est autre que l'écrivain Tesson, et de février à juillet 2010, Tesson avait un siège " de première ligne " sur le lac : une cabane de trois mètres sur trois, construite (approximativement) par des géologues dans les années 1980. le chalet fait maintenant partie d'une réserve naturelle. L'amélioration principale de Tesson : deux fenêtres modernes a double vitrage. Il a vu le lac Baïkal pour la première fois en 2003 et a réalisé son rêve de vivre au bord du lac pendant trois des saisons, sept ans plus tard.
Tesson ne s'assoit pas seulement dans sa cabine et regarde son nombril. Il sort et se promène, avec ses raquettes à neige, obligatoire dans les premiers mois de son séjour. Début mars, alors qu'il fait -30°C, il a marché 130 km de sa cabane jusqu'à l'île d'Ouchkany, au milieu du Baïkal gelé. Il marchait environ 30 km par jour, jusqu'à la prochaine cabane habitée. Dans l'ensemble, c'était un voyage de 10 jours, dont deux jours sur l'île. Il escaladait régulièrement les 1000 mètres de montagne derrière sa cabine. En été, il utilisait son kayak. C'est un naturaliste à part entière, avec de belles descriptions du monde naturel, y compris les oiseaux qui lui tenaient compagnie pendant l'hiver.
Les aperçus ironiques et sardoniques sur la condition humaine abondent. Il fait l'éloge du linoléum dans la cabine, notant à quel point la plupart des aspects de la vie sont laids et minables en Russie, faisant remarquer que l'esthétique était considérée comme un déviationnisme réactionnaire en URSS. Tesson, dans son isolement (relatif), critique à plusieurs reprises une de mes bêtes noires personnelles : la surpopulation. L'auteur raconte son expérience de vivre complètement seul dans une forêt au bord du lac Baïkal où il réfléchit sur la pureté de la nature, loin de la dévastation que les humains créent par leur manque de respect pour notre belle Terre. La philosophie avec laquelle il écrit le texte est très inspirante et cette adaptation l'est. le dessin est soigné par Virgile Dureuil , les détails fourmillent dans chaque planche. C'est une histoire simple mais c'est si bien raconté que ça en est secondaire. Chaque image fourmille d'informations et de petits clins d'oeil qui en disent long sur l'histoire et les personnages. Un moment de douceur, d'émotion. A lire.
Note : 9,5/10
Lien : https://culturevsnews.com/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
PaulRoux
  19 novembre 2019
J'ai beaucoup aimé « Sur les chemins noirs », une traversée de la France à pied, effectuée par Sylvain Tesson pour se rétablir de la chute d'un toit, une chute de huit mètres qui a causé un grave traumatisme crânien et de multiples fractures, laissant l'acrobate dans le coma. Il faut savoir que ce diable d'homme était un « toiturophile » qui s'amusait à escalader les immeubles, notamment les cathédrales.
Sauf que cette nuit-là à Chamonix, « le prince des chats », comme on le surnommait, était ivre. « Ma vie était un carnaval endiablé et légèrement suicidaire, expliquera-t-il, il était bon de ralentir un peu les chaudières intérieures, de descendre du train. » Depuis, il est resté sobre.
« Sur les chemins noirs » est le récit de sa rédemption sur les sentiers de la France.

Lien : https://paulcarnet.wordpress..
Commenter  J’apprécie          20

critiques presse (1)
BDZoom   12 novembre 2019
Adapter en bande dessinée un tel récit, fort bien écrit au demeurant par Tesson, relève de la gageure, mais Virgile Dureuil signe ici dessin et couleurs d’un premier album d’une étonnante virtuosité.
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
mosaique92mosaique92   06 décembre 2019
Si mes souvenirs savaient peindre, cela donnerait ce livre.
Commenter  J’apprécie          80
beatriceferonbeatriceferon   29 novembre 2019
S'asseoir devant la fenêtre, le thé à la main, laisser infuser les heures, offrir au paysage de décliner ses nuances, ne plus penser à rien.
Commenter  J’apprécie          10
beatriceferonbeatriceferon   29 novembre 2019
Quand on se méfie de la pauvreté de sa vie intérieure, il faut emporter de bons livres: on pourra toujours remplir son propre vide.
Commenter  J’apprécie          10
beatriceferonbeatriceferon   29 novembre 2019
Je veux m'enraciner, devenir de la terre après avoir été du vent.
Commenter  J’apprécie          10
Marech20Marech20   25 novembre 2019
La pluie a été inventée pour que l'homme se sente heureux sous un toit.
Commenter  J’apprécie          50
Lire un extrait
Videos de Sylvain Tesson (84) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvain Tesson
Sauver ou périr - le livre qui rend hommage aux sapeurs-pompiers de Paris
autres livres classés : sibérieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Sylvain Tesson

Quelle formation a suivi Sylvain Tesson ?

histoire
géographie
russe
urbanisme

10 questions
137 lecteurs ont répondu
Thème : Sylvain TessonCréer un quiz sur ce livre