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ISBN : 9782070129256
Éditeur : Gallimard (01/09/2011)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 1340 notes)
Résumé :
Assez tôt, j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie.
J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal.
Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j'ai tâché d'être heureux.
Je crois y être parvenu.
Deux c... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (252) Voir plus Ajouter une critique
litolff
13 mars 2012
Eblouissant et poétique, joyeux et plein de sens, je viens de terminer « Dans les forêts de Sibérie » et j'en suis baba !
Quand on a des idées noires, qu'on se sent neurasthénique, décider d'aller s'enterrer tout seul pendant 6 mois dans une cabane en Sibérie n'est pas forcément le premier truc qui vient à l'esprit : relever ce défi était déjà une gageure mais en plus en tirer un livre magnifique : CHAPEAU !
Sylvain Tesson n'est certes pas un tire-au-flanc et il a beau dire que la méditation est un truc pour justifier la paresse, on sent bien que la paresse n'est pas son penchant naturel et heureusement pour lui car pour survivre en hiver au bord du lac Baïkal, fendre le bois de chauffage, aller puiser l'eau pour boire et cuisiner, sortir pêcher sa nourriture, il faut de l'énergie ! Il faut aussi une sacrée dose de détachement pour supporter la solitude pendant 6 mois dans un endroit où il n'y a rien d'autre à faire que se fondre dans la nature, observer le passage des saisons, la vie végétale et le fourmillement animal, resserrer sa vie autour de l'essentiel en apprivoisant le temps.
Avec l'aide de cigares, de livres et de stocks conséquents de vodka, il arrive au terme de ces 6 mois pénétré par la beauté de la nature et convaincu qu'elle suffit au bonheur : belle sagesse qu'il nous transmet dans un texte magnifique, empreint de ses réflexions au quotidien, tour à tour drôle et poétique, on ne s'ennuie pas une seconde et on se prend à souhaiter avoir le courage et l'énergie pour se lancer dans une aventure de ce genre…
PS : A compléter par les magnifiques images du film qu'il réalisé lui-même, (50mn sur youtube) !
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Piatka
12 août 2013
Février-juillet 2010, une cabane perdue au bord du lac Baïkal, une nature grandiose, sauvage, et dangereuse, des ours entre autre...-30 degrés l'hiver !
38 ans, une santé solide très certainement, un immense besoin de solitude et de ressourcement, une cargaison de bouquins, une solide provision de vodka et de cigares.
Le décor est planté pour une immersion dans le " journal d'ermitage " de Sylvain Tesson, écrivain baroudeur doté d'une énergie et d'une volonté hors du commun.
L'Aventure, avec un grand A, est fascinante, originale : la Sibérie ne fait pas précisément partie des destinations classiques de voyage - d'où naturellement un dépaysement garanti pour le lecteur et des anecdotes à foison. C'est le grand intérêt du bouquin. En revanche, côté écriture je reste un peu sur ma faim. Certains passages sont fulgurants de vérité et de poésie, mais alternent trop souvent à mon goût avec de banals extraits de journal quotidien : inégale donc ! D'où mon choix de trois étoiles.
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emeralda
21 novembre 2011
La Sibérie n'est certainement pas la première destination que vous choisiriez pour vos prochaines vacances, ni même si vous deviez prendre un long break de 6 mois ailleurs que chez vous.
Je vous rassure, ce n'est pas mon choix personnel non plus, mais ce fut celui de Sylvain Tesson qui n'arrivait plus à trouver assez de réconfort dans ses multiples voyages et errances sur le globe. Pourtant, ces périples, c'était toute sa vie. C'est en marchant, en parcourant le monde qu'il se sentait bien, mais la magie n'opère plus aussi bien. Et c'est dans l'immobilité qu'il pense trouver la solution. Certes, c'est un peu extrême, mais pour lui, c'est presque la routine. Et puis, ce paysage, ces rives du lac Baïkal, il avait promis d'y revenir !
Ce livre est en fait son carnet de bord, ce qu'il a consigné durant cette retraite volontaire du monde (bien qu'il ne fut pas complètement isolé…. On peut même être envahi dans des coins aussi reculés que cela, incroyable, non ?!).
6 mois, c'est long et c'est court. le temps n'est plus tout à fait le même une fois que l'on sort de notre société de consommation, de ce carcan mondialisé où ce qui a réellement de la valeur est négligé au profit de quêtes aussi futiles qu'éphémères. Pour cela, j'avoue que j'ai un peu la même vision que Sylvain sur le fait que je souhaite avoir un vie, une existence pleine et qui vaut la peine d'être vécue.
Nous lisons donc les lignes écrites par Sylvain Tesson juste avant de se retrouver seul dans sa cabane (on débute avec le voyage qui va le conduire jusqu'à son refuge de rondins sur les bords du lac Baïkal) et jusqu'à son retour parmi nous ou presque.
L'auteur s'étonne lui-même. Il s'attache à des choses, des éléments qu'il aurait cru presque insignifiants auparavant, même si c'est forcément un amoureux de la nature et de ses merveilles pour avoir choisi un tel lieu.
Le voilà quand il parle d'une mésange qui vient le voir régulièrement :
"La visite du petit animal m'enchante. Elle illumine l'après-midi. En quelques jours, j'ai réussi à me contenter d'un spectacle pareil. Prodigieux comme on se déshabitue vite du baryum de la vie urbaine."
Il s'interroge également :
"La vie de cabane est peut-être une régression. Mais s'il y avait progrès dans cette régression ?"
Je m'interroge aussi. Je ne vis pas dans une cabane, mais j'essaie de ne pas trop me laisser happer par notre monde qui a certes du bon, mais qui ne me plait pas toujours. Je m'émerveille encore devant des choses toutes bêtes car je les trouve magiques par leur apparente simplicité alors que c'est en réalité tout le contraire.
On pourrait penser que vivre ainsi en hermine est un calvaire. Certains s'effraient à la perspective de ne pouvoir parler à personne, mais je l'avoue, cela ne me gènerait pas tant que cela. Et puis, 6 mois, ce n'est pas l'éternité non plus. Il faut relativiser.
Sylvain Tesson aime les gens taciturnes et donc le calme. le fait que l'on ne soit pas obligé de déverser non plus un flot de paroles en continue pour échanger avec autrui est un plus pour lui. Cependant, il se rendra chez ses voisins (des heures de marche dans une météo par toujours clémente : - 32 °, -34° etc...) de temps en temps et recevra des visites dans sa cabane. Reste que parfois, ces rencontres vont presque le déranger :
"Je crois bien que je vais espacer mes visites".
Il va même se retenir de ne pas chasser parfois les visiteurs. Ils dérangent sa tranquillité non d'une pipe en bois !
Les habitudes se mettent en place et sont nécessaires car sans l'oeil critique d'un tiers pour nous faire avancer et une certaine volonté personnelle, l'homme est de nature à se laisser aller.
Sylvain Tesson y trouvera même du plaisir à cette routine imposée, des gratifications qui réchaufferont son âme presque tout autant que son corps. Il vaut mieux d'ailleurs par de telles températures polaires (voir le début du journal de bord).
Je suis un peu étonnée de trouver autant d'allusion à de l'alcool, mais après tout nous somme en Sibérie et les Russes n'ont point la réputation de carburer à l'eau plate. Définitivement, je ne peux pas m'imaginer vivre la même expérience à cause du climat, mais aussi à cause de ce facteur alcoolisé. Il me resterait bien les litres de thé à avaler, mais rien que la perspective de me rendre toutes les 1/2 heures aux toilettes dans ce froid, m'en fait passer l'envie immédiatement. Non, il me faudrait trouver un coin plus tempéré et je crois bien que j'ai ma petite idée, mais chut…. Ce n'est ni l'endroit pour vous le révéler, ni le propos de ce billet.
L'auteur et ses voisins possèdent la faculté de regarder des heures par la fenêtre. le paysage qui s'offre à eux est plus captivant que bien des programmes télévisés que l'on a chez nous. Sur ce point, je peux les comprendre car j'ai également la chance de bénéficié d'un panorama magnifique : j'ai le Mont-Blanc à quelques encablures à peine. Je ne me lasse pas de l'observer au fil des saisons. Il n'est jamais tout à fait le même. A chaque minute, la lumière est différente, les nuages passent et parfois me le dissimule, mais je sais qu'il est là et je l'imagine, je me projette au delà de ce voile. En bref, il me dépasse, il se dégage une certaine magie, une puissance que Dame nature veut bien me laisser admirer. le lac Baïkal doit être tout aussi captivant avec ses eaux prisonnières des glaces, ses forêts tout autour, sa faune, les caprices de la météo…
Dépaysement garanti.
Ce journal est agréable à lire même si l'on n'est pas fan de "nature writting" : genre littéraire où se mêle l'observation de la nature qui nous entoure et des considération autobiographiques.
Sylvain Tesson sait agrémenter volontairement ou non certaines de ses pages de traits d'humour qui m'ont bien déridés durant ma lecture :
"Ils ont des gueules à dépecer le Thétchène et ils partagent délicatement leur biscotte avec la mésange."
"25 mai. Je passe des heures à fumer dans mon hamac au sommet de l'éminence, les chiens à mes pieds. A Paris, les miens me croient aux prises avec le froid sibérien, ahanant comme un sourd sur mon billot pour fendre le bois dans le blizzard."
Le décalage entre ce que l'on croit connaître et la réalité est à son comble. Cela fait du bien de pouvoir être encore surpris et de se dire que tout n'est pas encore perdu.
Introspection, réflexion, méditation… Tout cela est présent. Six mois pour faire le tour de soi-même et aussi du monde qui nous entoure. On pense également à celui que l'on a quitté et que l'on devra rejoindre passé cette retraite.
Solitude et rencontre, tel pourrait être le sous titre de cet ouvrage qui décidément incite à ouvrir vraiment nos yeux.
Pour moi qui recherche de la profondeur dans mes lectures (même s'il m'arrive de lire des choses très légères également), ce fut parfait. Sylvain Tesson avait emporter avec lui beaucoup de lecture et il fait très souvent des parallèles entre les pages qu'il dévore, celles qu'il gratte et ce qui lui sert de cadre d'existence. Il nous suggère parfois de faire de même sans pour autant partir en Sibérie. Peut-être aurions nous un regard plus neuf alors, plus réaliste, plus responsable ?

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viou1108
17 mars 2017
Challenge ABC 2016-2017
Wow. Passer six mois au fond de la Sibérie, seul, en autonomie, au milieu d'une nature magnifique, ça a de quoi faire rêver ceux qui, comme moi, pensent parfois qu' « Il est bon de n'avoir pas à alimenter une conversation. D'où vient la difficulté de la vie en société? de cet impératif de trouver toujours quelque chose à dire ». Sylvain Tesson a probablement vécu une expérience inoubliable, en plus d'avoir réalisé un rêve. C'est bien sûr tout à fait respectable, admirable, enviable.
Le problème, c'est que sa manière de raconter cette aventure est loin de m'avoir convaincue.
D'abord, pourquoi ce livre ? Pourquoi 270 pages quand on a si peu à dire, rien d'autre que des listes de matériel et de livres et des comptes-rendus fastidieux de journées passées à (cocher la/les mention(s) inutile(s)) : boire de la vodka, fumer des havanes, lire, dormir, marcher en raquettes, regarder le thermomètre, patiner, observer les mésanges, écouter le silence, rester à l'abri de la tempête, pêcher, taper la discute avec les Russes du coin, faire semblant d'être poli avec les rares fêtards ou touristes envahissant les lieux de leur vacarme ou de leur quête d'exotisme.
Pourquoi ce livre, donc ? Peut-être parce que c'est une commande d'éditeur, calibrée pour l'attribution d'un prix littéraire téléphoné ? Toujours est-il qu'en fait de prix, ce bouquin a obtenu le Médicis de l'essai. Oui, de l'essai. Mais un essai sur quoi ? La vie d'ermite, pardi. La thèse de l'auteur étant qu'un tel mode de vie - dépouillé de tout confort matériel, au plus près de la nature – est forcément ce qu'il y a de mieux, il se met en devoir de pontifier avec une condescendance horripilante sur le « barnum de la vie urbaine » et sur tout ce qu'il lui « fallait déployer d'activité, de rencontres, de lectures et de visites pour venir à bout d'une journée parisienne ». Et de nous servir, à l'appui de son « analyse », quantité d'aphorismes philosophico-poétiques lourdingues et prétentieux du genre « La ruée des peuples vers le laid fut le principal phénomène de la mondialisation.(...) le mauvais goût est le dénominateur commun de l'humanité. (...) L'esthétisme est une déviance réactionnaire », « La vie dans la cabane est une profession de foi énergétique aux antipodes du prométhéisme historique », « qui prétendrait que le ressac n'est pour rien dans les rêves du faon, que le vent n'éprouve rien à se heurter au mur, que l'aube est insensible aux trilles des mésanges ? ».
On n'est pas à un paradoxe près : affirmer qu' « on dispose de tout ce qu'il faut lorsqu'on organise sa vie autour de l'idée de ne rien posséder » et dans le même temps se munir, entre autres, de panneaux solaires, GPS, téléphone satellite, appareils électroniques, équipement de haute montagne hightech gracieusement fournis par Millet (cf les remerciements en fin de livre), de caisses de livres, de vodka et de cigares, faut avouer que le mythe du dénuement et de l'auto-suffisance en prend un coup. Et pas un mot sur le coût financier et l'impact écologique de la logistique d'une telle aventure.
Mais enfin, quelle importance si tout cela permet à l'auteur de répondre à sa plus grande interrogation : « je vais enfin savoir si j'ai une vie intérieure ». Mais non ? Mais si... Je le plains sincèrement de tout mon coeur d'avoir dû attendre l'âge de 37 ans et passer six mois quasi-seul au milieu de quasi-nulle part pour être capable de répondre à cette question...
Non non la prose de Mr Tesson ne me convainc pas avec son style fatiguant à force de chercher l'originalité et le beau mot à chaque phrase et ses airs de supériorité (« Comment peut-on encore conserver une télé chez soi ? », « Ce soir je finis un polar. Je sors de cette lecture comme d'un dîner chez McDo : écoeuré, légèrement honteux »), pas compensée pour un sou par une séance d'auto-flagellation douteuse : « Que suis-je ? Un pleutre, affolé par le monde, reclus dans une cabane, au fond des bois. Un couard qui s'alcoolise en silence pour ne pas risquer d'assister au spectacle de son temps ni de croiser sa conscience faisant les cent pas sur la grève ».
Moralisateur, pédant, creux, ennuyeux, le pire de ce qui peut arriver à un livre.

Lien : https://voyagesaufildespages..
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LePamplemousse
23 août 2013
Parce que jusqu'à maintenant Sylvain Tesson a toujours cherché à découvrir le plus d'endroits possibles, il a soudain eu envie de se poser, et plutôt que de passer son temps à courir après quelque chose, il a décidé de s'installer en un lieu calme, isolé, sans trop de distraction, pour une durée de six mois et de profiter de la vie telle qu'elle est, tout simplement.
C'est sûr qu'une cabane de 9 m2 en Sibérie, située à plusieurs heures de marche du premier village, c'est un endroit plutôt désert en théorie. Parce qu''en réalité, à la lecture de son journal, on a l'impression qu'il a quand même souvent eu de la visite et que lui-même n'arrête pas d'aller faire coucou à ses voisins même si c'est à 7 heures de marche de sa cabane !
Au final, j'ai trouvé qu'il y avait de magnifiques passages sur le temps qui passe et qu'il apprivoise peu à peu et sur la nature en général mais il y a aussi de longs passages où j'ai eu l'impression qu'il s'écoutait parler (mais étant seul, il n'avait certes rien d'autre à faire !). Certains passages inspirés par la lecture des philosophes m'ont même un peu ennuyé.
J'admire son courage, car il n'est jamais facile de s'extraire de notre quotidien, même si celui-ci nous pèse, et au fond, il ne savait pas trop à quoi s'attendre, mais j'ai trouvé que l'exploit n'en était finalement pas vraiment un car il est quand même parti avec de quoi tenir des mois au niveau de la nourriture, de l'alcool et des livres. Il ne s'est pas non plus retrouvé là, démuni à la merci des seuls éléments.
Et puis, son fameux isolement me parait moins crédible quand il apprend on ne sait comment que tel ami français vient le rejoindre à telle date ou que tel garde forestier va venir le chercher pour une virée à telle heure, tel jour...Au bout d'un moment, j'avais l'impression qu'il ne se passait pas une seule semaine sans qu'il ait des invités : des peintres russes, des gardes forestiers, des amis de longue date, des voisins...avec lesquels il se saoûlait consciencieusement à la vodka.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce récit mais je l'ai davantage lu comme une fiction que comme le récit réel d'un homme désirant se soustraire provisoirement à la société, à la communication, à la consommation etc...d'où les trois étoiles seulement.
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Les critiques presse (7)
Telerama16 novembre 2011
Les lauriers dont [Dans les forêts de Sibérie] est désormais le récipiendaire ne devraient faire qu'accentuer l'engouement autour de ce livre il est vrai plus qu'attachant, tout ensemble descriptif et songeur, limpide et tissé de sobres et justes réflexions sur les conditions d'existence de l'homme dans le monde contemporain.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress24 octobre 2011
Véritable écrivain, Tesson se distingue des aventuriers de librairie [...] par l'élégance de la plume, la profondeur de la réflexion, la concision des aphorismes.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro22 septembre 2011
L'écrivain, qui a passé six mois seul dans une cabane au bord du lac Baïkal en Russie, offre un journal intime brillant et riche en réflexions.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LesEchos06 septembre 2011
Le récit de ces six mois sibériens est joyeux, poétique et philosophe. Le style est éblouissant.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LePoint06 septembre 2011
Tesson, qui manie là comme jamais la phrase qui tranche et éblouit, porte toujours bien son nom. Et désormais, mieux que jamais, son prénom : Sylvain, celui qui vit dans la forêt.
Lire la critique sur le site : LePoint
Bibliobs02 septembre 2011
Le contraste entre cette douceur de caractère et l'âpreté de la nature sibérienne fait de ce livre un beau, sobre et dépouillé d'emphase «chant du monde», dont les harmoniques résonnent longuement dans l'esprit du lecteur.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress29 août 2011
On se régale à lire ce croisement entre Jean-Jacques Rousseau et Bear Grylls, le héros survivaliste de la série télé culte Man versus Wild. Un croisement détonant comme une vodka par - 32 °C.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (670) Voir plus Ajouter une citation
LeCommunDesLecteursLeCommunDesLecteurs15 avril 2017
Comme tous les matins, lorsque le poêle chauffe, je vais au trou d'eau creusé à trente mètres du rivage. Pendant la nuit, la couche de glace se reforme et je dois la casser pour puiser. Je reste un moment là, debout, à regarder la taïga. Soudain une main blanche (ces eaux ont avalé tant de noyés) jaillit par le trou pour m'agripper la cheville. L'hallucination est fulgurante, j'ai un mouvement de recul et lâche le pic à glace. Mon coeur cogne. Les eaux dormantes sont maléfiques. Les lacs exhalent une atmosphère mélancolique parce que les esprits y maraudent en vase clos, ruminant leur chagrin. Les lacs sont caveaux. La vase y diffuse une odeur délétère, la végétation y plaque de sombres reflets. En mer, le ressac, les ultraviolets et le sel dissolvent tout mystère et la clarté l'emporte. Que s'est-il passé dans cette baie ? Y a-t-il eu un naufrage, un règlement de comptes ? Je n'ai pas l'intention de cohabiter six mois avec une âme en peine. J'ai assez de la mienne. Je rentre dans la chaleur de la cabane, avec mes deux seaux à la main. Par la fenêtre, le trou à glace fait une tache noire sur la nappe livide : un chas dangereux qui fait communiquer les mondes.
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LeCommunDesLecteursLeCommunDesLecteurs15 avril 2017
Il s'est remis à neiger. Il n'y a personne. Même pas un véhicule au loin. La seule chose qui passe ici, c'est le temps.
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LeCommunDesLecteursLeCommunDesLecteurs15 avril 2017
Je pense au destin des visons. Naître dans la forêt, survivre aux hivers, tomber dans un piège et finir en manteau sur le dos de rombières dont l'espérance de vie sous les futaies serait de trois minutes... Si encore les femmes couvertes de fourrure avaient la grâce des mustélidés qu'on écorche pour elles.
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LeCommunDesLecteursLeCommunDesLecteurs15 avril 2017
Toute la nuit, tempête. Les Russes appellent -sarma- le vent dévalant des versants occidentaux du Baïkal. Le cliquetis des outils sous l'auvent m'a laissé éveillé jusque tard. Comment les oiseaux tiennent-ils dans leur nid ? Seront-ils la demain, vivant ?
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LeCommunDesLecteursLeCommunDesLecteurs15 avril 2017
Aujourd'hui, je n'ai nui à aucun être vivant de cette planète. -Ne pas nuire- Etrange que les anachorètes du désert n'avancent jamais ce beau souci dans les explications de leur retraite. Pacôme, Antoine, Rancé évoquent leur haine du siècle, leur combat contre les démons, leur brûlure intérieure, leur soif de pureté, leur impatience à gagner le Royaume céleste, mais jamais l'idée de vivre sans faire de mal à personne. Ne pas nuire.
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