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EAN : 9782072950599
240 pages
Gallimard (07/10/2021)
3.85/5   2339 notes
Résumé :
« — Tesson ! Je poursuis une bête depuis six ans, dit Munier. Elle se cache sur les plateaux du Tibet. J'y retourne cet hiver, je t'emmène.
— Qui est-ce ?
— La panthère des neiges. Une ombre magique !
— Je pensais qu'elle avait disparu, dis-je.
— C'est ce qu'elle fait croire. »

Sylvain Tesson, invité par le photographe animalier Vincent Munier, parcourt le Tibet oriental. Il apprend l’art de l’affût dans l’hiver et le silen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (427) Voir plus Ajouter une critique
3,85

sur 2339 notes

mcd30
  28 décembre 2019
Quelle aventure ! L'oeil de Vincent Munier et la plume de Sylvain Tesson ! C'est magique !
Un fabuleux témoignage sur ces immensités sauvages encore préservées mais pour combien de temps ? le tibet, haut-lieu spirituel, sanctuaire animalier en passe de devenir un important site ésotérique du vingt-et-unième siècle car il importe de garder secret un tel endroit. Tant pis, je n'irai pas mais j'ai vécu un très beau voyage sans les désagréments : froid, longues marches, attente... Les loups, les yacks, la panthère, tout n'est qu'émerveillement d'autant que Sylvain Tesson est très inspiré et il nous livres de magnifiques commentaires, avec son incroyable vocabulaire et ses audaces folles quand à la conjugaison, je suis toujours très admirative de son style et de ces citations, aphorismes, réflexions.
Mais c'est avant tout le récit d'une complémentarité entre Sylvain Tesson toujours en mouvement, le cerveau en ébulition, donnant sa vision de la planète et des hommes qui joue un peu les candides car il passe souvent à côté de toute cette faune et Vincent Munier, ce photographe animalier passionné par son art, toujours en contemplation devant la nature à la recherche du moindre indice permettant d'approcher la panthère des neiges pour ramener quelques photographies de ces espèces en danger.
Un grand merci à ces quatre personnes : n'oublions pas Marie, la compagne de Vincent Munier et Léo, son aide de camp pour ce magnifique récit qui nous apporte aussi une vision du Tibet sous domination chinoise car ces quatre personnes prennent la température de la planète à chaque voyage et nous informent des changements en bien comme en mal.
Pour une fois malgré ce que Sylvain Tesson en dit : "Elle s'était adaptée pour peupler des endroits invivables et grimper les falaises. C'était l'esprit de la montagne descendu en visite sur la Terre, une vieille occupante que la rage humaine avait fait refluer dans les périphéries." Peut-être a-t-elle baissé sa garde pour nous montrer ce que nous risquons de perdre si nous n'y prenons garde.
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palamede
  13 janvier 2020
« ... une bête représente la plus belle récompense de la vie ... »
A l'affût du monde animal qui se dévoile dans sa beauté et sa cruauté pour qui sait attendre et voir, Sylvain Tesson, l'explorateur impatient, suit l'exemple de ses compagnons de route. Il écoute, observe et fait silence car, il le sait, l'ultime récompense, l'animal mythique et magnifique — la panthère des neiges — est à ce prix-là.
Dans cette expérience unique et singulière Sylvain Tesson s'interroge sur le sens et l'origine de toutes vies. Ces questions existentielles et métaphysiques, auxquelles il donne des réponses personnelles et sophistiquées, sont celles d'un homme qui élargit sa compréhension du monde, accomplissant un formidable voyage, les yeux, le coeur et l'intelligence grands ouverts.
Challenge MULTI-DÉFIS 2020
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Cannetille
  30 mars 2020
Infatigable voyageur de l'extrême, l'auteur accompagne le photographe animalier Vincent Munier dans une expédition au Tibet, dans l'espoir d'apercevoir l'une des dernières panthères des neiges.

La narration livre de magnifiques pages sur l'un des espaces encore préservés de la planète, en grande partie en raison de son inaccessibilité et de ses âpres conditions climatiques. Par des températures oscillant entre -20 et -30°C, au coeur de montagnes à première vue désertes offrant des paysages aussi rudes que somptueux, l'équipe d'observateurs doit déployer toutes ses ressources physiques et des trésors de patience, pour guetter indéfiniment, et peut-être vainement, l'apparition de la rarissime reine du camouflage. En attendant, affût après affût, la faune sauvage locale se dévoile peu à peu, poursuivant son cycle perpétuel de vie et de mort sur un territoire en peau de chagrin, de plus en plus menacé par l'activité humaine.

Un désenchantement plein d'auto-dérision imprègne le texte, face à la certitude d'observer un monde sauvage en sursis, décimé par l'irresponsable avidité des hommes, au nom d'un progrès au final sur bien des plans contestable. Empruntant à de nombreuses références tant occidentales qu'orientales, l'auteur nous livre, sur un ton caustique, une réflexion philosophique et spirituelle qui fait si souvent mouche que j'en conserve une collection d'aphorismes record pour une seule lecture.

Ce superbe récit d'aventure, qui fait autant rêver que méditer, frappe à chaque phrase, inoculant l'envie de prendre à son tour le temps d'ouvrir les yeux. Il m'a incitée à aller découvrir avec émerveillement les clichés de Vincent Munier, dont on sait plus ce qui impressionne le plus : la beauté des sujets ou la technique et la patience qu'il aura fallu pour la capturer. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Cancie
  31 mai 2022
Je m'étais régalée avec les magnifiques photographies de la faune tibétaine prises par Vincent Munier publiées dans le superbe album Tibet minéral animal avec des poèmes de Sylvain Tesson. Aussi attendais-je avec impatience de pouvoir lire La panthère des neiges de ce dernier, Prix Renaudot 2019. Je dois avouer que je ne l'ai pas autant savouré que je l'espérais. Dans les forêts de Sibérie ou Sur les chemins noirs m'avaient davantage plu.
Nous partons donc avec Vincent Munier, talentueux photographe animalier, sa fiancée Marie, cinéaste, Léo, aide de camp philosophe de Munier et bien sûr Sylvain Tesson qui a accepté de l'accompagner au Tibet, dans l'espoir d'apercevoir la fameuse panthère des neiges. Tesson a dû promettre à Munier, s'il écrivait un livre de ne pas donner le nom exact des lieux : "Ils avaient leurs secrets. Si nous les révélions, des chasseurs viendraient les vider."
C'est sur les hauts plateaux du Tibet que nous retrouvons l'auteur avec ses amis, par une température avoisinant parfois les - 30°C, à l'affût, de la fugace panthère des neiges. Ils vont croiser des antilopes, des yacks sauvages appelés drung, que Munier vénère, des chèvres bleues, des loups... et finiront après de longues attentes dans le froid et le silence par apercevoir cette éblouissante panthère des neiges, cette once, ce magnifique félin dont le "pelage, marqueterie d'or et de bronze appartenait au jour, à la nuit, au ciel et à la terre."
C'est cette approche et cette attente immobile et silencieuse que l'écrivain-voyageur s'attache à nous faire découvrir. "Le principe du guet est d'endurer l'inconfort dans l'espoir qu'une rencontre en légitime l'acceptation."
Beaucoup de poésie dans les descriptions de ce cadre idyllique, de considérations sur la vie et de pensées philosophiques, d'aphorismes, spécialité de Tesson, rencontré lors des Correspondances de Manosque 2019, agrémentent ce récit, mais aussi beaucoup d'amertume et de désillusion sur la nature humaine.
Je retiendrai cette technique de l'affût qui peut devenir un style de vie pour découvrir n'importe où, la beauté de la vie pour peu qu''on veuille bien lâcher-prise.
La lecture de cette belle chronique d'une attente où la patience est récompensée mais sans certitude aucune a été enrichissante et plaisante mais ne m'a pas cependant captivée.

Lien : https://notre-jardin-des-liv..
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Jolap
  10 mars 2020
Telle la panthère des neigesSylvain Tesson marie dans ce texte la puissance et la grâce. Il rend compte d'une nature tour à tour enveloppante, foisonnante et effrayante. La faune a un rôle, un rang, une place. Elle le sait et s'adonne à « des gestes délicats adaptés à la violence des altitudes ». Cette nature brute, vertigineuse se démarque en tous points des allures bien rodées de nos vies citadines.
Les chapitres courts invitent le lecteur à suivre sans s'essouffler. Nous sommes « dans un jardin très froid, un jardin très dur », sur le plateau tibétain, à cinq mille cinq cents mètres d'altitude. « le soleil blanchit la terre, les ombres noires courent sur les roches, le paysage dispose ses strates comme dans les toiles tibétaines tendues au mur des monastères. ». « Des milliers d'yeux nous surveillent et nous ne soupçonnons rien ». Il fait froid. Froid au-delà du raisonnable. Sylvain Tesson, Vincent Munier, sa compagne Marie et Léo sont à l'affût….
« le Tibet tendait ses paumes sèches sous un ciel bleu comme la mort ».
L'auteur est rentré en France et a accordé quelques entretiens aux médias. La valse frénétique de la promotion incontournable le fait entrer dans une danse endiablée, ici, maintenant. Il atterrit. Il confie ses rêves. Il mûrit sa réflexion et la livre en pâture à quelques journalistes affamés. Plus rien ne semble lui appartenir. Il vient de monter sur le plateau le plus élevé de la planète. Il est descendu au plus profond de lui-même et le voilà confronté « à un vacarme effroyable » qu'il dénonce régulièrement. de puissants projecteurs formalisent ce spectacle, chauffent les plateaux de télévision là où les éléments naturels réchauffaient les âmes leurs promettant de jolies surprises.
La panthère, « métaphore de l'invisibilité, de l'évanescence, de la fugacité, de la délivrance » laisse sa place. Elle ne lutte pas face à « l'impératrice modernité » Elle est en voie de disparition et s'efface devant presque huit milliards d'hommes dont un grand nombre en marche cadencée vers ce qu'ils appellent le progrès. Leur progrès.
Sylvain Tesson nous dit son plaisir de voyager, de « pousser ses portes » et de s'envelopper dans la dévotion, prenant conscience du miracle du vivant. Nous sommes dans le plus beau musée nous dit-il et nous en sommes les pires conservateurs. Ce livre est en même temps un hymne à l'amour de la nature et de ses contraintes. C'est l'éloge du silence, de la patience, de l'attention décuplée, de la discrétion, de l'humilité. C'est aussi un plaidoyer pour ces bêtes si robustes, si combatives, si fortes et en même temps si fragiles parce que justement elles sont menacées et leurs jours sont comptés.
Une expédition de cette trempe même sur papier « ça vous réveille, ça fait jaillir des choses qui vous embellissent ». Moi ça m'a fait rêver. Rêver que j'étais dans le plus beau musée du monde gardé par les conservateurs les plus talentueux.
Je rends hommage au travail de Vincent Munier dont le livre: Tibet minéral animal est un formidable complément visuel à cette lecture et nous aide à illustrer nos rêves
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec   25 novembre 2019
Avec ce récit de voyage qui a récemment remporté le prix Renaudot, l’écrivain et globe-trotteur français Sylvain Tesson nous permet d’approcher l’un des plus mystérieux habitants du Tibet.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
NonFiction   18 novembre 2019
En chapitres brefs, denses, avec une forme d’autodérision qui le dispute au désenchantement, Sylvain Tesson livre un manifeste écologiste et antimoderne. [...] Le livre conduit son lecteur de réflexions en traits d’humour, de descriptions en méditations qui donnent à réfléchir et à rêver, et à se mettre à son tour à l’affût.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (897) Voir plus Ajouter une citation
CancieCancie   15 août 2022
Le principe du guet est d'endurer l'inconfort dans l'espoir qu'une rencontre en légitime l'acceptation.
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URVILLEURVILLE   06 août 2022
Que choisir? Vivre maigre sur les voies lactées ou ruminer au chaud dans la moiteur de ses semblables?
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URVILLEURVILLE   04 août 2022
Je m'étais dit qu'il était fort dommage d'affubler du même nom de chasseur l'homme éventrant le mammouth d'un coup d'épieu et le monsieur à double menton distribuant sa volée de plombs à un faisan obèse, entre le cognac et la chaource. L'usage d'un mot similaire pour qualifier des opposés n'arrange rien à la souffrance du monde.
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URVILLEURVILLE   04 août 2022
Des Tibétains passaient dont les bleus de travail confirmaient que la modernité est la clochardisation du passé.
Commenter  J’apprécie          40
CancieCancie   01 août 2022
Munier, bien que fort charitable, ne se prétendait pas humaniste. Il préférait la bête en l’œilleton de sa jumelle à l'homme en son miroir et ne plaçait pas l'être humain au sommet de la pyramide du vivant. Il savait que notre race, arrivée récemment dans la maison terrestre, s'en prétendait régente et assurait sa propre gloire par le dégommage intégral de ce qui n'était pas elle.
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Vidéo de Sylvain Tesson
« Je n'aime pas la mort. Mais je sais ce que je lui dois. Sans elle, la vie serait synonyme de l'ennui. La mort nous interdit de prendre la vie à la légère. Ce n'est pas son moindre mérite. C'est pour cela que je dessine pendus & suicidés depuis trente ans. Pour me rappeler qu'au bout du chemin, il n'y aura pas la possibilité de remettre une pièce dans la machine.
J'ai couvert des centaines de feuilles. Sur les routes, dans les cabanes, à bord des bateaux, je griffonnais. J'ai cinquante ans aujourd'hui, la mort m'a plutôt épargné, preuve que ma méthode était la bonne.
Ces dessins ne trahissent aucun goût pour le macabre : Au contraire, les petits pendus de mes carnets me sourient et me serinent en latin (la mort parle toujours le latin) : memento mori. Souviens-toi que tu es mortel. Dans le brouhaha d'une vie en fête, dans le contentement de soi et dans le désordre de nos heures, on aurait tendance à l'oublier. C'est un tort. »
Sylvain Tesson
Découvrir le livre : https://www.albin-michel.fr/noir-9782226473974
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