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EAN : 9782070793631
112 pages
Éditeur : Gallimard (08/09/2016)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 54 notes)
Résumé :
"Au bar des hôtels, dans la moiteur des spas, jusque dans les cuisines des restaurants, on commentait le naufrage : 'deux types… la télécabine… coincés'. Le vent avait forci, des gifles de grésil crépitaient contre les vitres. 'Ce doit être l’enfer, là-haut.'" Passer Noël coincé dans une cabine téléphérique, un désastre à gâcher les festivités ? Pas si sûr…

Six nouvelles, une philosophie de vie : aux quatre coins du monde, des héros ordinaires lâchen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  20 avril 2018
Au programme aujourd'hui : « Le Téléphérique » de Sylvain Tesson. En fait un petit livre regroupant six nouvelles : « Le barrage » - La bataille » - « La ligne » – « L'ermite « – « La lettre « – « Le téléphérique ».
Six petites nouvelles qui font un tour et puis s'en vont… Avec cet écrivain-journaliste-voyageur des temps modernes qu'est Sylvain, dont je lis dès que je le peux ses ouvrages et que j'admire pour son courage, toutes ses expéditions – président de la Guilde Européenne du Raid (ce que j'ai découvert avec « Éclats d'actions » de Jean Mouzet que j'ai chroniqué récemment) – amoureux de la Russie, de l'Asie centrale – intrépide jusqu'à sa dernière « bêtise «  (pour rester polie) mais qui ne l'a pas empêché de reprendre son bâton de pèlerin avec « Sur les chemins noirs » (chroniqué également) alors qu'il était encore un peu bancale… bref, un écrivain passionnant et attachant.
Ayant remarqué ce petit livre c'est par curiosité que je l'ai pris (et il faut reconnaître aussi à cause de l'auteur) car je ne suis pas une grande adepte des nouvelles. Mais je suis en train de réparer cela car elles peuvent souvent révéler de bien bonnes surprises.
Mais ici la question est : « Comment parler de ces six nouvelles aussi variées ? Je vais donc écrire quelques lignes sur chacune :
* La première, « Le barrage » a surtout pour sujet une belle description du fleuve Mékong, ce fleuve d'Asie du sud-est, qu'il va voir avec sa femme Marianne, récemment épousée. C'est l'occasion d'admirer la course de ce fleuve ocre, appelé par Marianne « de la terre liquide », Marianne qui, pour l'occasion, s'est mise à apprendre par coeur le fameux « Tao-tö-king » (dàodéjīng “道德經” « « Le livre de la Voie et de la Vertu », ouvrage écrit par Lao Tseu aux environs de 600 avant J.C. et fondateur du taoïsme).
Cette nouvelle est l'occasion pour l'auteur de parler de ce voyage vers « Le Fleuve Bleu, dragon serpentin aorte sacrée de l'Empire céleste ». L'occasion aussi de dénoncer les ravages causés par le progrès pour fournir « l'énergie » de la fée lumière à un peuple désireux de sortir de l'obscurité. le texte ressemble à un plaidoyer contre ce progrès et l'orgueil du pouvoir. D'ailleurs j'ai relevé en page 21 :
« C'était l'un de ces chantiers prométhéens tels que l'Europe de l'Ouest, anesthésiée par ses régulations, tétanisée par ses doutes, intoxiquée de haine de soi aurait été incapable de mener. Aux Trois-Gorges, il s'agissait de rien moins que de retenir les eaux détournées du Yang-tseu-kiang. Lui, le fleuve Bleu, le dragon serpentin, aorte sacrée de l'Empire céleste, allait se voir étranglé, jugulé, asservi par la volonté des ingénieurs, des hommes politiques et du peuple assoiffé d'énergie. (…) La lumière s'était allumée au plafonnier de la nouvelle Chine. A Pékin, on voulait son Assouan. »
C'est un très beau texte comportant également le fameux humour de notre écrivain ainsi que beaucoup de poésie.
* Je passe sur « La bataille », intéressante oui, mais j'ai moins été séduite.
* Pour « La ligne », il est question de coupure de courant et de la façon tout à fait stoïque de la population pour faire face et de montrer comment on peut se contenter de peu (question d'habitude).
* Dans « L'ermite », des pensées sur la solitude, de belles descriptions de la taïga coupée par la Lena.
* Concernant « La lettre », j'ai été un peu désorientée : qu'est venue faire cette nouvelle dans ce recueil ? J'aurais préféré rester dans la continuité bien que l'on puisse apprécier une certaine philosophie dont l'auteur sait faire usage. Donc, pas plus de « 解说词” (« commentaires).
* Et enfin, ô victoire, on arrive à ce fameux « Téléphérique » qui a donné le titre au recueil : cerise sur le gâteau, une nouvelle à savourer comme une friandise, s'en délecter et bien sûr, en rire.
C'est à l'occasion d'un Noël dans un chalet près du Mont Cervin, le majestueux Matterhorn (que j'ai eu la chance d'approcher lors d'un voyage à Zermatt – fermez la parenthèse personnelle). Greta s'acharne à préparer un repas pantagruélique, comme d'habitude, tandis que « Zermatt bruissait d'une nervosité anormale. (…) « Dans les rues, les rafales soulevaient des tourbillons de neige » (page 97). Mais on apprend que « deux pauvres types » affublés de noms d'oiseaux, allaient gâter la fête car ils sont dans une benne apparemment bloquée au-dessus du vide, alors qu'il fait déjà nuit.
Mais au lieu de « deux pauvres types », il s'agit tout simplement de Ernst et Karl qui ne pouvaient plus supporter ces repas plus que copieux. Malins, ils avaient fait en sorte de bloquer cette satanée nacelle et comptaient bien se payer un petit gueuleton au milieu des étoiles. Ils avaient prévu leur festin bien à eux et comptaient faire bombance dans une tranquillité tant attendue « digne de Zarathoustra ». Ils sont hilares, ravis de leur bonne blague quand… patatras… à suivre.
C'est vraiment hilarant.
Autant vous dire que j'ai bien savouré cette petite lecture même des nouvelles qui m'ont moins intéressée. Il y a toujours une petite leçon à en tirer. L'ensemble est un petit régal et démontre bien que Sylvain Tesson a du talent à revendre. Mais on sait cela depuis bien longtemps.
Vivement une de ses prochaines lectures, gros livre, petit livre, nouvelles… peu importe, je suis réconciliée car toute est passionnant avec lui. Il m'a gagnée à sa cause depuis un certain temps pour ne pas dire un temps certain et de plus, un autre bon point pour lui, il adore la Russie – il n'a pas peur du danger, au contraire il en rit, ce qui fait que je ne l'en estime que plus.
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Axelinou
  02 février 2018
J'aime bien la collection Folio 2€. Le prix, d'accord, mais aussi et surtout les choix.
6 nouvelles (extraites du recueil ‘S'abandonner à vivre'), 6 histoires, 6 invitations à méditer sur l'homme et les aléas de la vie.
‘Le barrage' et le village natal de Lao-tseu.
‘La bataille' de Borodino et son Napoléon local.
‘La ligne' électrique ou du boom de la libido après une coupure de courant.
‘L'ermite', de la taïga évidemment avec un tel auteur aventurier.
‘La lettre', seul bémol dans le recueil.
‘Le téléphérique' – Waouw – ou comment échapper à un Noël pantagruélique, sans le vouloir…
Cette dernière nouvelle mérite le détour !
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kathy
  20 avril 2019
Sylvain Tesson ou Une philosophie de vie
Recueil de 6 nouvelles :
Le barrage ou de la folie des hommes à vouloir, encore et toujours, dompter et maîtriser la nature -
La bataille ou de la persistance du lien marital amoureux quelles que soient les épreuves -
La ligne ou des progrès technologiques, supposés nous apporter, toujours plus de confort et de bien- être -
L'ermite ou de vouloir que tout être humain soit le clone de son voisin ; à défaut, on doit le psychiatriser -
La lettre ou de la nécessité (ou pas) de modifier le destin de chacun -
Le téléphérique ou l'art de faire un pied de nez aux conventions sociales.
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joguidon
  15 janvier 2020
Quelques nouvelles pour découvrir Sylvain TESSON. Une écriture magnifique qui mérite le terme "littérature". Des histoires courtes avec des thèmes différents. Toujours de l'émotion, de l'humain donc de la tristesse et du comique. A propos du barrage des "trois gorges" en Chine il écrit : "L'eau des lacs de retenue couvrait d'un linceul la patience et le génie ancestraux des cultivateurs de rizière. Il ne restait plus rien de l'habit d'arlequin des campagnes rizicoles, de ces plaines pareilles à des vitraux...des milliers de kilomètres carrés de marqueterie immémoriale avaient été engloutis.
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London16
  10 novembre 2019
Quel bijou! de "La ligne" ou du "Téléphérique", difficile de choisir une préférée. Deux superbes histoires en moins de 20 pages... Vous frappez fort M. Tesson! Vivement le Léopard des Neiges (2019) qui ne saurait plus tarder à rejoindre mes étagères...
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   21 avril 2018
Marianne et mi nous étions rencontrés aux Langues orientales dans le début d’une année dont la perspective me décourageait. (…) Elle avait fait irruption dans ma salle de conférences, croyant rejoindre sa propre étude. Elle avait reculé, bredouillant des excuses, je l’avais invitée à s’asseoir ; je ne sais pourquoi elle avait accepté – ou obéi. Les élèves avaient tourné la tête, elle avait rougi, j’avais donné ma leçon pour elle. Il s’agissait d’une analyse des contacts entre les Cosaques de la conquête de l’Extrême-Orient russe et les chamans de la taïga. « Prodigieusement emmerdant », me confia Marianne trois semaines plus tard. On s’était mariés en avril et, quand les gens nous demandaient comment nous nous étions rencontrés, je répondais que Marianne s’était trompée de porte.
P.13
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AgatheDAgatheD   14 juin 2017
Le choix avait procédé d'un débat ardent. Nous étions au lit, un dimanche de grande médiocrité météorologique :
- La Russie ! avais-je dit.
- Tu as vu comment s'habille Poutine ? Les Russes sont dingues et c'est trop grand, on va se perdre.
- Mais je connais bien la région, moi...
- Justement, il nous faut du nouveau. À tous les deux, avait-elle dit.
- Le Groenland, avais-je dit.
- Trouve toi une savoyarde qui porte des fourrures polaires.
- Le Japon? avais-je hasardé.
- J'aurais l'impression de réviser mes cours...
- Et le Pakistan ? avait-elle dit.
Depuis un séjour au Maroc j'avais contracté une aversion pour les terres d'islam, où les femmes rampent, écrasées de la culpabilité d'exister, assommées par des soleils d'enclume et le regard des hommes fiévreux de frustration.
- Jamais ! Les mecs te materont comme une pute parce que tu ne t'enfouiras pas sous un sac en toile de jute.
-La Chine, alors.
-Oui ! Mais où ?
- Le Yunnan!
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nadiouchkanadiouchka   30 avril 2018
Depuis un séjour au Maroc j’avais contracté une aversion pour les terres d’islam (…)
- La Chine, alors.
- Oui ! Mas où ?
- Le Yunnan !
Le mot signifiait le Sud nuageux et avait suffi à conquérir Marianne. Elle avait une théorie sur les régions subtropicales :
- On vit dans un brumisateur naturel. C’est bon pour le teint.
En outre, nous trouvions sain de mettre dix fuseaux horaires entre le désir de nous chérir et une famille adorablement envahissante.
Quinze jours avant le départ, Marianne apprit par cœur le Tao-tö-king.
P.14/15
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AgatheDAgatheD   01 juillet 2017
Lorsque je rencontrais un russe , je le rangeais dans l'une des cinq catégories sociomorphologiques auxquelles- pour le moment- aucun de mes interlocuteurs n'avait échappé .
Businessman arriviste enrichi par la chute de l'URSS: parasite qui doit sa prospérité au dépeçage de l'Union soviétique, individu flasque ,blanc et gros, cachant son manque d'éducation et sa crasse culturelle sous des vêtements lamentablement assortis, un amas de gadgets prétentieux et la satisfaction de soi-même, possède davantage le sens du kitsch que du beau, souvent moscovite , considère la nature comme un parc d'attractions et les bêtes sauvages comme des cibles pour le tir à la carabine.
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MARINENKAMARINENKA   18 décembre 2019
LE BARRAGE
Mon père avait fait visiter le Cambodge à ma mère. Quand elle avait perdu sa dent de porcelaine dans sa soupe aux fleurs de lotus, elle n’avait plus voulu ouvrir la bouche avant de regagner Sienn Reap et de trouver un dentiste. Leur union avait été ainsi inaugurée par un long silence qu’ils s’étaient ensuite chargés de combler.
( p.12)
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Vidéo de Sylvain Tesson
Extrait de "Éloge de l'énergie vagabonde" de Sylvain Tesson lu par Léo Dussollier. Parution numérique le 17 décembre 2021.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/eloge-de-lenergie-vagabonde
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