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EAN : 9782226473974
288 pages
Albin Michel (04/05/2022)
3.76/5   125 notes
Résumé :
« Je n'aime pas la mort. Mais je sais ce que je lui dois. Sans elle, la vie serait synonyme de l'ennui. La mort nous interdit de prendre la vie à la légère. Ce n'est pas son moindre mérite. C'est pour cela que je dessine pendus & suicidés depuis trente ans. Pour me rappeler qu'au bout du chemin, il n'y aura pas la possibilité de remettre une pièce dans la machine.

J'ai couvert des centaines de feuilles. Sur les routes, dans les cabanes, à bord des bat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Quand on aime Sylvain Tesson, on le lit, même si l'on pressent que tel livre ne sera pas à la hauteur de nos attentes, même si quelquefois il peut lasser avec ses aphorismes trop souvent faciles ou douteux.

Donc, un livre sur la mort et plutôt le suicide, pourquoi pas? Pour la mort, Sylvain enfonce une porte béante en évoquant son caractère inéluctable. Il est plus discernant et analyste lorsqu'il constate la fuite en avant de l'humain qui souhaite oublier la faucheuse ou peut-être la réserver aux autres, tous ces braves types, comme disait Brassens.

Dans ce livre, j'ai apprécié ses belles références évangéliques, récurrentes dans ses écrits d'agnostique prétendu. J'aime également sa lucidité exprimée devant les douleurs de la vie, les deuils, pour lui la perte de sa mère par exemple. Lucidité également sur sa survie après un accident survenu par excès de confiance, manque de précautions, ou peut-être laisser-faire du destin.

Pour les dessins, c'est très inégal. Il annonce la couleur en disant qu'il n'est pas dessinateur. Alors, il a un peu trop abusé des pendus et des suicidés au pistolet. Humour très noir, cynisme, chacun y verra ce qu'il ressent. J'ai bien aimé la femme fatale et sa tresse à usage suicidaire.

Après Noir, je pense lire Blanc, sur un thème bien différent, mais avec peut-être une proximité puisque le blanc des neiges efface tout.
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La mort est le sujet dans notre société d'un grand tabou : on ne la côtoye plus comme au Moyen Âge ; plus de veillée de défunt comme dans les campagnes, on la voyait physiquement , les gens "vivaient avec et c'était naturel ". Regardez comme la couleur des corbillards a changé ! Nous sommes passés au gris ou du bordeaux ..comme pour l'occulter, la masquer .. ;
Les derniers évènements que nous avons vécu, nous ont rappelé à l'ordre : l'homme est bien un être mortel.!!.. et cette réalité là, ce n'est pas que de la philosophie à l'école ! Cela a été le sujet préféré du romantisme et des poètes ...
Ici, Sylvain Tesson l' aborde de manière philosophique, poétique , à travers son humour et ses dessins de manière très personnelle . ..il porte d'ailleurs des bagues " têtes de mort" que l'on appelle des vanités...qui lui rappelle sa "condition humaine" . L'aventurier dans l'âme, qui par ses périples et ses péripéties de voyageur, l'a sûrement nargué à de nombreuses reprises et l'a côtoyé de près !..
Je viens vous faire partager une phrase qui m'accompagne depuis très longtemps : " S'amuser c'est tromper la mort" disait Pascal..

Les dessins de ses petits pendus sont parfois dans d'étranges situations, parfois très sarcastiques et étrangement poétiques...cet ouvrage reste une curiosité et atteste de la singulière personnalité de cet homme, immense arpenteur qui nous rapporte les échos du monde.
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Un bijou d'humour noir !
Tout commence par un texte intérêssant.
Une réflexion tout-à-la fois sérieuse et amusante sur notre rapport à la mort et au suicide avec de nombreux auteurs cités et un récapitualatif des différents mode de suicide
Passons à ses dessins.
Si la qualité graphique est toute simple ( quoique ! ). L'humour et l'esprit sont au rendez-vous et je n'en attendais pas moins.
Merci Monsieur Tesson
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Un livre qui résonne particulièrement à mes oreilles, surtout en ce moment où je traverse une longue vague de dépression, avec idées suicidaires résistantes, alors comme à chaque fois j'ai décidé de soigner le mal par le mal et j'en sors avec une meilleure connaissance de ma maladie.
Ce n'est pas un essai scientifique pourtant mais il me parle et exprime à travers les dessins parfaitement ce qu'est la mélancolie, le profond sentiment que des questions existentielles laissent dans l'esprit, ce sentiment de ne servir à rien, de n'arriver à rien, de n'être rien. Il n'y a pas forcément de haine de soi comme le montre ces dessins de pendus, mais plutôt une recherche de soi, se rappeler qu'on est mortel et donc vivant, car l'un ne va pas sans l'autre. Repousser ses pulsions négatives par les écrits et les dessins, c'est aussi ce que je fais même si je n'ai pas le talent de Sylvain Tesson, ça m'aide tout comme ce livre m'aide dans ma survie. On est bien peu au milieu de la vie, de l'univers et parfois ça fait peur alors expier ce sentiment lourd à travers l'art donne souvent du positif et on touche directement au coeur de l'artiste.
Le livre est découpé en deux parties, la première sur les textes avec de très belles tournures de phrases, et des références dont j'ai pris note, et la seconde sur des dessins parfois humoristique. L'un comme l'autre se complètent pour former une entité pleine de vie, sur le fil certes, mais une vie quand même. J'aurais beaucoup à raconter sur moi et mon rapport à ce livre mais ce n'est ni le lieu ni le sujet. Les textes sont marquants, intelligents et laisse un goût doux-amer sur les lèvres.
J'aurais aimé terminer avec une citation mais j'en retiens trop pour m'attarder sur une seule, c'est pourquoi je vous conseil plutôt de vous procurer le livre et d'en faire l'expérience par vous-même. Même si les dessins sont sommaires, ils racontent une histoire pour peu qu'on s'y attarde.
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250 croquis principalement de pendus comme pour nous rappeler, non sans ironie, que la vie ne tient qu'à un fil.

Expression qui remonterait ou puiserait ses origines dans la mythologie grecque ou romaine et ferait référence aux Moires ou aux Parques qui étaient les divinités maîtresses de la destinée humaine.
Les trois Moires, ou Moirai, s'appelaient Clotho, Lachésis et Atropos. Ces filles de Nyx sont des fileuses qui travaillent sur le même rouet :
La plus jeune, Clotho ou la fileuse, représentée avec une quenouille qui avait pour don de tenir le fil des destinées humaines, et donc tisse le fil qui représente la vie ;
La seconde prénommée Lachésis ou le sort avait pour tâche de placer le fil sur le fuseau, le déroule et le mesure ;
et enfin Atropos, l'impitoyable, l'inévitable, l'implacable, littéralement « celle qui ne tourne pas » décide de l'instant auquel elle coupera le fil, mettant un terme à la vie quand bon lui semblait. Bien sûr, les terriens ne pouvaient en aucun cas connaitre leur destinée telle qu'elle était réservée par ces 3 soeurs.
Elles règlent le destin des hommes, le destin étant la loi universelle du monde, il est supérieur même aux immortels.
Tout être possède sa moira, sa destinée, sa part ou son lot de bonheur et de malheur dans l'existence.
Leur nom provient d'un mot qui signifiait « part » ou « lot », dans le sens de « ce qui est à dévolu à chacun ». « Sa part n'était pas d'être aimée » ou « Son lot était d'être malheureux », voici le genre de phrases que les Grecs employaient pour décrire les divers destins dont les Moires affligeaient non seulement les mortels, mais aussi les immortels : car ces derniers devaient également se soumettre aux cruelles sentences des Moires.

Sylvain Tesson nous renvoie lui aussi à l'antiquité : "Sur le linteau d'entrée des cimetières de la Rome antique, le visiteur lisait cet aphorisme gravé sous un crâne : « Tu seras ce que je suis, je fus ce que tu es. ». (la mort parle latin) : Memento mori, « Souviens-toi que tu es mortel ». Dans le brouhaha d'une vie en fête, dans le contentement de soi et le désordre de nos heures, on a tendance à l'oublier. C'est un tort."

Alors ces dessins aussi simples soient-ils sont un formidable pied-de-nez, à la mort. C'est parfois cynique, souvent drôle, voire poétique, en prise directe avec l'actualité, mais une chose est certaine cela nous pousse à aller au delà du dessin...
Le texte qui les accompagne en préambule est lui aussi riche de réflexions, ne serait-ce que par rapport au vécu de l'auteur même s'il précise avoir commencé ces dessins bien avant avoir, lui-même, frôlé la mort. Ainsi qu' une mise au point sur la désinvolture que certains y verraient. Il le dit lui-même :
"Mes dessins ne se gaussent pas de la mort volontaire, ils la nomment pour la tenir au loin"

Et selon le théorème stoïcien cité : "Supprimer la mort serait la pire insulte au charme de la vie. La valeur de l'existence tient à sa brièveté."

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critiques presse (7)
LeJournaldeQuebec
26 septembre 2022
Ce livre réunit 250 de ces étonnants dessins qui nous feront tantôt sourire, tantôt réfléchir.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Culturebox
02 septembre 2022
Il publie un carnet de textes et de dessins intitulé Noir aux éditions Albin Michel, un florilège de dessins de pendus, en noir et blanc.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaLibreBelgique
25 août 2022
La corde, mais aussi le pistolet pointé sur la tempe. La couverture de Noir, le nouveau livre de Sylvain Tesson, est explicite. La mort guette. Pas n'importe laquelle : celle que l'on se donne.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Culturebox
20 juin 2022
Par ses croquis mordants, l’écrivain offre une critique très caustique de la société.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeFigaro
07 juin 2022
L'auteur de La panthère des neiges vient de publier un livre de textes et dessins autour de la mort. Ni macabre, ni sordide, plutôt une ode à la vie.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
SudOuestPresse
08 mai 2022
Sylvain Tesson se livre à une réflexion toute personnelle sur notre rapport à la mort. L’écrivain voyageur explique préférer la conjurer « sans cécité ni sarcasme ».
Lire la critique sur le site : SudOuestPresse
Quitte à en énerver parfois dans ce bouquin de notes et de crayonnages, par la puérilité de charades éventées de corde à piano et note fausse. Mais son agilité littéraire, plus que physique désormais, fascine.
Lire la critique sur le site : LaTribuneDeGeneve
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Rappeler cette évidence - la plus ignorée et la plus déniée - constitua l’un des motifs de la littérature - le plus banal et le plus superbe.

Dans Adolphe, Benjamin Constant décrit la mort d’Ellénore. La scène (comme tout le roman) est atroce. Des amis entourent l’amante sur son lit d’agonie. Ils font distraitement des prières. Adolphe : « […] j’entendais ces hommes répéter machinalement les paroles funèbres, comme si eux aussi n’eussent pas dû être acteurs un jour dans une scène pareille, comme si eux aussi n’eussent pas dû mourir un jour. »

Dans l’Énéide, que récitent les 15–17 ans à la récréation, Virgile dit : Stat sua cuique dies, "à chacun son jour fixé" . Et l’Évangile nous le serine depuis deux mille ans : "Nous ne savons ni le jour ni l’heure."
Malgré Virgile, malgré Constant, malgré le Christ, nous continuons à danser, persuadés que la mort ne viendra pas.
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Je ne dis pas " tout finira mal, fanfaronner gaiement." Je dis le contraire : "Arrière la mort! Je ne joue pas les bravaches avec toi. Je sais que tu veilles. Je pense à toi car j'aime vivre".
Et ainsi continué-Je à noircir mes planches. Peut-être la mort tardera-t- elle un peu à m'appeler. Si cela ne la retarde pas, je m'en balance.
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Rien ne console le deuil. Surtout pas les condoléances des invités aux obsèques. Ceux-ci vous serrent dans leurs bras, la mine décomposée quoique très composée. En réalité ils ne pensent qu'à une chose: le déjeuner.
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Supprimer la mort serait la pire insulte au charme de la vie. La valeur de l'eistence tient sa briéveté, théorème stoïcien. Pourtant, certains esprits poussent la passion d'eux-mêmes jusqu'à rêver à « l'homme millénaire » ! Les laborantins du transhumanisme travaillent en ce moment à ce rêve faustien. Le simple désir de prolonger de mille ans son existence est la preuve d'une défaillance intérieure et d'un prurit narcissique qui rendra très pénible l'élongation des années.
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S'il est accroché à un arbre, il pend, parallèle au tronc. L'arbre pleure alors une larme humaine. S'il continue à pousser, l'arbre emporte le pendu vers la lumière.
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Vidéo de Sylvain Tesson
Deuxième épisode de notre podcast avec Sylvain Tesson.
L'écrivain-voyageur, de passage à la librairie pour nous présenter son récit, Avec les fées, nous parle, au fil d'un entretien, des joies de l'écriture et des peines de la vie, mais aussi l'inverse, et de la façon dont elles se nourrissent l'une l'autre. Une conversation émaillée de conseils de lecture, de passages lus à haute voix et d'extraits de la rencontre qui a eu lieu à la librairie.
Voici les livres évoqués dans ce second épisode :
Avec les fées, de Sylvain Tesson (éd. des Équateurs) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/23127390-avec-les-fees-sylvain-tesson-equateurs ;
Blanc, de Sylvain Tesson (éd. Gallimard) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/21310016-blanc-une-traversee-des-alpes-a-ski-sylvain-tesson-gallimard ;
Une vie à coucher dehors, de Sylvain Tesson (éd. Folio) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/14774064-une-vie-a-coucher-dehors-sylvain-tesson-folio ;
Sur les chemins noirs, de Sylvain Tesson (éd. Folio) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/14774075-sur-les-chemins-noirs-sylvain-tesson-folio ;
Le Lys dans la vallée, d'Honoré de Balzac (éd. le Livre de poche) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/769377-le-lys-dans-la-vallee-honore-de-balzac-le-livre-de-poche.
Invité : Sylvain Tesson
Conseil de lecture de : Pauline le Meur, libraire à la librairie Dialogues, à Brest
Enregistrement, interview et montage : Laurence Bellon
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Les Éclaireurs de Dialogues, c'est le podcast de la librairie Dialogues, à Brest. Chaque mois, nous vous proposons deux nouveaux épisodes : une plongée dans le parcours d'un auteur ou d'une autrice au fil d'un entretien, de lectures et de plusieurs conseils de livres, et la présentation des derniers coups de coeur de nos libraires, dans tous les rayons : romans, polar, science-fiction, fantasy, BD, livres pour enfants et adolescents, essais de sciences humaines, récits de voyage…
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