AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782226473974
288 pages
Albin Michel (04/05/2022)
4.04/5   13 notes
Résumé :
« Je n'aime pas la mort. Mais je sais ce que je lui dois. Sans elle, la vie serait synonyme de l'ennui. La mort nous interdit de prendre la vie à la légère. Ce n'est pas son moindre mérite. C'est pour cela que je dessine pendus & suicidés depuis trente ans. Pour me rappeler qu'au bout du chemin, il n'y aura pas la possibilité de remettre une pièce dans la machine.

J'ai couvert des centaines de feuilles. Sur les routes, dans les cabanes, à bord des bat... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Aquilon62
  19 mai 2022
250 croquis principalement de pendus comme pour nous rappeler, non sans ironie, que la vie ne tient qu'à un fil.
Expression qui remonterait ou puiserait ses origines dans la mythologie grecque ou romaine et ferait référence aux Moires ou aux Parques qui étaient les divinités maîtresses de la destinée humaine.
Les trois Moires, ou Moirai, s'appelaient Clotho, Lachésis et Atropos. Ces filles de Nyx sont des fileuses qui travaillent sur le même rouet :
La plus jeune, Clotho ou la fileuse, représentée avec une quenouille qui avait pour don de tenir le fil des destinées humaines, et donc tisse le fil qui représente la vie ;
La seconde prénommée Lachésis ou le sort avait pour tâche de placer le fil sur le fuseau, le déroule et le mesure ;
et enfin Atropos, l'impitoyable, l'inévitable, l'implacable, littéralement « celle qui ne tourne pas » décide de l'instant auquel elle coupera le fil, mettant un terme à la vie quand bon lui semblait. Bien sûr, les terriens ne pouvaient en aucun cas connaitre leur destinée telle qu'elle était réservée par ces 3 soeurs.
Elles règlent le destin des hommes, le destin étant la loi universelle du monde, il est supérieur même aux immortels.
Tout être possède sa moira, sa destinée, sa part ou son lot de bonheur et de malheur dans l'existence.
Leur nom provient d'un mot qui signifiait « part » ou « lot », dans le sens de « ce qui est à dévolu à chacun ». « Sa part n'était pas d'être aimée » ou « Son lot était d'être malheureux », voici le genre de phrases que les Grecs employaient pour décrire les divers destins dont les Moires affligeaient non seulement les mortels, mais aussi les immortels : car ces derniers devaient également se soumettre aux cruelles sentences des Moires.
Sylvain Tesson nous renvoie lui aussi à l'antiquité : "Sur le linteau d'entrée des cimetières de la Rome antique, le visiteur lisait cet aphorisme gravé sous un crâne : « Tu seras ce que je suis, je fus ce que tu es. ». (la mort parle latin) : Memento mori, « Souviens-toi que tu es mortel ». Dans le brouhaha d'une vie en fête, dans le contentement de soi et le désordre de nos heures, on a tendance à l'oublier. C'est un tort."
Alors ces dessins aussi simples soient-ils sont un formidable pied-de-nez, à la mort. C'est parfois cynique, souvent drôle, voire poétique, en prise directe avec l'actualité, mais une chose est certaine cela nous pousse à aller au delà du dessin...
Le texte qui les accompagne en préambule est lui aussi riche de réflexions, ne serait-ce que par rapport au vécu de l'auteur même s'il précise avoir commencé ces dessins bien avant avoir, lui-même, frôlé la mort. Ainsi qu' une mise au point sur la désinvolture que certains y verraient. Il le dit lui-même :
"Mes dessins ne se gaussent pas de la mort volontaire, ils la nomment pour la tenir au loin"
Et selon le théorème stoïcien cité : "Supprimer la mort serait la pire insulte au charme de la vie. La valeur de l'existence tient à sa brièveté."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
VictorhugoLH
  09 mai 2022
Cela peut paraitre macabre, au départ, cette idée de dessiner des suicidés.
Puis (ou, plutôt, d'abord) on lit le court texte qui introduit ces dessins, expliquant les idées qui se cachent derrière.
Et l'on se dit que, en effet, la Mort est là, présente, à nous attendre, ce qui doit rendre la vie plus belle encore.
La vie mouvementée de Sylvain Tesson en est le plus bel exemple.
Saluer la mort pour se sentir vivant.
L'écriture de l'auteur est toujours pleine de poésie, de beauté, de réflexion sur ce monde.
On peut, éventuellement, reprocher le fait qu'il n'y a pas assez de textes. On en voudrait plus.
Mais ce livre est avant tout un recueil de dessins.
Et, parfois, les dessins en disent plus que les mots. C'est parfaitement le cas, ici. Il y a, malgré ce regard sur la mort, de l'humour, mais aussi de la réflexion, si on lit ce qui se cache derrière les images.
A mes yeux, c'est réussi. Alors, bonjour la Mort, on se verra. Mais pas de suite. Pour l'instant, j'ai encore trop à lire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
LaVieenLivresdeFrancoise
  04 mai 2022
Synchronicité, hasard, appelons ça on on le désire, voilà que j'étais en train de relire L'étranger de Camus qui nous conte l'absurdité de l'existence, la difficulté de donner un sens à sa vie et voilà que l'on m'offre le nouvel ouvrage de Sylvain Tesson, NOIR aux éditions Albin Michel 🖤
Je découvre la première page et que vois-je? Une citation d'Albert Camus dans le Mythe de Sysiphe! "Il n'y a qu'un problème philosophiquement sérieux: c'est le suicide"!
Je poursuis la découverte, un sourire au bord des lèvres de ce concours de circonstances, commence ma lecture et me voilà embarquée dans les réflexions, ressentis et souvenirs de Sylvain Tesson sur la mort et sur ce qu'en ont dit les écrivains et philosophes par delà les temps!
Macabre penserez vous? Que nenni!
Sylvain Tesson désire simplement nous rappeler le côté éphémère de notre existence et nous dire que s'il pense à la mort, c'est parce qu'il aime vivre!
Contradictoire direz vous? Que nenni!
Sylvain Tesson, par ses nombreux dessins de pendus et suicidés de 1995 à 2022 nous rappelle cette évidence la plus ignorée et la plus déniée, un jour nous tomberons!
Mais! En attendant ce jour, tenons donc la mort au loin, conjurons le sort, pensons à elle car nous aimons vivre!
Sylvain tesson résume ses dessins au fil du temps par "Craindre la mort. Jouer avec elle. En rire. Zig et Zig et Zag"
Découvrons alors ses nombreux dessins qui selon votre ressenti, pourraient vous faire sourire, parfois éclater de rire par les textes qui ponctuent ses illustrations, ou au contraire vous désespérer si vous n'avez pas envie de jouer avec cette idée là!
Sur mon blog et mes pages de réseaux sociaux, j'ai eu envie de faire un pied de nez à cette oeuvre, dans l'esprit "jouons, jouons" de Sylvain Tesson, photographier son livre NOIR avec un coquelicot bien rouge, cette fleur éphémère qui défiait la vie en poussant parmi les pierres et les cailloux, cette fleur, fragile et forte à la fois qui nous envoie un joli signe "Profitons de tous les instants heureux aussi infimes soient ils" 🌺
Et c'est ce que je vais m'efforcer de faire, Sylvain Tesson, ce sont les dessins, pour moi, ce sont les coquelicots! Et pour vous, c'est quoi votre remède?
Belle lecture à vous!


Lien : https://www.facebook.com/La-..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
TroubleBibliomane
  12 mai 2022
On pourrait discuter des heures entières du rapport que Sylvain Tesson entretient avec la mort sans jamais avoir la certitude d'y trouver une vérité. Noir, qui sortira aux éditions Albin Michel le 4 mai, propose quelques pistes écrites et dessinées pour entrevoir un peu plus de l'esprit sibyllin de l'auteur de la panthère des neiges (Gallimard).
Sylvain Tesson croque des pendus depuis trente ans en désarmant l'acte de mort pour le changer en situation cocasse, drolatique ou terriblement sarcastique. du pendu à un arbre à celui qui défie la faucheuse, le décès prête à sourire, le macabre n'existe plus sous le coup de plume de l'auteur et laisse place à l'audace de rendre la mort présente au quotidien pour mieux rappeler l'importance de la vie. de noir, il n'y a que la couleur de l'ouvrage, les dessins, eux, montrent simplement que nous sommes encore là pour les voir !
On croirait lire Montaigne dans ses Essais lorsque Sylvain Tesson revient sur l'expérience qui changea en grande partie sa vision de la mort – à défaut de chuter d'un cheval, il chute du toit. D'une expérience dramatique, il tire quelques pensées philosophiques sur cette peur constante de la mort : à trop y penser, on ne vit plus. A ne jamais y penser, on se fait prendre par surprise.
Alors comment faire ? A coup de bagues en forme de crâne qui rappellent le vieil adage du memento mori ? Oui, certes, mais pas seulement. Dessiner le pendu sous toutes ses formes pour le tourner au ridicule, dompter la mort par le dessin et s'en éloigner le plus possible ? Totalement, mais ne jamais oublier qu'elle reste l'unique issue.
Alors l'auteur et voyageur dresse quelques pensées connues de l'Antiquité à nos jours osant aborder sans fard la question de la mort et la pendaison. Cendrars, Jankélévitch ou Billie Holiday font partie du panel qui illustre sa philosophie de vie (ou de mort) pour laisser place aux dessins en seconde partie d'ouvrage. Décalés et prêtant à faire sourire la majeure partie du temps, le pendu de Sylvain Tesson n'a plus rien d'un simple suicidé à travers ces deux cents croquis.
A une ère post épidémie dans laquelle la mort devient un concept que l'on souhaiterait mentionner le moins possible, Noir fera sûrement grincer les dents de certains lecteurs qui n'adhèreront pas l'anticonformisme de cette pensée et en confortera d'autres qui ne cesseront d'imaginer la vie à travers la mort. A savoir désormais où se trouve le juste milieu ! Mais Sylvain Tesson prend soin de ne pas mentionner Aristote pour nous le dire…
Lien : https://troublebibliomane.fr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
micetmac
  22 mai 2022
Je me fais la réflexion que le personnage est clivant.
Tesson est-il d'abord un écrivain ? Certes, et il a de la plume. Il écrit bien le bougre, on peut s'entendre là-dessus. Presque trop, j'ai eu la sensation parfois de le voir, le stylo en l'air comme figé, à tenter de saisir la parfaite sentence et la claquer sur la page, au détriment de la spontanéité.
De lui j'ai beaucoup aimé ses Chemins noirs, et un peu Bérézina. Et je n'ai pas trop lu en fait. le personnage m'a rattrapé. Je n'aime pas les donneurs de leçon. Ce côté bon client de la Grande Librairie, avec son rond de serviette permanent. Ses phrases toutes faites, son léger mépris du polar, etc...
Tesson me fait parfois songer à Yann Moix avec un sac à dos.
Mais je m'en foutais un peu. On a tous nos têtes.
Et il règne sur les Lettres françaises Tesson. Son emprise sur ces dernières explique sans doute la sortie de son dernier livre. Condensé de croquis figurant des pendus.
Que du papier en crise ait été utilisé pour ce recueil me laisse perplexe, litoterais-je pour éviter de suggérer vulgairement un gonflement agaçant du volume de mes testicules.
L'entube. Je ne comprends pas. Mal griffonnés, ces dessins confirment que Tesson a de noires pensées, il n'a pas été épargné par les coups du sort et que finalement mieux vaut aimer la vie quand même.
Ooooook. Moi aussi. Et nombre de personnes de mon entourage également. Comment dire ? On fait avec. Comme Tesson. À la différence que nous, on ne se prend pas pour Franquin...
Lien : https://micmacbibliotheque.b..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10


critiques presse (2)
SudOuestPresse   08 mai 2022
Sylvain Tesson se livre à une réflexion toute personnelle sur notre rapport à la mort. L’écrivain voyageur explique préférer la conjurer « sans cécité ni sarcasme ».
Lire la critique sur le site : SudOuestPresse
LaTribuneDeGeneve   08 mai 2022
Quitte à en énerver parfois dans ce bouquin de notes et de crayonnages, par la puérilité de charades éventées de corde à piano et note fausse. Mais son agilité littéraire, plus que physique désormais, fascine.
Lire la critique sur le site : LaTribuneDeGeneve
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
DLNDLN   21 mai 2022
La mort, amante affolante en cuissardes de cuir, n'a plus alors qu'à se coucher sur le tapis nuptial fleuri des mandragores inavouables nées de l'éjaculation.
Commenter  J’apprécie          00
DLNDLN   21 mai 2022
Le pendu est le fil à plomb de la mort.
Commenter  J’apprécie          20
DLNDLN   20 mai 2022
"La pensée du suicide est une puissante consolation", dit Nietzsche. Arrière la mort ! dis-je moi-même.
Commenter  J’apprécie          20
DLNDLN   19 mai 2022
Oui, je dessine à la plume pendus et suicidés pour repousser la mort.
Commenter  J’apprécie          30
Aquilon62Aquilon62   12 mai 2022
Rappeler cette évidence - la plus ignorée et la plus déniée - constitua l’un des motifs de la littérature - le plus banal et le plus superbe.

Dans Adolphe, Benjamin Constant décrit la mort d’Ellénore. La scène (comme tout le roman) est atroce. Des amis entourent l’amante sur son lit d’agonie. Ils font distraitement des prières. Adolphe : « […] j’entendais ces hommes répéter machinalement les paroles funèbres, comme si eux aussi n’eussent pas dû être acteurs un jour dans une scène pareille, comme si eux aussi n’eussent pas dû mourir un jour. »

Dans l’Énéide, que récitent les 15–17 ans à la récréation, Virgile dit : Stat sua cuique dies, "à chacun son jour fixé" . Et l’Évangile nous le serine depuis deux mille ans : "Nous ne savons ni le jour ni l’heure."
Malgré Virgile, malgré Constant, malgré le Christ, nous continuons à danser, persuadés que la mort ne viendra pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60

Videos de Sylvain Tesson (109) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvain Tesson
C à vous https://bit.ly/CaVousReplay C à vous la suite https://bit.ly/ReplayCaVousLaSuite
— Abonnez-vous à la chaîne YouTube de #CàVous ! https://bit.ly/2wPCDDa —
Et retrouvez-nous sur : | Notre site : https://www.france.tv/france-5/c-a-vous/ | Facebook : https://www.facebook.com/cavousf5/ | Twitter : https://twitter.com/CavousF5  | Instagram : https://www.instagram.com/c_a_vous/
Au programme de C à vous la suite : Invité : Sylvain Tesson • Sylvain Tesson croque la mort • Sylvain Tesson : Noir c'est noir • Sylvain Tesson, à la vie à la mort • Sylvain Tesson : Vive la mort ! • Sylvain Tesson : trompe la mort ! • Sylvain Tesson : la corde sensible • Sylvain Tesson, tomber 7 fois, se relever 8 Invitée : Annick Cojean, grand reporter “Le Monde” • Je ne serais pas arrivée là si… • Les héroïnes d'Annick Cojean La Story médias - « Archives secrètes », les copains d'abord L'ABC - Les actualités de Bertrand Chameroy • Éric Zemmour candidat aux législatives de Saint Tropez • Procès de l'année : Francis Lalanne VS Fort Boyard • Eurovision : ça sent bon pour les Français • Quand on parle porno au Sénat  • Pierre Cosso : invité surprise pour Babeth
+ Lire la suite
autres livres classés : sarcasmesVoir plus
Notre sélection Non-fiction Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Sylvain Tesson

Quelle formation a suivi Sylvain Tesson ?

histoire
géographie
russe
urbanisme

10 questions
204 lecteurs ont répondu
Thème : Sylvain TessonCréer un quiz sur ce livre