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EAN : 9782849906798
94 pages
Editions des Equateurs (30/04/2019)
4.05/5   73 notes
Résumé :
À l’esprit, dans l’ordre : l’effroi, les analyses, les souvenirs. L’effroi, c’est l’impensable mêlé au sublime. Les images du brasier sont belles. Beauté horrifique, gravure en fusion de Gustave Doré. Tout homme a un rendez-vous quotidien avec le paysage qu’il habite. Je vis sur les quais de la Seine, entre l’église Saint-Julien- le-Pauvre où fut enterrée ma mère et l’église Saint-Séverin où fut baptisé Huysmans. Notre-Dame est là, tout près, reine mère de sa couvée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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Jolap
  21 juin 2019
« A l'esprit dans l'ordre : l'effroi, les analyses, les souvenirs. »
Lorsque Sylvain Tesson s'exprime, que ce soit par écrit ou oralement, je me transforme en statue. Je n'ai strictement rien à dire. Je l'écoute béatement. Je le lis attentivement, religieusement .C'est la raison qui m'a poussée à le citer abondamment .Je ne sais pas mieux faire.
Cet homme aux connaissances nombreuses précises et variées, ce voyageur infatigable, ce funambule, cet amateur de situations extrêmes et parfois extrêmement risquées semble aller chercher tellement loin ses ressentis, ses émotions qu'il me semble superflu d'ajouter ma patte.
Sylvain Tesson et Notre-Dame de Paris ont vécu des heures et des heures dans la plus stricte intimité. Ils se connaissent. Ils s'apprécient. Mieux ils s'aiment. Cet ouvrage donne vie à la cathédrale. Elle semble le confirmer.
L'auteur qui de sa fenêtre plongeait directement sur la cathédrale se souvient de « ses pitreries » lorsqu'étudiant il s'amusait à escalader cette fameuse flèche. En 2014 il est tombé d'un toit et ce grave accident a nécessité patience courage, espoir et volonté.
C'est en montant tous les jours l'escalier étroit en colimaçon qui permet d'acceder aux tours de Notre Dame que Sylvain Tesson a choisi d'effectuer sa rééducation. Il disait alors qu'il ressemblait à une gargouille. Il dit aussi devoir sa vie à Notre-Dame.
Très attaché à ce monument, à ce « vaisseau de pierre », il lui semblait sans doute évident de publier un livre (7euros) dont les bénéfices seront reversés à la Fondation du Patrimoine. La cathédrale lui a sauvé la vie, il fait ce qu'il sait si bien faire. Il écrit, il l'évoque, il l'a met à l'honneur. Il lui rend hommage. Il aide à sa reconstruction en vendant ses livres comme elle l'a aidé à la sienne en lui offrant son escalier.
La cathédrale sera sauvée. Aussi. Sa remise en état demandera beaucoup de temps de patience, de courage, d'espoir et de volonté (s). Aussi. L'histoire d'un homme intimement mêlée à l'histoire d'un édifice. Notre Dame de Paris Ô reine de douleur. C'est cette histoire que Sylvain Tesson est venu nous raconter.
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berni_29
  11 septembre 2019
Dans un ouvrage précédent, Une très légère oscillation, Sylvain Tesson avait nommé Notre-Dame de Paris : Notre-Dame du bon secours. Il évoquait déjà ses folles escapades jusqu'au beffroi, jusqu'aux gargouilles, jusqu'à la flèche. C'était celle qui l'avait aidé plus tard en 2015 à se relever, lorsqu'il avait fait une chute terrible d'un toit, accident qui aurait pu lui être fatal, lui cabossé tel un Quasimodo bourlingueur, agité d'azur, assoiffé de vertige, ivre de toits et d'espace. C'est dans l'ascension de ses quatre cent-cinquante marches qu'il avait alors entrepris sa lente rééducation, Notre-Dame de Paris l'avait aidé à se reconstruire, à se redresser dans cette obsession de la verticalité, se donnant un rendez-vous rituel avec ses tours. C'est beau un homme qui se relève.
Par solidarité, la disgrâce des gargouilles semblait alors le consoler peu à peu.
Il a fallu qu'un certain 15 avril 2019, la belle dame brûle pour que des millions de gens soit tristes, sidérés, pour que Sylvain Tesson se rappelle à la gratitude du bel édifice et publie ce livre intitulé Notre-Dame de Paris Ô reine de douleur, composé de trois textes, dont un écrit le soir même du grand brasier.
Comme il le dit, avec toujours un brin de détachement et d'ironie, ce petit livre permettra peut-être d'« apporter sa pierre à la restauration de l'édifice ».
Sylvain Tesson dit son amour et sa douleur, comme évoquant presque une compagne meurtrie.
Chacun de nous se rappelle sans doute avec précision ce qu'il faisait, où il était ce soir-là, apprenant la nouvelle sidérante. Je n'étais pas très loin de Paris, à Bray-et-Lû, en vacances dans un vieux moulin restauré datant du dix-huitième siècle, sans le moindre poste de télévision, dans l'impossibilité de capter la moindre connexion internet dans cet endroit de campagne. Durant l'après-midi, nous avions admiré les très beaux jardins de Monet, à Giverny. Ce n'est que le lendemain que nous avons appris la nouvelle par la radio de la voiture. Les images sont venues après...
Le temps des cathédrales n'est pas le temps humain. Il n'est pas le temps présidentiel, ni le temps olympique. Encore moins le temps des réseaux sociaux, immédiat et futile. Cela, Sylvain Tesson nous le rappelle ici encore comme dans tant de ses livres, un peu comme une litanie et nous ramène, que l'on soit petit ou grand, à l'humilité.
Entre le ciel et la terre, se dresse ce roman de pierre et de bois, de huit cent cinquante-six ans d'âge. Tout comme Sylvain Tesson, je ne crois pas en Dieu, mais j'aime entrer dans les chapelles, les églises et les cathédrales. Tout juste agnostique, je suis épris d'un doute à la fois joyeux et terrible, croyant peut-être encore à des forces invisibles, mystérieuses. Et c'est follement grisant !
D'où me vient alors ce goût qui me pousse à franchir les portes de ces édifices religieux ? Le même sans doute qui me pousse à entrer dans une forêt, ou à regarder l'océan durant des heures. Rien d'autre que cela, loin du bruit dérisoire du monde.
Les cathédrales sont des îles perdues au milieu des jungles urbaines.
A l'instar du peuple de Paris, éphémère et grouillant que nous faisait découvrir Victor Hugo, - la fameuse Cour des Miracles au pied de ce royaume gothique -, ici Sylvain Tesson évoque sa passion de toujours qu'il a longtemps partagée avec des amis ou des inconnus, ces grimpeurs de la nuit, escaladeurs de toits, de corniches et de gargouilles, funambule des gouttières et des faîtages, princes des chats... J'ai découvert un mot que je ne connaissais pas : la stégophilie, l'amour des toitures.
C'est une ode liturgique au vertige, ce sont des instants magiques au bord de l'équilibre précaire, que nous livre ici l'auteur.
Tiens, comme c'est étrange, Sylvain Tesson m'apprend aussi qu'on nomme forêt la charpente de Notre-Dame de Paris.
Une cathédrale brûle, des forêts brûlent... Est-ce que cela produit le même chagrin ?
Sylvain Tesson nous dit l'humilité qu'il y a derrière la construction de cet ouvrage. Qui saurait dire un nom qui se dresse derrière cette œuvre d'art ? Ou même dix noms d'artisans... Bien sûr il y a la fameuse flèche dessinée par Viollet-le-Duc. Non, c'est une communauté grouillante de compagnons comme une fourmilière qui a œuvré ensemble, d'une seule et même voix harmonieuse, à la construction de l'édifice.
Dans le bruit dérisoire du monde, Sylvain Tesson nous rappelle que les cathédrales sont plus grandes que nous, elles nous permettent peut-être de faire ce pas de côté, que ce soit sur les parvis, sous les ogives, sur l'arête des coursives, en équilibre, que l'on soit croyants ou non-croyants.
Brusquement, au détour d'une page, le tourbillon d'un vol de pigeons autour du beffroi sud saisit notre regard. Ici un buisson pousse au pied de la flèche, la vie faite de lichen, de lierres, d'herbes folles et de mousse, s'incruste dans les interstices de la pierre, comme la préfiguration d'un règne végétal prêt à reconquérir le monde et la cité en premier.
C'est un sentiment éperdu de liberté.
Comme c'est beau sous la plume de Sylvain Tesson ! Nous sommes presque aux confins de la terre, au bord d'une autre terre, aux confins de nos rêves, à quelques battements d'ailes de ce que nous sommes peut-être réellement et que nous avons perdu quelque part en chemin...
J'aime les auteurs qui me rappellent cela, qu'ils soient anciens ou contemporains.
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ordinary_reader
  19 décembre 2019
En moins de cent pages, Sylvain Tesson rend un hommage vibrant (partant du drame du 15 avril dernier) à l'un des symboles de notre patrimoine français : Notre-Dame de Paris. Symbole-phare d'un héritage culturel, historique, artistique, littéraire et spirituel.
Un sentiment d'humilité s'impose d'emblée devant la majestuosité et la stoïcité de Notre-Dame ! La virtuosité de ses bâtisseurs, son incroyable résistance à l'épreuve du temps, à la douleur.
Trois courts textes dans lesquels les souvenirs intimes de l'écrivain se mêlent à la foi universelle de tout un peuple, mais également à son déferlement affligeant de violence (verbale, médiatique).
C'est à la fois un panégyrique, un acte de contrition, une ode incantatoire.
C'est la "prière d'intercession" émouvante d'un agnostique, qui veut seulement croire en l'élévation de nos âmes, quand bien même seraient-elles impies, et en une protection divine inextinguible et absolue...!
(Merci encore, Hélène ;P)
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Wyoming
  30 avril 2021
Lire ces textes magnifiques de Sylvain Tesson deux ans après l'incendie de Notre-Dame de Paris est une sorte de réconfort car il trouve les mots justes pour faire partager son vécu, sa philosophie de croyance personnelle, son agacement devant cette "triste laïcité qui refuse toute autre chose qu'elle-même".
En trois courts textes, il présente sa relation aux cathédrales et aux mystères de la chrétienté, toujours avec cette écriture parfaite, cette peine qu'il ressent devant la dévastation de cette cathédrale qu'il aime et vénère pour l'avoir admirée depuis les quais de Seine, parcourue au fil des gargouilles et des arêtes de zinc, s'être hissé au sommet de cette flèche et avoir visité la "forêt", aujourd'hui anéantie. Ainsi, sur "l'océan de notre immense peine", il aborde la nécessité de fixer notre regard, de déchiffrer le message pouvant être transmis par cet effondrement. J'aime bien qu'il ait pensé à citer les voix des "indignés permanents" qui refusent l'émotion générée par cette destruction.
Son premier texte, "Sur les vaisseaux de pierre", développe toutes les ascensions qu'il a réalisées, hors montagne, sur de très nombreuses églises de France. Que ce soit au Mont Saint-Michel, à Strasbourg, Sées ou Chartres, et bien sûr des dizaines de fois à Notre-Dame, il a effectué toutes ces escalades interdites sans jamais rien détériorer, en flirtant avec les gargouilles et les cloches. Il donne également quelques détails savoureux sur toutes ses escalades urbaines, se risquant même à une cotation des difficultés comme en alpinisme. On monte très haut avec Sylvain et, s'il a fait une chute, son lecteur, lui, ne peut tomber dans la déception ou l'indifférence car il le porte vers les sommets.
Ensuite, un petit texte sur sa rééducation après l'accident, sans kinésithérapie, mais en montant tous les jours les 450 marches de la tour sud. Et là, c'est l'émerveillement devant l'invisible, ce que l'on ne regarde pas assez de chez soi. Ainsi, on peut respirer avec lui l'odeur de la pierre, proche de celle des grottes karstiques des calanques de Cassis. On peut admirer le spectacle de Paris, compter les clochers, les flèches, trouver nos racines, rencontrer Quasimodo ou mieux, Esmeralda, parmi les gardiennes.
Et enfin, cette douleur du 15 avril 2019 avec l'effondrement de cette flèche, les souvenirs de Sylvain qui la regardait chaque matin -- je fais la même chose lorsque je suis dans ma ville natale, touchant presque de mes fenêtres la dentelle du gothique flamboyant à 87 mètres de hauteur -- donc ses souvenirs mais aussi son scepticisme à l'encontre du christianisme, ce qu'il appelle sa conversion, sa réflexion sur le sens de cet effondrement, sur ce glas de Notre-Dame qui sonna après l'attentat de Charlie Hebdo.
Et une très belle conclusion sur nos attitudes pour l'avenir au point de se demander si "la flèche a bien fait de se retirer".


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fanfanouche24
  08 octobre 2019
"Une cathédrale est un instrument de musique. Mais aussi une arme de jet, un arc qui bande sa flèche vers le ciel. Les cathédrales escaladent le ciel. Nous escaladions les cathédrales". (p. 37)
Un ouvrage que je souhaitais acquérir par intérêt pour la plume de Sylvain Tesson, mais aussi pour apporter une très, très modeste participation pour le Patrimoine et la restauration de Notre-Dame !
Et un concours de circonstances m'a fait l'acquérir... Je raccompagnais ce dimanche 6 octobre 2019..une petite cousine à la gare, nous traversions le pont d'Austerlitz... Je la vois subitement s'arrêter et me demander si au loin c'est bien la Cathédrale Notre-Dame... avec une émotion des plus palpables... je l'ai laissée au train, ai été fouiner à la librairie de la gare, suis tombée sur le texte de Sylvain Tesson; je lui ai choisi, l'ai lu, et lui ai aussitôt expédié.
Ce petit volume, qui est en réalité constitué de la réunion de textes déjà publiés dans "Petit traité sur l'immensité du monde" et "Une très légère oscillation", ainsi que le dernier récit "ô reine de douleur", publié une première fois dans l'hebdomadaire, "Le point"...
Lignes émotionnellement très fortes...en sus de la tragédie du feu qui a frappé la sublime cathédrale, immortalisée par le grand Victor Hugo...Sylvain Tesson habite tout près du monument...elle représente infiniment pour l'écrivain... qui l'a escaladé... puis le vénérable vaisseau de pierre l'a sauvé... puisqu' après son accident, en 2014, ses escaliers furent le terrain béni de sa rééducation, l'ont aidé à guérir et l'ont ainsi sauvé une nouvelle fois ...! !
"Le deuxième texte raconte comment la cathédrale m'a sauvé. Après une chute très grave, j'étais allé me ressourcer dans la beauté de Notre-Dame, gravissant les escaliers des tours pour commencer ma rééducation. Notre-Dame m'avait relevé, moi qui m'amusait jadis sur ses gargouilles. (p. 21)"
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Citations et extraits (124) Voir plus Ajouter une citation
pgremaudpgremaud   13 août 2022
Alors venaient les questions sur les royaumes que nous visitions. Pourquoi l'Europe s'est-elle soudain couverte d'un manteau de cathédrales ? D'où est venue la subite maîtrise de la technique gothique ? Qui a inventé le principe ogival, permettant de percer les murs de vitraux faisant passage à la lumière ? Qui a présidé au printemps des flèches, ce triomphe du vide sur le plein ? Qui a ouvert la voie, financé l'élan, donné l'impulsion ? Grimper sur le dos d'une cathédrale, c'est avancer dans une "terra" encore un peu "incognita".
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Nastie92Nastie92   22 novembre 2019
Un jour que je passais dans la rue Schaeffer, à l'ouest de la butte Chaillot, je croisai une jeune fille dans un grand état d'agitation. Elle ne réussissait pas à ouvrir la porte d'entrée d'un immeuble et m'expliqua que l'amie qui l'attendait au quatrième étage restait sourde à ses appels. Je grimpai par la gouttière, frappai au carreau et causai une grande frayeur à la propriétaire qui était à l'intérieur. Elle ouvrit les battants et, sans m'inviter à entrer, cria la combinaison du code à son amie, referma la fenêtre, tira les rideaux et me laissa en plan, accroché au conduit. L'autre fille rentra dans l'immeuble sans même me jeter un merci. Je glissai en bas de la gouttière et ce fut l'une des plus mélancoliques descentes de ma vie.
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JolapJolap   21 juin 2019
La forêt: c'est ainsi que l'on nomme la charpente de Notre-Dame de Paris. On devrait dire la jungle car c'est un enchevêtrement de poutres ajustées les unes aux autres sans rivets ni chevilles: un mikado de châtaigniers. Ils nous expliquèrent qu'on ne doit pas crucifier la poutre et que l'équilibre des forces, la souplesse des bois et l'intelligence des géométries suffisent à soutenir deux cent dix tonnes du toit de plomb sans besoin de planter un seul clou.
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Nastie92Nastie92   27 juin 2019
Le monde entier se mit à pleurer devant les décombres, des jeunes gens vinrent chanter sur le parvis, d'autres se souvinrent que la vocation de l'homme n'était pas de courir les allées des supermarchés. Des Français se mirent à genoux dans la rue ! Spectacle oublié. Chagrin immense et partout partagé. Il naquit des tristesses en des cœurs qui se pensaient solides. Nous avions compris n'être pas dignes des flèches, il fallait se montrer à la hauteur du malheur. C'était notre dernière chance.
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CornelioCornelio   30 mai 2019
Mais je crois plus que jamais (et j'y crois davantage qu'hier où le brasier ne s'était pas allumé) en la chance de la France d'être une fille chrétienne. Je n'irai plus gaudrioler sur les toits des églises. À présent, les mécréants de mon type doivent pousser leurs portes, s'avancer sous les voûtes et se dire ceci : même si le ciel est vide, il est heureux que des Hommes aient inventé cette religion, plus lumineuse que les autres.
Notre-Dame n'est pas rancunière et ne discrimine pas, car elle n'est pas laïque. Puisse le sourire de la Bonne Vierge continuer à veiller sur les hommes qui croient en elle et sur ceux qui n'y croient pas.
S'il venait à s'effacer, qu'aurions-nous à offrir en remplacement ?
Des grimaces de ouistitis sur le parvis.
Or, le contentement de soi ne fait pas une civilisation.
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Vidéo de Sylvain Tesson
« Je n'aime pas la mort. Mais je sais ce que je lui dois. Sans elle, la vie serait synonyme de l'ennui. La mort nous interdit de prendre la vie à la légère. Ce n'est pas son moindre mérite. C'est pour cela que je dessine pendus & suicidés depuis trente ans. Pour me rappeler qu'au bout du chemin, il n'y aura pas la possibilité de remettre une pièce dans la machine.
J'ai couvert des centaines de feuilles. Sur les routes, dans les cabanes, à bord des bateaux, je griffonnais. J'ai cinquante ans aujourd'hui, la mort m'a plutôt épargné, preuve que ma méthode était la bonne.
Ces dessins ne trahissent aucun goût pour le macabre : Au contraire, les petits pendus de mes carnets me sourient et me serinent en latin (la mort parle toujours le latin) : memento mori. Souviens-toi que tu es mortel. Dans le brouhaha d'une vie en fête, dans le contentement de soi et dans le désordre de nos heures, on aurait tendance à l'oublier. C'est un tort. »
Sylvain Tesson
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