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EAN : 9782070144242
224 pages
Éditeur : Gallimard (02/01/2014)
3.69/5   598 notes
Résumé :
Devant les coups du sort il n'y a pas trente choix possibles. Soit on lutte, on se démène et l'on fait comme la guêpe dans un verre de vin. Soit on s'abandonne à vivre. C'est le choix des héros de ces nouvelles. Ils sont marins, amants, guerriers, artistes, pervers ou voyageurs, ils vivent à Paris, Zermatt ou Riga, en Afghanistan, en Yakoutie, au Sahara. Et ils auraient mieux fait de rester au lit.
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Critiques, Analyses et Avis (86) Voir plus Ajouter une critique
3,69

sur 598 notes

Sando
  05 avril 2014
« S'abandonner à vivre » est une manière, pour Sylvain Tesson, de résumer le « pofigisme », un mot venu de Russie désignant un état d'esprit, une philosophie. Cela consiste à accepter « l'absurdité du monde » et « l'imprévisibilité des évènements », à se laisser porter par la vie sans chercher à lutter car le combat est perdu d'avance. Pour autant, il n'y a rien de déprimant dans cette résignation, au contraire ! Dès lors qu'elle est acceptée, la vie peut être vécue pleinement et avec une réelle jouissance.

C'est ce que s'efforce de mettre en pratique les personnages de ce recueil composé de dix-neuf nouvelles qui nous font voyager à travers le monde. Dix-neuf histoires pour un ouvrage de 221 pages, c'est beaucoup, néanmoins Sylvain Tesson réussi, grâce à la justesse de son ton et à la finesse de sa plume, à créer juste ce qu'il faut d'intérêt et de plaisir pour que le lecteur ne se sente jamais frustré par la brièveté des différents récits. On y croise des amoureux transis, des amants intrépides, des immigrés plein d'illusions, des guerriers célèbres, des aventuriers, des amateurs de sensations fortes, des solitaires et tant d'autres qui partagent, le temps d'un instant, un bout de leur vie.

L'écriture est riche, travaillée, exigeante et offre un excellent moment de lecture. Plus d'une fois j'ai été saisie par cette narration captivante et soigneusement élaborée. Bien sûr, comme dans tout recueil de nouvelles, c'est toujours un peu inégal et certaines histoires sont parfois en dessous des autres, mais le charme de l'ensemble reste intact et offre une très jolie découverte !
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rabanne
  01 avril 2019
S'abandonner à vivre, c'est savoir / pouvoir accueillir "les oscillation du destin sans chercher à en entraver l'élan", ou la capacité d'accepter son sort, triste comme heureux.
Dix-neuf nouvelles, qui racontent le combat (ou le non-combat) de femmes et d'hommes contre l'inertie, le fatalisme ou la passivité devant les aléas de l'existence. Une lutte extrêmement énergivore, parfois courageuse et salvatrice, parfois épuisante et frustrante, souvent vaine et absurde...
Sylvain Tesson a l'art de nous faire voyager, dans tous les sens du verbe : une exploration à la fois géographique, sentimentale, sociologique, introspective, philosophique et humaniste. Je pourrais rajouter également : sensorielle, sensuelle, poétique.
L'auteur a également l'art de la chute (comme il a été dit et redit, à propos de cet ouvrage), celle qui vient entraver le chemin de nos certitudes, de notre placidité, de nos solitudes, de notre ennui, de nos doutes et de nos infinies contradictions (!)
Réaliste, cynique, spirituel, clairvoyant. En deux mots : brillant et réjouissant.
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NB : j'avoue ne pas être très objective à propos de Sylvain Tesson, tant le souvenir de mon "coup de foudre" reste puissant (donc forcément irrationnel ^^). L'un de mes auteurs contemporains favoris.
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berni_29
  27 décembre 2020
S'abandonner à vivre, déjà le titre à lui seul est beau. C'est une invitation à un voyage et j'y suis venu. Je me suis abandonné dans ces dix-neuf récits où l'essentiel est dit, pas un mot de trop, tout est là, rien de plus ne s'impose, chaque texte se suffit aux mots qu'il rassemble, un texte réduit à l'os. Je découvre tardivement ce recueil de nouvelles paru en 2014. Déjà six ans...
Je connais Sylvain Tesson davantage pour ses récits autobiographiques, mais son talent de conteur ici me fait dire, - et lui dire par la même occasion si par bonheur il venait à lire cette chronique -, qu'il devrait s'essayer davantage à ce style.
J'aime cet auteur avec son à propos, ses aspérités et les vertiges qu'il nous donne à voir. Ici il fut dit par d'autres lecteurs avant moi son art de la formule qui fait mouche, son art aussi de la chute, essentiel dans la nouvelle. L'art de la chute c'est aussi pouvoir se raccrocher aux branches, aux gouttières, aux gargouilles des cathédrales, aux phrases qui tiennent lieu de chemin. L'art de la chute dans une nouvelle nous renvoie aussi à la cruauté de nos existences, à l'envers du miroir, nous n'avons pas toujours la chance de retomber sur nos pieds. Au fond, nous voudrions être des funambules merveilleux et rester toujours en équilibre sur ce fil improbable qui relie deux mondes : celui où on ne sait pas trop bien d'où l'on vient et l'autre en face où on ne sait pas trop bien encore où l'on va...
L'art de la chute, Sylvain Tesson ne l'a pas toujours eu dans sa vraie vie. Il faillit même y perdre la vie, un beau soir ou peut-être une nuit... Cela s'est passé la même année qu'était publié S'abandonner à vivre. Je me suis d'ailleurs demandé, notamment à la lecture de la nouvelle succulente intitulée « La Gouttière », si celle-ci avait été écrite avant ou après cette terrible chute qui faillit lui être fatale... Si quelqu'un peut m'éclairer, je lui en saurais reconnaissant...
Son écriture est à la verticale de nos vies.
Sylvain Tesson aime les sommets, les parois rocheuses qui jettent un défi pour celui qui les regarde d'en bas, autant attiré par la manière d'offrir des interstices à ses doigts ivres d'émotion que pour le ciel saturé d'azur qui sera là-haut comme une délivrance. Les murs des villes ressemblent aussi pour lui à d'immenses parois vertigineuses, courir sur les faitières des toits, cheminer sur les zincs auréolés du ciel de Paris, parfois l'art de l'équilibre sur les toits se conjugue avec l'amour de la vodka. Tiens ! Comme c'est drôle, j'y pense tout d'un coup, le zinc c'est aussi un autre endroit pour s'auréoler d'ivresse et d'étoiles...
Sylvain Tesson, à travers ses dix-neuf récits, parfois tendres, parfois cyniques, parfois tragiques, parfois tout cela à la fois, s'essayeraient-ils ici à illustrer une description de ce que peut être le stoïcisme ?
Dans ce recueil, nous voyageons sur une immense carte géographique qui nous amène depuis la pointe du Finistère en Bretagne jusqu'au fin fond de la Sibérie en passant par le Sahara, l'Afghanistan ou encore la province chinoise de Hunan, soit plus de douze mille kilomètres. Dix-neuf manières de voyager dans des vies intérieures où parfois le vertige qui nous éprend est aussi grand qu'un des sommets de la chaîne de l'Everest... Dix-neuf manières d'accueillir les aléas, ces « oscillations du destin », où nous avons peut-être ici encore moins prise pour poser nos doigts éperdus que sur la paroi vertigineuse d'une falaise ?
Dix-neuf récits façonnés de rêves, de partances, ou d'envie de partir, de solitudes, d'ennui, d'inertie, de refus de partir aussi...
Dix-neuf nouvelles où le sens de l'esthétique prévaut, où l'érudition est une jubilation, où chaque occasion est saisie avec justesse pour décrier le grotesque de la bêtise humaine. À ce titre, j'ai adoré la nouvelle évoquant la reproduction de la bataille de Borodino... Un délice !
M'est avis que ces histoires sont furieusement empreintes des pérégrinations de l'auteur.
Pour être funambule, faut-il trouver l'élégance infinie dans ce geste d'équilibre qui cherche à s'agripper entre le vide et le plein, entre l'absurde et le sens ?
J'ai aimé les personnages féminins d'Anastasia, Tatiana, Svetlana... entendre leurs voix, ce sont des prénoms qui me sont chers, dont l'un est le prénom de la fille de mon épouse que nous appelons plus communément Nastia... Je redécouvre ainsi un goût prononcé de l'auteur pour l'âme slave...
J'ai adoré le regard cruel et lucide de l'auteur sur le téléphone portable. Et de surcroît son apologie de la correspondance, des échanges épistolaires.
J'ai aimé venir à la rencontre improbable des fées sur une dune que je connais bien (je parle bien entendu de la dune), en presqu'île de Crozon.
J'ai aimé la nouvelle de la Gouttière, j'y ai ainsi appris qu'une fracture du calcanéum est désignée sous le nom poétique de « fracture des amoureux » : elle survient quand l'amant saute trop vite du balcon pour échapper au mari.
Et puis, comment ne pas fondre devant neige des steppes au soleil devant quelques aphorismes qui font désormais un peu partie de l'empreinte artistique de l'auteur :
« Quand elle a joui, elle a fermé les yeux et j'ai cru que le vent avait soufflé mille bougies. »
« Il est rare en voyage de vivre des jours conformes aux idées que l'on s'étaient forgées avant les grands départs. D'habitude, voyager c'est faire voir du pays à sa déception. »
« Une histoire d'amour, ce n'est lorsqu'aucun des deux n'a mieux ailleurs. »
Un seul point m'oppose à Sylvain Tesson lorsqu'il écrit dans une de ses nouvelles : « Je n'ai jamais aimé faire l'amour dans la nature ». Mais tout cela n'est qu'affaire d'expérience et de géologie... Ma pudeur m'empêche ici de donner quelques détails bucoliques qui seraient par ailleurs hors sujet...
Je retiens de ce recueil une ode à la fraternité.
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Nastie92
  28 mars 2021
« "Pofigisme" n'a pas de traduction en français. Ce mot russe désigne une attitude face à l'absurdité du monde et à l'imprévisibilité des événements. le pofigisme est une résignation joyeuse, désespérée face à ce qui advient. Les adeptes du pofigisme, écrasés par l'inéluctabilité des choses, ne comprennent pas qu'on s'agite dans l'existence. Pour eux, lutter à la manière des moucherons piégés dans une toile d'argiope est une erreur, pire, le signe de la vulgarité. Ils accueillent les oscillations du destin sans chercher à en entraver l'élan. Ils s'abandonnent à vivre. »
Ce pofigisme − néologisme inventé par l'auteur − est le fil conducteur de ce recueil de nouvelles.
Je reproche souvent à ce genre d'ouvrage d'être assez décousu, de n'être qu'une juxtaposition de textes sans grand rapport les uns avec les autres. Mais ici, on trouve une réelle unité, ce qui n'empêche pas les nouvelles d'être très différentes les unes des autres, chacune ayant son caractère, son contexte, son style, ses personnages.
Ce fil rouge fait de ce livre une sorte de grande réflexion philosophique sur l'existence, ou plus précisément, sur la façon de faire face aux difficultés de l'existence.
Car le pofigisme, ce n'est pas baisser les bras et ne rien faire ; c'est utiliser l'élan, l'impulsion donnée par le destin, au lieu de chercher en vain à prendre une autre direction. C'est ne pas gaspiller inutilement son énergie physique ou morale, ne pas gesticuler dans tous les sens lorsque l'on est dans des sables mouvants mais chercher la façon la plus intelligente de s'en sortir.
J'ai vraiment apprécié cette lecture, que j'ai dégustée par petits morceaux pour mieux en profiter. Sylvain Tesson sait très bien utiliser le format court de la nouvelle. Il arrive en peu de pages à déployer efficacement son ironie, son imagination, sa pensée foisonnante. Il varie le style et le ton. Certains textes sont légers, d'autres plus profonds : tour à tour, il nous amuse, nous surprend, nous fait réfléchir.
Chaque nouvelle est dotée d'une citation en préambule, que j'ai pris beaucoup de plaisir à relire après coup alors qu'elle prenait tout son sens et éclairait le texte.
J'ai aimé retrouver dans ce recueil ce que j'aime chez Sylvain Tesson : un grand amour de la nature, un regard sans concession sur les humains, une imagination sans limites, une vivacité d'esprit éblouissante, une originalité toujours étonnante, des convictions fortes et assumées.
Je ne suis certainement pas objective, je ne peux pas l'être avec cet écrivain que j'adore !
Allez, je le concède : comme c'est habituellement le cas dans ce style d'ouvrage, certaines nouvelles sont moins réussies que d'autres, mais l'ensemble se lit avec bonheur.
Attention : le format court est trompeur, et le propos est moins léger que cela peut sembler à première vue. Il y a de la matière, il y a du contenu, pour peu qu'on prenne le temps de faire une lecture autre que superficielle et au premier degré.
« L'Europe de Schengen est peuplée de hamsters affairés qui, dans leur cage de plastique tournant sur elle-même, ont oublié les vertus de l'acceptation du sort. » : la comparaison est cruelle, mais elle est tellement vraie !
Alors, cessons un peu de pédaler et de faire tourner nos roues de hamster. Prenons un peu le temps de voir le monde qui nous entoure et soyons un peu plus dans la réflexion que dans l'action effrénée.
Et parfois, sachons être dans l'acceptation.
S'abandonner à vivre ? Je ne sais pas.
Mais s'abandonner à lire Tesson, certainement !
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ATOS
  12 février 2016
« J'avais une gueule de bois à flotter sur l'eau », alors si la barque prend l'eau, le radeau prend le large , d'un geste sec, d'un coup large, avec inconscience ou hardiesse, avec l'élégance de celui qui sait le vide et l'équilibre . Ça tient à quoi ? À soi, peut être même pas. S'abandonner à vivre cela aurait pu être le titre d'un joli roman, où les personnages auraient été les maîtres de leur destin, seraient devenus des héros des temps futiles, auraient décidé de tout bien « penser à vivre », oui mais voilà avec Tesson ça ne peut pas être ça. On lâche prise. Comme ça. On s'abandonne à vivre ? Voilà sans raison. Parce que les destins ont la taille qu'ils ont. Les hommes ont le poids qu'ils ont. le monde est ce qu'il est. Il ne tourne pas rond. Mais très vite. Et quelque fois ne vole pas très haut. On ne maîtrise pas vraiment les choses. Ni la route, ni l' amour, ni l'exil , ni les petits rouages de la grande horloge. Un passeport, un pays, une époque, une guerre, un clop, une rencontre, une gouttière, un changement de saison. Y a peut être qu'au pays des fées que tout fonctionne, question de degrés. Vodka Tesson ! « Beaucoup de gens boivent, très peu savent être bourrés » disait Dutronc. Et bien la vie c'est un peu pareil. C'est toujours moins bon sans les glaçons. Comme l'écriture d'ailleurs. C'est pas que ça soit moins fort, c'est moins bon.
Des nouvelles de Tesson ? Ouais, il est parti « faire voir du pays à sa déception » … au fait, comme ça : une descente en rappel... au bout du fil qui tient la corde ?
(ps : ce livre est un bonheur )
Astrid Shriqui Garain
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critiques presse (2)
Lexpress   24 février 2014
L'écriture est solide, souvent brillante, irriguée par de nombreuses lectures (Cioran, Dostoïevski...), portée par un art consommé de la chute, qui fait parfois songer au K de Buzzati.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LesEchos   22 janvier 2014
On voyage beaucoup dans ce savoureux recueil au style funambule qui excelle dans l'art de la chute.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (208) Voir plus Ajouter une citation
MahaDeeMahaDee   28 mars 2017
Dans ma famille, le voyage de noces était une tradition à laquelle il aurait été inconcevable de déroger. Nous considérions que la réussite de l’entreprise présageait la plus ou moins bonne fortune du mariage.

Mon arrière-grand-père avait passé deux jours à Cambrai avec mon arrière-grand-mère chez une cousine mercière. Il avait acheté à sa femme un service de nappes en dentelle, était monté au beffroi, avait éprouvé un vertige affreux et était revenu s’enfouir dans un village de betteravier picard qu’il n’avait quitté que pour mourir dans la Somme, coupé en deux par un shrapnel.

Mon grand-père, en pleine Seconde Guerre mondiale, était parti à bicyclette avec ma grand-mère pour relier Gênes à Marseille. Ils racontaient avoir désespéré un soir de trouver trace humaine entre Nice et Juan-les-Pins, ce que nous avions le plus grand mal à croire quand, soixante ans plus tard, nous roulions sur la côte massacrée par le surpeuplement et l’exhibition des corps.

Mon père avait fait visiter le Cambodge à ma mère. Quand elle avait perdu sa dent de porcelaine dans sa soupe aux fleurs de lotus, elle n’avait plus voulu ouvrir la bouche avant de regagner Siem Reap et de trouver un dentiste. Leur union avait été ainsi inaugurée par un long silence qu’ils s’étaient ensuite chargés de combler.

Ma sœur était partie avec mon beau-frère dans la Galice espagnole « plonger dans l’univers des fées et des légendes celto-ibériques », comme elle l’avait claironné. Ils étaient revenus deux jours plus tard, affreusement abattus, pestant contre l’enlaidissement de la côte par les pavillons et les baraques à frites. Mon beau-frère avait dit : « On est allés chercher le roi Arthur et l’enchanteur Merlin, on s’est retrouvés chez Leroy Merlin », et ce mot nous avait alertés sur une propension au calembour dont nous eûmes ensuite à souffrir sans discontinuité.
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UnhomosapiensUnhomosapiens   15 mars 2018
(Définition du) Businessman arriviste enrichi par la chute de l'URSS :
Parasite qui doit sa prospérité au dépeçage de l'Union soviétique, individu flasque, blanc et gros, cachant son manque d'éducation et sa crasse culturelle sous des vêtements lamentablement assortis, un amas de gadgets prétentieux et la satisfaction de soi-même, possède davantage de sens du kitsh que du beau, souvent moscovite, considère la nature comme un parc d'attraction et les bêtes sauvages comme des cibles pour le tir à la carabine.
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MarcoPolo85MarcoPolo85   08 janvier 2014
Je n'ai jamais aimé faire l'amour dans la nature. Les étreintes de plein air me dégoûtent...Le foin pique la peau, l'herbe marque le gras des cuisses, le soleil brûle le dos, les buissons hypocrites camouflent les voyeurs, et même la tente n'est d'aucun secours avec son nylon qui colle à la peau. je me souviens d'un jour à Oxford : elle était anglaise et le gazon grattait, nous étions sous un saule, près d'un embarcadère. Je m'aperçus soudain qu'une famille de colverts nous matait et j'en fus plus gêné que si c'était ma mère.
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cardabellecardabelle   21 octobre 2019
.
Le soleil déchira les nuages , illumina quelques instants le bulbe de l'église de Notre-Dame- de- Kazan [...]

[...] Tatiana imagina les babouchkas à l'œuvre devant l'iconostase .
Elles devaient être en train de se prosterner devant l'icône , de s'écraser le visage contre les stigmates , et d'appeler de toutes leurs forces le monstrueux néant de la vie éternelle pour se consoler d'avoir traîné si patiemment le fardeau d'une existence en larmes sur la terre sibérienne .

P.69
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cardabellecardabelle   16 juin 2016
L'ennui

...Au début, elle avait écumé les festivals provençaux...
et puis, lassée de cette illusion de culture, de ce faux appétit de beauté, elle s'était rabattue sur les magasins de Marseille, de Nîmes et d' Avignon, réduisant de plus en plus l'intervalle entre le moment où elle s'achetait un sac à main et le moment où elle le remplaçait.

Sa vie avait consisté à acheter des choses derrière des vitrines et à les essayer devant des miroirs.

Les armoires avaient débordé et l'excitation bien particulière de ne pas savoir exactement tout ce que l'on possède était vite retombée.

Elle avait retrouvé la baie vitrée et la contemplation des Alpilles.
Cet accident de roche dure arrêtait le regard en même temps que l'élan de La Crau.

La première puis la seconde année étaient passées et le soleil imprimant ses nuances sur l'écran de calcaire avait été le seul à offrir un divertissement.

De temps en temps un minuscule sursaut d'énergie la poussait à régenter l'aménagement d'une plate-bande ou la décoration d'un pan de mur.

Et puis tout retombait dans l'ordre , c'est -à-dire dans l'immobilité, et les aiguilles des ridicules petites pendules Directoire... étaient les seules à produire un effort pour traverser le temps.
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Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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