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Boris Moissard (Traducteur)Svea Winkler-Irigoin (Traducteur)Hannes Binder (Traducteur)
EAN : 9782211074865
156 pages
L'Ecole des loisirs (01/04/2005)
3.94/5   8 notes
Résumé :

Spazzacamino ! Spazzacamino ! Nous ramonons les cheminées !

Ils parcourent en criant les rues de Milan. Ils montent jusqu'aux appartements, grimpent dans les conduits, supportent la suie dans les yeux et les poumons en feu. Voici la vie, jour après jour, semaine après semaine, de ces enfants du Tessin qui, chaque année, quittent leur montagne pour travailler sous les ordres des maîtres ramoneurs milanais.

Après une année p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Shaynning
  15 mai 2022
Incontournable Mai 2022

Bien qu'il fut écrit en 1940, il aura fallut attendre 1983 pour que "Die schwarzen brüder" soit traduit en français. Il a été écrit par Liza Tetzner, une allemande ayant fuit le régime nazi avec son époux, en 1947, et obtenu la citoyenneté suisse en 1948. Il y eut également une réédition française en 2005 par la maison École des Loisirs, mais la présente édition nous est proposée par la maison Joie de Lire, dans la Collection "Encrage". Ce roman s'inspire d'une sombre époque où de jeunes enfants et presque ados furent l'objet d'un trafic d'enfant pour en faire des ramoneurs dans de grandes villes, à la fin du 19e siècle. Dans le roman, il est question plus précisément des petits ramoneurs suisses italiens, du canton du Tessin ( Suisse). C'est donc un roman inspiré de faits réels et destiné au lectorat jeunesse depuis ses débuts.

Giorgio vit avec sa famille dans la vallée de Val Verzasca et s'il n'est pas scolarisé, c'est qu'il travail avec sa mère à couper du foin sur des pentes raides. Un jour, un homme balafré entre dans le village, avec la pensée que les habitants de ce village pauvre ne devraient pas rechigner à vendre leurs garçons. Quand il demande au père de Giorgio, cependant, ce dernier refuse de vendre son enfant. Mais l'hiver cruel et la mauvaise récolte rendent la vie bien difficile. À cela s'ajoute un accident qui nécessite des frais médicaux pour la mère de Giorgio. le père décide donc, l'année d'après, de céder son fils de presque 13 ans à cet homme, qui a même baissé son prix. 20 francs. Sur la route périlleuse qui doit le mener à Locarno où l'attend le balafré, Giorgio rencontre Alfredo, avec qui il casse la croute. Ils se jurent une amitié et une loyauté à vie. À Locarno, les deux enfants font une traversée secrète jusqu'à Cannobio, qui coutera la vie au 18 autres enfants, qui se sont noyés alors qu'une tempête les ont fait chavirer. Giorgio et Alfredo sauvent le balafré, qui les mènera néanmoins à leur destination finale: Milan. Vendus près de quatre fois la somme donnée à leurs parents, les deux enfants vont commencer à travailler en tant que Ramoneurs, s'exposant aux brulures, à la suie et aux accidents. Certains deviennent malades, leurs yeux et leurs poumons sont malmenés. Giorgio intègre une famille, travaillant pour le père, s'exposant au perfide Anselmo, le fils, qui ne rate pas une occasion de rire de lui, le faire passer pour un voleur et même entrainer son petit gang contre lui. Mais à travers la malnutrition, les coups de la Mère d'Anselmo, les journées éreintantes et sa santé mise à rude épreuve, Giorgio pourra compter sur Angeletta, la fille du couple, d'une grande gentillesse et d'une grande empathie, ainsi qu'un groupe secret dont Alfredo est le chef, les Frères Noirs, unis dans l'adversité.

Le trafic d'enfant est un phénomène qui n'a guère épargné les pays et les époques à travers l'histoire. Je pense au sort des enfants vendus grâce aux trains des Orphelins aux États-Unis, aux enfants immigrants forcés de faire du vol dans l'Angleterre victorienne, aux enfants chinois exploités par leur propre pays. Ici, comme bien souvent, il est étroitement li à la pauvreté et au fait que les droits de l'Enfant n'existent pas.

Le quotidien de ces enfants ramoneurs était sordide. Si leur travail était dangereux et dommageable pour la santé comme le furent les mines de charbon pour les mineurs, ils vivaient en outre de la maltraitance physique, de la négligence, une fréquente restriction alimentaire et étaient le sujet de moqueries et d'ostracisation du fait de leur peau salit par la suie, devenue noire. Des enfants qui ne recevaient aucune affection et considération. Ils avaient entre 6 et 12 ans. Les instances policières de l'époque et les villes fermaient les yeux sur les "passeurs" d'enfants destinés à la location ou la vente. Bref, ce n'était pas rose.

Dans cette histoire, il y a eu tout-de-même deux petits miracles. le premier est le fait que des enfants se sont mobilisés par solidarité et pour pouvoir se défendre, en formant le groupe des "Frères noirs". le second est une personne, le médecin Castella, qui a sauvé Giorgio d'un funeste sort. À travers ce sombre tableau de personnages intéressés et malveillants, il était franchement le bienvenu.

Le roman est abondamment illustré, avec des gravures en noir et blancs, avec les fortes hachures qu'on connait de médium. La présente de pages noires combiné à ces dessins donne un air très "vintage" au roman et renforce l'impression que la suie est partout, saturant les pages comme les personnages. Et puis, le noir est fort à propos pour ces petits ramoneurs. Certaines mise en page rappelle en outre la BD avec ses cases. Les visages, avec leurs yeux froids et leur sourires sinistres, sont lugubres. le jeu de la contre-plongé des corps adultes donne une impression de hauteur et donc de pouvoir sur les personnages enfants. Il y a un travail considérable derrière ces gravures, c'est impressionnant!

Coté texte, je trouve le récit très factuel, assez loin de la psychée. Vous ne trouverez pas vraiment de figures de style, le récit est très sobre et les phrases courtes. En même temps, face à ce genre d'histoire, je me dis que le texte parle de lui-même. Pas besoin de surenchère émotive. Aussi, il date de 1940, ce texte, il a donc un style plus "littérature adulte"( dans le sens plus "universel") qu'aujourd'hui, où la littérature jeunesse a un style plus personnel, à mon sens.

Une chose est claire, nous sommes loin des sympathiques ramoneurs de Mary Poppins. Ce roman fait acte de mémoire et nous rappelle que dans un passé pas si lointain les adultes n'avaient aucuns scrupules à profiter de la misère humaine pour s'enrichir. C'est même encore le cas dans certains pays, encore aujourd'hui. Pour ceux et celles qui se le demande, la fin est heureuse, pas pour tous les personnages, mais pour Girogio oui.

Un roman différent de ce que je vois d'habitude, mais d'une grande pertinence.
Pour un lectorat du premier cycle secondaire, 13 ans+.

Pour les profs et les bibliothécaires, s'il y a un certain degré de violence, surtout dans le texte, dans les images, il n'y a qu'une scène où on voit la femme de Maitre Rossi ( le propriétaire de Giorgio) lui rafler le visage avec le plat de la mains. Somme toute, la violence n'est pas majeure, elle est sobre, tout comme le texte.
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Ma_vie_en_livres
  21 juin 2022
Le thème du livre, le trafic d'enfants, interpelle, même si l'histoire est ancienne. L'auteur nous décrit la misère d'un groupe de garçons adolescents partis de leur Tessin natal (en fait, vendus par leurs pères à des passeurs) pour devenirs ramoneurs à Milan. Nous suivons l'itinéraire de Giorgio et ses amis, et très vite leur vie de garçons exploités par des familles sans vergogne. Rien ne leur est épargné : maladie, malnutrition, mauvais traitements... le style de l'auteur fait que l'on s'attache aux personnages, et c'est aussi ce qui fait que l'on ne lâche pas le livre, en cela c'est très réussi.
Dans cette édition de la joie de lire, reçue dans le cadre de la masse critique, le livre est illustré, en noir et blanc. L'idée est bonne, mais les dessins m'ont mise mal à l'aise. Pour moi, il y en a vraiment trop, mais ceci n'engage que moi évidemment.
J'ai été aussi déçue par la fin de l'histoire (que je ne dévoilerai pas), trop rapide, qui m'a laissé un sentiment d'inachevé.
Je recommande cette histoire au titre de la mémoire historique.
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LudivineBon
  27 mars 2022
Il ne fait pas bon être un jeune garçon de 13 ans en Suisse, dans le canton de Tessin, en cette fin du XIXème siècle. A cet âge, les enfants ont tout juste la bonne taille pour devenir ramoneur à Milan. Et nombre de passeurs les recherchent pour travailler à la grande ville italienne. Cette année, c'est au tour de Giorgio d'avoir le bon âge. Un passeur propose à son père de l'argent en échange de son fils. le père refuse mais sous les menaces du passeur qui le prévient que l'année suivante il reviendra et cette fois il acceptera ! Malédiction ? Billevesée ? le père doute, mais craint tout de même la suite. Et malheureusement, les récoltes ne seront pas bonnes et le passeur reviendra. Roberto est alors contraint de vendre son fils au passeur et le voilà en route pour Milan où il sera bientôt vendu à un Maître Ramoneur qui l'utilisera pour nettoyer les cheminées des habitants. Un dur métier, peu payé et fatiguant, d'autant plus que Giorgio ne va pas tomber dans une famille accueillante, sauf peut être la fille de son nouveau Maître. Son seul espoir, c'est l'amitié qu'il a tissé avec Alfredo, un autre enfant ramoneur rencontré pendant son trajet jusqu'à Milan. Bientôt le duo se transforme en bande se réunissant secrètement pour essayer de sortir de cette misère : Les Frères Noirs. Giorgio n'est plus seul, mais il doit encore essayer de s'échapper de l'enfer de la maison dans laquelle il est tombé. le destin va bientôt mettre un bienfaiteur sur sa route. Un espoir de s'en sortir ? L'auteure nous propose un roman bien construit et superbement illustré autour de la vie de ces enfants vendus par leurs parents. Les illustrations sont d'une beauté incroyable et mettent parfaitement en situation les aventures du petit Giorgio. On frémit en pensant à cette vie dure, loin de sa famille. L'histoire est prenante et forte autour de faits bien réels. A découvrir très vite.
Lien : https://cafenoiretpolarsgour..
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Florian-7
  19 novembre 2018
Très bon livre que j'ai lu pendant mon enfance
Lien : https://booknode.com/les_fre..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Ma_vie_en_livresMa_vie_en_livres   21 juin 2022
- Allez, entre.
- Dans ce trou ?
- Oui, dans ce trou.
- Et qu'est-ce que j'y fais ?
- Ferme les yeux et monte. Avance ce bras ! Il y a un bout de ferraille, là. Tu le sens ? Il te sert à monter, et ainsi de suite jusqu'en haut.
- Mais qu'est-ce que je dois faire ?
- Quand tu sens des conduits, à droite et à gauche, tu donnes un coup dedans.
- Comment... ? Avec quoi... ?
- Quelle question ! Avec les mains. Fais tomber la suie.
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