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EAN : 9782266188692
192 pages
Éditeur : Pocket (05/03/2009)
3.19/5   141 notes
Résumé :
Un atelier de peinture fut le théâtre de leur coup de foudre. A quarante et cinquante ans passés, Marc et Léone n'y croyaient plus. Il n'y avait que l'art pour les réunir ainsi, miraculeusement. L'art et, leur ami Sainte-Rose, plasticien génial et entremetteur subtil. Or, Sainte-Rose ne hait rien tant que les belles histoires. Les belles histoires et le peintre Watteau, chantre des amours harmonieuses. Ce qu'il a fait, il peut le défaire. Il doit le défaire, pour so... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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LydiaB
  16 septembre 2012
Lorsque je lis un roman de cet auteur, je ne fais pas attention à la chronologie. En revanche, je fais attention au style. Et je remarque que les deux derniers romans (dans mon ordre de lecture, hein, vous suivez toujours ?) ont une écriture qui ne ressemble en rien aux autres. Exit le style percutant qui vous prend aux tripes et bonjour la retenue, la pudeur. Ne cherchez donc pas dans Bord Cadre les vulgarités, il n'y en a pas (ou presque… oh eh, si ça dérange tant, il faut lire autre chose !) L'histoire de ce peintre, Sainte-Rose, qui manipule les sentiments amoureux afin d'en faire un tableau est à la fois empreinte de poésie et de cruauté. Poésie car il va faire se rencontrer deux amis qu'il a en commun, Marc, un écrivain qui va soudain, grâce à lui, retrouver l'inspiration et Léone, en mal d'amour. Cruauté car ce ne sont pas les sentiments qui intéressent le peintre mais bien le regard d'un être humain face à la séparation. Et Sainte-Rose ira donc jusqu'au bout pour arriver à ses fins, quitte à tout détruire.

Même si le style est différent, on retrouve tout de même la « patte » de Teulé dans cette espèce de perversité humaine qu'il sait dépeindre avec brio. Certes, ce texte reste imaginaire, mais les valeurs morales, elles, sont bien réelles et elles en prennent un sacré coup pour permettre à ce peintre fantasque de donner son dernier trait de pinceau.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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LiliGalipette
  04 octobre 2013
Sainte-Rose, peintre de son état, présente Léone, courtière en assurances, à Marc, écrivain. Il en est convaincu, ces deux-là sont faits pour s'aimer. « Elle allait vers l'écrivain comme la limaille à l'aimant. Elle avait aimé son roman. » (p. 15) Et ça ne manque pas, ils s'aiment tout de suite et très fort, et peu importe que Léone ne soit plus toute jeune. Hélas, en les faisant se rencontrer, Sainte-Rose a une idée machiavélique derrière la tête : il veut qu'ils se séparent et faire de leur déchirement le sujet de son chef-d'oeuvre. « Dans la peinture de Sainte-Rose, tout y sonnait mortel. » (p. 35) Mais entre Léone et Marc, l'idylle est au beau fixe et les deux amants ne peuvent se rassasier l'un de l'autre.
Tout irait à merveille si Marc ne souffrait pas d'une cruelle panne d'inspiration. Étrangement, Sainte-Rose est également à court d'inspiration, comme si le bonheur des autres bloquait son talent. « C'est vrai, quoi ! C'est quand qu'ils en chient, tous les deux, que je puisse travailler, moi ? » (p. 72) Il a alors une idée très cruelle pour relancer sa peinture : contraindre les amants à se séparer par le biais de la fiction. « Deux amants arrivent en bateau à Cythère mais le voyage s'est mal passé (va savoir ce qu'ils se sont dits !) » (p. 107) L'amour résistera-t-il à l'art ? Rien n'est moins sûr sous la plume acérée de Jean Teulé. « Détruire ce que l'on aime, toujours, de peur d'en souffrir. Préférer être responsable du désastre plutôt que de le subir. » (p. 115)
Si les amants sont parfois agaçants en leurs déclarations échevelées et leurs démonstrations irraisonnées, Sainte-Rose est un personnage fascinant. Ce mécène entremetteur est un despote destructeur, un démiurge névrosé qui ne peut que détruire ce qu'il a créé. Bord cadre est un court roman très sympathique sur l'amour, la création et l'inspiration, avec quelques morceaux sensuels bien gourmands, comme je les aime.
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Magenta
  07 septembre 2012
Hier, j'étais un peu inquiète à la lecture de certaines critiques, pas vraiment à propos de l'histoire mais plutôt de sa vulgarité.
Aujourd'hui, je suis toujours aussi fan de Jean Teulé et je viens de passer un excellent moment avec "Bord cadre"!
Ce court roman parle de la passion, proche de la folie, pour la peinture.
Car au delà de la rencontre entre Marc et Léone, de l'envie de celui-ci de trouver un sujet pour son nouveau roman ; Teulé nous parle plus des travers de Sainte-Rose, leur ami peintre, qui n'a aucun scrupule lorsqu'il s'agit de trouver l'inspiration qui donnera cette petite touche de "génie" à ses tableaux, ou du moins sa marque de fabrique.
Voilà donc Marc et Léone engagés dans une sorte de jeu de rôles auquel ils se laisseront prendre...
Côté vulgarité, c'est vrai, Teulé a parsemé son texte de quelques mots crus...qui, pour moi, collaient très bien aux personnages.
Du moins n'y ai-je rien trouvé de choquant...mais c'est mon avis!


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Maliae
  27 avril 2014
Comme chaque fois (ou presque) que je dois écrire un avis sur un livre de Jean Teulé, les mots "j'adore, c'est trop bien écrit, c'est super génial" me viennent à l'esprit, mais du coup j'ai beaucoup de mal à parler et à trouver ce que j'ai tant apprécié dans ses livres. L'écriture ça c'est certain, il a une façon de décrire les choses, parfois de manière très crue mais aussi de façon tellement poétique, mêlant les deux d'une drôle de façon et avec lui ça passe ou ça casse. Avec moi ça marche quasiment à chaque fois et bien entendu j'ai adoré ce livre. Pour une fois il s'agit d'une fiction, une histoire d'amour plus exactement, mais bien entendu cela ne pouvait pas être aussi facile (surtout avec cet auteur). Voilà qu'un peintre s'est mis dans l'idée de peindre un tableau bien spécial, et que pour cela il réuni Marc et Léone, lui et elle, qui vont s'aimer immédiatement, et qui vont se surprendre à rêver ensemble d'un amour éternel. Franchement, leur amour est vraiment simple, il la trouve magnifique, elle n'a plus tant envie de boire quand elle est avec lui, ils s'aiment et ça se passe de longues phrases du pourquoi du comment. J'avoue que c'était tellement beau que j'avais peur pour la suite, et en lisant je me suis cramponnée en espérant que ça ne se passe pas comme prévu. Sainte-Rose est un personnage qui m'a fait froid dans le dos, il ne vit que pour sa peinture, il se fiche des autres, il veut peindre leur souffrance et leur faire du mal lui est bien égal, comme s'ils n'étaient que des objets dont ils se servaient pour ses propres desseins. Mais cette histoire est incroyable, originale, écrite comme j'aime, et la fin m'a énormément plu en plus ! Enfin voilà exactement le genre que j'aime.
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Riz-Deux-ZzZ
  16 mai 2011
Reçu en cadeau lors d'une de mes commandes livresques, je ne connaissais ni le livre ni l'auteur (enfin seulement de nom avec le Magasin des Suicides qui est dans ma wish list).
C'est un petit livre (150pages) racontant l'histoire d'un trio de personnages malmenés par la vie... Un trio qui m'a rappelé celui du Portrait de Doiran Gray, si on peut comparer les 2 oeuvres...
Bord Cadre est un roman que je qualifierais de vulgaire et malsain. Malsain de part l'histoire, un peintre joue avec ses amis pour son chef d'oeuvre, un romancier joue avec les sentiments de sa compagne pour son nouveau livre, une femme subit en silence mais parfois semble en redemander...
Vulgaire de part le vocabulaire utilisé par J. Teulé : les mots sont crus, les gros mots font légion autant dans les dialogues que dans la narration (le narrateur semble être l'auteur lui même, il prend à parti le lecteur).
Autant le côté malsain ne me dérange pas plus que ça, c'est ce qui contribue au roman et à ce qui nous retient page après page, mais la vulgarité et plus précisément dans les scènes érotiques et sexuelles me semble inutile... L'histoire met assez mal à l'aise comme ça sans en plus en rajouter ! Je peux sembler prude dans ce que je dis mais je pense que certains mots doivent rester dans le langage familier (et surtout oral !).
Mis à part ce petit reproche, j'ai quand même accroché à ce couple qui se déchire et à ce peintre qui ne peint que l'horreur et le malheur...
En fait si, pour finir, un autre reproche : la fin ! Quant à vouloir mettre mal à l'aise et cracher son oeuvre avec des mots qui n'ont pas forcément leur place, l'auteur aurait du "avoir les couilles" (reprenons son langage) de continuer ainsi jusqu'à la fin du roman et ne pas nous pondre une fin à l'eau de rose, certes toujours emplie d'obscénités, mais tellement romantique !
Lien : http://riz-deux-zzz.over-blo..
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   16 septembre 2012
Sainte-Rose était devenu célèbre grâce à cette longue série de tableaux cruels. Il en avait d’exposés dans presque tous les musées d’art moderne du monde, les vendait à la douzaine. Mais là, depuis quelques années, il avait changé de sujet. Il s’attaquait aux humains.
- Les fœtus de canards, c’était pour me faire la main.
Il avait remplacé les coquilles par des canapés en cuir rouge cloutés de cuivre – des meubles d’antiquité. Quant à ses personnages, assis aussi sur des bergères à confessionnal ou des duchesses à bateau, il les représentait, seuls, le corps à la torture dans des poses lugubres. On aurait dit des fantômes de fontaines. Ils semblaient être la proie d’eux-mêmes.
Mais de son ancienne manière, il avait quand même gardé un détail : tous les modèles du peintre étaient représentés avec des yeux de fœtus de canards morts. C’était là sa marque de fabrique, son cachet faisant foi.
C’étaient donc des hommes hantés sur des canapés, des chaises ottomanes. Il y avait aussi des femmes seules, assises sur des lits de repas. Alors tous les tableaux de Sainte-Rose semblaient être, dans son atelier, un dialogue de miroirs abandonnés.
Sur un monumental chevalet inondé par la lumière des verrières, une toile inachevée représentait une femme habillée.
Tout à l’heure, il accentuait l’éclat d’un reflet de corsage lorsque le fax, à côté, a tiré vers le peintre une langue de papier – la préface pour le catalogue de sa prochaine expo à Cologne.
Il l’avait lue une première fois en faisant crisser sous ses doigts sa très courte barbe blanche puis il était allé nettoyer ses pinceaux. Il entreprit ensuite de la lire une seconde fois : « Il n’y a pas de limites à la mélancolie humaine et la peinture de Sainte-Rose est à placer sur la pyramide des larmes… »
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MagentaMagenta   07 septembre 2012
Ma Vénusienne...tu serais un mec, je serais pédé. Tu serais une pintade, je serais zoophile. Tu serais un bout de chambre à air, je serais fétichiste. Tu serais une enfant, j'attendrais...
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LiliGalipetteLiliGalipette   04 octobre 2013
« Elle allait vers l’écrivain comme la limaille à l’aimant. Elle avait aimé son roman. » (p. 15)
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MagentaMagenta   07 septembre 2012
Quant à son écriture, c'était de la littérature d'épileptique et de taré. C'était pour des cerveaux malades, faibles, résignés et fuyants. Son style est une permanente, il n'est pas frisé naturellement.
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luis1952luis1952   06 août 2019
Léone était assise, pieds nus, dans la salle de bain d'un petit hôtel du Croisic. Elle tenait au bout d'une pince à épiler, trois nouveaux poils blancs arrachés à son pubis...
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