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ISBN : 2260030114
Éditeur : Editions Julliard (01/02/2018)

Note moyenne : 3.15/5 (sur 117 notes)
Résumé :
Une étrange épidémie a eu lieu dernièrement Et s'est répandue dans Strasbourg De telle sorte que, dans leur folie, Beaucoup se mirent à danser Et ne cessèrent jour et nuit, pendant deux mois Sans interruption, Jusqu'à tomber inconscients. Beaucoup sont morts.Chronique alsacienne, 1519
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
Tostaky61
  19 février 2018
Voilà,  c'est fait, je suis dépucelé... oui, je sais, le mot va surprendre, choquer peut-être. C'est volontaire.  En référence au langage utilisé par l'auteur que je viens de découvrir.
Des années que Jean Teulé me faisait de l'oeil sur les rayons de mes libraires préférés.
Des années qu'il m'attirait. Pourtant, je n'avais jamais franchi le pas. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais fichtre rien.
Et pourquoi maintenant ? Idem, aucune idée. Enfin, si, une petite idée,  je suis tombé il y a quelques jours sur une émission littéraire que j'apprécie particulièrement et Monsieur Teulé s'y trouvait invité. Par ses mots il a titillé ma curiosité de lecteur éclectique. Je décide donc d' ..Entrez dans la danse.
Bien sûr j'ai entendu, ses fans de la première heure, ou ces libraires avertis. Ce n'est peut-être pas le bon pour commencer...
Mais le lecteur est têtu (enfin, moi c'est sûr ).
Et puis, mon oeil neuf allait peut-être voir et apprécier ce que les habitués de la prose de l'auteur avaient ignoré ou critiqué.
Juillet 1518, le 12 précisément ( tient, décidément c'est une date qui marque ça...) Strasbourg  voit les turcs à sa porte, mais le problème n'est pas là. Strasbourg a faim. Cette faim et cette misère qui conduit à l'impensable, on tue pour manger, mais point d'animaux pour nourrir la population, les berceaux se transforment en garde-manger. La folie s'empare du peuple qui se met à danser, partout, tout le temps, l'un entraînant l'autre. le politique crie à la folie, le médecin à la maladie, le religieux au diable...
Je ne dirais pas que je me suis régalé, la misère,  la crasse, la cruauté alliées à la crudité du langage de Teulé ne m'y invitait pas. (Et en matière de crudités, pas de salade ni de tomates dans les auges, ici). Non, c'est violent. Comme l'époque. Sanglant. Pas de gentil. Pas de méchant. Pas de sentiment.  Que de l'indifférence. Politiques, médecins et religieux unis, non pour comprendre, mais pour accuser, éradiquer,  sauver sa peau surtout (toute ressemblance avec des personnages contemporains...etc....).
Bon, à part ça,  je n'ai pas tout aimé dans le style de l'écrivain, mais c'était une première, soyez indulgent. Certains mots ou certaines phrases m'ont enquiquiné la lecture, mais je m'en suis sorti quand même.
Jean Teulé,  l'auteur qui a introduit la techno-parade dans le 16ème siècle... fallait oser.
Sur ce, je vous laisse et m'en vais tenter quelques pas de danse, j'ai la gambette qui me démange....
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hcdahlem
  01 mars 2018
Une technoparade au Moyen-Âge
Jean Teulé n'a pas son pareil pour dénicher dans l'Histoire des faits divers oubliés et nous les resservir agrémentés d'un style enlevé. Cette fois il fait halte à Strasbourg en 1518.
La genèse d'un roman est souvent mystérieuse, mais cette fois on pourrait presque parler d'une oeuvre de commande. Comme l'a confié Jean Teulé à Jean-Luc Fournier qui dirige la revue Or Norme, tout à commencé dans le train qui emmène les auteurs à la Foire du livre de Brive: «en novembre 2016, c'est Julien Bisson, qui fut longtemps le rédacteur en chef du magazine Lire et qui, aujourd'hui, dirige la rédaction de l'hebdomadaire le 1, qui me parle pour la première fois de cette épidémie de danse qui s'est emparée de nombre d'habitants de Strasbourg, une danse folle qui a provoqué par épuisement ou autre des dizaines de décès. Il venait d'en entendre parler à la radio et s'était dit que ça pourrait bien être le sujet d'un roman pour moi (…) le soir même, dans ma chambre d'hôtel, j'étais sur internet. Juste pour me rendre compte que je tenais effectivement là un bon sujet de roman… »
Il aura fallu de nombreux voyages dans la capitale alsacienne et l'accumulation d'une solide documentation avant que l'auteur de Charly 9, Fleur de Tonnerre et Héloïse ouille! ne nous livre sa version de ce mystère resté inexpliqué. Frédéric Aribit a exploré un effet similaire dans le Mal der Ardents. Mais dans son roman l'origine du mal, l'ergot de seigle, était identifiée. Cette fois-ci, on ne tarde pas à attribuer l'hystérie collective qui s'empare de la population à des forces démoniaques. Pour les autorités religieuses ces danseurs arrivent presque comme pain bénit, car même au pied de la cathédrale on ressent comme un trouble. Sébastien Brant avec La Nef des fous et davantage encore un certain Martin Luther remettent en cause le dogme. Sans oublier l'Ammeister, le maire qui cherche à prendre seul le pouvoir et à éloigner ce gêneur.
Mais dans ce cas précis, il est bien obligé de recourir à ce rival, car toutes ses tentatives de remettre de l'ordre sur les bords de l'Ill vont se solder par un échec. Ni les grands esprits, ni les forces de l'ordre ne peuvent maîtriser la transe infernale. La technoparade moyen-âgeuse se poursuit de plus belle.
Après les calamités naturelles, le grand froid et les inondations, les épidémies et les maladies alors incurables comme le choléra, la peste ou encore la syphilis, les menaces extérieures avec cette armée turque qui s'avance, il est incapable de réguler ces mouvements d'une population d'autant plus déboussolée qu'elle est affamée. Enneline, l'une des personnages au centre du récit, vient du reste de jeter son enfant dans la rivière, car elle n'a plus de lait. « On n'aurait pas pu le nourrir. Et puis c'est mieux que de l'avoir mangé comme d'autres le font. » explique son mari graveur, qui sera un précieux témoin de ce dérèglement, puisqu'il pourra laisser des oeuvres qui permettront d'assurer une postérité à l'épidémie dansante de 1518.
Au-delà de cet épisode dramatique, qui coûtera la vie à des dizaines de personnes, c'est bien entendu la truculence de l'auteur ainsi que les anachronismes dont il parsème le récit qui donnent ce goût inimitable au roman. En refermant le livre, on se dit qu'un tel professeur d'histoire aurait réveillé des collégiens prompts à la paresse. Qu'un peu de burlesque les aurait non seulement amusés, mais aussi instruits. N'hésitez pas à suivre le conseil de Jean Teulé et entrez dans la danse à votre tour!
Lien : https://collectiondelivres.w..
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LiliGalipette
  08 avril 2018
Le 12 juillet 1518, Strasbourg se met à danser. Et ne s'arrête pas pendant des semaines. Personne ne sait d'où vient cette frénésie de mouvement qui s'empare tout autant des pauvres que des bourgeois. Est-ce une épidémie, une malédiction ? Pendant un moment, on en vient à oublier la famine et la menace turque et on ne parle que de ces exaltés qui dansent jusqu'à l'épuisement, puis reviennent sur la place publique pour se trémousser encore et encore. « Celui-là, à terre, ne danse plus. Il est guéri ? / Non, il est mort. » (p. 19) C'est à croire que rien ne sera épargné à la ville : ni les maladies, ni les catastrophes naturelles, ni les scandales d'anthropophagie. « Ah, l'Enfer est ici. L'autre me fait moins peur. » (p. 18) Les religieux, les savants et les astrologues ne savent que faire. le maitre et l'évêque se refilent le bébé et, dans une querelle où n'auraient pas démérité Peppone et Camillo, ils tentent tout pour que ces foutus Strasbourgeois arrêtent de se déhancher. « Je me demande ce qui pourrait nous sauver et le sentiment de mon impuissance m'écrase. Tout va mal et le niveau risque encore de tomber. » (p. 57)
À partir d'un fait divers que la quatrième de couverture résume tout entier, Jean Teulé reconstruit une époque et y plonge le lecteur. Et toujours avec cette verve et cette langue verte et polissonne qui se foutent de la bienséance. « Strasbourg sans une goutte de bière donne une idée de l'Enfer. » (p. 85) C'est une façon de dépoussiérer l'histoire et de l'épicer un peu. C'est comme ça qu'on aurait aimé l'apprendre à l'école. Franchement moins chiante et carrément plus vivante ! « Cette année ne se révèle pas avare de malheurs de plus en plus dingues... » (p. 23) Et surtout, Entrez dans la danse donne envie d'entrer dans une bibliothèque ou une librairie et de rafler tout ce qui existe sur le sujet. Enfin, même si le rapprochement peut sembler audacieux, ce roman m'a beaucoup rappelé On achève bien les chevaux d'Horace Mac Coy : c'est la même misère hagarde et désespérée qui se retrouve sur la piste de danse. Parce que quitte à crever, autant le faire en tapant des pieds.
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tynn
  20 février 2018
« Il faut qu'un livre fasse rire, peur, bander »*
Jean Teulé refait encore une fois l'histoire, à sa manière décalée, délirante, débridée.
Il n'y a que lui pour imaginer une danse macabre dans des temps d'épidémies et de famine qui induisent infanticides et cannibalisme. Folie et sorcellerie virevoltent en sarabande contagieuse, mettant les édiles de la ville sous pression, et l'évêque en état d'Inquisition, agrippé à ses richesses.
Le décor du Strasbourg de 1518 est planté, guère éloigné de la réalité du temps (difficultés climatiques, disettes, émergence de la doctrine de Luther, peur de l'invasion turque) et cette fameuse farandole a bien été documentée par l'Histoire.
On plonge en plein Teulé: ça pue, ça grivoise, ça perd fluides et humeurs corporelles. C'est scatologiquement repoussant! L'auteur s'est lâché comme jamais dans le sordide tout en produisant une charge satirique décomplexée envers l'Eglise et le pouvoir civil. Mieux vaut se boucher le nez et prendre cette gaudriole comme elle vient.
On retrouve la plume inimitable de l'auteur, alliant vieux langage populaire et humour/sarcasme d'argot contemporain, un anachronisme amusant et vivifiant qu'il maîtrise parfaitement. Se nichent même parfois au sein de la prose des pieds d'alexandrins.
Si on sait à quoi s'attendre avec la bibliographie du plus irrévérencieux des auteurs, cette dernière fantaisie jubilatoire de « l'historien » Teulé est donc de bonne facture, déjantée et lyrique. Un plaisant moment littéraire qu'il ne faut pas prendre au sérieux mais que j'hésite pourtant à recommander car « ça passe ou ça casse »...
* Propos de Jean Teulé / Journal le Soir du 19 février 2018
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WillWillWill
  01 février 2018
"A coup sûr, monseigneur, conteste le docteur, nous ne sommes pas confrontés à ce qui est nommé par erreur une danse de Saint-Guy, ne serait-ce parce que ce n'en est pas une''. Pris dans la farandole de mots, par la musicalité du texte et par le rythme soutenu sur moins de 200 pages je suis entré dans la danse de... Saint-Jean.
Teulé a l'art de raconter : sa plume alerte sait faire sourire dans les moments les plus tragiques (rire cathartique ?). le récit est soutenu par des personnages hauts en couleur que l'on s'attache à aimer, comprendre ou détester). Et oui, l'auteur nous fait aimer ces pauvres hères mourant d'inanition ou souffrant dans et de leurs corps décharnés.
Aimer ? L'écrivain nous entraine dans l'amour de Jérôme pour sa femme au travers du regard que le tonnelier porte à Attale et fait montre d'une grande empathie pour le couple Enneline et son compagnon Melchior, graveur de son métier (cela a son importance pour les dessins proposés sur la couverture et dans le livre).
Comprendre ? L'édile ventripotent, dépassé par les événements (décrit à la Frédéric Dard brossant son Béru), croqué dans des scènes cocasses et distillant de truculentes réflexions à l'écoute de médecins ou de l' évêque dépositaire de la parole papale.
" L'élu de Strasbourg demande à l'élu du diocèse : -Si les curés ne parlaient plus du diable, de quoi vivraient-ils ?"
Détester ? Comment rester de marbre face à la morgue religieuse de cet évêque insensible qui crache son vitriol en toutes circonstances ?
La poésie de l'écriture, la musicalité du texte permet de tout dire. Certains y voient une écriture excrémentielle ; j'y vois un romancier qui propose des odeurs, qui façonne des rues, qui sculpte une atmosphère, qui dessine des corps. Des personnages de chair et de sang donc. Augustin Trapenard a évoqué "Le parfum" en interviewant l'auteur de "Entrez dans la danse". Ce dernier a le talent pour nous entraîner dans des spirales infernales ( Charly 9 ; Mangez-le si vous voulez) et tumultueux ( Montespan) et crée des ambiances dramatiquement fortes, peintes ( filmées même) au plus près des corps et des sentiments, refusant sciemment toute mise à distance.
""Entrez dans la danse" c'est la joliesse de l'écriture pour qu'en nous résonne le bruit des sabots sur les routes pavées ou le silence des écuries vidées de toute vie par des mois de famine et de confiscation des richesse.
C'est un livre qui donne envie de poursuivre l'aventure historique grâce aux ouvrages référencés en dernière page.
C'est un livre rythmé, enjoué qui peut agacer, irriter mais vous l'avez compris Jean Teulé c'est pour moi "un bon client" agréable à écouter chez MM. Trapenard ou Busnel et toujours aussi agréable à lire.
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critiques presse (4)
Culturebox   02 mars 2018
Un fait-divers historique sorti de l'oubli, avec rigueur bénédictine et humour dans "Entrez dans la danse" (Julliard) par Jean Teulé, l'auteur de "Mangez-le si vous voulez" et "Le Montespan".
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaLibreBelgique   26 février 2018
Jean Teulé explore un épisode ahurissant mais vrai qui s’est déroulé voilà cinq siècles.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   26 février 2018
Dans son nouveau roman, l'écrivain revisite la "manie dansante" de Strasbourg, au XVIe siècle, et fait swinguer l'Histoire!
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   12 février 2018
Le nouveau livre de Jean Teulé, Entrez dans la danse, a divisé la rédaction. Satire enflammée ou roman mal écrit? Le débat est ouvert.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
noidnoid   19 avril 2018
Il n'y a plus rien pour s'alimenter chez elle et son mari. Ils ont fini leur fille.
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cvd64cvd64   12 avril 2018
-Auriez-vous préféré que toute cette cité fortifiée danse jusqu'à la mort de son dernier habitant?
-Quand même, peut-être deux mille incendiés....
-Mille six cent ou deux mille...Quand on hait, on ne compte pas.
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cvd64cvd64   12 avril 2018
Pour cent florins, quels qu'aient été vos péchés, c'est le paradis direct ! Qui n'achète rien va en chier au moment du Jugement dernier!
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LiliGalipetteLiliGalipette   08 avril 2018
« Cette année ne se révèle pas avare de malheurs de plus en plus dingues… » (p. 23)
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LiliGalipetteLiliGalipette   08 avril 2018
« Je me demande ce qui pourrait nous sauver et le sentiment de mon impuissance m’écrase. Tout va mal et le niveau risque encore de tomber. » (p. 57)
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Rencontre avec Jean Teulé à la librairie la Galerne du Havre, pour la parution de "Entrez dans la danse".
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