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Nicole Tisserand (Traducteur)
EAN : 9782070427994
272 pages
Éditeur : Gallimard (25/03/2004)
3.87/5   51 notes
Résumé :
Il est venu seul de sa planète détruite par les guerres et dont la civilisation va disparaître. Il est venu chercher de l'aide, mais à qui peut-il s'adresser sans passer pour un envahisseur ? Pourtant, si les rescapés d'Anthéa parvenaient à le rejoindre sur Terre, leur science et leur expérience pourraient éviter à notre planète de subir un destin similaire. Mais il est si seul, écrasé par une pesanteur trop forte, malhabile, malheureux malgré la fortune que lui rap... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
claire_
  12 avril 2010
Edward J. Newton est un extraterrestre. D'ailleurs, ce n'est évidemment pas là son vrai nom. Mais c'est celui qu'il s'est choisit pour s'intégrer aux habitants de notre planète après en avoir soigneusement appris les coutumes, la langue et l'écriture.
Son but, c'est avant tout de sauver son propre peuple. Celui ci est condamné à s'éteindre rapidement sur sa planète natale où les richesses naturelles ont été épuisées par trop de guerres.
Mais c'est aussi de nous sauver, nous Terriens, de la prochaine guerre qui s'annonce pour bientôt et qui, après les horreurs de la seconde Guerre Mondiale et la découverte des armes atomiques, promet de détruire l'humanité.
Ce livre est donc joliment teinté d'écologie. En évoquant ce qui est arrivé à Anthéa, l'auteur pointe les richesses que notre planète possède encore. Il n'appartient qu'à nous de les préserver afin que la Terre ne devienne pas elle aussi un monde maudit que les survivants devront fuir.
A un moment du récit, Newton, qui déparqué sur Terre s'enrichit d'abord en vendant des bagues en or, demande à un terrien : « Ce lac, combien d'eau contient il à votre avis? » Cette phrase naïve retranscrit toute la nuance de ce livre. Un lac, ce n'est qu'un joli paysage quelque peu banal pour nous. Mais pour une contrée qui manque d'eau, il devient la plus grande des richesses.
Ce livre parle aussi de la guerre. Ou plutôt de la peur que celle-ci inspire. Il a été écrit en écrit en 1963, en plein dans la guerre froide et, comme beaucoup de récit de science-fiction de cette époque, il est baigné de la terreur qu'elle inspire. Sans jamais parler vraiment de l'URSS, ce livre retranscrit les angoisses de l'époque, la certitude que la prochaine sera sans doute fatalement la dernière. Tous les personnages de ce livre apparaissent désabusés par une modernité qui, au lieu de leur apporter le confort qu'ils attendaient, les menace jour après jour.
Enfin, ce livre traite surtout de la solitude. La solitude de Newton, exilé si loin des siens et de sa planète, étranger sur cette Terre où il fait si chaud, écrasé par une pesanteur beaucoup trop forte pour lui, grand et maigre jusqu'à en être difforme, … Mais aussi la solitude de Betty Jo, veuve au chômage qui ne parvient à subsister que grâce aux aides sociales. Ou celle de Nathan Bryce, docteur en chimie qui ne supporte plus de travailler pour la recherche militaire.
Tous ces personnages ont sombré ou sombrent dans l'alcool au fur et à mesure du récit, à l'ivresse matinale, seul remède à la mélancolie qui les habitent et contre laquelle ils ne veulent plus lutter.
Ce sujet se rattache au malaise de l'auteur, lui-même victime de l'alcool. Ces personnes, Newton, Betty Jo ou Bryce, ne sont en fait que des doubles de papier de Tevis. Dans un entretien avec Weiner, l'auteur aurait déclaré : « J'écrivais, d'une certaine manière, sans distanciation, sans séparer l'homme de l'écrivain, animé par la peur grandissante de ne plus supporter la vie autrement qu'en restant soûl ».
C'est donc un roman très personnel que nous livre Tevis. Cela ne le rend que plus fort.
Il y a de nombreux cycles que j'ai lu, apprécié mais dont je suis incapable de me rappeler l'histoire un an plus tard. En moins de 300 pages, ce livre est de ceux qu'on sait ne jamais pouvoir vraiment oublier quand on arrive à la dernière ligne.
Car la fin est toute aussi magistrale que l'ensemble du récit. Elle est de celles qui donnent envie de pleurer sans qu'on puisse y parvenir.
Bref, un livre beau et fort que je vous conseille évidemment!
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Philemont
  05 juin 2014
Newton est grand, maigre et fragile. Il est aussi un inventeur de génie, qui sait s'entourer pour faire fructifier ses idées, même s'il demeure désespérément seul. Car Newton est surtout un extraterrestre envoyé sur Terre par les survivants de sa planète pour tenter de trouver une solution à son inéluctable destruction. Accessoirement c'est aussi l'occasion pour lui d'alerter les hommes sur les dangers du nucléaire et du gaspillage des ressources naturelles. Mais encore faut-il qu'il soit écouté...
L'homme tombé du ciel est le premier roman de science fiction de Walter TEVIS. Il prend la forme d'une allégorie sur le mythe d'Icare en cela qu'il traite de l'irrépressible désir de l'Homme d'aller toujours plus loin, au risque de devoir se retrouver face à sa condition d'être mortel. Sous la plume de l'auteur américain le constat comme les perspectives en termes écologiques sont pour le moins pessimistes.
Ce n'est pourtant pas faute d'être prévenu par Newton, qui a déjà vécu tout cela. Mais sa nature extraterrestre le rend totalement inaudible aux hommes, d'une part parce qu'ils ne veulent pas croire à son origine, et donc à ses paroles, d'autre part parce que leur désir de puissance technologique est infiniment plus fort que le besoin de préserver la planète. C'est finalement plus l'extraterrestre que l'Homme qui est conscient de la condition humaine.
En cela le personnage de Newton rappellera inévitablement Spofforth, l'androïde mis en scène dans L'Oiseau d'Amérique, roman écrit par Walter TEVIS quelques 17 ans plus tard. Si les deux oeuvres forment en quelque sorte un diptyque dystopique, ce premier volet a en plus pour caractéristique de coller à une actualité brûlante. C'était le cas il y a 50 ans, au moment de sa première publication, quand Etats-Unis et Russie se menaçaient réciproquement de l'arme nucléaire ; c'est toujours le cas aujourd'hui, quand tout le monde s'accorde à dire que bien des ressources naturelles, et essentielles, soit à la vie, soit au fonctionnement de notre monde, sont en voie d'épuisement.
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Missbouquin
  06 décembre 2012
Ce très bon roman de science-fiction est entièrement centré sur un personnage extra-terrestre, venu organiser le transfert des derniers survivants de son peuple sur Terre. En échange de prodigieuses technologies anti-atomiques. La vie vaut-elle la peine d'être sauvée ? les humains méritent-ils l'aide des extraterrestres via des technologies anti-atomiques susceptibles de rendre inopérant le cheptel nucléaire mondial ?
Publié en pleine guerre froide, le texte de Walter Tevis n'a pourtant pas pris une ride tant la question de la bombe atomique reste problématique dans notre société actuelle.
Tout commence par la guerre. En effet, le peuple de Thomas Newton a été décimé par des guerres incessantes entre les différentes populations. Au point où leur race en est venue à être menacée d'extinction. Thomas Newton a donc été envoyé pour construire un ferry boat permettant à son peuple de survivre en s'exilant. Mais le plan ne se déroule pas comme planifié, les humains étant imprévisibles. Et puis, petit à petit, Newton s'habitue à ce monde à sa lourde gravité et à sa mentalité un peu folle, terriblement guerrière : « l'humanité n'a t-elle pas le droit de choisir sa propre forme de destruction ? ».
Je ne vous en dévoile pas plus …
C'est un roman relativement pessimiste qui nous est proposé car on se doute que rien ne peut empêcher les hommes de s'entretuer, et un extraterrestre à la physionomie étrange, moins que les autres. C'est aussi un texte sur la solitude, la dépression, alors que Newton est rattrapé par les passions terrestres : « une lassitude extrême, un morne ennui, une profonde fatigue devant ce monde actif, toujours actif et destructeur, rempli de bavardages bruyants. » J'ai été littéralement fascinée par cette figure qui dérive peu à peu, perdant le goût à la vie, le contact avec sa réalité, restant déraciné et épuisé. L'alcool est alors pour lui la seule solution, tout comme elle est la seule solution pour d'autres personnages clés de l'histoire, effrayés par la modernité et une société où ils ne trouvent pas leur place.
Loin de la SF traditionnelle (à des années-lumière de l'invasion extraterrestre destructrice), c'est un texte original, profond, d'une grande richesse, malgré sa simplicité extérieure. Car quand on y songe, les questions qu'il pose sont vertigineuses …
Un livre que je ne suis pas prête d'oublier.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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PauseEarlGrey
  04 janvier 2017
Un roman aussi doux que mélancolique. Quel régal de retrouver ce magnifique et tragique personnage si bien incarné par Bowie...https://pauseearlgreyblog.wordpress.com/2017/01/04/lhomme-tombe-du-ciel-walter-tevis-science-fiction-et-pessimisme/
Lien : https://pauseearlgreyblog.wo..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
claire_claire_   12 avril 2010

Soudain, en regardant à nouveau la pièce, ses murs gris et ses meubles vulgaires, il se sentit dégoûté, fatigué de cet endroit sordide et étranger, de cette culture bruyante, inarticulée, sensuelle sans racines, de cet agglomérat de primates habiles, susceptibles et égocentriques – grossiers et qui ne se rendaient même pas compte que leur pauvre civilisation était en train de s’écrouler comme le London Bridge de la chanson.
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MarieVDVMarieVDV   16 mai 2020
Il distinguait l'eau à travers les branchages et ce spectacle lui arracha une exclamation. De l'eau, il en avait vu déjà vu pendant ses deux premiers jours sur terre, mais il n'y était pas encore habitué - exemple supplémentaire de ces choses auxquelles il s'était attendu, mais qu'il ne pouvait voir en vrai sans subir un choc. Bien sûr, il savait qu'existaient de grands océans, des lacs, des fleuves, il connaissait tout cela depuis son enfance. Mais le fait de voir une telle profusion d'eau dans un simple étang lui coupait le souffle.
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MarieVDVMarieVDV   16 mai 2020
Quelque part là-haut, peut-être même là où il fixait son regard, tournait Anthéa - un monde glacé, à l'agonie, mais qui lui inspirait de la nostalgie ; un monde où vivaient des êtres qu'il aimait, des êtres qu'il ne reverrait pas avant très longtemps...Mais il les reverrait.
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MarieVDVMarieVDV   18 mai 2020
Ce n'était pas un homme ; pourtant il en avait à peu près l'apparence. Il mesurait un mètre quatre-vingt-dix, et certains hommes sont encore plus grands ; il avait les cheveux blancs d'un albinos, mais le teint hâlé et les yeux bleu pâle. Il était frêle jusqu'à l'invraisemblable; les traits délicats, les doigts longs et minces, la peau glabre et diaphane. Il faisait penser à un elfe ; ses grands yeux intelligents avaient une expression enfantine, ses cheveux blancs et bouclés lui cachaient en partie les oreilles et il paraissait très jeune.
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MarieVDVMarieVDV   21 juin 2020
Le plan lui-même fonctionnait à la perfection - les énormes sommes d'argent réunies, la construction du vaisseau entamée sans difficulté ou presque, et le fait que personne (malgré des soupçons évidents) n'avait deviné sa véritable identité... Le succès se trouvait à sa portée. Et lui, l'Anthéen, être supérieur d'une race supérieure, menaçait de perdre tout contrôle de soi et de devenir un dégénéré, un ivrogne, une créature égarée, idiote, un renégat et, peut-être, un traitre à son propre peuple.
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Videos de Walter Tevis (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Walter Tevis
| LES LIVRES PAR LEURS TRADUCTEURS |#2 Rencontre avec Jacques Mailhos Pour sa traduction de
LE JEU DE LA DAME de Walter Tevis
/// RÉSUMÉ
Kentucky, 1957. Apres la mort de sa mere, Beth Harmon, neuf ans, est placee dans un orphelinat ou l'on donne aux enfants de mysterieuses ”vitamines” censees les apaiser. Elle y fait la connaissance d'un vieux gardien passionne d'echecs qui lui en apprend les regles. Beth commence alors a gagner, trop vite, trop facilement. Dans son lit, la nuit, la jeune fille rejoue les parties en regardant le plafond ou les pieces se bousculent a un rythme effrene. Plus rien n'arretera l'enfant prodige pour conquerir le monde des echecs et devenir une championne. Mais, si Beth predit sans faute les mouvements sur l'echiquier, son obsession et son addiction la feront trebucher plus d'une fois dans la vie reelle.
11/03/2021 |Les éditions Gallmeister
/////// Cette série d'entretiens est réalisée par les étudiants en Master 2 de création littéraire de l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines dans le cadre de leur stage au festival vo-vf.
:::: LE PROGRAMME COMPLET de la série : https://www.festivalvo-vf.com/les-livres-par-les-traducteurs/
© FESTIVAL VOVF 2021 www.festivalvo-vf.com
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