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Edgar Morin (Préfacier, etc.)Dominique Vidal (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782916842677
319 pages
Éditeur : Temps Present (20/08/2020)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Alexandre Thabor, aujourd'hui âgé de 92 ans, nous livre l'incroyable récit que lui a fait son père, Sioma, il y a quelques décennies : celui de sa vie, de ses idéaux et de son amour pour sa femme. Il lui a notamment raconté son engagement dans certains des plus grands évènements de la première moitié du 20e siècle : la révolution russe, la guerre civile espagnole, l'occupation de la France, la création d'Israël. Un récit époustouflant, épique et sentimental qui nous... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
kielosa
  01 janvier 2021

Je tiens tout d'abord à remercier les éditions du Temps Présent et Babelio pour l'envoi du présent ouvrage dans le cadre d'une opération masse critique privilégiée .
L'ouvrage constitue une vaste fresque dans le temps, virtuellement toute la première moitié du XXe siècle, et l'espace, de l'Ukraine russe, en passant par la Palestine et l'Espagne, racontée par un vieux monsieur, Sioma Thabor, né en 1905, à son fils Alexandre, l'auteur, né en 1928, à l'occasion de leurs retrouvailles en mars 1958 à Paris.
Il s'agit d'une histoire de "bruit et de fureur" pour reprendre le titre de l'oeuvre célèbre de William Faulkner de 1929, de luttes et combats pour les bonnes causes comme la dignité humaine, la justice et l'égalité des hommes.
Luttes et combats qui s'alternent avec une belle histoire de (grand) amour et la manifestation de nobles convictions idéalistes et de fréquents renvois à Littérature avec (un l'majuscule), des philosophes et écrivains, tels Spinoza, Balzac, Stendhal, Shakespeare...
La devise de l'héros est d'ailleurs une maxime d'Héraclite : "Sans l'espérance, vous ne trouverez pas l'inespéré".
La première partie du récit (78 pages) est située à Odessa, la ville portuaire actuellement ukrainienne sur la mer Noire, que je connais relativement bien pour des raisons personnelles mon épouse étant Odessite, ce qui m'a conduit à la lecture d'une mini-bibliothèque sur cette ville particulière, créée par la tsarine Catherine II de Russie et qui a connu comme premier gouverneur de 1803 à 1814 le cinquième duc de Richelieu, dont une imposante statue orne le Boulevard Prymorski, à un endroit stratégique de la ville et du port.
Odessa a été une importante ville juive, et par leur nombre, en 1900 ils étaient pratiquement 125.000 soit 30 % de la population et par leur influence, grâce à toute une série d'écrivains tels Chalom Aleikhem (1859-1916), Isaac Babel (1894-1941), Ilya Ilf (1897-1937)...et des personnalités politiques comme Vladimir Jabotinsky (1880-1940).
Aujourd'hui, les Juifs ne représentent plus que 3 % des 1 million d'Odessites.
Pourtant la blague y a toujours cours. Un touriste demande un jour à une babushka (grand-mère) odessite : "Combien d'habitants compte Odessa ?"
La vieille dame répond : "Un million". " Et combien de Juifs ?" Et la babushka légèrement irritée, lui répond : "Mais je viens de vous le dire, 1 million !"
L'histoire commence avec la mort par balle de l'ami de l'héros dans la Moldavanka, le quartier juif d'Odessa, en 1913. Ce coup de feu par un soldat tsariste lors d'une manifestation pacifique contre les bas salaires fait du galopin Sioma, 8 ans, un révolutionnaire.
À cette époque, Odessa constituait le carrefour d'un nombre incroyable d'armées : outre les Blancs et les Rouges et leurs alliés respectifs, il y a les cosaques, les troupes de l'indépendantiste ukrainien, Symon Petlioura (1879-1926), et les Cent-Noirs, un mouvement nationaliste, monarchiste, d'extrême droite et antisémite.
Cette dernière caractéristique était virtuellement commune à tous ces soldats réguliers et irréguliers. En dépit des instructions formelles de Lénine et Trotsky, pratiquement tous ont commis des excès contre les Juifs, allant de simple vol et incendie aux viols systématiques des femmes et gamines juives et du meurtre à grande échelle des hommes et garçons juifs.
Pour compliquer davantage l'existence des Juifs d'Odessa, comme Abraham et Rachel Thabor et leurs fils Sioma, la communauté juive était divisée entre traditionalistes et sionistes et même cette dernière catégorie comptait différentes fractions : entre autres les socialistes (le mouvement marxiste Poalé Zion) et ceux de la droite du révisionniste Jabotinsky.
C'est dans ce climat de pogroms et d'angoisses, où en plus régnaient la pauvreté et la pénurie que naissait cet amour passionnel entre l'idéaliste Sioma Thabor, 15 ans, et la romantique Tsipora Eppelbaum, 13 ans. Une liaison fort contestée par sa famille à cause de leur âge et l'aisance d'Isaïe Eppelbaum, négociant et banquier.
Mais rassurez-vous, l'amour a vaincu, obligeant le jeune couple toutefois à s'émigrer, en février 1924, en Palestine dans un kibboutz à Nahalal à une trentaine de kilomètres à l'est d'Haïfa.
Seulement, Sioma est comme activiste politique, en 1936, expulsé de Palestine par les Britanniques et il a continué la lutte dans les rangs des brigades internationales contre Franco pendant la guerre civile espagnole.
Au moment des retrouvailles entre père et fils 22 ans plus tard à Paris, le point le plus délicat est la mort de Tsipora de typhus à Auschwitz, en janvier 1945, moins d'une semaine avant l'arrivée des Russes. C'est la raison qui pousse le père à raconter les motivations de son action, qui a entraîné une séparation forcée de sa bien-aimee Tsipora.
Je recommande vivement cet ouvrage qui combine l'horreur d'une certaine réalité de société avec la beauté de l'engagement et du courage de quelques individus dans un récit à la fois instructif et envoûtant.
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Jeanfrancoislemoine
  02 décembre 2020
En recevant ce livre de la part des éditions "Temps présent"et de l'équipe de Babelio , ce dans le cadre d'une masse critique privilégiée, j'étais bien loin de me douter combien j'allais être bouleversé. Les mots me manquent pour les remercier de m'avoir permis d'accéder à un tel récit.
Tout d'abord , si je puis me permettre , n'oubliez pas, avant et après, oui , après aussi , une autre fois , de lire la préface d'Edgar Morin . Elle sait , en quelques lignes , mettre en exergue la profondeur de ce que l'on va découvrir, ou de ce que l'on a découvert . Pour moi , une seconde lecture s'est avérée encore plus prégnante que la première . J'ai compris pourquoi ce monsieur qui n'écrit plus de préfaces , avait fait exception et repris sa plume...
En me lançant dans ma lecture , presque dés le début, c'est une magnifique chanson de Maxime le Forestier qui a résonné en moi " " Être né quelque part ", vous savez ,
" On choisit pas ses parents , on choisit pas sa famille ,
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille ,
Être né quelque part ,
Pour celui qui est né , c'est toujours un hasard ..."
Sioma est né à Odessa , en 1904 et , dés l'âge de six ans il découvre le monde dans lequel il vit , lui , le petit juif : "un monde de pogroms , d'incendies , de pillages , de viols , de dévastation , de massacres perpétrés par les Cent noirs , ceux qui deviendront ses pires ennemis lorsque , alors qu'il n'a que 8 ans , ils tueront son meilleur ami sous ses yeux . Son choix s'impose alors , faire partie des insoumis " et débuter un combat qui le conduira , toujours en quête de justice et de liberté d'Odessa en Espagne, puis à Moscou , à Jérusalem, et à Paris , partout où les barbaries du XXème siècle étendent leurs sinistres tentacules . Homme de paix , de justice , d'amitié et d'amour puisque , tabassé et laissé pour mort par les Cent Noirs , son regard croisera celui de celle qui , issue d'une famille juive " opposante " , celle qui l'accompagnera fidèlement avant de périr dans les fours crématoires d'Auschwitz .....Son fils , Alec , recueille son témoignage. Il est édifiant , bouleversant , presque inimaginable , une épopée....Un roman historique , un regard sur une époque au cours de laquelle les hommes ont montré leur sauvagerie sans limites , leur soif de pouvoir , leur cruauté . Oui , certains épisodes sont durs , sans concession , mais quelle force et quels portraits extraordinaires de personnages , hommes et femmes , prêts à se sacrifier au nom de la liberté et du respect , au nom , aussi , de la laïcité et du droit de chacun à vivre libre et en harmonie avec autrui. .Un témoignage qui se lit comme un roman , dont on tourne les pages avec avidité.
Les lettres de la fin du volume sont....comment dire ? Je ne trouve pas mes mots . Ce sont des échanges entre Sioma et Tsipora, le couple au superbe et profond regard déterminé de la page 10 . " S'aimer , ce n'est pas se regarder l'un , l'autre , c'est regarder ensemble dans la même direction " disait Saint Exupéry.
Je ne suis pas historien mais je m'intéresse, comme tout citoyen " lambda " à l'actualité mondiale , j'ai trouvé à ce livre un intérêt didactique incroyable .Il est , de surcroît, fort bien rédigé.
Je ne peux que vous conseiller cette lecture . Pour moi , sans l'équipe de Babelio et les " éditions Temps présent " que je salue à nouveau , je serais passé à côté d'un ouvrage remarquable et éclairant.
Attention , chères et chers amies et amis , ce n'est que mon ressenti . Vous n'êtes pas obligé(e)s de me croire.....


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Roggy
  19 décembre 2020
Je remercie Masse critique et Temps Présent pour la découverte de ce roman.
Alexandre Thabor réussit le pari en combinant un langage accessible et instructif avec le romanesque avec finesse et beaucoup d'intelligence.
On suit l'évolution et l'éveil politique mais aussi humain d'un homme décidé à défendre ses convictions pendant l'une des périodes les plus sombres de l'Histoire.
La Russie du début du siècle est gangrénée par la famine, les dissensions politiques et l'horreur des pogroms.
A Odessa l'enfance et foudroyée par le besoin d'apprendre à se battre pour sauver sa vie.
De la prise du pouvoir par les Bolcheviks au rêve de la création d'Eretz Israël en tant que terre promise partagée par deux peuples, le dénominateur commun de la vie de Sioma, a été d'être resté fidèle à son idéal de vie, la liberté.
Dans une narration enfiévrée et très bien documentée, l'auteur retrace la vie de son père, féroce guerrier à Odessa et en Espagne dont l'idée obsessionnelle était de sauver la démocratie. Cet engagement est devenu le moteur de sa vie et justifiait n'importe quel sacrifice.
Sa lutte contre le fascisme était une façon de prouver que personne ne peut abattre un homme libre.
Sa haine de toute forme d'oppression et ses efforts pour maintenir la dignité humaine ont été une constate dans l'engagement de sa vie et il a toujours partagé cet idéal avec des pairs de différentes origines ou religions.
Une incursion politico-historico-religieuse d'une grande qualité documentaire sur le parcours extraordinaire d'un juif révolutionnaire.
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piccolanina
  02 janvier 2021
Inexorablement, il dégringole le grand escalier , sans fin , d'Odessa avec dans ses draps un tout petit bébé .
Et le landau s'éloigne , de plus en plus , de la mère effondrée , assassinée par l'armée .
Il roule , roule dans ce monde où tout s'écroule .
Un souvenir enfoui au plus profond de moi , qui resurgit à la pensée du film que nous avions visionné au lycée : " le Cuirassé Potemkine " , voilà quelques années .
La réalité et la fiction s'entremêlent tellement , qu'il me semble apercevoir parmi les corps qui jonchent les marches , Gricha ,abattu d'une balle en plein coeur .
" Autour de moi , hommes , femmes et enfants s'écroulaient . Soudain le vide . J'ai lâché la main de ma mère pour me jeter sur Gricha . le sang lui coulait de la poitrine . Il était tombé devant moi comme un arbre foudroyé . Il était là , paralysé à terre , sans aucun signe de vie . " P. 37
Sioma est âgé de seulement huit ans quand il perd son ami et complice .
" Ce jour-là , sans le savoir , malgré moi , j'étais devenu un révolutionnaire " . P. 38
La guerre , où qu'elle sévisse , fabrique des zombies qui , réunis en meutes , tuent , égorgent et pillent sans le moindre cillement d'yeux .
Le testament littéraire qu'Alexandre reçoit de son père à ses trente ans ,en 1958 , semble la meilleure des preuves et la plus authentique de la cruauté immuable de la société .
Heureusement , des lions surgissent , rugissent , se lèvent et combattent les intrus , les extrémistes dans tous les pays .
Sioma , l'un d'eux , a su s'entourer d'êtres valeureux et téméraires qui ont apporté au monde la vérité . Ils l'ont payée de leur sang .
Telle la journaliste Jeanne Lev .
" Elle avait écrit une série d'articles sur ces hommes et ces femmes , les morts et les survivants des massacres , en particulier celui des collectivités de Calanda (... ) . Elle était fascinée par leur détermination , leur énergie , leur respect de la vie ( ...) . Elle s'était complétement identifiée à leur combat pour la libération des femmes et la révolution " P. 179
Si Sioma était un homme fougueux , courageux , drôle , et intelligent , il était aussi impulsif dans son envie de partage , ce qui le rendait imprudent .
Il a compris , avec l'âge , combien sont horribles , absurdes et vaines les guerres , en se remémorant la mort de tant de personnes et surtout ses amis , lui qui prônait l'amour de la vie dans toute sa sensualité et sa vérité .
Il a rencontré , très jeune , sa flamme jumelle , Tsipora .
Ils étaient fusionnels et pourtant leur amour-passion a connu une pénible séparation quand il a été expulsé d'Israël par les Anglais , qu'il a rejoint les brigades internationales en Espagne .
L'absence fortifie la vénération . L'amour ne se nourrit-il pas d'attirance charnelle mais aussi d'admiration ?
Nos deux héros sont des êtres hors du commun et chaque phrase du roman de ce fils bien-aimé , Alexandre , mériterait une citation .
Si Edgar Morin allèche notre curiosité d'entrer dans L Histoire par sa préface , il en va de même pour l'intervieuw d'Alexandre Thabor par Nathalie Bouly .
( radiofmplus.org/arret-aux-pages-thabor-2 )
Je ne peux que remercier vivement l'équipe de Babélio et les éditions " Temps Présent " pour ce merveilleux et émouvant cadeau dont on se doit de prendre le temps de lire toutes les subtilités et la portée .
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montmartin
  07 décembre 2020
Alexandre vient d'avoir trente ans lorsqu'il retrouve à Paris Sioma, son père, qu'il n'a pas revu depuis vingt-deux ans. Sioma souhaite raconter à son fils les souvenirs d'une vie d'engagement ; faire revivre tous ses compagnons de luttes, réentendre leurs voix, revisiter leurs combats. À travers des carnets, des journaux intimes, des correspondances, il souhaite lui expliquer le rêve d'un état indépendant commun entre Juifs et Arabes qu'il partageait avec sa femme Tsipora, son seul amour, gazée à Auschwitz.
« Un état qui assurerait la plus complète égalité sociale et politique à tous ses habitants, sans distinction de religion, de race ou de sexe, garantirait la liberté de culte, de conscience, de langue, d'éducation et de culture et assurerait la protection des Lieux saints de toutes les religions. »
D'Odessa à la Palestine, en passant par la guerre d'Espagne ce livre est un témoignage captivant sur une vie de combats pour la démocratie, la justice, la liberté, contre le fascisme, pour maintenir la dignité humaine, le refus d'être des asservis.
Tout commence à huit ans lorsqu'il assiste à la mort de son meilleur ami lors d'une manifestation. Ce jour-là il se retrouve dans le camp des insoumis, il est devient un révolutionnaire. Alors commence un récit de l'indicible où l'horreur n'a pas de limites. Les années de famine, de guerre civile, les pogroms, le typhus, les pillages, les massacres, les viols.
L'occasion de dresser toute une galerie de personnages, Jeanne, Lucia et d'autres, des femmes libres jusque dans la mort ; des hommes, des compagnons qui ont su transformer leur vie en un destin. le témoignage d'un acteur de l'histoire de la de la fondation de l'état d'Israël, de toutes les souffrances, de toutes les humiliations.
Cet ouvrage puissant, difficile à appréhender, rempli d'émotions se termine par des lettres échangées entre Sioma et son épouse Tsipora et son fils Alec. Des mots d'un amour absolu.
« Elle avait treize ans et moi un peu plus de quinze lorsque nos vies se sont croisées. Près de trois ans, elle a grandi en moi sans que je la touche. Lentement, je me suis emparé d'elle. À Odessa comme à Haïfa, cette enfant devenue femme, a été ma seule musique dans un monde de fureur et de sang ! »
Merci aux éditions du Temps Présent et à Babelio pour leur confiance.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
piccolaninapiccolanina   28 décembre 2020
Jusqu'à ce jour atroce où nous avons libéré Berezivka de l'occupation des Cent-Noirs de Kourov le sanguinaire . Nous avons trouvé la vieille communauté anéantie . Plus de tanneurs , d'artisans , de petits commerçants , de colporteurs , de tailleurs . Tous sauvagement massacrés . Quand nous avons traversé la ville , ses rues étaient jonchées de cadavres de dizaines d'hommes juifs , tous massacrés . C'était intolérable . Je n'ai jamais oublié les vieillards et les enfants découpés en morceaux , empilés sur les trottoirs ou accrochés aux maisons calcinées , les femmes et les jeunes filles violées ; même des petites filles et des femmes âgées , hagardes , perdues , terrifiées , au point d'en perdre la tête .
A ces atrocités s'étaient ajoutées les tortures morales ...
Ils avaient forcé les habitants à chanter et à danser en présence de leurs tortionnaires . On les avait obligés à s'insulter entre eux , à louer leurs bourreaux , à creuser leur propre tombe et à commettre des actes indignes pour amuser leurs assassins . L'état mental des Juifs que nous trouvâmes était proche de la démence . Notre histoire n'avait jamais rien connu de pareil .
L'enfer de Dante pâlit à côté de ce que vécurent les Juifs en Ukraine dans ces années - là / P.58_59
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piccolaninapiccolanina   21 décembre 2020
Elle m'a dit en riant que les mots l'accompagnaient partout où elle allait pour les assumer , les propager , les semer aux couleurs de la vie pour qu'ils survivent , des mots qui comme des oiseaux aux ailes repliées attendent le souffle de ses lecteurs pour s'envoler et propager l'insoumission .
Elle m'a appris le secret des mots . " Qu'est-ce qu'un mot , m'avait-elle demandé , si ce n'est une histoire d'amour ? " .P.179
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piccolaninapiccolanina   27 décembre 2020
J'ai appris dans les camps de Djelfa et du Vernet la trame de ce qui constitue les hommes , non seulement leur origine, leur langue , leur âge , leur intelligence , mais leur histoire ,je les classais en trois catégories : ceux qui se penchent sans cesse sur leur passé , ceux qui s'accrochent à leur présent et ceux qui ouvrent les yeux sur le futur et agissent pour renverser l'intolérable présent en s'appuyant sur leur passé et leur présent . P. 232
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RoggyRoggy   20 décembre 2020
Ma dernière rencontre avec mon père s’est terminée la nuit assez tard. I avait les yeux en larmes. Les miennes perlaient sur mes joues. Après s’être arrêté, il n’a pas bougé. Il était là, face à moi, tout proche. Je le regardais. Tsipora… Auschwitz… rien n’a jamais été aussi profondément douloureux que cette blessure. Rien ne pourra l’effacer de notre vie, de notre histoire à tous deux, de notre amour, de notre douleur. Je ne lui voyais aucune responsabilité. Ils étaient unis et ensemble ils avaient soumis leur pensée, leur travail, leur amour, leur vie, à la seule gloire de servir et de se battre contre l’insoutenable, là où ils se trouvaient : à Odessa, à Haïfa, à Madrid, à Paris… Elle est morte fière d’être juive.
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piccolaninapiccolanina   15 décembre 2020
Pourtant , Odessa était sans pareille avec ses soirées printanières douces et languissantes , les parfums épicés des acacias , et ses clairs de lune inimitables au-dessus de la mer obscure ; une vie pleine de surprises, de plaisirs, de curiosités avec son grand port accueillant ....P. 44
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