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Léon de Wailly (Traducteur)Serge Soupel (Éditeur scientifique)
ISBN : 2080705598
Éditeur : Flammarion (07/01/1993)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Rédigée sous la forme de mémoires, cette histoire est celle de l'ascension sociale et de la chute d'un homme arriviste et amoral. Suite à un duel au cours duquel il pense avoir tué son adversaire, le jeune Redmond Barry quitte son Irlande natale pour s'engager dans l'armée anglaise. C'est la première étape de sa vie aventureuse qui le conduira à participer à la guerre de sept ans puis à déserter, ne pouvant supporter la rudesse de la vie militaire.
Vivant cla... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  05 mars 2018
Voici un petit chef-d'oeuvre d'ironie et de perfidie ! Qu'il est dommage qu'en France Thackeray soit si loin de la notoriété d'une Jane Austeen ou des soeurs Brontë. Sa plume est un véritable rasoir, qui tranche avec précision dans les apparences et la superficialité pour mettre à nue l'âme humaine. Mais il est temps de présenter Barry Lyndon, du royaume d'Irlande.

Son père ayant mangé tout son bien, sa jeunesse ne fut guère aisée. Mais sa mère, qui l'aimait plus que le ciel et le soleil, a mis son point d'honneur à l'éduquer comme un jeune lord. Il vivait en compagnie de ses cousins ; l'un le battait par méchanceté, l'autre par amitié. Il n'avait pas quinze ans qu'il était amoureux d'une de ses cousines, et qu'il tua un rival plus fortuné en duel. Après avoir fui, il n'eut d'autres choix que les troupes de sa majesté. Le reste de sa vie se passa à gagner de l'argent par les moyens les moins avouables, et à le dépenser en fêtes et pourpoints dorés. Voici Barry Lyndon ! Truand, aventurier et nobliau désargenté, prêt à tout et dénué de toute forme de scrupule.

Tout l'art de Thackeray consiste à créer un abîme entre la bonhommie avec laquelle le héros raconte ses aventures, et la nature de celles-ci. Là-dessus, curieusement le texte a même gagné en force avec le temps. Le second degré raisonne encore mieux, et l'ingratitude et les mœurs du héros, à l'époque choquantes, paraissent aujourd'hui ahurissantes. Quand Barry Lyndon assure qu'on ne peut l'accuser d'être violent avec sa femme puisqu'il ne la bat que quand il est ivre, le lecteur du XIXème siècle avait une moue ironique. Aujourd'hui, il écarquille les yeux.

Et pourtant, impossible pour moi de le détester. Le gaillard a la peau dure. Il a subi l'armée de Frédéric II – pire que le bagne – et autres avanies sans se formaliser, et la seule qu'il n'a pas supportée est la mort de son fils. Pour lui, le monde est un champ de bataille d'intrigues où tous les coups sont permis. On berne les autres, on finit toujours par se faire berner par plus malin et c'est ainsi.

Thackeray entremêle tout ceci de méchantes petites piques à ses contemporains, dont il brocarde l'ingratitude et la servilité. Mais il va plus loin en critiquant le fanatisme anticatholique qui agitait alors l'Angleterre, et en dénonçant le sort infligé à l'Irlande. Un grand livre, et peut-être le seul que je connaisse écrit presque entièrement au second degré.
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cmpf
  16 janvier 2016

Titre complet Mémoires de Barry Lyndon du Royaume d'Irlande. C'est donc le récit de la vie d'un gentilhomme irlandais, remontant même à ces « illustres » ancêtres et interrompues par la mort.
Première phrase « Depuis Adam, il n'y guère eu de méfaits en ce monde où une femme ne soit entrée pour quelque chose. » Cela donne le ton. Car les femmes, Redmond Barry va beaucoup chercher à s'en servir pour réussir. Il faut dire que le sort est toujours contre lui. Déjà, sa famille a été spoliée de ses richesses et de son rang, car les Barry descendent des premiers rois d'Irlande. « Je présume qu'il n'est pas un gentilhomme en Europe qui n'ait entendu parler de la maison de Barry de Barryogue, du royaume d'Irlande car on ne trouverait pas un nom plus fameux dans Gwillim ou D'Hozier* ; et bien que, comme homme du monde, j'ai appris à mépriser les prétentions à une haute naissance qu'affichent certaines gens qui n'ont pas plus de généalogie que le laquais qui nettoie mes bottes et quoique je ris de pitié de la gloriole d'un bon nombre de mes compatriotes, qui tous à les en croire, descendent des rois d'Irlande, et vous parlent d'un domaine qui ne suffirait pas à nourrir un cochon comme si c'était une principauté ; cependant la vérité m'oblige à déclarer que ma famille était la plus noble de l'ile, et peut-être de l'univers entier, … » Voilà vous avez l'essentiel de la personnalité de Redmond Barry. Ajouter y le gout pour les jeux, l'alcool, les femmes, vous aurez un portrait assez ressemblant.
Obligé par un duel à quitter la demeure familiale, il s'engage ensuite dans l'armée où il combattra avec beaucoup de talent et de panache (c'est lui qui le dit) dans divers pays, d'abord du côté anglais puis prussien lorsqu'il se fait piéger par un recruteur, pendant la Guerre de Sept ans (1756-1763). Il deviendra ensuite joueur professionnel et connaitra des années de prospérité avant de revenir en Angleterre et d'épouser une riche veuve Lady Lyndon dont il dilapide les biens et qu'il maltraite.
Barry ne semble avoir d'affection que pour lui-même. Lorsqu'il rentre en Irlande il ne se précipite pas auprès de sa mère qu'il n'a pourtant pas vue depuis de nombreuses années et qui lui est indéfectiblement et très aveuglément fidèle. Même l'amour pour son fils ne semble pas exempt d'intérêt, les questions d'héritage se mêlant à ses sentiments.
La préface indique que Thackeray s'est inspiré d'un personnage réel Andrew Robinson Stoney.
C'est mon premier Thackeray, choisit de préférence à La foire aux vanités parce qu'il fait partie de la sélection Bibliothèque idéale pour les 50 ans de la collection GF. J'ai beaucoup aimé la première moitié environ puis ai trouvé certains passages un peu lassants. Les menteurs mélangeant généralement un fonds de vérité à leurs broderies, je me suis presque toujours demandé qu'elle était la part sincère et laquelle inventée. Et dans quelle mesure Redmond Barry s'abuse lui-même.
Un bon roman mais que je n'ai pas dévoré, il m'a fallu presque une semaine de lectures vespérales.
* Personnes ayant publié des ouvrages d'héraldique.
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Gwen21
  21 novembre 2018
Ainsi tourne la roue de la fortune et brûle le bûcher des vanités...
Considérant l'adaptation de Stanley Kubrick comme le produit le plus abouti de l'esthétisme cinématographique, j'ai voulu passer en coulisses et découvrir le roman qui inspira ce grand réalisateur. Ayant, d'autre part, adoré ma lecture de "La foire aux vanités" du même William Makepeace Thackeray, il me tardait de me plonger dans le récit "de l'audace, de la diablerie, de la perversité et de la chute de Barry Lyndon".
Je remercie à titre posthume Stanley Kubrick d'avoir pris quelques raccourcis et ménagé quelques recoupements dans son scénario car le présent roman, s'il brille des mille feux d'une plume brillante, souffre tout de même de vraies longueurs, notamment lorsque Redmond Barry se fait soldat puis joueur professionnel dans les principautés allemandes. Après un début sur les chapeaux de roue, le rythme ralentit pour s'enliser dans les intrigues de cours, pour ne reprendre du souffle qu'au dernier quart de l'oeuvre.
Conçu comme un roman d'aventures trépidantes associé à une peinture pittoresque des moeurs aristocratiques du XVIIIème siècle, les "Mémoires de Barry Lyndon du royaume d'Irlande" satisferont tout amoureux de roman historique et tout amateur de destins hors du commun. Cependant, il est difficile de s'attacher durablement à un personnage aussi imbu de lui-même et dont l'ambition et la vanité n'ont d'égales que sa misogynie et sa violence. Comme ses proches, on se prend à vouloir s'éloigner de sa fatale attraction et c'est avec un sentiment de soulagement qu'on arrive au dénouement.

Challenge XIXème siècle 2018
Challenge ABC 2018 - 2019
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Mimeko
  02 septembre 2016
Enthousiasmée par la lecture des Mémoires d'un valet de pied, une chronique drôle et légère, j'ai entamé avec confiance ma lecture des
Mémoires de Barry Lyndon du royaume d'Irlande .........et grande fût ma déception...Les aventures picaresques du jeune Barry se succèdent mais j'y ai trouvé beaucoup de confusion, énormément de personnages qui déboulent d'un peu partout, et surtout un humour que j'attendais et qui n'a jamais pointé le bout du nez. le héros est antipathique à souhait - roublard, fat, imbu de sa personne, et souvent naïf au point de se faire berner par le premier venu.......les aventures qui se succèdent ne sont pas drôles et souvent narrées de façon très brouillonne. le seul avantage que j'y ai trouvé est la peinture des moeurs et des conditions des jeunes recrutés de force dans les armées...
Mon rythme de lecture a été poussif, j'ai quelquefois lu en diagonale et j'ai eu plus d'une fois l'envie d'abandonner.... Je suis parvenue au bout sans réel plaisir de lecture, une lecture donc que je ne recommande pas...........
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5Arabella
  31 juillet 2016
Barry Lyndon est un gentilhomme irlandais, issue d'une famille ruinée, en particulier par les prodigalités de son père. Il n'en a pas moins une haute idée de lui-même et de la place qu'il doit occuper dans la société. Il est un gentilhomme, et a donc droit a ce qu'il y a de meilleur dans le monde, et peu importe la façon d'obtenir ce qui lui est dû.
Suite à un duel qu'il remporte il doit fuir la maison maternelle et aller à Dublin. Là il fréquente des gens peu recommandables, fait des dettes et doit s'engager dans l'armée pour éviter la prison. Il subit la guerre des Sept Ans sur le Continent, d'abord dans l'armée anglaise, puis après une désertion, dans l'armée prussienne. Il devient espion, et grâce à cet intéressant emploi rencontre son oncle, qui vit depuis des années du jeu. Ils se plaisent et s'associent pour vivre de façon somptuaire sur le dos de pauvres naïfs. Enfin, il finit par épouser une riche veuve, qu'il va ruiner par ses dépenses délirantes et qu'il brutalisera et terrorisera pour la dépouiller et vivre de la façon luxueuse qui est la seule qui le satisfasse.
Barry Lyndon est un récit picaresque et haut en couleurs qui nous conte la vie peu édifiante d'un hobereau irlandais, inculte et amoral, occupé uniquement de la satisfaction de ses plaisirs, bien peu raffinés : la boisson, le sexe, le jeu, les chevaux et un effréné goût de luxe. C'est extrêmement bien écrit, drôle on ne s'ennuie pas un instant car les péripéties s'enchaînent les unes aux autres. le récit est à la première personne, puisqu'il s'agit des Mémoires du héros, ce qui permet à Thackeray l'usage du second degré et d'une ironie décalée, en effet Barry ne voit rien de mal dans ce qu'il fait, ses agissements lui paraissent parfaitement naturels, s'il lui arrive des malheurs, c'est uniquement la faute des autres, tous ces pauvres types qui ne savent ce que c'est de bien vivre. Il est d'un égoïsme monstrueux et totalement inconscient, il ne manifeste de l'affection pour personne, sauf peut-être son fils et un peu sa mère, qu'il ne se gêne toutefois pas de négliger au temps de sa splendeur.
Il s'agit d'une satire, qui au-delà du personnage de Barry Lyndon s'attaque à la façon de vivre d'une classe sociale, riche et oisive, uniquement occupée de ses plaisirs, et vivant de fait sur le travail des autres, même si cela reste discret et que l'auteur est suffisamment homme de son époque pour ne pas être excessivement choqué des disparités monstrueuses de niveau de vie.
J'avais déjà lu du même auteur La foire aux vanités, que j'avoue préférer, peut être parce que le personnage de Becky Sharp est plus complexe, plus ambigu, avec des aspects positifs et attachants, on arrive à trouver des justificatifs à pas mal de ses comportements, alors que Barry est complètement négatif, c'est uniquement une satire et une charge.
Mais tel qu'il est c'est un grand classique de la littérature anglaise, et un livre fort agréable et divertissant à lire.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   16 novembre 2018
Les gens crient haro maintenant sur les hommes qui jouent ; mais je voudrais savoir si leurs moyens d’existence sont beaucoup plus honorables que les nôtres. L’agent de change qui joue la hausse et la baisse, et vend, et achète, et tripote avec les valeurs en dépôt, et trafique des secrets d’État, qu’est-il, sinon un joueur ? Le marchand qui fait le commerce du thé et de la chandelle, est-il quelque chose de mieux ? Ses balles de sale indigo sont ses dés ; ses cartes lui arrivent chaque année au lieu de toutes les dix minutes, et la mer est son tapis vert. Vous appelez la robe une profession honorable, où un homme ment pour quiconque le paye, écrase la pauvreté pour toucher des honoraires de la richesse, écrase le juste parce que l’injuste est son client. Vous appelez honorable un médecin, un escroc de charlatan, qui ne croit point aux élixirs qu’il prescrit, et vous prend votre guinée pour vous avoir dit à l’oreille qu’il fait beau ce matin ; tandis qu’un galant homme qui s’assoit devant un tapis vert et provoque tous les arrivants, son argent contre le leur, sa fortune contre leur fortune, est proscrit par votre monde moral d’à présent.
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Gwen21Gwen21   21 novembre 2018
- [...] Quel ami ai-je ? pas un dans l’univers. Les hommes du monde, tels que vous et moi, ne font pas d’amis, et nous sommes bien sots. Ayez un ami, monsieur, et que cet ami soit une femme, un bon cheval de bât qui vous aime. C’est la plus précieuse sorte d’amitié, car tout ce qui s’en dépense est du côté de la femme. L’homme n’a besoin d’y contribuer en rien. Si c’est un vaurien, elle jurera qu’il est un ange ; si c’est un brutal, elle ne l’en aimera que mieux pour ses mauvais traitements. Elles aiment cela, monsieur, les femmes. Elles sont nées pour notre plus grande consolation, pour notre plus grande commodité ; elles sont… elles sont, moralement parlant, nos tire-bottes ; et pour des hommes de notre genre de vie, croyez-moi, une personne de cette espèce serait inappréciable. Je ne parle que pour votre bien-être physique et moral, remarquez.
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Gwen21Gwen21   15 novembre 2018
- [...] d’ailleurs, Redmond, le capitaine Quin est un homme, et vous n’êtes qu’un enfant !
– Si jamais je le retrouve, m’écriai-je avec un jurement, vous verrez quel est le plus homme des deux. Je me battrai avec lui à l’épée ou au pistolet, tout capitaine qu’il est. Un homme, vraiment ! je me battrai avec n’importe quel homme, avec tous les hommes ! Est-ce que je n’ai pas tenu tête à Mick Brady à l’âge de onze ans ? Est-ce que je n’ai pas rossé Tom Sullivan, cette grande brute, qui en a dix-neuf ? Est-ce que je n’ai pas fait son affaire au sous-maître français ? Oh ! Nora, c’est cruel à vous de me railler ainsi !
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Gwen21Gwen21   14 novembre 2018
{Incipit}

Depuis Adam, il n'y a guère eu de méfait en ce monde où une femme ne soit entrée pour quelque chose. Depuis que notre famille existe (et cela doit remonter bien près de l'époque d'Adam, tant les Barry sont anciens, nobles et illustres, comme chacun sait), les femmes ont joué un rôle important dans les destinées de notre race.
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MimekoMimeko   31 août 2016
Il a de bonnes manières et la physionomie ouverte. Il sait mentir avec une assurance que je n'ai jamais vu surpasser, et se battre, dites-vous, quand on le pousse à bout. Le drôle ne manque pas de bonnes qualités; mais il est vain, dépensier et bavard. Tant que vous aurez un régiment comme une menace, vous pourrez faire de lui ce que vous voudrez. Mettez-lui la bride sur le cou, et mon homme vous glissera dans la main
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Videos de William Makepeace Thackeray (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de William Makepeace Thackeray
Bande annonce VO de la série Vanity Fair (2018), adaptation du roman de William Makepeace Thackeray, paru en français sous le titre La foire aux vanités
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