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EAN : 9782372580267
260 pages
Taurnada Éditions (13/02/2017)
4.27/5   49 notes
Résumé :
Au cœur de Chanzy, ville minière en plein déclin, trois femmes, deux hommes et un enfant se partagent une cour baptisée « l'Impasse ». Tous ne survivront pas à la haine qui les lie. Revenu sur les lieux de son enfance, le policier David Bertal suivra, au fil des vengeances et des trahisons, le chemin qui le conduira à affronter les acteurs de son passé. Mais, entre doutes et remords, parviendra-t-il à déchirer le voile noir qui entoure la vie et les secrets de ceux ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
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"Gêné par cette précarité apparente, David baissa les yeux. Il sursauta lorsqu'il aperçut la petite silhouette immobile de Benjamin dans l'encadrement de la porte de la salle de bain. L'enfant figé et livide l'observait d'un regard vide. Déstabilisé, David ne trouva pas les mots face à cette poupée de cire."

Après avoir beaucoup aimé Orages, son premier roman déjà publié chez Taurnada Éditions, je me demandais si Estelle Tharreau allait m'embarquer de la même manière avec son deuxième intitulé L'Impasse. Vu la vitesse à laquelle je l'ai dévoré, aucun doute, le pari est largement réussi.

L'action se déroule cette fois dans une petite ville minière, Chanzy, et plus particulièrement dans l'impasse qui donne son nom à l'histoire. Deux familles s'y côtoient, l'une aisée, l'autre plus modeste. Plusieurs personnages ne rêvent que de s'échapper de ce cul de sac poisseux où les ambitions des uns et les espoirs des autres vont violemment se percuter quand l'un d'entre eux est sauvagement assassiné.

C'est là qu'apparait le flic David Bertal, de retour dans la ville de son enfance. Il se retrouve confronté à un environnement familier dans lequel les personnes qu'il a connu autrefois ne sont pourtant plus tout à fait les mêmes. Rancunes tenaces et secrets de famille sur fond de magouilles politiciennes douteuses vont venir obscurcir son enquête. Mais lui laissera-t-on le temps d'en venir à bout ?...

Encore une fois, Estelle Tharreau réussit un polar efficace qu'on a du mal à lâcher une fois tournées les premières pages. Un roman très différent du premier dans sa construction mais tout aussi addictif au niveau de l'écriture. Mention spéciale pour le personnage du jeune Benjamin "l'abruti malsain" particulièrement crédible. Mais je ne vous en dis pas plus, je vous laisse pénétrez dans L'Impasse, à vos risques et périls…
Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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Merci à Babelio et aux éditions Taurnada de m'avoir permis de découvrir la plume d'ESTELLE THARREAU.

Tout d'abord l'ouvrage en lui même, format de poche avec une belle couverture cartonnée et du papier blanc épais et de qualité.
La couverture est percutante avec son titre, l'Impasse et sa lettre I qui la représente; et en fond, ces chaînes brisées qui sous entendent l'emprisonnement, le fait de vouloir se libérer de ces chaînes.
Je la comprends d'autant mieux après la lecture.

Le cadre de ce thriller se déroule à Chanzy, ancienne ville minière en déclin, avec sa pauvreté, son chômage, ses cités et ses vieilles baraques de miniers toutes identiques. Mais l'intrigue se passe plus précisément dans une impasse de Chanzy, où résident deux familles que tout oppose.
Avec d'un côté les Pélissier, famille très aisée, composée du fils, de son épouse et de la mère; et de l'autre les Mazoyer, avec le mari qui est une crapule, sa femme et son fils.

L'action démarre très rapidement, dès les premières lignes, l'auteure nous plante le décor en nous présentant tous les personnages principaux à la suite. (j'avoue que pour moi ce fût un peu méli-mélo de tous les assimiler, j'ai dû me faire un croquis).
Bref, revenons à cette action, un meurtre va être commis, Mazoyer la crapule va se faire tuer. David Bertal flic, ancien gamin de la ville va être en charge de l'enquête, et va devoir interroger tous ses anciens amis et connaissances, difficile pour lui d'avoir un regard impartial.
On assiste à un huis-clos avec l'entourage des deux familles de l'impasse.

Les chapitres sont courts et percutants, chaque chute nous laisse dans l'expectative avec une nouvelle interrogation, avec ce qu'on pense être un nouvel indice.
Ce thriller nous tient en haleine jusqu'à la toute fin, c'est un déroulement en escalade. On veux continuer à tourner les pages.
Chaque protagoniste peut être le tueur, il cache son jeu, sa vérité, avance ses pions tel une partie d'échec.

L'ambiance est oppressante, noire, glauque, de par le cadre et la personnalité des personnages. J'ai ressenti une forme de malaise tout le long de ma lecture. Tensions et non-dits sont au coeur du récit.
L'auteure a réussi un sacré tour d'écriture.

Au fil de la narration les langues se délient, on en apprend plus sur le passé de chacun, car oui, passé et présent se mêlent.
Le coupable n'est connu qu'à la dernière page après un ultime rebondissement.

Pour conclure, un bon policier, une belle découverte, qui selon moi, pourrait vraiment être adapté en téléfilm.
Je pense le faire découvrir à d'autres lecteurs au travers de groupes de livres voyageurs.
Je continuerais ma découverte en lisant son premier ouvrage.
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Un livre Taurnada qui a été acheté suite à la lecture de deux autres du même auteur et j'avais envie de plonger dans ses premiers écrits. Chanzy est une ville minière, une de celles dont une personne tente de donner du travail au plus grand nombre, non sans s'amuser au passage. Mais qu'importe, IL est important car il est le sauveur de tous. Prêt à tout pour réussir et qu'on l'admire du plus profond des puits. Pascal est ce type d'homme qui cache qui veut tout contrôler, aussi bien son entreprise que sa famille et accessoirement la famille qui loue la maison d'à côté. Ces locataires qui partagent l'impasse, le seul chemin entre eux et cela, Pascal déteste. Pourtant il doit trouver une solution pour les chasser eux, ainsi que sa propre mère qui perd la tête, par moment. Ces fameux voisins ? Un homme, Nicolas, qui est encore au service militaire qui est capable du pire comme... du pire, une mère, Virginie qui serait capable de tout pour son fils Benjamin, considéré comme attardé parce qu'il ne parle pas. L'impasse montre des personnages qui ne vivent pas forcément bien la proximité, et en plus ? La ville n'est pas la plus joyeuse, mais les gens qui y vivent risquent d'y mourir. Leur vie est là, leur passé, leur présent et l'avenir incertain. La femme de Pascal, Caroline dépérit à vue d'oeil et Madeleine la mère de cet homme imbu de lui-même qui ne pense qu'à partir dans l'hospice de SON Choix. rien qu'avec ces personnages nous avons un ensemble dont nous ne connaissons pas l'issue. Alors lorsque l'un d'entre eux casse sa pipe, c'est tout un monde qui s'écroule.

Un monde où les mensonges, trahisons et secrets font loi. Alors la mort de ce personnage va apporter beaucoup plus qu'une délivrance : la peur de tout perdre. Pour chacun d'entre eux, enfin pour les survivants, il va falloir se taire, oublier ce qui a pu être vu et surtout dire la vérité. Mais laquelle ? Celle de l'homme qui frappait ? de la femme qui se drogue ? du mensonge pour obtenir des faveurs ? Des tromperies ? Qu'est-ce qui va, dans tout cela, réussir à sortir du lot ? C'est ce que David Bertal, un ancien enfant du pays qui est revenu depuis quelque temps, va devoir décortiquer. Policier, il s'est rapproché de sa mère, pour au final être au plus mal. Cette enquête ne le tente absolument pas pour de nombreuses raisons. Déjà il a vécu ici, il en est parti pour revenir, mais n'a donné de nouvelles à personne. L'envie de voir ses anciens amis, ou juste l'envie de solitude ? Peu importe, David est plutôt un solitaire et les conversations avec sa mère son digne de deux ennemis. Ensuite, un meurtre ? à Chanzy ? C'est complètement incongru et pourtant, le corps est là, dans l'impasse et il devra trouver qui a fait cela. Enfin notre enquêteur n'a qu'une véritable envie : récupérer sa femme et sa fille, alors l'enquête, c'est bien beau, il a beau venir de Paris et avoir déjà enquêté de cette façon, le faire au sein de sa "famille" le dérange. D'autres raisons se découvrent au fil de la lecture et nous comprenons bien par moment que si l'enquête pouvait être bouclée plus vite, cela arrangerait bien nos personnages.

Difficile de parler de tous les personnages en gardant secret qui n'est plus là. Chacun d'entre eux a une vie qu'il n'a pas forcément voulu. Nous en apprenons toujours plus jusqu''à comprendre enfin qui était derrière ce marteau. C'est impressionnant de voir comment l'auteur m'a fait hésiter entre eux tous durant les chapitres. Ces mêmes chapitres courts qui nous entraînent dans un monde d'anciens mineurs où les mines étaient leur pain quotidien et depuis les fermetures, il n'existe plus que l'entreprise de Pascal et les concurrents bien entendu. Que ce soit les hommes, comme les femmes ou les enfants, ils ont tous quelque chose à cacher. Bien ou Mal, nous entrons dans leur maison pour devenir spectateur de ce qu'ils subissent chaque jour pour certains depuis des années. La vengeance est un plat qui se mange froid, l'emprise des uns sur les autres ne s'effondre que si l'un d'entre eux parle. Encore faut-il qu'ils le veuillent, sortir de ce bourbier qui est un pan entier de leur vie. Alors quand un ancien camarade de classe, "petit ami", meilleur ami, frère et autre qualificatif pour cet homme qui revient dans des conditions pas idéales tout va être chamboulé. Entre celui qui ne comprend pas pourquoi il garde ses distances, celui qui n'a pas envie de ce confier au "flic", celui qui n'a pas confiance... L'enquête piétine et les directions sont de plus en plus nombreuses. David va devoir secouer tout ce petit monde afin de faire ressortir les détails les plus sales.

La ville de Chanzy est un gouffre pour certains et pourtant ils restent. Les émeutes sont quotidiennes surtout lorsque les médias sont aidés à mettre le feu. La politique est montrée par endroit et c'est un véritable cas de conscience. Qui pourrait croire que certains sont pourris jusqu'à la moelle ? Ok, j'ai levé la main la première, pardon ^^) le monde dans lequel vit Pascal est empli de compromis et de je te tiens, tu me tiens pas la barbichette et le premier qui rira se verra remercié ! Oui, j'ai changé les paroles de la chanson, mais c'est exactement cela et lorsque les ennuis montrent le bout de leur nez, non sans avoir oublié l'aide providentielle d'une tierce personne qui sait tellement de choses que son avenir est tout tracé. Les langues se délient au fur et à mesure du récit et des indices sont trouvés dont certains... bizarrement. est-ce que tout est vrai ? Et si... Et si par le plus grand des hasards quelque chose de plus malsain encore se cachait dans l'ombre de la haie qui les séparent tous ? Ce meurtre chamboule tout, toutes les convictions, tous les secrets. La chute est toujours la plus rude, surtout lorsque nous sommes tout en haut de l'affiche. le côté malsain est soutenu et nous nous demandons bien qui a bien pu tuer ce personnage. Ces derniers sont travaillés et leurs faiblesses les rendent humains et accessoirement monstrueux aussi. Si nous ne pouvons nous fier à personne, comment croire que même un prêtre pourrait nous aider ? Les gens de Chanzy se regardent de travers, parlent dans le dos et plantent des couteaux. Seules les mères font ce qu'ils peuvent pour sauver leurs petits, enfin pour la plupart. le monde ne tourne pas rond et l'espèce humaine qui se croit forte risque de bien avoir un retournement de situation. L'impasse est un lieu où il ne fait pas bon vivre. Ce thriller nous balade allégrement dans plusieurs directions jusqu'à ce que la fin nous donne un coup de massue. Il n'y a pas qu'une vérité dans cette impasse et pour s'en sortir il faut être capable de tout, même de mentir. Chapeau pour le personnage de Benjamin !

En conclusion, j'ai passé un très bon moment de lecture. Une ville qui souffre autant que ses habitants, des familles qui n'ont pas eu le choix de rester dans ce qu'ils ont connus toute leur vie. Les secrets de famille sont nombreux, la rancune n'est pas juste un mot et les magouilles en tout genre sont bien implantés. Un coup de pied dans cette minière géante de la part d'un policier qui a vécu, mais qui ne les connait plus vraiment... Ces fameuses chaines en couverture ont besoin d'être brisées et parfois il suffit qu'un seul être disparaisse pour pouvoir enfin vivre... Libre. Mais pour cela, il ne faut pas se faire prendre.

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/l-impasse-estelle-tharreau-a213192317
Lien : http://chroniqueslivresques...
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Deux familles, dont le seul point commun est d'habiter dans cette impasse. Un meurtre et tout bascule. L'enquête est menée par un flic, qui a grandi à Chanzy, ancienne ville minière et qui va devoir trouver le coupable…

Chanzy est à l'image de toutes ces villes en déclin, après la prospérité qu'elles ont connue. La pauvreté, le chômage ! de quoi te foutre les jetons, pour peu que tu sois hermétique au charme en décrépitude.

L'auteur, arrive à embarquer son lecteur, dès les premières pages, en plantant le décor très rapidement.

L'ambiance est pesante, à l'image de cette impasse de Chanzy, où deux familles que tout oppose vivent dans une promiscuité qui n'est pas pour plaire à tous… les Pélissier, famille très aisée et les Mazoyer, dont le père est un vrai rebut de l'humanité…

Cette impasse que l'on imagine très bien. Les descriptions, même si elles sont succinctes, laissent entrevoir une impasse sombre, humide qui transpire les secrets et les non-dits, au point, parfois, d'être oppressante à l'image de l'intrigue que l'auteur distille peu à peu.

Les personnages sont très bien travaillés, ce qui les rend plus réels et donne une dynamique au récit avec des chapitres courts et des secrets qui viennent pourrir une situation bien glauque !

Ce thriller nous tient en haleine jusqu'à la toute fin, qui se termine par un rebondissement inattendu ! L'auteur nous balade avec des révélations toutes plus saugrenues les unes que les autres et le lecteur croit toucher la vérité, mais il ne fait que l'effleurer, car la vérité dépasse tout entendement et ne peut même être envisageable… Et pourtant, la vérité se trouve bien dans cette impasse… Une vérité qui sera le secret de cette impasse… Sans issue et sans recours…

Un très bon thriller, une belle découverte, avec une intrigue rondement bien menée, une fin qui laisse le lecteur scotché aux pages avec un oh… Impossible à prononcer !
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Dès que l'occasion de lire à nouveau Estelle Tharreau s'est présentée, je n'ai pas hésité. Après "Orages", c'est définitif, je lirai Estelle Tharreau à chaque roman.
Cette auteure a le don de nous présenter des personnages palpables de réalisme! Les décors nous sortent de ce qu'on a l'habitude de lire.. Des régions peu connu pour certains... Avec "Orages", je suis même allée faire des recherches sur la Franche-Comté et maintenant, je m'y intéresse , tellement le décor de cette intrigue m'a passionné.
Ici, c'est différent, le genre est plutôt un thriller qui ne s'étend pas tellement sur le décor. ... Plus sur la rudesse de la vie , les souvenirs de la mine, le chômage, les rumeurs, les secrets...
Un autre registre où l'auteure excelle avec brio, je trouve.
Je n'ai pas pu le lâcher... David , l'enquêteur m'a embarqué avec lui pour savoir qui a tué cet homme.
Comme dans certains polars, David, n'a pas une vie facile de policier, il est écorché, et c'est plaisant de découvrir ce genre de personnages. Les"rôles" secondaires ne m'ont pas interpelés de la même manière.
Les chapitres sont courts et nombreux, ce que j'affectionne, ça retient le lecteur... A que l'écrivain est terrible parfois pour le retenir ! Je plaisante, mais Estelle, vous êtes forte!
Le style est agréable à lire et les mots assez recherchés. J'ai senti certaines tournures assez travaillées c'est ce que j'aime dans le style d'Estelle Tharreau.
Un exemple, page 226 " Il avait poussé le perfectionnisme en traçant les contours de sa nouvelle vie...dans la misère ,l'opprobre et la solitude" (je n'ai pas mis la phrase intégrale pour ne pas spoiler).
De plus, j'ai toujours plaisir à lire un livre des Editions Taurnada, le papier est agréable au toucher, j'adore.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Dissimulée derrière les rideaux de la chambre de son fils, Virginie n’avait rien perdu de cette entrevue dans l’Impasse. Elle n’avait pas saisi la teneur de leurs propos, mais elle se doutait que ces deux salauds se connaissaient plus qu’ils ne le laissaient paraître. Elle regarda la pendule puis se précipita dans l’escalier. Benjamin l’attendait dans la cuisine, assis sur une chaise sans bouger, son petit sac à dos rivé sur ses épaules. Le cartable semblait disproportionné par rapport à la taille de l’enfant. Affaibli par la fièvre de cette nuit, son visage avait encore blêmi. Les échos de la voix de son père ne devaient pas être étrangers à cette soudaine rechute. Cependant, le croiser était inévitable. Elle prit la main de Benjamin qui la regarda gravement puis ils sortirent.
L’air frais et la lumière vive du soleil printanier ranimèrent une faible lueur dans les yeux bleus de l’enfant. Il adorait ce temps qui rendait les gens joyeux après la froideur de l’hiver et la morosité des jours de pluie. La chaleur n’était pas encore trop assommante. Il allait vite se rétablir et pouvoir jouer dans le dérisoire carré d’herbe qui leur servait de jardin.
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La maison de Virginie était petite. On entrait directement dans une cuisine accolée à la salle de bain. Un escalier menait aux deux chambres. L’aménagement était sommaire et composé de meubles en pin bas de gamme. La qualité des rideaux et de la décoration était tout aussi médiocre. Les couleurs trop vives, les dessins trop grossiers tentaient de donner une touche de gaieté et de modernité à cette maison sans y parvenir. Du linge s’entassait dans les corbeilles, des jouets jonchaient le sol tandis qu’une plante verte dépérissait en haut du réfrigérateur.

Gêné par cette précarité apparente, David baissa les yeux. Il sursauta lorsqu’il aperçut la petite silhouette immobile de Benjamin dans l’encadrement de la porte de la salle de bain. L’enfant figé et livide l’observait d’un regard vide. Déstabilisé, David ne trouva pas les mots face à cette poupée de cire.
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– Et pour samedi ? fit Pascal dont la voix ne trahissait nullement la profonde inquiétude. On maintient l’annonce de ma candidature malgré tout ?
– On ne change rien ! Si l’on s’y prend bien, ce meurtre est une belle occasion d’illustrer le volet sécuritaire de notre programme. Avec la gentillesse de votre épouse, le lien de votre mère avec la mine et cet assassinat commis sous vos fenêtres, vous allez provoquer un mouvement de sympathie. Les électeurs doivent reconnaître en vous leur passé et leurs peurs. C’est notre stratégie depuis le départ ! Alors, exploitons cet événement du mieux possible. Tenez-moi au courant s’il y a du nouveau. Je vous transmets les éléments de langage pour la presse.
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Isabelle se rapprocha de David et chuchota :
« En plus, il nous colle tous les immigrés ! Bientôt, il va y avoir plus que ça ici !
– Pourtant ton père est né en Pologne ? » rétorqua David.
Elle se ravisa immédiatement.
« Mais je ne parlais pas de nous ! Enfin… Je ne parlais pas non plus des gens comme ta fille ! fit-elle, gênée. Y’en a certains qui sont bien !
– Pas de problème ! répliqua David, désabusé. De toute façon, la mère d’Annabelle n’est pas immigrée. Elle est française de souche puisqu’elle est antillaise. »
Cette évidence jeta un froid dans le salon.
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Vautrée sur son canapé, elle se délectait des turpitudes de créatures télévisuelles bodybuildées et siliconées que des producteurs peu scrupuleux et mercantiles avaient enfermées dans une maison clinquante et vulgaire. Suivant le flot d’insanités et de réflexions crasses, Florence assistait au vote des téléspectateurs pour savoir quel abruti devait quitter la cabane bambou. Elle n’attendait rien de ce programme si ce n’est qu’il ravive en elle ses réflexes les plus reptiliens.
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Videos de Estelle Tharreau (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Estelle Tharreau
« le Dernier festin des vaincus », le booktrailer. Un thriller d'Estelle Tharreau.
Un soir de réveillon, Naomi Shehaan disparaît de la réserve indienne de Meshkanau. Dans une région minée par la corruption, le racisme, la violence et la misère, un jeune flic, Logan Robertson, tente de briser l'omerta qui entoure cette affaire. Il est rejoint par Nathan et Alice qui, en renouant avec leur passé, plongent dans l'enfer de ce dernier jalon avant la toundra.
Un thriller dur qui éclaire sur les violences intracommunautaires et les traumatismes liés aux pensionnats indiens, dont les femmes sont les premières victimes.
« Au Canada, une autochtone a dix fois plus de risque de se faire assassiner qu'une autre femme. »
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