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ISBN : 1401234275
Éditeur : MAD (29/05/2012)

Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)
Résumé :
This new MAD hardcover collects six classic issues from the 1950s, as originally published by E.C. Comics. In it, the Usual Gang of Idiots parodies:
"Robinson Crusoe"
Sherlock Holmes The movie
"The Wild Ones"
"Julius Caesar"
The children's TV sensation Howdy Doody
Comic strip stars Mandrake the Magician and Prince Valiant

This volume also includes a hyperviolent parody of the comic strip "Bringing Up Fath... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  14 mai 2016
Ce tome comprend les numéros 13 à 18 du magazine MAD dans sa première incarnation (format comics), initialement parus en 1954. Il s'inscrit dans une réédition de qualité en 4 tomes avec couverture rigide, commencé avec The MAD Archives Vol. 1 (numéro 1 à 6). Ce magazine humoristique a été créé en 1952 par le responsable éditorial Harvey Kurtzman, et l'éditeur William Gaines. Chaque numéro comprend 5 histoires de 6 ou 7 pages sous format bandes dessinées, d'une page de publicité pour une autre revue (Panic), d'une page des lecteurs, et d'une page d'actualité politique en une autre langue (donc illisible pour la majeure partie des lecteurs). Tous les scénarios (à l'exception d'un seul) sont d'Harvey Kurtzman.
De part la nature du magazine, chaque histoire se lit indépendamment des autres, sans personnage récurrent (à l'exception de Pote-Shot Pete apparaissant dans les numéros 15 et 18). le premier numéro s'ouvre avec une parodie du Prince Valiant d'Hal Foster par Wally Wood. Viennent ensuite une comparaison de narration d'une même histoire entre la version livre et la version film par Jack Davis, une série de photographies pleine page de bébés énonçant des énormités, et un robinson sur son île par Bill Elder. Dans les numéros suivants, le lecteur découvre d'autres parodies de bandes dessinées (Mandrake the Magician de Lee Falk, The Plastic Man de Jack Cole, Gasoline Alley, Bringing up father), la dramatisation des affiches de cinéma, des parodies d'émissions télévisuelles, de films (La Fureur de vivre avec James Dean, Stalag 17), de livres (Sherlock Holmes, Alice au pays des Merveilles), la joie de sortir en famille au restaurant, et les trognes aussi ahurissantes que repoussantes dessinées par Basil Wolverton. Cela constitue en tout une trentaine d'histoires 12 illustrées par Wally Wood, 7 par Jack Davis, 7 par Will Elder, 1 par Russ Heath, 2 par Harvey Kurtzman, et 1 par Basil Wolverton.
"MAD" est donc un magazine humoristique spécialisé dans la caricature et la parodie. En ce sens, il est le reflet déformé de son époque et il subit les outrages du temps qui vont de pair. Si ces satires pouvaient être mordantes à l'époque, elles ont perdu beaucoup de leur intérêt et de leur pouvoir comique dans la mesure où ces dispositifs ont été repris par la suite et développés plus avant. Il est par exemple difficile de se glisser dans la peau d'un lecteur des années 1950 pour apprécier la pertinence des moqueries dirigées contre la télévision. 60 ans plus tard, la télévision a été la cible d'attaques plus cruelles et plus crues, qu'elle a fini par intégrer dans ses propres programmes pour se moquer d'elle-même, récupérant ainsi la mauvaise critique pour en faire de nouveaux programmes télévisuels. du coup les piques dirigées contre les annonceurs jouant l'opportunisme à fond en calant la nature de leurs réclames au programme datent d'avant l'avènement du marketing et de ses techniques encore plus machiavéliques. La parodie d'une émission en direct pour enfants, avec un public d'enfants qui chahutent de plus en plus est d'un autre âge à notre époque où tout est parfaitement maîtrisé (en différé). Il reste quand même la mise en évidence de l'emploi d'une potiche à la poitrine bien développée filmée en gros plan, qui rappelle que plus ça change, plus c'est la même chose.
L'innocuité des parodies de films relève du même phénomène puisque plusieurs réalisateurs ont depuis tourné des films se moquant des conventions du genre. Les parodies de bandes dessinées ou de comic-strips parlent un peu plus au lecteur actuel s'il les connaît, et en comprend le contexte de l'époque, ce qu'elles incarnent, leurs spécificités. Néanmoins dès la première, Kurtzman adopte un mode narratif déconcertant dans la mesure où la moitié du texte est consacré à expliquer ce qui se passe dans la case, comme s'il n'avait pas confiance dans la capacité du dessinateur à représenter ce qu'il souhaite, ou dans la capacité du lecteur à comprendre ce qu'il voit. Pourtant Kurtzman a été recruter parmi les meilleurs des dessinateurs des EC Comics. En fait en lisant la première histoire sans lire le texte, il apparaît que Wally Wood a créé une identité visuelle très forte pour cette parodie de Prince Valiant qui est plus drôle sans ces textes explicatifs. Il en va de même pour les dessins de Jack Davis dans l'histoire suivante.
D'une manière générale, Wood, Davis et Elder utilisent chacun un style qui leur est propre, plutôt réaliste, avec de légères exagérations dans les gestes et les postures, des expressions du visage fortement accentuées pour augmenter les sentiments des personnages, avec de beaux résultats. D'histoire en histoire, le lecteur peut repérer des dispositifs comiques visuels qui fonctionnent encore aujourd'hui : autocollants apposés sur une partie de l'image pour censurer ce que le lecteur ne doit pas voir, répétition de la même action d'un personnage dans différents environnements pour montrer l'inefficacité de son action, comportement absurde, interversion des rôles (en particulier entre Mandrake et Lothar), dramatisation excessive et exacerbée pour accentuer le ridicule des comportements, personnages dessinés en caoutchouc comme s'ils étaient déformables dans tous les sens, personnages en train de faire des mauvais coups en arrière plan, etc. Chaque image n'est pas tordante, mais il y en a plusieurs par page qui évoquent la verve comique de Marcel Gotlib. En termes visuels, il subsiste un auteur dont le temps n'a en rien atténué l'impact de ses planches : Basil Wolverton. Il réalise 16 portraits, chacun occupant un quart de page, aussi drôles que dérangeants, une expérience visuelle peu commune.
Pour le lecteur qui souhaite découvrir ce que fut le magazine MAD à ses débuts, cette édition propose un travail exemplaire (toutes les pages sont d'une netteté irréprochable), avec une introduction de 5 pages de Frank Jacobs, et une biographie sommaire de chacun des artistes en fin de volume. 5 étoiles. Pour le lecteur qui souhaite découvrir ce qu'a fait Harvey Kurtzman après être parti des comics EC (Corpse on the Imjin and other stories), il découvrira que cet auteur n'a rien perdu de sa prolixité ni de sa propension à tout vouloir contrôler. Cette dernière caractéristique l'a amené à collaborer avec des dessinateurs ayant un vrai talent comique, mais aussi à noyer chaque histoire sous un déluge de mots, pour moitié inutiles. 4 étoiles. le lecteur qui passait par là par hasard risque d'être déçu par ses bandes dessinées à l'humour tellement suranné qu'il en est devenu inoffensif, par une narration indigeste et par des références culturelles vieillottes ayant perdu de leur pertinence. 2 étoiles.
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