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Rémi Cassaigne (Traducteur)
EAN : 9782226195791
416 pages
Éditeur : Albin Michel (03/02/2010)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.74/5 (sur 331 notes)
Résumé :
L'île d'Öland 02
Comme dans L'Heure trouble, son précédent roman salué par la critique internationale, J. Theorin nous emmène dans l'île d'Öland à l’atmosphère si étrange. Les Westin, une famille de Stockholm, ont décidé de s'y installer définitivement. Quelques jours après leur arrivée, Katrine Westin est retrouvée noyée. Son mari s’enfonce dans la dépression. Alors que d’inquiétantes légendes autour de leur vieille demeure refont surface, la jeune policière... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (75) Voir plus Ajouter une critique
Mimeko
  13 avril 2020
Kathrine et Joakim ont quitté leur maison de Stockholm pour s'installer à Ôland, une île au sud-est de la Suède. C'est d'abord Katrine qui a investi les lieux avec leurs enfants Livia et Gabriel, pour faire les travaux et rendre habitable la vieille maison datant du XIXème siècle et sa grange, une maison où Katrine a vécu son adolescence avec sa mère. Mais l'île n'est pas aussi tranquille que cela, pour preuve une série de cambriolages qui ont pour cible les résidences secondaires inoccupées pendant l'hiver. C'est la nouvelle recrue de la police Tilda Davidsson qui est chargée de l'enquête. Elle aussi connaît l'île, Gerlof, le frère de son grand-père, est résident dans une maison de retraite et la jeune femme, pendant son temps libre, en profite pour l'interroger sur le passé sombre de l'île. Peu de temps après l'arrivée de Joakim, Katrine est victime d'une noyade et c'est Tilda qui fait les premières constatations, concluant à l'accident, mais d'étranges phénomènes, des bruits, des voix, survenant dans la grange, sèment le doute dans l'esprit de Joakim.
L'écho des morts n'est pas vraiment un roman policier, encore moins un thriller, mais plutôt un roman d'ambiance avec plusieurs intrigues qui se mêlent, plusieurs temporalités pour évoquer l'histoire dramatique d'une maison construite au pied du phare, à partir des débris de bois d'un navire échoué qui, de ce fait, porte malheur à ses habitants, une maison où des bruits et des voix se font entendre, peut-être le vent qui s'engouffre entre les planches de la grange et qui veulent prévenir ou révéler certaines vérités. Ces phénomènes étranges semblent vouloir parler de la disparation étrange de Katrine. C'est dans ce contexte que Johan Theorin réussit à tisser patiemment les fils de son récit, où disparitions riment avec bribes du passé, avec une touche de fantastique et d'irrationnel, et où il faut bien reconnaître que l'intrigue est au deuxième plan. Le roman fait la part belle aux personnages et à leur psychologie, à la part de volonté ou d'influence du passé sur leurs actes et leurs décisions et c'est plus l'évolution de chacun des personnages qui fait l'intérêt du récit, que la résolution de l'enquête en soi. La nature et surtout la grande tourmente permet à Johan Theorin d'offrir des descriptions d'une tempête de neige à la fois magnifiques et terrifiantes.
Un roman au rythme lent mais qui inocule sa dose de questions et de doutes.
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frconstant
  26 février 2018
A lire en période de tourmente, de grand froid, comme celle que nous connaissons exceptionnellement ces jours-ci, « L'écho des morts » de THEORIN est un roman qui s'apparente au polar sans vraiment s'y conformer. L'enquête de police y apparaît comme très secondaire. Ce qui prime, c'est l'incursion dans une vie au bord de la Baltique, dans un temps qui n'avance pas et un climat hors du commun.
Auteur des grands froids et des climats insolites, Johan THEORIN nous entraîne, cette fois encore, sur l'île d'Öland. Même par des températures bien en-dessous de zéro, entre -5° et -10° chez nous, comment réaliser les conditions de vie dans ces régions battues par la neige, le vent, le froid ? Chez THEORIN, la tourmente a quelque chose de sinistre et de mystérieux qui donne corps aux personnages et participe au déroulement de l'histoire.
On a, dans ce récit, une famille qui quitte la Stockholm, laissant une villa magnifiquement rénovée pour aller s'implanter à Aludden dans un bâtiment vieux de deux siècles où tout est à refaire, perdu au-delà de tout bourg civilisé, dans les grands froids désertés d'une Suède du bout de tout. Un suicide social ? C'est que Joakim et Katrin Westin ont connu une vie difficile dans cette villa des pommiers qu'ils abandonnent. Avec leurs enfants Livia et Gabriel, s'exporter dans un nouveau monde est peut-être la seule manière de se reconstruire…
Mais si, en été, la région peut apparaître sauvage mais belle, lumineuse et même hospitalière, dès l'automne, et plus encore en hiver, cette terre de glace, de tourbières et de congères fait perdre tous ses repères, même aux résidents de longue date. Au pied des deux phares, Joachim se battra pour vivre, donner du sens à l'histoire qui est devenue la sienne depuis qu'il y a perdu Katrin, son épouse noyée. Avec ses deux enfants, aidé par Gerdof, l'ancien qui deviendra son ami, il apprivoisera l'écho des morts, ses propres fantômes et tous ceux qui peuplent cette grève qui a connu bien des tourmentes et de trop nombreux naufrages. Car, selon la légende, les morts de l'année se retrouvent à Noël …
L'écriture de THEORIN est, une fois de plus, une écriture sensible aux sentiments vécus par ses personnages. En jouant avec la complexité des histoires du présent et de celles du passé, l'auteur nous guidera petit à petit vers un dénouement qui, sans être bouleversant, ne s'était tout de même pas annoncé plus que de raison. Un agréable roman, classé ‘par défaut' dans les polars suédois.
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missmolko1
  10 août 2015
Enfin, oufff, je suis arrivée au bout de ce gros pavé de plus de 500 pages. Ça a été une lecture laborieuse, l'arrêtant quelques jours, le reprenant, puis l'arrêtant a nouveau mais je suis arrivée a la dernière page avec un grand soulagement mais également une légère déception.
Mais commençons par le positif, j'ai adoré l'ambiance du roman. On est en Suède, en plein hiver, il fait froid (estimez vous heureux quand il fait -10°), il fait quasiment toujours noir, on est au bord de la cote, dans une vieille demeure qui semble un peu hantée, le vent souffle bref c'est très prenant.
"L'annonce de l'agence immobilière était libellée ainsi :
"Magnifique demeure de gardien de phare, milieu du XIXe siècle. Situation isolée dans site préservé avec vue imprenable sur la Baltique, plage à moins de 300 mètres. Votre voisin le plus proche : le ciel""
La construction du roman est sympa, les chapitres alternent entre différents personnages : d'un coté Joakim et sa famille, d'un autre Tilda qui est policière mais également une bande de trois voleurs et un ribambelle de personnages secondaires. Si au départ il est un peu difficile de s'y retrouver, d'autant qu'ils ont des noms suédois pas toujours facile pour nos oreilles françaises, le suspense monte progressivement et l'on tourne les pages pour vite découvrir le chapitre suivant ou l'on découvrira la suite.
Pourtant malgré le suspense, le roman est long, très long. On attends sans cesse une révélation, j'étais impatiente de connaître la fin et celle ci m'a déçu. Bref, j'ai trouvé le roman fade, même s'il y a du suspense, L'écho des morts n'est pas le grand thriller que j'avais imaginé. Ça n'en reste pas moins une lecture sympa et la plume de l'auteur m'a bien plu alors qui sait je retenterai peut-être un autre de ses romans.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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caro64
  25 avril 2010
Öland, une île suédoise de la côte Est. le domaine d'Äludden, une grande maison de bois, se dresse sur le rivage. Ella été construite au milieu du XIXème siècle pour loger le gardien des phares érigés juste en face, avec le bois d'épave et la cargaison de poutres d'un bateau de Hamburg, précipité sur la grève par « un mur blanc de neige et de glace », une tempête d'une violence rare. Pour calmer les âmes des marins noyés, dont il redoute les cris, le bâtisseur des phares décide de ménager une petite chapelle dans le grenier de la grange. Et 150 ans plus tard, Joakim Westlin, le nouveau propriétaire, après avoir appris la noyade mystérieuse de sa femme, découvre cet oratoire où se rassemblent les âmes sans sépulture. Guetter, respirer l'ombre de Katrine l'aide à adoucir son désarroi tandis que ses enfants, Livia et Gabriel, apprivoisent l'absence de leur mère. A travers le passé familial et les souvenirs des vieux pêcheurs, il essaie de faire la lumière sur cette mort brutale. Tandis que dans sa grande maison lumineuse aux planchers de bois clair, bruissante de présences invisibles, les murs chuchotent, les ombres glissent, jusqu'à ce soir de Noël où la tourmente se jette « sur la côte, comme une bête sauvage ».
Dans ce roman dont la trame est résolument policière, plane une aura de fantastique et d'angoisse qui tient en haleine. D'autant que les deux mois d'hiver que va vivre Joakim entre la mort de sa femme et la résolution de l'énigme, prennent une intensité de plus en plus étouffante. Et plusieurs questions se posent : Qu'est-ce qui a bien pu pousser ce couple et leurs deux enfants à se réfugier dans cette demeure isolée ? Qu'est-il arrivé à Katrine : accident, suicide ou meurtre ?
L'echo des morts n'est pas un livre qui se lit vite, le croisement des destins étant à suivre au plus près, mais je n'ai pas pu le lâcher avant la fin ! le rythme est un peu lent mais la construction est remarquable. On est vite saisi par les événements qui s'enchaînent, l'atmosphère constamment empli de manifestations étranges, des bruits, des fantômes. le dénouement ne se laisse pas deviner, même pas entrevoir, avant les toutes dernières pages du livre.
Johan Theorin crée une atmosphère exceptionnelle et singulière, le suspense est absolu ! Il nous livre encore une fois un très bon roman policier d'ambiance, émouvant et troublant.

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Aline1102
  07 mai 2013
Quelle ambiance ! L'Echo des morts repose sur une légende qui nous est contée dès le début du polar et selon laquelle les morts de l'année se réuniraient durant la nuit de Noël. A partir de cette croyance, Johan Theorin construit toute une intrigue reposant sur les morts d'Aludden, la nouvelle demeure des Westin.
D'autres légendes existent au sujet de la vieille demeure : le phare Nord, dont la lumière ne s'allume que lorsqu'un habitant du domaine d'Aludden va mourir ;l e mur du fond du grenier à foin, dans le bois duquel sont gravés les noms et dates de décès de ceux qui sont morts dans la maison.
Theorin parvient, en exploitant ce climat de mystère qu'il met en place dès les premières pages, à nous détourner complètement du vrai motif de son polar : Katrine Westin est-elle morte accidentellement ou l'a-t-on assassinée ? Après quelques pages, cette question devient secondaire et ce qui nous préoccupe, ce sont surtout les étranges manifestations surnaturelles animant la vie de Joakim Westin à Aludden : la porte de la grange qui semble s'ouvrir toute seule, la jeune Lydia Westin qui parle dans son sommeil et déclare voir sa mère et sa tante, toutes deux décédées, se promener autour de la maison...
Au niveau des personnages, j'ai beaucoup apprécié Tilda, la jeune policière qui enquête sur le drame de la mort de Katrine, et son grand-oncle Gerlof. Ces deux-là sont très impliqués dans l'enquête et finissent par résoudre plusieurs mystères qui planent, non seulement à Aludden, mais sur toute l'île d'Öland.
Par contre, le personnage principal, Joakim Westin, n'a pas vraiment réussi à s'attirer ma sympathie. Certes, le drame qui le frappe est des plus malheureux, mais Westin m'a donné l'impression d'être prêt à échanger bien volontiers la vie de ses deux enfants contre celle de sa femme... Dépressif après le décès de Katrine (compréhensible), il ne s'occupe plus beaucoup des deux petits, les laissant souvent livrés à eux-mêmes pour aller explorer la grange (où il est persuadé de retrouver le fantôme de sa femme) ou tout simplement s'enfoncer dans son désespoir. Drôle de père !
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Citations et extraits (72) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   11 avril 2020
- Et alors, qu'est-ce qui était le mieux, à cette époque ?
- Le calme...et le silence. On prenait le temps qu'il fallait pour tout. Quand je naviguais sur des cotres à voile, il y avait bien sûr des petits moteurs sur la plupart, mais si on n'avait que des voiles et que le vent tombait, le soir on n'avait pas le choix. On jetait l'ancre et on attendait le lendemain, que le vent se lève. Et personne ne connaissait précisément la position du cotre, avant le téléphone et les ondes courtes. Un jour, de la côte, on les voyait apparaître toutes voiles dehors vers leur port d'attache. Alors les femmes de marin pouvaient respirer, pour cette fois, en tout cas".
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caro64caro64   13 juin 2010
De loin, Stockholm avait fière allure, majestueuse au bord de la Baltique, dispersée sur des confettis d'îles, mais Joakim ne ressentait pourtant aucune joie à retrouver la ville de son enfance. Tout ce qu'il voyait, c'était les embouteillages, les files de voitures où chacun jouait des coudes pour passer en premier. L'espace manquait pour tout : logement, places de stationnement, crèches – même dans les cimetières ! On encourageait désormais les gens à se faire incinérer, Joakim l'avait lu dans le journal, pour économiser de l'espace.
Åludden lui manquait déjà.
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MimekoMimeko   12 avril 2020
"Gerlof...Quand tu penses à ton frère Ragnar, qu'est-ce qui te revient ?"
Gerlof réfléchit en silence.
"Les anguilles, dit-il alors. Il aimait sortir avec son petit canot à moteur pour poser ses filets à l'automne. Il aimait bien ruser avec les anguilles... tester différents appâts pour attirer les femelles la nuit et les piéger dans ses nasses.
- les femelles ?
- On n'attrape que les anguilles femelles." Gerlof lui sourit. "Les mâles personne n'en veut, ils sont trop petits et trop faibles.
- Comme beaucoup d'hommes, aussi" dit Tilda.
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caro64caro64   25 avril 2010
L’annonce de l’agence immobilière était libellée ainsi :
"Magnifique demeure de gardien de phare, milieu du XIXe siècle. Situation isolée dans site préservé avec vue imprenable sur la Baltique, plage à moins de 300 mètres. Votre voisin le plus proche : le ciel ".
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MimekoMimeko   12 avril 2020
Il ne fait que moins quinze, avec peu de vent en cette journée ensoleillée - bien plus douce que les précédents hivers de la guerre, où le thermomètre est parfois descendu entre moins trente et moins quarante.
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