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EAN : 9791038700239
400 pages
Zulma (01/04/2021)
3.99/5   254 notes
Résumé :
Roman traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Stéphane Roques

Postface de Haruki Murakami

Roman d'aventures ou dystopie, voici LE western du Grand Nord. Un roman déjà culte. Steppes et taïga en lieu et place des plaines du Far West. Une ville fantôme balayée par les vents, dernier vestige de la vie de ces pionniers de Sibérie avant qu'un cataclysme emporte tout. Ou presque.
Le temps s'est arrêté pour Makepeace. En cavalier solitai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
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sur 254 notes
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Wyoming
  08 mars 2022
De la postface rédigée par Haruki Murakami, et parmi toutes ses réflexions intéressantes, j'en retiens deux :
- d'une part, le fait qu'il souligne le caractère essentiel de l'originalité dans un roman
- d'autre part, l'envie qu'il exprime de demander les opinions des lecteurs sur ce texte de Marcel Theroux
Je le rejoins complètement sur l'originalité car, dans ce roman, dont le thème dystopique, post-apocalyptique, pourrait paraître usé jusqu'à la corde, il parvient à créer cette originalité nécessaire pour sortir des poncifs du genre, et il le fait en créant une héroïne attachante dès les premières pages, dont le livre retrace finalement l'existence avec une grande habileté littéraire.
Déjà son prénom : Makepeace, qu'elle a eu du mal à porter dans l'enfance et l'adolescence. Puis, ses attitudes, ses réflexions sur son passé, son présent, sa volonté d'imaginer un avenir si improbable, son désir ou son acceptation de la mort, son vécu de celle de tous ceux qui lui ont été proches.
Makepeace, c'est une fille qui bouge, une battante, une combattante, acceptant les défaites, l'adversité terrible, mais qui garde un secret espoir au fond d'elle-même qui lui fait accomplir les actions les plus téméraires -- c'est bien le mot, car elle va bien plus loin que le simple courage -- agissant souvent sans la réflexion qui pourrait l'empêcher d'agir.
C'est un beau roman dont il ne faut surtout pas dévoiler le contenu, mais dire simplement aux lecteurs tentés par ce livre qu'ils vont plonger dans un univers qu'ils ne quitteront pas dès les premières pages tournées, pour le lire quasiment d'une traite, tant il est naturel et nécessaire de ne plus quitter un instant Makepeace, pour la suivre jusqu'à la fin, une fin d'anthologie qui referme un livre de vie inoubliable.
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Zephirine
  07 septembre 2021
Un grand vent d'aventure souffle sur cette dystopie que je n'ai pas lâchée.
Marcel Théroux nous entraîne sur les traces d'une fin de civilisation dans les paysages époustouflants et sauvages du grand Nord Sibérien qu'il connait bien.
Le grand Nord abrite des villes nouvelles construites par ces colons qui ont fui une vie misérable ou bien ont été chassés de leurs terres depuis que le dérèglement climatique a provoqué le chaos dans le monde entier.
« Nos étés dans le Nord rallongeaient et nos hivers se faisaient plus doux. Personne ne s'inquiétait outre mesure de savoir que ce qui atténuait les effets du froid de nos hivers réchauffait, affamait et déstabilisait les régions surpeuplées du globe »
Evangeline est une de ces bourgades où une communauté de Quakers tente de vivre en autarcie et dans la concorde. Il faut pourtant se protéger des dangers extérieurs, ces gens venus d'ailleurs, et c'est la mission de Makepeace, promue sheriff.
Du monde au-delà d'Evangeline, Makepeace ne connait que ce qu'on raconte ou que ses parents ont connus dans une époque désormais révolue. Après les départs et la mort de ses habitants, la bourgade ne compte plus que la jeune femme rebelle. Un jour, elle voit un avion traverser le ciel, évènement inattendu qui va la pousser à partir découvrir le reste du monde dans l'espoir que la civilisation technologique peut renaître de ses cendres. Makepeace joue sur son allure androgyne et son instinct de survie, lesquels vont lui permettre de surmonter nombres dangers.
Son errance dans ces régions du nord de la Sibérie nous fait découvrir une civilisation violente où les hommes retournent à la sauvagerie. Ils ont tout perdu des technologies anciennes et réinventent un monde où les vestiges du passé qu'on ne sait plus fabriquer ont valeur de trésor. Certains, comme Makepeace, sauvent les livres car ils représentent un savoir et une culture perdue. Car que penser d'un monde où l'on brule les livres pour se chauffer ? Les hommes sont puissants ou bien esclaves, entre les deux l'espace est infime pour vivre. Alors, quel avenir reste-t-il à cette humanité pour garder l'espoir d'un monde nouveau ?

« Ce monde est un vieux serpent qui mue. C'est une vieille femme rusée, et je deviens moi-même peu à peu une vieille femme rusée, et le dernier être humain qui respirera sur cette planète sera une vieille femme rusée qui élève des poulets et plante des choux, ne se fait plus d'illusions et a survécu à tous ses enfants. »
L'avenir brossé par Marcel Théroux est très sombre, mais c'est grâce à sa résilience que l'homme peut y survivre.
Cette dystopie se lit d'une traite. J'ai particulièrement apprécié la personnalité de l'héroïne, sa capacité à survivre et sa résilience d'un monde perdu.
Un roman fort qui me poursuivra longtemps.
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Isidoreinthedark
  11 août 2021
Makepeace, l'héroïne sans peur ni reproche d'« Au bord du monde », évolue dans un monde post-apocalyptique. Elle est la shérif solitaire d'une grande cité de Sibérie où elle a grandi et dont elle est l'une des uniques survivantes. Ses parents, dans une tentative utopiste d'échapper à l'hystérie consumériste de l'Occident, ont émigré des années plus tôt dans une contrée lointaine et sauvage pour fonder une communauté qui ne survivra pas à l'arrivée ininterrompue de migrants fuyant l'apocalypse.
Sa rencontre avec Ping, une jeune femme chinoise enceinte, puis l'apparition stupéfiante d'un avion survolant la cité maudite en direction du nord vont conduire Makepeace à reprendre espoir et à entamer un long périple semé d'embûches. Au cours de cette interminable expédition, rien ne lui sera épargné, mauvaises rencontres, privations, torture, emprisonnement, mission suicide en zone infestée par la pollution nucléaire, pour ne citer que quelques uns des événements qui jalonnent la quête désespérée de la narratrice au courage aussi immense que les steppes qu'elle va traverser au péril de sa vie.
« Au bord du monde » de Marcel Théroux est un livre à la fois classique et étrange qui mêle le western sibérien avec le roman post-apocalyptique. le monde tel que nous le connaissons a été victime de son hubris et ravagé par un cataclysme mystérieux. Ne subsistent que quelques communautés retournées à l'âge de pierre et conduites par des guides spirituels dont la caractéristique principale est l'hypocrisie. Prisonnière de l'une de ces communautés, l'héroïne au coeur pur et au visage défiguré par la soude que lui ont versée une bande de lâches, fait preuve d'une résilience inouïe. Elle ne perd jamais espoir dans sa quête d'une cité qui aurait été épargnée par l'apocalypse et serait encore en mesure de faire voler des avions vers le grand nord.
Le charme du roman réside dans ce mélange des genres. Si on y retrouve la solitude, la beauté des paysages, le courage des protagonistes propre au western, le retour soudain de l'humanité à une vie tribale guidée par la religion, devenir ultime d'une civilisation ayant atteint une forme de perfection mortifère, dont ne subsistent que des zones infectées par une radio-activité mortelle, renvoie le lecteur aux grands classiques de la dystopie.
Le statut de roman culte d'« Au bord du monde » doit forcément à la beauté de la toundra balayée par une lumière rasante, ainsi qu'à l'interrogation qu'il suscite sur le séisme qui menace une civilisation hypnotisée par sa propre hubris. Et pourtant, l'essentiel est sans doute ailleurs et se niche au creux de l'âme intègre et sauvage de Makepeace, qui ne rend jamais les armes, malgré les épreuves indicibles qu'elle traverse lors de sa quête éperdue d'un monde qui aurait gardé une forme de dignité.
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Verdorie
  31 janvier 2017
Sous couvert d'un roman d'aventure post-apocalyptique, dans un futur proche, l'auteur décrit le combat solitaire de l'homme contre un environnement hostile. Il écrit sur la confiance que l'homme sait tirer de sa propre force, la persévérance, le dévouement, la lutte et la puissance de l'esprit. Mais Theroux donne aussi une image de la vulnérabilité des êtres humains en relation avec les technologies avec lesquelles ils s'entouraient... dans un monde, désormais voué à l'oubli.
Si "Au nord du monde" donne une vision plutôt pessimiste de notre avenir, l'auteur laisse également transparaître un message positif sur la résilience de l'individu... et -contrairement à "La Route" de Cormac McCarthy, auquel ce livre a parfois été comparé- le lecteur reste finalement sur un sentiment d'espoir.
Une histoire intimiste dans laquelle on entre rapidement, non seulement à cause du principal personnage, fort et volontaire, de Makepeace (à la recherche du monde perdu au-delà de la Sibérie où sa famille quaker s'était autrefois installée)... mais aussi par un style d'écriture riche et figuré qui m'a fait particulièrement apprécier ce récit d'errance.
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MELANYA
  15 septembre 2021
Quelle épopée et en plus en Sibérie, ce monde glacé, si l'on va « Au nord du monde » (mon édition est celle de Feux Croisés de Plon), avec le premier roman de Marcel Theroux, écrivain anglais, vivant à Londres mais né en Ouganda (quel chemin…)
Dans ce roman que l'on peut qualifier d'anticipation, j'y ai redécouvert les belles steppes du Grand Nord Sibérien.
On y trouve le shérif Makepeace, d'une ville qui ne compte plus d'habitants et Il y est question de ce réchauffement climatique qui dérègle tout.
Pour écrire ce roman, Marcel Theroux s'est beaucoup inspiré de ses reportages effectués en Tchétchénie, Ouzbékistan, ainsi qu'en Ukraine près de Tchernobyl : « Je me suis demandé si nos descendants nous regarderaient avec le même mélange d'admiration mêlée de crainte qu'un chevrier du Moyen Âge pouvait éprouver devant les ruines romaines, ou que les colons pouvaient éprouver à Pripiat, cette Pompéi post-nucléaire, devant les reliques fantomatiques de la puissance soviétique. »
Il a également été inspiré par le western en incorporant dans le récit, un shérif : « Les histoires de shérifs et de hors-la-loi sont des allégories de l'arrivée de la civilisation sur des terres sauvages et dépourvues de loi. »
Une question se pose : avec « Au nord du monde », est-ce un livre prémonitoire ? Mais cela fait longtemps que l'on abord ce sujet – en fait, on en parle beaucoup et on ne fait pas grand-chose (avis personnel).
Il ne faut surtout pas oublier la jeune femme, courageuse et rebelle, audacieuse et sans illusion, qu'est Makepeace, qui a reçu ce nom car premier enfant « que mes parents ont eu, c'est moi qui ai reçu de plein fouet leur ferveur religieuse, d'où mon prénom, Makepeace ! »
Elle va toujours armée – elle fait de longs séjours dans des camps de travaux forcés – C'est une héroïne de dystopie, pourrait-on dire.
Fable très noire, post-catastrophe climatique – la taïga- une femme, Galina, qui représente un symbole – une vie sauvage et indépendante…
Un grand voyage avec de nombreuses questions dont celle de se demander s'il y a de l'espoir dans un monde glacial ?
Je trouve ma conclusion en disant : « Humanité ! ».
Mais je tiens à retranscrire ce qu'a écrit Russell Banks pour ce récit : « Si vous cherchez un personnage inoubliable, votre quête s'arrête ici. »

Lien : https://www.babelio.com/monp..
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critiques presse (5)
LaCroix   17 juin 2021
Aux confins de la Sibérie, une femme cherche une issue à la désolation de sa vie sur une terre abandonnée de tous. Un superbe roman d’anticipation.
Lire la critique sur le site : LaCroix
FocusLeVif   28 mai 2021
Publié il y a dix ans et trop vite épuisé, le récit post-apocalyptique et désespéré de l'Anglais Marcel Theroux brille aussi par sa lumière.
Lire la critique sur le site : FocusLeVif
Culturebox   04 mai 2021
Paysages superbes, nature sauvage : ce récit dystopique est écrit comme un western, avec pionniers, pistolets, gentils et méchants (qui ne sont pas toujours ceux qu’on croit) dans le grand Nord sibérien.
Lire la critique sur le site : Culturebox
RevueTransfuge   04 mai 2021
Heureuse inspiration de Zulma : rééditer la traduction de la fable de dévastation et de survie de Marcel Theroux. Au nord du monde est un requiem pour les temps prochains.
Lire la critique sur le site : RevueTransfuge
Telerama   23 novembre 2011
Comme dans La Route, de Cormac McCarthy, l'essentiel est de survivre un jour de plus, mais ce roman suggère aussi une lueur d'espoir et ne cesse de surprendre grâce à une intrigue forte et un soupçon d'illusion.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (115) Voir plus Ajouter une citation
VerdorieVerdorie   16 janvier 2017
J'ai regardé mon haleine monter dans la clarté du ciel. Jadis, les étoiles avaient un nom, chacune d'elles, jadis elles brillaient comme les lumieres d'une ville familière, à présent elles devenaient chaque jour plus mystérieuses. [...]
Le ciel devenait la page écrite d'une langue tombée dans l'oubli. Les choses que l'humanité avait vues et nommées pour toujours étaient rayées de l'existence.
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santaappoloniasantaappolonia   26 octobre 2014
Même si j'ai tendance à dire du mal des gens et à penser les pires choses sur leur compte, au fond j'attends toujours qu'ils me surprennent. J'ai beau essayer, je n'arrive pas à désespérer du genre humain. Même si à quatre-vingt-dix-neuf pour cent c'est des fumiers, de temps à autre ils sont capables de faire quelque chose d'angélique. Je ne peux pas dire que ça me redonne la foi vu que je ne l'ai jamais vraiment eue, mais c'est toujours déroutant quand ça se produit.
+ Lire la suite
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VerdorieVerdorie   14 janvier 2017
Il y a plein de choses que je voudrais désapprendre, mais on ne peut feindre l'innocence. Ne pas savoir est une chose, faire semblant de n'avoir jamais su, c'est une imposture.
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PostTenebrasLirePostTenebrasLire   18 juillet 2021
L’être humain est rusé comme une fouine et vous tuera allégrement plutôt deux fois qu’une pour un repas chaud. C’est ce qu’une longue observation des choses m’a appris. D’un autre côté, le ventre plein, une bonne récolte dans la grange, et du feu dans l’âtre, il n’y a rien de plus gentil, de plus généreux, personne de plus honnête qu’un homme bien nourri. Mais qu’on lui prenne sa pitance, qu’on rende son avenir incertain, qu’on lui fasse comprendre qu’il n’y a personne pour veiller sur lui, non seulement il vous tuera, mais il trouvera mille et une raisons pour vous expliquer que vous le méritez. Vous l’avez offensé, vous avez regardé sa femme de travers, vous avez refusé de lui prêter une hache, vous avez plus de terres que lui, vos haricots ont bien pris et pas les siens, et vous savez quoi d’autre ? Vous n’avez tout bonnement jamais écrit pour le remercier quand il vous a offert ce repas chaud, cette fois-là.
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WyomingWyoming   07 mars 2022
Il y a toujours des instants où le souvenir d'un être cher qu'on a perdu nous prend et nous plie en deux.
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