AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2707192929
Éditeur : La Découverte (05/01/2017)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Avoir ses « ourses », ses « ragnagnas », ses « coquelicots » ou « l’Armée rouge dans sa culotte »… : quelle que soit la façon dont on l’appelle, ce phénomène naturel qui consiste, pour les femmes, à perdre un peu de sang tous les mois (sans en mourir !) reste un tabou dans toutes les sociétés.
Pour en finir avec cette injustice, Élise Thiébaut nous propose d’explorer les dessous des règles de manière à la fois documentée, pédagogique et pleine d’humour : à p... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
canel
  19 janvier 2017
Faisons la paix avant de nous dire adieu (mes règles et moi).
Ma cohabitation avec ces ennemies de trente ans a été/reste presque aussi compliquée que celle qu'a vécue l'auteur, Elise Thiébaut, avec les siennes. Mais à 54 ans, après environ 400 cycles - soit 2 400 jours entre rouge clair et rouge foncé -, elle en a fini, la veinarde.
Pas moi. Mais restons décents, je ne vais pas trop m'épancher, je me plaindrai juste des douleurs associées (au ventre, au moral, à la tête, alouette) et de la difficulté de gérer des flux erratiques. Voilà, vous pouvez rouvrir les yeux, j'ai terminé.
L'auteur va plus loin, et c'est tant mieux ! Elle règle ses comptes avec ses propres menstrues, certes, mais elle explique aussi la mécanique du phénomène et évoque la place des règles dans l'Histoire de l'humanité, les tabous associés, les différents problèmes posés par la gestion de cet écoulement sanguin (protections hygiéniques, coût prohibitif pour certaines femmes, pollution engendrée par leurs composants, toxicité, alternatives plus écolos...).
On apprend beaucoup, c'est parfois un peu ardu (surtout l'histoire des cellules souches en dernier chapitre), mais l'humour et l'autodérision de l'auteur rendent la lecture très agréable.
Un livre aussi intéressant qu'amusant, à faire lire aux hommes. Et même aux femmes, parce que le tabou est tenace : aujourd'hui encore, dans mon entourage, j'en connais peu qui discutent volontiers du sujet, alors que moi, j'aime bien me plaindre et être rassurée par vos témoignages, les filles ! 😉
■ http://www.dailymotion.com/video/xtmtx0_on-na-tire-sur-ma-techa-nawell-madani_fun
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          365
sguessous
  03 février 2017
Misère. Les revoilà. Les douloureuses. Les répugnantes. (Gobe un gramme de paracétamol et 80 milligrammes de fer en maugréant.) Les innommables. (Bat en retraite sous la couette.) Les maudites.
Avez-vous remarqué comme mon verbe se tarit, comme mes mots se pétrifient à l’évocation des règles ? C’est incroyable. À trente-deux ans, je ne peux pas parler de mon cycle menstruel sans m’étouffer de honte. (Respire bruyamment dans un sac.)
Si le tabou des règles pèse sur votre cage thoracique – exagérer, moi ? Jamais de la vie -, si saigner chaque mois pendant l’essentiel de votre existence vous agace prodigieusement, vous devriez lire le libérateur Ceci est mon sang d’Élise Thiébaut.
Libérateur car l’autrice y raconte ses « quarante ans de menstruations » avec un naturel, une décontraction qui font un bien fou.
« Il était temps de s’attaquer à ce tabou qui s’exerce de toute éternité ‘contre’ les femmes, et de transformer la complainte des ‘ragnagnas’ en chant de libération », écrit Élise Thiébaut, pour qui il était « absurde de parler des règles comme s’il s’agissait d’un phénomène étranger – telles la fonte des glaces ou la vie des paysans du Moyen Âge au bord du lac de Constance. »
N’y allons donc pas par quatre chemins !
Les règles, c’est quoi, au juste ?
C’est du « sang suspendu dans un mélange de mucus cervical, de sécrétions vaginales, d’eau et de tissus organiques issus de l’endomètre (…) à chaque cycle, le sang menstruel évacue également un ovule non fécondé, fabriqué à partir d’un ovocyte. »
Peu ragoûtant, dites-vous ? Attendez de lire la suite : « Le fluide menstruel (…) possède un nombre considérable de bactéries permettant de préserver l’équilibre de la flore vaginale, en vue de protéger le vagin et l’utérus des infections. »
Avouez que ça commence à devenir intéressant ! Si, en plus, je vous dis que les règles contiennent des cellules souches, vous savez, les fameuses cellules à l’impressionnant potentiel de guérison et de régénération ? Je ne sais pas vous, mais moi, je ne suis pas loin de leur organiser une cérémonie de réhabilitation, à mes ragnagnas longtemps frappées d’indignité.
« Odeur de marécage et de violettes fanées »
Et c’est peu dire. Dans le chapitre Sang peur et sang reproche, Élise Thiébaut passe en revue les innombrables préjugés avilissants associés aux règles. Des propos qui, émanant de Simone de Beauvoir, ont de quoi choquer : « C’est alors que chez la fillette naît ou s’exagère le dégoût de son corps trop charnel. Et passé la première surprise, le désagrément mensuel ne s’efface pas pour autant : chaque fois, la jeune fille retrouve le même dégoût devant cette odeur fade et croupie qui monte d’elle-même – odeur de marécage, de violettes fanées », écrit le Castor dans Le Deuxième sexe.
Ces mots teintés de mépris de soi sont pourtant d’une exquise subtilité lorsqu’on les compare avec ceux, totalement flippants, de Pline l’Ancien : « Difficilement trouvera-t-on rien qui soit aussi malfaisant que le sang menstruel. Une femme qui a ses règles fait aigrir le vin doux par son approche, en les touchant frappe de stérilité les céréales, de mort les greffes, brûle les plants des jardins ; les fruits de l’arbre contre lequel elle s’est assise tombent ; son regard ternit le poli des miroirs, attaque l’acier et l’éclat de l’ivoire ; les abeilles meurent dans leurs ruches ; la rouille s’empare aussitôt de l’airain et du fer, et une odeur fétide s’en exhale. Les chiens qui goûtent de ce sang deviennent enragés, et leur morsure inocule un poison que rien ne peut guérir. (…) Ce flux d’une telle virulence revient chez la femme tous les trente jours, et il est plus abondant tous les trois mois. » Je prie de toutes mes forces pour que Pline l’Ancien se réincarne à l’infini en cellule endométriale.
Briser le tabou des règles
Je vous laisse imaginer l’impact de ces croyances immémoriales sur l’inconscient des femmes. « Parce qu’elles ont leurs règles, parce que les règles font l’objet d’un tabou, les femmes subissent une forme d’oppression qu’aucun homme ne connaîtra jamais. C’est parce que le sang menstruel est tabou que les femmes souffrent sans remède depuis des millénaires. C’est parce que le sang menstruel est tabou qu’on leur a longtemps interdit de prendre la mer, de chasser, de voter ou d’être élues, de parler en public ou d’assumer des responsabilités politiques ou religieuses », écrit Élise Thiébaut.
Comment s’affranchir de ces préjugés ? Peut-être en faisant comme les Suédois : chanter à la gloire des règles ! À l’image de ce sympathique animateur qui, en octobre 2015, a entonné l’hymne trop mignon Hurra för mens dans une émission pour enfants, histoire de démystifier, dédramatiser un peu ce qui, au fond, n’est qu’un « banal » phénomène anatomique.
En attendant que de bienveillantes et rigolotes campagnes de sensibilisation soient menées sous nos cieux, lire Ceci est mon sang va déjà beaucoup vous aider à vous réconcilier avec vos ovaires, en déconstruisant un discours chargé de honte, de culpabilité et de dégoût, façonné par des siècles de patriarcat.
L’ouvrage vous apportera également des « solutions sang pour sang naturelles », si vous en avez marre des serviettes et autres tampons bourrés de pesticides et de parfums de synthèse. Pour ma part, il y a longtemps que je ne me passe plus de ce fabuleux objet, aussi pratique qu’écologique. (Respire convulsivement dans un sac.)
Je ne pourrai pas faire le tour du livre d’Élise Thiébaut en un seul billet – il faudrait, par exemple, un article complet sur la très invalidante endométriose, véritable plaie dans la vie d’une femme sur dix, et pourtant le cadet des soucis des chercheurs, probablement occupés à résoudre les problèmes d’infertilité de ces messieurs… – C’est pour cela que je vous conseille vivement de vous plonger avec délices dans ces 241 pages pleines d’humour, d’érudition et de réconfort.
Critique parue sur le blog : http://sanaguessouspro.wordpress.com/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Apikrus
  02 mars 2017
Ménopausée depuis quelques années, l'auteure raconte la galère que constituait pour elle la survenue de ses règles. Elle élargit son propos aux autres femmes ayant à subir ce désagrément récurrent.
Au-delà de l'inconfort physique et des douleurs associées pour certaines, elle expose aussi les conséquences sociales de ce phénomène naturel, en remontant dans l'Histoire humaine.
Le ton de cet essai est très agréable. L'auteure a le sens de la formule, employant souvent des expressions imagées et faisant des jeux de mots amusants. Si j'ai apprécié les parties consacrées à la biologie, les passages sur Artémis et la place des règles dans certains mythes m'ont en revanche paru trop longs.
J'ai été sidéré d'apprendre que les fabricants de protections hygiéniques sont dispensés d'afficher la composition détaillée de leurs produits, alors que des études indépendantes y ont décelé la présence de multiples substances chimiques nocives (en faible quantité, certes, mais sans analyse de leurs possibles effets).
Je conseille cet ouvrage instructif et drôle à partir de quinze ans, à tous, aux hommes qui subissent les conséquences de ces 'mystères féminins' - notamment celle de faire les courses pour leurs compagnes/filles comme le ministre Christian Eckert*...
--------------------------------------
* http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2015/10/21/25002-20151021ARTFIG00137-taxe-tampon-critique-christian-eckert-assure-qu-il-connait-le-sujet.php
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
de
  25 janvier 2017
Artemis, ourses, « extraordinaire capacité à inventer des histoires », règles et souffrances…
Elise Thiébaut nous propose des analyses détaillées, pédagogiques et pleines d'humour. Comme quoi, il est bien possible d'écrire, y compris des passages scientifiques, sans se plier aux langages ou aux présentations compliquant la lecture ou la réservant à des initié-e-s, tout en l'illustrant d'éléments biographiques…
Imagine. « Imagine si les hommes étaient aussi dégoûtés par le viol qu'ils le sont par les règles » (Charlie citée par l'auteure). Imagine…
D'abord un tabou, ce truc « dont on évoque l'existence à voix basse avec des mines conspiratrices », un fluide traité différemment des autres fluides corporels, l'objet de multiples mythes et déraisons.
Et pourtant, l'inconfort ou les douleurs, l'« inégalité menstruelle », une expérience d'une banalité absolue, si peu racontée, si peu partagée, « le moment est venu, pour les femmes comme pour les hommes, de réinventer les règles »
Elise Thiébaut aborde, entre autres, les évolution de la durée de fertilité, de l'âge des premières règles, l'ovocyte « un petit phénomène de foire », les bonobos, le « charme peu discret de l'endomètre », les premières règles et la dernière gifle, le devenue femme, « Et tu croyais que j'étais quoi avant ? Un singe ? », les prohibitions alimentaires, la puberté, le filet de sécurité représenté par la pilule pour sa génération, le sentiment de soi, « Je me sentais sale, honteuse, l'odeur de mon corps pour la première fois me déconcertait, et j'avais mal parfois jusqu'à ne pas pouvoir marcher », le sang « sang peur et sang reproche », les mythes, les superstitions, les diverses formes du tabou entourant les règles, les noms de code ou le riche lexique populaire (ailes de papillon, avoir ses fleurs, ses coquelicots, ses jours, ses ourses…)…
L'auteure analyse des positions affirmées au cours de l'histoire, Hippocrate et son « sermon », Pline l'Ancien, Salomon Reinach, Alain Testard, l'Egypte antique…
Elle aborde les stigmates et les tabous, la peur au ventre, les « règles du travail », la mythologie et Artemis, les errances d'une ceinture nommée « ceinture de la Vierge Marie », les hommes et le sang, « d'un coté, quelque chose d'interdit, de caché, de néfaste ; de l'autre quelque chose de sacré, de divin, de puissant », les saignements suivant les trois grandes religions monothéistes « qui ne sont pas toujours amies du sexe récréatif et des boules à paillettes », l'impureté et l'abstinence. Il faudrait donc cacher ce sang que l'on ne saurait voir, traquer les taches, oublier que des millions de femmes n'ont pas accès à « des protections périodiques à un prix raisonnable », accepter une certaine conception de l'hygiène qui ferait que « nous sommes sales durant ces jours-là » !!!
Elise Thiébaut parle ensuite « chiffons », des rites de réclusion, des tampons, du sang rentable (le marché de la protection périodique), des protections d'« hygiène féminine », de l'absence de norme et de l'absence de contrôle sanitaire, de la taxation comme produit de luxe et non comme de première nécessité (et des évolutions récentes), du « champ de bataille de la flore vaginale », des substances cancérigènes ou susceptibles de perturber les équilibres endocriniens, du syndrome du choc toxique, du secret industriel, du silence et de l'opacité des marques, des alternatives possibles dont le bio ou les « solutions sang pour sang naturelles ? » (coupe menstruelle, éponge, du non jetable, flux instinctif libre, etc.)…
Pilule, (ir)régularité des cycles, mythologie lunaire, coïtus interruptus, méthode « Ogino », lettre encyclique pontificale condamnant la contraception, méthode « Billings », valse hormonale, « mauvais sang », syndrome prémenstruel et industrie prospère, endométriose, « dans un monde où l'urgence de répondre à l'impuissance masculine mobilise toutes les énergies, il reste bien peu de place pour le traitement de l'endométriose », hystérie, exorcismes et sorcières, anatomie, « l'anatomie féminine est ainsi parsemée de noms d'hommes qui ont tenu à signer leur découverte, tels des explorateurs plantant leur drapeau sur des terres vierges inexplorées, des graffeurs laissant leur empreinte sur des entrepôts désaffectés ou encore des chiens marquant leur territoire à coup d'urine » … et les cellules souches du sang menstruel et le fantasmes d'éternité alors que « Les maladies dont souffrent les femmes n'ont pas l'air d'être la priorité des chercheurs ».
En conclusion Elise Thiébaut propose de changer les règles, « le temps est peut-être venu de reprendre enfin le pouvoir sur nos vies et de réhabiliter le sang menstruel en créant nos propres règles ».


Lien : https://entreleslignesentrel..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
LeaneBelaqua
  23 février 2017
Il y a des livres qui intriguent. Ceci est mon sang est de ceux-là. J'ai immédiatement été attirée par ce livre. le sujet m'intéresse forcément. Etant une femme, le sujet me concerne. Bah oui, ce livre traite des règles. Des ragnagnas. Des menstrues. Ou plus étonnamment, des ourses. Juste pour ça, il mérite d'être lu.
Ce livre traite donc d'un sujet tabou dans la société actuelle : les menstruations. Et pourtant, c'est quand même quelque chose de naturel qui touche toutes les femmes de la terre, à quelques exceptions près bien évidemment. C'est le postulat de base de l'auteur : parler des règles librement et le plus naturellement du monde. On apprend tout un tas de choses dans cet essai qui est selon également un documentaire. Elise Thiébaut nous parle en connaissance de cause. Femme, désormais ménopausée, atteinte d'endométriose, elle connaît bien le sujet, et elle a fait les recherches qu'il fallait pour le maîtriser sur le bout des doigts. Son ton est d'ailleurs particulier, tantôt ironique, tantôt blasé, souvent moqueur d'ailleurs. Elle nous emmène dans toutes les sociétés et à toutes les époques, parlant des coutumes anciennes, ou encore en vigueur, et des changements opérés, malheureusement pas en faveur des femmes, à travers les époques.
Ce livre est réellement très instructif. J'ai appris beaucoup de choses et je me suis rendu compte que certaines de mes connaissances en la matière étaient erronées. Par exemple, le SCT (Syndrôme de Choc Toxique). J'avais lu l'avertissement dans la boîte de mes tampons quand j'étais adolescente, sans vraiment comprendre ce dont il s'agissait vraiment. Je pensais que c'était une espèce d'allergie au tampon, qui se manifestait dès les premières utilisations. Or, c'est quelque chose de très grave qui pourrait atteindre n'importe quelle femme, quelle que soit son âge et son expérience en matière de protections périodiques. Ce qui est assez flippant, il faut bien l'avouer. Voilà qui me conforte dans mon envie de passer à la coupe menstruelle (bio, bien évidemment). J'aurais bien tenté la tenue du flux libre, mais je ne suis pas sûre d'en avoir vraiment envie. Et si vous vous demandez ce que c'est, lisez le livre !
Je me permets une petite citation de l'auteur, qui elle-même cite une autre personne, assez illuminée.
Difficilement trouvera-t-on rien qui soit aussi malfaisant que le sang menstruel. Une femme qui a ses règles fait aigrir le vin doux par son approche, en les touchant frappe de stérilité les céréales, de mort les greffes[...]. Bien plus, le bitume, substance visqueuse et collante qui, à une certaine époque de l'année, surnage au-dessus des eaux d'un lac de Judée, nommée Asphaltite, ne se laisse diviser par rien, tant il adhère à tout ce qu'il touche, mais se laisse diviser par un fil infecté de ce virus.
Pline, Ier siècle après JC
Certes, ces propos proviennent d'un siècle lointain, mais tout de même ! C'est tout ce qu'il y a de plus surprenant. Et malheureusement, ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan de l'obscurantisme misogyne dont Elise Thiébaut nous offre un aperçu. Cette citation paraît drôle, comme de nombreuses autres anecdotes, mais la sensation qu'on a après cette lecture n'est pas aussi drôle. Au contraire, on se sent révolté, manipulé, trahi. Quelqu'un peut-il me donner une explication valable au fait qu'on accorde beaucoup de temps et d'importance à la recherche pour lutter contre les problèmes d'érection alors qu'on commence à peine à s'intéresser aux douleurs menstruelles, qui peuvent avoir des conséquences graves ? Ou encore qu'est-ce qui justifie le fait que les protections périodiques fassent l'objet de moins de contrôles que les produits cosmétiques ? Tant de questions qui m'intriguent, m'agacent et dont les réponses m'effraient.
Verdict : ♥♥♥♥ C'est vraiment un livre très intéressant. Même en ayant de bonnes connaissances en anatomie (bac S spécialité SVT merci !), j'ai pu apprendre beaucoup de choses, découvrir que le sang menstruel n'a pas toujours été considéré comme honteux et que les femmes sont en danger au moins une fois par mois, que ce soit à cause des produits retrouvés là où il ne devrait pas y en avoir ou à cause d'une maladie invalidante qu'on ne sait toujours pas soigner. A lire absolument, pour se cultiver, mais aussi pour réfléchir.
Lien : http://sweetie-universe.over..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel   23 janvier 2017
Ma première rencontre avec un tampon hygiénique a eu lieu en 1973, deux ans avant que j'aie mes règles. Mon frère, alors âgé de huit ans, avait trouvé dans le placard de ma mère une boîte de Tampax et s'en était servi comme canons pour jouer aux petits soldats. Ma mère jugea que le moment était venu de nous expliquer ce qu'était les menstruations. Mon frère en tira cette conclusion qui nous fait encore rire aujourd'hui : « Donc si je vois un jour une femme qui saigne, ça ne veut pas dire qu'elle a été assassinée ? »
Plusieurs hommes m'ont raconté depuis leur traumatisme d'avoir vu, par hasard, du sang couler d'entre les jambes de leur mère, et l'angoisse qu'ils avaient éprouvée à l'idée que les femmes - toutes les femmes ! - perdaient du sang comme ça, régulièrement, sans pleurer et sans demander un pansement. « Je ne pouvais pas m'ôter de l'idée que quelque chose ou quelqu'un avait fait mal à ma mère », me dit ainsi un ami, qui ne peut écouter la chanson de Léo Ferré, 'Cette blessure' *, sans pleurer à chaudes larmes. Mon frère, en apprenant que des femmes saignaient, avait d'ailleurs annoncé son projet d'aller combattre cet ennemi imaginaire qui s'attaquait à elles, ce qui permettait par la même occasion de conserver au jouet périodique son usage initial d'arme fatale.
Ma mère, qui avait déjà perdu une boîte entière de tampons dans la guerre secrète qu'il menait avec ses petits soldats, changea de cachette, le privant ainsi d'un usage récréatif du Tampax...
(p. 97)

* https://www.youtube.com/watch?v=heKPfMEQXIY ♪♫
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          156
canelcanel   20 janvier 2017
Quand j'étais adolescente, l'expression la plus courante pour dire qu'on avait ses règles dans mon cercle était 'les Anglais ont débarqué'. Je croyais comme tout le monde que cette phrase faisait référence au débarquement de juin 1944 sur la côte normande, mais l'expression remonte en fait à la guerre de 1815 quand les Français ont perdu la bataille de Waterloo [...]. Les Britanniques qui occupèrent alors la France avaient un uniforme rouge, ce qui donna naissance à cette comparaison ironique. Dans certaines familles, les Anglais avaient été remplacés par l'Armée rouge, mais je ne crois pas que mes parents [communistes] auraient supporté que je souille d'une référence à mes menstrues l'héroïsme soviétique qui nous avait sauvés du nazisme.
Aujourd'hui encore, on dit en Belgique ou en Grèce que les Russes sont arrivés, tandis qu'aux Pays-Bas on 'hisse le drapeau rouge', voire le 'drapeau japonais'. Les Hollandais aiment dire que 'La Ferrari est devant la porte' ou que c'est 'le moment des torpilles', en référence aux applicateurs des tampons hygiéniques. Le lexique populaire est riche de formules menstruelles imagées : avoir ses fleurs, ses coquelicots, ses jours, ses lunes, son rosaire pour les plus poétiques, son ketchup ou son coulis de tomates pour les plus gourmandes. A l'étranger, on reçoit souvent de la visite : d'une mémé en Pologne, d'une tante aux Etats-Unis ('Aunt Flo', avec un jeu de mot sur 'flow', qui signifie 'flux'), d'un cousin en Allemagne ou d'un marquis en Italie.
(p. 63-64)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
canelcanel   17 janvier 2017
A ceux qui ne considèrent pas la protection hygiénique comme un produit de première nécessité, j'aimerais rappeler que c'est une des premières choses que demandent les femmes qui vivent dans la rue, dans des zones de guerre ou de grande pauvreté. Parce qu'elles ne disposent pas de protections, des millions d'écolières dans certains pays d'Afrique ne vont tout simplement pas à l'école quand elles ont leurs règles, et utilisent, selon un rapport de l'Unesco, des feuilles sèches, de la boue, de la bouse, des peaux d'animaux, des chiffons ou du papier hygiénique qui les exposent non seulement à l'inconfort, mais aussi aux infections, à plus forte raison quand elles ont été victimes de mutilations sexuelles.*
(p. 125)
* Comme 200 millions de femmes dans le monde, selon les statistiques de l'OMS dans son 'Aide-Mémoire' publié en février 2016.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          186
canelcanel   08 février 2017
[...] après les injections et masturbations d'usage, je fus inséminée un dimanche par un interne italien qui sifflotait 'Avanti o popolo alla riscossa, bandiera rossa trionfera' * tout en poussant sur la seringue qui envoyait les spermatozoïdes de Monsieur Poignet dans mon utérus. L'infirmière me tenait la main en souriant, et m'affirma qu'après les avoir examinés au microscope, elle les trouvait « très sympas ». Je ne savais pas qu'on pouvait distinguer le caractère des spermatozoïdes au microscope. [...]
Neuf mois plus tard ou quasi, je donnais naissance à une petite fille porteuse du patrimoine génétique « très sympa » - même si à l'adolescence ce côté de son caractère s'atténua quelque peu, sans doute en raison du versant maternel sur lequel personne n'avait jugé bon de faire des remarques encourageantes lors des séances de monitorage.
(p. 203-204)
* 'En avant ô peuple, à la révolte, le drapeau rouge triomphera !'
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          164
canelcanel   15 janvier 2017
Pourquoi avons-nous besoin d'un endomètre [muqueuse interne de l'utérus] aussi épais pour accueillir l'embryon ? Ce qui se passe à l'intérieur d'un utérus est une aventure de tous les instants : il y a d'abord la phase de desquamation pendant les règles, puis la phase de régénération, du 5e au 8e jour. Ensuite, ça s'emballe avec la phase de prolifération, puis la phase de transformation glandulaire, et enfin la phase de sécrétion glandulaire. Dans l'intervalle, l'endomètre passe de 0.5 mm au 5e jour du cycle à 3 mm au moment de l'ovulation, puis à 5 mm juste avant les règles. C'est un peu comme si vous décidez de refaire votre salle de bains tous les mois, en enlevant d'abord les enduits et papiers peints, puis en ponçant, en enduisant de nouveau, en repeignant une ou deux couches, voire trois, sans oublier le carrelage et la déco. Et puis à la fin, non, vous recommencez tout.
(p. 23)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
autres livres classés : règlesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (5 - essais )

Roland Barthes : "Fragments d'un discours **** "

amoureux
positiviste
philosophique

20 questions
275 lecteurs ont répondu
Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre
. .