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ISBN : 2226248455
Éditeur : Albin Michel (02/09/2013)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :


La faim, l'appétit, le besoin, le désir et l'envie :

- que recouvrent ces mots ?
- Quelle réalité résonne avec une telle intensité dans nos corps, nos peurs et nos imaginaires ?
- Pourquoi le désir devient-il urgence ?
- Quel « manque » vivons-nous que la nourriture ne comble que de courts moments ?

S'appuyant sur les dernières données physiologiques, neurologiques, métaboliques, le Dr. Marie Thi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Ellane92
  13 mai 2014
"Le but de ce livre est d'essayer de comprendre pourquoi la faim et tout ce qui tourne autour a un tel impact dans nos vies et dans nos imaginaires. Essayer de comprendre l'intensité des émotions soulevées lorsque la régularité ou la sécurité de nos apports semble compromise, même de façon très transitoire."
Que voilà un essai intéressant ! L'auteur est médecin, et c'est sous un angle essentiellement physiologique qu'elle va nous expliquer tout ce qui tourne autour de ce mot si indispensable à la vie humaine : la faim.
Dans la première partie, "La faim, l'appétit, le besoin, le désir et l'envie", elle passe en revue les différents types de faim, qui vont influer sur nos comportements (l'heure de manger par exemple, le côté social qui nous fait manger en groupe, etc…). Elle définit la fonction de la faim : l'homéostasie, c'est-à-dire à permettre à l'organisme de fonctionner en lui apportant des réserves, ainsi que la bonne élaboration et conservation de nos réserves, et différencie ce qui doit nécessairement être apporté tel que (les micronutriments, les vitamines) de ce qui est transformable (protéines, glucides, lipides…). Enfin, elle explique que la faim est un mécanisme qui évolue très lentement, et qu'à l'heure actuelle, notre organisme réagit comme au temps de la préhistoire, où le prochain repas était au mieux aléatoire !
La seconde partie, "La faim au fil de la vie – Apprentissages et conditionnements", reprend, à partir de la naissance, les liens entre l'individu en devenir et la faim : l'absence de faim pendant la vie utérine ; le lait du nourrisson, satiété physique et affective ; l'avènement du repas à la cuillère qui permet l'apprentissage du gout, dans un contexte familial représentatif d'une culture, avec l'apparition des rythmes alimentaires, mais aussi de sommeil, de toilette, de jeux… et qui sont souvent attachés à des chantages affectifs (menaces, fessées, privations… si l'enfant ne mange pas tout ou de tout) ; l'adolescence remet en cause le modèle parental, y compris ce qui concerne le "régime alimentaire" ; l'âge adulte se caractérise par des habitudes alimentaires fortes, inscrites, difficiles à changer profondément et durablement ; enfin, à la vieillesse, manger redevient une des rares sources de plaisir.
La troisième et dernière partie, " Pour en finir avec la peur de manquer. Des mécanismes de sécurité inébranlables", évoque ce qu'il se passe dans l'organisme lorsque nous mangeons ou pas. L'auteur explique le rôle et le fonctionnement des différentes parties du corps qui interviennent dans la faim, la digestion et le stockage et l'utilisation des réserves (puisque le corps agit "homéostasie"). Elle évoque en premier lieu le cerveau "reptilien", le siège de l'homéostasie, qui déclenche, de façon inconsciente et automatique pour l'individu, la faim et le comportement alimentaire associé. Ce "Crocodile", comme elle le surnomme, n'a qu'un seul but : éviter les sensations de déplaisir en maintenant constant le niveau des hormones de plaisir, et donc, provoque la prise alimentaire. C'est le dialogue tube-digestif-cerveau, et la production d'hormones associées, qui permet d'engendrer ce plaisir : à l'heure dite, le cerveau génère une hormone qui provoque sur l'organisme les signaux de faim (gargouillement...), qui ouvre l'appétit et prépare le stockage des aliments ; 15 minutes après les premières prises alimentaires, l'estomac génère une autre hormone pour freiner le repas ; le pancréas à son tour génère une hormone anorexigène dès que le taux de glucose dans le sang est satisfaisant ; l'ensemble provoque une production de dopamine, et d'endomorphine, c'est-à-dire de plaisir, d'apaisement et de satiété. Ensuite, l'auteure passe en revue l'utilisation par les muscles, les organes, etc… des réserves faites.
L'idée de cette troisième partie n'est pas de faire un cours de physiologie sur l'alimentation, la digestion, etc… mais plutôt de montrer d'une part que la prise alimentaire provoque systématiquement, automatiquement et inconsciemment du plaisir, et d'autre part, que l'assimilation et l'utilisation des réserves nutritionnelles est un équilibre délicat qui met en oeuvre de nombreux organes et différentes hormones encore plus nombreuses, et qui dit équilibre délicat, dit dérèglement dudit équilibre.
Et c'est exactement là que veut nous amener Marie Thirion : premièrement, si l'on prive l'organisme de plaisir, trop longuement, trop systématiquement, on peut compter sur "Crocodile" pour se rattraper à la première occasion venue ; et comme son action est complètement inconsciente, il est quasiment impossible de lutter efficacement, et durablement, contre lui. Deuxièmement, à trop jouer sur la corde alimentaire, la régulation hormonale ne joue plus son rôle, et l'organisme crée des résistances à certaines hormones (à l'insuline, c'est le diabète de type 2, mais aussi à la dopamine, ce qui a pour conséquence la compulsion, à la leptine, et l'individu ne ressent plus de satiété), voire à la production de nouvelles hormones, comme la résistine, créée par les tissus graisseux pour éviter qu'on ne les utilise !
Enfin, l'auteur passe à la mitraillette tous les régimes, restrictifs ou non, qui jouent sur la culpabilisation, et qui, au mieux, ne reposent sur aucune données factuelles, et au pire, sont bien souvent dangereux pour la santé (mono-aliments ou catégorie d'aliments, sans suivi médical) et qui auront des conséquences ravageuses pour la suite : fonctionnement en mode "économie d'énergie" de l'organisme, déstockage rapide de graisse pouvant boucher les artères, sur-mobilisation d'un organe, libération d'éléments stockés dans les graisses et que l'organisme ne sait pas gérer (conservateurs, colorants, tous les E machin chose…) etc… Elle en profite pour dézinguer tout un tas d'idées reçues : la quantité d'eau quotidienne (aucune étude n'a prouvé que le litre et demi était nécessaire, la quantité d'eau dépendant de l'activité, du thermomètre, etc…), la répartition glucide-lipide-protide, puisque l'unité de fonctionnement de l'organisme est le glycogène, fabriqué par le foie à partir de n'importe quel type de nutriment énergétique, etc… Quant à une régulation médicamenteuse de la faim, aucune proposition n'est satisfaisante pour le moment, et pour s'en convaincre, on ne peut que lire ce qui s'écrit aujourd'hui autour du "Médiator".
Je me répète, mais j'ai trouvé cet essai vraiment très intéressant, et original tant dans son approche que dans son discours : partir du physiologique pour démonter les discours marketo-psycho-nutritionnels dont on nous abreuve. Selon M. Thirion, la faim est une vraie problématique, qui doit se concevoir au travers d'une approche systémique prenant en compte le circuit du désir et du conditionnement alimentaire, celui de la régulation homéostatique de l'organisme et le pilotage automatique de Crocodile. L'équilibre alimentaire, ce n'est pas la répartition de classes d'aliments, mais c'est un équilibre à concevoir entre l'appétit, le désir, l'attente, la satiété et le plaisir. du coup, la conclusion est un peu déprimante, car s'il n'est pas impossible de changer profondément et durablement de comportement alimentaire, ça reste extrêmement difficile pour un résultat le plus souvent aléatoire. Et au final, c'est par l'éducation de nos chères têtes blondes que viendra le salut de notre société de consommation de produits trop gras, trop salés, trop sucrés !
Passionnant, accessible, parfois drôle, l'essai devrait être reconnu d'utilité publique, et faire la une des magazines dès les premiers rayons du soleil : "Mesdames, perdez 3 kilos en une semaine, reprenez-en 5 d'ici 3 mois, et déréglez pour toujours cet équilibre délicat qui régule votre comportement alimentaire !"
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Ellane92Ellane92   22 juin 2014
Il est intéressant de préciser ici que les chiffres régulièrement trouvés de boisson nécessaire chaque jour sont absolument fantaisistes. Aucune étude n'a jamais prouvé que 1,5 litre par jour est le minimum nécessaire, ni même une bonne moyenne. C'est un chiffre largement répandus par les diététiciens (et les distributeurs d'eau minérale !), car il correspond justement au volume d'une bouteille… Pour une personne au repos, dans une atmosphère tempérée, pas trop sèche, consommant une alimentation variée (également riche en eau), ce chiffre est probablement trois fois trop important. En cas de déplacement, dans un désert torride, il faut parfois compter plus de 5 litres par personne. Les mineurs de fond des mines de charbon descendent dans le puits surchauffé avec 10 à 12 litres chacun par jour.
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Ellane92Ellane92   03 juin 2014
Ce qu'ils [les enfants] apprennent le plus souvent, c'est l'intensité des émotions, le malaise intense que ce comportement [ne pas manger] provoque chez les parents. Découvrir qu'en refusant de se nourrir ils déstabilisent leur entourage est une découverte passionnante… Ils apprendront à en jouer, à la reproduire, et à provoquer de plus en plus fort. Dans bien des cas, le plaisir un peu pervers de provoquer la mère ou le père par un comportement alimentaire qui leur déplait prendra le pas sur le tranquille plaisir hédonique de l'aliment. "Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette", dit la chanson. Dommage.
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Ellane92Ellane92   09 juin 2014
Le problème n'est pas d'arriver à maigrir, mais de maintenir sur la durée la perte ainsi obtenue. Même les magazines féminins du printemps et les dialogues sur les forums sont obligés de le reconnaitre : maigrir, c'est possible, et même facile, rester mince au long cours après avoir été dodu, sans coach personnel ni cuisinier spécialisé est une gageure. Quelles que soient les causes évoquées, les chiffres sont effroyablement parlants : poids initial repris et très souvent dépassé chez 30% des personnes à la fin de la première année, 70% des personnes à 3 ans, 95% à 5 ans. Ces statistiques sont valables pour tous les régimes connus à l'heure actuelle, sans aucune exception. Le battage médiatique autour de telle ou telle réussite relaie soit des chiffres tronqués par des recherches mal construites, soit de pures escroqueries publicitaires.
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Ellane92Ellane92   06 juin 2014
Chaque épisode de faim, chaque moment de repas est un instant d'humanité, une mise en perspective du désir persistant de vivre et de jouir. Si une très vieille personne vous dit qu'elle veut mourir, que ça suffit comme ça, qu'il faut l'aider à partir, ne la croyez pas si elle mange avec appétit et se gave de chocolat. La vie se crée jusqu'à la dernière heure dans les plaisirs du rassasiement. Tant qu'il y a de la faim, il y a de la vie.
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Ellane92Ellane92   26 juin 2014
Les régimes, tous les régimes, surtout s'ils sont rapides, dérèglent définitivement les paramètres de la faim, et tout aussi définitivement les mécanismes de stockage. A chaque réussite transitoire, les dérèglements sont plus marqués, la vitesse de reprise pondérale (effet yoyo) s'accroit, jusqu'au moment où le régime ne marchera plus du tout. Même dans les pires grèves de la faim, le corps arrête un jour de s'autoconsumer. Le poids ne bouge plus, la faim a disparu.
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