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EAN : 9782807001312
204 pages
Éditeur : M.E.O (01/09/2017)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 6 notes)
Résumé :
En 1966, un Boeing de la Sabena en provenance de Bujumbura débarque à l’aéroport de Bruxelles une fillette de six ans, tenant à la main une petite valise brune, que réceptionne un « Monseigneur ». Celui-ci emmène l’enfant, « candidate » à l’adoption.
Soulever le rideau, ouvrir le cadenas de la petite valise brune, c’est parcourir un trajet singulier imbriquée dans une histoire collective longtemps remisée au placard, un secret d’État et d’Église : l’arracheme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Biblioroz
  02 octobre 2017
Je suis bien contente d'avoir coché ce livre lors de la Masse critique de septembre et je remercie Babelio de m'avoir sélectionnée. Merci également aux éditions M.E.O pour cette belle découverte.
France, petite métisse belgo-burundaise de six ans, débarque avec sa petite valise brune. L'état belge et le clergé estiment que ces enfants, nés du fait de la colonisation, représentent peut-être un danger au Burundi. Sous couvert de leur offrir un avenir meilleur, ils sont envoyés en Belgique.
France est donc adoptée. Ses nouveaux parents sont aisés, ils font partie de la petite bourgeoisie belge de Namur.
La petite valise brune est remisée au grenier, France doit oublier son existence au Burundi et cette amnésie a été admirablement orchestrée par le clergé.
Le rideau dissimule de manière opaque la vie d'avant. Mais jusqu'à quel degrés peut-on ensevelir ses propres origines ?
Le style de narration est très original. À lui seul, il est prenant et émouvant. Le « je », c'est la petite fille de naissance, la partie noire, qui a vécu ses premières années au Burundi. C'est cette voix qui nous relate la vie de l'autre, celle qui l'a remplacée à partir de son arrivée en Belgique.
Nous suivons donc le mal-être grandissant de France, son incapacité à être heureuse. Ses difficultés à avancer sont nombreuses et se succèdent dans sa vie d'enfant, d'adolescente et de femme. Cette douleur de ne pas se sentir exister la poursuit. La part d'elle-même, niée, ensevelie, effacée de sa mémoire, arrivera-t-elle à se faire entendre pour pouvoir comprendre la raison de cette adoption ? L'explication de cet arrachement à son pays natal et à sa mère ?
Les phrases sont parlantes et nous éclairent sur les difficultés de ce métissage, sur les problèmes d'identité et d'appartenance. C'est également une petite leçon d'histoire du Burundi et de sa colonisation. Une petite immersion sur cette terre aux couleurs chaudes.
Un récit autobiographique, un roman, une auto-fiction ? Peu importe, c'est un livre prégnant que j'ai dévoré et qui mérite amplement d'être lu !
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daniel_dz
  02 octobre 2017
Françoise Thiry qualifie son livre d'auto-fiction, entendez une fiction inspirée de son histoire personnelle.
France, qui personnifie l'auteur, est née en 1961 au Burundi d'un père belge et d'une mère burundaise. À l'âge de 6 ans, une petite valise brune à la main, elle s'envole pour la Belgique : un monseigneur blanc l'emmène pour la faire adopter par une famille belge. Elle ne comprend pas trop ce qui lui arrive et elle apprend vite qu'elle ne doit pas poser de questions...
France est métisse, mi-blanche, mi-noire et le récit est raconté par sa moitié noire que, pendant des dizaines d'années, elle s'efforce d'effacer, entraînant un mal-être que l'on peut imaginer. Ce n'est qu'à l'approche de la cinquantaine qu'elle pourra rencontrer des membres de la famille de sa mère burundaise. Mais de son père, elle ne saura jamais rien...
Si je ne me trompe, ceci est le premier livre de Françoise Thiry. D'un point de vue strictement littéraire, je ne dirais pas qu'il présage d'une grande carrière d'écrivain; je ne crois d'ailleurs pas que le but premier de l'auteur était de produire une oeuvre littéraire. Par contre, comme il est, le livre est extrêmement touchant. Ses mots sont les siens, sans que personne ne soit venu y ajouter une artificielle couche cosmétique, et c'est bien ainsi car cela nous permet de percevoir tous les efforts de l'auteur pour s'approprier sa propre vie et l'exprimer explicitement avec des mots. Cet effort force le respect, assurément !
Personnellement, je ne connaissais pas cette page de l'histoire de la Belgique. J'aimerais en savoir plus sur les raisons qui ont poussé des Belges à ainsi exiler les métis et quel était exactement le rôle de l'Église. Le livre évoque très brièvement le poids que les métis auraient pû prendre en Afrique au moment de l'indépendance. Mais je ne sais pas quelle proportion de métis ont connu le sort de France.
Bref, je remercie les éditions M.E.O. de m'avoir fait découvrir ce bel ouvrage dans le cadre d'une opération "Masse critique" de Babelio.
Pour la sincérité du témoignage et les questionnements qu'il inspire, je vous en recommande chaleureusement la lecture.
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DHALLUIN
  03 octobre 2017
Sous le rideau de la vie traîne une petite valise brune lourde de sens.
A 6 ans, l'héroïne arrive à l'aéroport de Bruxelles avec sa petite valise brune, accompagnée de Monseigneur ; mulâtresse, elle vient du Burundi et sera adoptée par une riche famille bourgeoise. de ses origines, elle ne sait rien. Toute sa vie, elle recherchera d'où elle vient. Sa vie avec ses parents adoptifs ne se déroule pas sans mal. Elle-même se sent tellement différente du monde qui l'entoure et cet environnement lui est plutôt hostile.
Françoise Thiry n'épargne pas le lecteur. Celui-ci se sent confronté à une réalité dont il ne se rend pas toujours compte : la condition du métis. le métis est trop souvent le fruit d'une colonisation dominatrice. L'auteure nous fait revivre ces années où la bonne éducation couvrait bien des méfaits au mépris des victimes très souvent rejetées. Une réalité que l'on pourrait croire caricaturale si l'auteure même n'en avait pas été victime.
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Taramacha
  30 octobre 2017
Merci tout d'abord aux éditions MEO et babelio car j'ai eu l'occasion de lire ce livre grâce à l'opération masse critique. L'auteur nous fait découvrir le destin méconnu d'enfants métis, nés de relations entre "colons" et colonisés". le déracinement, le silence sur les origines, les difficultés de l'adoption (rencontrées par l'enfant et les parents adoptifs), la quête de soi, la découverte des racines sont autant de sujets abordés avec finesse, subtilité dans ce récit. J'ai surtout apprécié le début et la fin du livre. Ils m'ont réellement touchée. Et le style narratif, original, rend le propos encore plus fort.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
BibliorozBiblioroz   30 septembre 2017
Ils te collent encore comme la poix, ces chuchotements après ton passage, la bouche à demi cachée par la main ; ce mot qui t'a suivie comme une ombre pendant toute ton enfance :
— Voilà la mulâtresse !
Plus tard, tu apprendras la signification : le mot qui provient de l'espagnol mulatto, ou du portugais mulato, le mulet, hybride stérile résultant de la saillie d'une jument par un âne.
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BibliorozBiblioroz   02 octobre 2017
Tu lis et relis ce bout de carton jaune qui fait office de carte de baptême ; tu fixes la date et le lieu de ta naissance. Rien à faire, tu ne te sens pas concernée. Pour le dire plus précisément, tu ne te sens pas née.
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