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EAN : 9782743620998
26 pages
Payot et Rivages (10/03/2010)
3.89/5   31 notes
Résumé :
De tous les arts, le plus difficile est celui de ramper. Cet art sublime est peut-être la plus merveilleuse conquête de l'esprit humain. L'homme de Cour est sans contredit la production la plus curieuse que montre l'espèce humaine. C'est un animal amphibie dans lequel tous les contrastes se trouvent communément rassemblés. Il faut avouer qu'un animal si étrange est difficile à définir : loin d'être connu des autres, il peut à peine se connaître lui-même ; cependant ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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mh17
  07 août 2021
De l'Art de ramper à l'usage des courtisans est un pamphlet d'une ironie mordante qui n'a rien perdu de sa saveur ni de son actualité. Il se lit ou s'écoute (audiocité) très aisément.
le baron d'Holbach (1723-1789) grand philosophe des Lumières revisite ici à sa façon "Le Livre du parfait courtisan" de Castiglione l'écrivain italien de la Renaissance (1478-1529). le courtisan n'est plus un homme idéal mais au contraire un animal indéfinissable, un être protée, un dieu à sept faces bénéficiant de la faveur royale ainsi que de privilèges scandaleux, compte tenu de la totale inutilité de sa fonction. Cependant, c'est pour l' intérêt des courtisans que le Monarque lève les impôts ou fait la guerre. En échange le courtisan doit le flatter, s'aplatir, ramper. Mais que d'efforts à fournir pour parvenir à la maîtrise de cet art ! L"apprenti courtisan doit dompter sa nature depuis le plus jeune âge, s'entraîner à ne jamais montrer ses émotions ni perdre la face. Un vrai spartiate ! Il doit aussi apprendre à renoncer à l'amitié, à sacrifier son honneur, à trahir comme le serpent. Quel héroïsme admirable ! Quelle humilité ! Un saint ! Il a bien mérité honneurs, récompenses et tout notre respect.
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Luniver
  31 mai 2013
Bref essai d'une dizaine de pages dans lequel le baron d'Holbach défend ces curieux animaux tant critiqués que sont les courtisans. Et leurs qualités sont nombreuses ! Ce sont les seuls à ne pas posséder une âme, mais plusieurs ; ils parviennent à transformer les flatteries en argent, ponctionné sur les impôts, pour la plus grande joie du peuple qui les entretient. Et que dire du sacerdoce qu'ils endossent : alors qu'on vante sans cesse les philosophes et les dévots, seuls les courtisans sont capables de l'exploit de se dépouiller de tout amour-propre, de tout orgueil et de toute fierté.
Une critique assez piquante et bien menée, mais un peu courte.
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Erik35
  22 février 2017

UNE LEÇON ÉTERNELLE
Qui, aujourd'hui, se souvient et, mieux encore, lit les oeuvres du Baron Paul-Henri Dietrich d'Holbach ? Bien peu, gageons-le, et nous ne saurions en condamner personne à moins de commencer par soi-même. Et pourtant, c'est fort regrettable !
Savant - cause de ses nombreuses participations à la fameuse Encyclopédie de Diderot et D Alembert - mais aussi avocat, il ne fera oeuvre de philosophe que dans la seconde moitié de sa vie, la plupart du temps sous de nombreux pseudonymes (empruntés à des membres décédés de l'académie, ses textes étant emprunt d'un anticléricalisme et d'un athéisme trop vif pour pouvoir se déclarer ouvertement !). Il vécu, par ailleurs, une vie de noble très aisé et fut, entre autre chose, un ardent défenseur de Diderot auprès du Roi.
C'est en tant que philosophe ami et philanthrope des lumières - mais homme de cour, indubitablement - que de Holbach commet ce rapide texte jubilatoire et réjouissant dans lequel il manie la satire et l'ironie avec un talent proche de celui de ses contemporains, Diderot et Voltaire en tête. Prenant le contre-pieds exact du polémiste dénonçant en le décrivant avec précision et sans humour un état de fait qu'il exècre, le baron des lumières se place du point de vue des courtisans dont il force tant les traits que l'on comprend très vite qu'il les singe, les moque et les dénonce jusqu'à nous rendre insupportable ces personnages bien en cour capable des pires "abjections" (c'est le terme dont il fini par user) pour en arriver à leurs fins : profiter de la faiblesse, de l'orgueil ou de la bêtise du Souverain pour mieux profiter de ses prébendes. Cependant, après avoir très vite saisi la moquerie, d'Holbach n'a de cesse de régler ses comptes avec cette engeance pour laquelle on comprend qu'il n'a pas l'ombre du commencement du moindre respect, les définissant de cette manière dans les dernières lignes de ce violent libelle : "en un mot, un bon courtisan est tellement absorbé dans l'idée de son devoir, qu'il s'enorgueillit souvent de faire des choses auxquelles un honnête laquais ne voudrait jamais se prêter." En voilà un certain nombre rhabillés pour l'hiver !
Quoique ce texte ait pas loin de deux siècles et demi d'ancienneté, ni son propos ni son style élégant, enjoué, précis - dans le plus pur genre polémiste de la grande pensée française du XVIIIème siècle - n'ont pris une ride. Car si nous n'avons plus de Roi, de Souverain héréditaire, on ne peut s'empêcher à tous ces petits courtisans fielleux, mielleux, hypocrites, lâches et souvent méchants entourant les détenteurs de pouvoir, qu'il soit politique, professionnel, associatif, etc. Et les mots du baron à leur propos demeurent plus que jamais actuels, pour notre plus grand plaisir !
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colimasson
  23 août 2012
Ce court Essai sur l'art de ramper à l'usage des courtisans constitue un très bref extrait des oeuvres du baron d'Holbach. Quatorze pages à peine ! et le baron aura fait une apparition éphémère dans notre existence. Heureusement, une biographie succincte accompagne le texte et permet de mieux situer son contexte d'écriture.
On s'en doutait : écrivant avec la plus grande ironie, dans un sérieux emprunté qui se veut aussi sincère que la bonté des sentiments qui poussent les courtisans à s'affaler aux pieds de leurs maîtres, d'Holbach n'épargne pas la caste des marquis qui se soumet aux plus grands dans l'espoir de s'élever à son tour. Partant du principe que ramper est un art, d'Holbach met en place une argumentation implacable visant à montrer, point par point, toutes les qualités que doit revêtir l'âme du courtisan s'il espère surpasser ses concurrents.
Du 18e au 21e siècle, les places convoitées ne sont plus les mêmes mais les processus d'élévation ou de déclassement restent identiques. Ce que d'Holbach décrit dans son essai, on peut le retrouver dans notre quotidien sous des formes amoindries, dissimulées ou détournées. Il n'empêche, le principe à la base de cet étrange comportement de soumission –qu'on pourrait presque ramener à un hara-kiri de l'homme occidental- n'a pas changé. D'où l'extrême pertinence de l'Essai sur l'art de ramper à l'usage des courtisans…
La traversée du texte sera peut-être éphémère (il se lit encore plus rapidement que le fameux Indignez-vous, c'est tout dire), mais il est toutefois certain qu'il laissera un agréable souvenir sur lequel on pourra revenir avec plaisir.
Lien : http://colimasson.over-blog...
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Le_boudoir_litteraire
  19 mars 2012
Un essai philosophique très court (quatorze pages + une biographie du baron d'Holbach) mais d'une justesse et d'un humour décapants !
C'est en utilisant la figure de style de l'antiphrase que le Baron d'Holbach, philosophe du XVIIIe siècle, produit un guide à l'usage du bon courtisan hilarante, dont chaque phrase pourrait faire l'objet d'une citation à part entière.
Le début commence fort avec l'assimilation du courtisan à un animal qui se rapproche de l'être humain par certains aspects mais s'en éloigne sur d'autres (« C'est un animal amphibie« , p. 9). Ce premier paragraphe place le lecteur dans une situation comique qui ne laisse pas indifférent et qui donne envie de lire la suite. D'Holbach étudie le comportement des courtisans à la manière d'un ethnologue.
Quelle est l'image de cet homme étrange qu'est le courtisan ? Hypocrite, sans états d'âme, il ne pense qu'en fonction de son maître puisqu'il n'est intéressé que par sa propre ascension. Aussi, il doit apprendre à ne pas penser par lui-même : »(…) sacrifice généreux qu'ils font sans cesse de leur fierté, de leur hauteur, de leur amour-propre ! », p. 22. Or, parallèlement, la figure du monarque a besoin du courtisan, si bien que ce dernier lui devient supérieur puisque ses exigences sont satisfaites au détriment du bas peuple.
Sans perdre de son actualité, ce texte m'a fait penser aux politiques qui peuvent s'abaisser à ne pas livrer leur avis personnel afin de se ranger au côté du personnage qui leur est supérieur, tel que le président de la République ou le chef de leur parti. Il est parfois désopilant d'avoir l'impression d'entendre parler des chèvres qui se répètent toutes entre elles. Il s'agit sans aucun doute possible des courtisans modernes que nous décrit si bien le Baron d'Holbach !
Je vous conseille vivement cette lecture, qui est un condensé de belles phrases, de philosophie et d'ironie.
Concernant le baron d'Holbach, très proche de Diderot, il a notamment contribué à la rédaction d'articles pour l'Encyclopédie. On appréciera la biographie et bibliographie synthétique de l'auteur dans cet ouvrage.
D'autres citations extraites de cet essai :
- »Ces imbéciles (les philosophes) ne sentent donc point le prix de tous ces sacrifices ? Ils ne réfléchissent point à ce qu'il en doit coûter pour être un bon courtisan ? », p. 12
- »De tous les arts, le plus difficile est celui de ramper », p. 13
- « Un bon courtisan ne doit jamais avoir d'avis, il ne doit avoir que celui de son maître », p. 16
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
PavlikPavlik   22 avril 2018
Les philosophes, qui communément sont des gens de mauvaise humeur, regardent à la vérité le métier de courtisan comme bas, comme infâme, comme celui d'un empoisonneur. Les peuples ingrats ne sentent point toute l'étendue des obligations qu'ils ont à ces grands généreux, qui, pour tenir leur Souverain en belle humeur, se dévouent à l'ennui, se sacrifient à ces caprices, lui immolent continuellement leur honneur, leur probité, leur amour-propre, leur honte et leurs remords ; ces imbéciles ne sentent donc point le prix de tous ces sacrifices ? Ils ne réfléchissent point à ce qu'il en doit coûter pour être un bon courtisan ?
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PavlikPavlik   21 avril 2018
Ce n'est que pour leur intérêt qu'un Monarque doit lever des impôts, faire la paix ou la guerre, imaginer mille inventions ingénieuses pour tourmenter et soutirer ses peuples. En échange de ces soins les courtisans reconnaissants payent le Monarque en complaisances, en assiduités, en flatteries, en bassesses, et le talent de troquer contre des grâces ces importantes marchandises est celui qui sans doute est le plus utile à la Cour.
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Erik35Erik35   22 février 2017
Un véritable courtisan est tenu comme Arlequin d'être l'ami de tout le monde, mais sans avoir la faiblesse de s'attacher à personne ; obligé même de triompher de l'amitié, de la sincérité, ce n'est jamais qu'à l'homme en place que son attachement est dû, et cet attachement doit cesser aussitôt que le pouvoir cesse. Il est indispensable de détester sur-le-champ quiconque a déplu au maître ou au favori en crédit.
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mh17mh17   07 août 2021
Le courtisan doit s’étudier à être affable, affectueux et poli pour tous ceux qui peuvent lui aider et lui nuire ; il ne doit être haut que pour ceux dont il n’a pas besoin. Il doit savoir par cœur le tarif de tous ceux qu’il rencontre, il doit saluer profondément la femme de chambre d’une Dame en crédit, causer familièrement avec le suisse ou le valet de chambre du ministre, caresser le chien du premier commis ; enfin il ne lui est pas permis d’être distrait un instant ; la vie du courtisan est une étude continuelle.
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ElGatoMaloElGatoMalo   21 juillet 2021
[...] de tous les arts, le plus difficile est celui de ramper. Cet art sublime est peut-être la plus merveilleuse conquête de l’esprit humain. La nature a mis dans le cœur de tous les hommes un amour-propre, un orgueil, une fierté qui sont, de toutes les dispositions, les plus pénibles à vaincre. L’âme se révolte contre tout ce qui tend à la déprimer ; elle réagit avec vigueur toutes les fois qu’on la blesse dans cet endroit sensible ; et si de bonne heure on ne contracte l’habitude de combattre, de comprimer, d’écraser ce puissant ressort, il devient impossible de le maîtriser.
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