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ISBN : 2283030951
Éditeur : Buchet-Chastel (23/08/2018)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Printemps 1993. Joaquim, vingt ans, débarque au milieu de Sarajevo assiégée. Armé de son seul appareil photo, il cherche à échapper à son enfance et à se confronter à la mort. Cette mort que vient de choisir sa jeune sœur Viviane, fatiguée d’expier dans l’anorexie un tabou familial jamais levé.

Été 2017. Joaquim apprend le décès de son père. Le temps d’un Paris-Rouen, lui reviennent en rafales les souvenirs de sa famille bourgeoise, apparemment sans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Jolap
  01 septembre 2018
Je remercie les éditions Buchet Chastel et Babelio qui m'ont offert ce livre lors d'une masse critique privilégiée.

Le sujet est grave. Un suicide, une guerre, un enterrement s'articulent, s'entrechoquent, se succèdent, se précèdent ou se bousculent dans la tête du personnage principal Joachim.

Pour être plus claire, Joachim est photographe de guerre. Il a vingt ans et part à Sarajevo pendant deux mois. Il garde très présent le suicide de sa soeur Viviane. Un drame pareil ne peut pas s'oublier. Quelques années plus tard il se rend à l'enterrement de son père. Il a quarante-cinq ans. le film de sa vie s'impose à lui. Des retours sur image, son enfance, ses manques, ses interprétations.
En lisant ce livre j'ai tracé une courbe assez cohérente entre les points marqués par l'auteur. le coup de tonnerre lorsque Viviane s'est suicidée, les bombes entendues à Sarajevo et toujours cette caméra qui se ballade obstinément entre les souvenirs et la réalité, entre une enfance feutrée et pourtant construite sur « du mou » et la guerre si dure qui ne cache rien de son acharnement cruel et violent. J'ai vu peut-être un pont entre la disparition de Viviane, disparition volontaire, irrémédiable, laissant sa traîne de doutes et de culpabilité, et le métier de Joachim qui décide à vingt ans de photographier la guerre, de la fixer droit dans les yeux, d'immortaliser des images alors qu'il n'a rien vu du désarroi de sa soeur, rien vu de l'urgence de la situation. A t-il voulu réparer ?
L'écriture est poétique et sensible. Il est bien difficile d'explorer tant de sentiments forts, de passer son stylo sur tant de cicatrices à peine fermées sans avoir le talent d'émouvoir. Et j'ai souvent été émue !
J'ai trouvé, entre autre, le passage sur l'angoisse particulièrement savoureux parce que tellement bien dit, tellement juste et décrit avec de si belles images. Je le noterai avec grand plaisir dans les citations si ce n'est déjà fait.
Cependant, pour être honnête, j'ai buté sur des passages un peu trop ampoulés à mon goût. L'auteur nous parle « d'ourlet du sommeil simulé » « de la tôle ondulée de sa cage thoracique », « d'homogénéité amoureuse » de « La mère qui dérivait dans une temporalité de plus en plus lacunaire » « d'un laps de temps, pièce maîtresse dans l'architecture du hasard ».
Des phrases directes, épurées se seraient intégrées à merveille dans ce contexte me semble t-il..
Et puis quelques passages un peu lents. J'attendais une autre musique.
Les éclats d'obus, les coups de mitraillette, les flashes de l'enfance, une photographie, un saut dans le vide tout cela est bref, atroce mais bref, spontané, fulgurant. Un clic, un bruit assourdissant, un semblant d'image qui passe à la vitesse de l'éclair. Une situation d'urgence marque son emprise. Et Clac.
Cette remarque très très personnelle ne m'empêche pas de classer ce livre dans la rangée d'ouvrages qui m'ont marquée, que je relirai peut-être un jour et que je ferai circuler sans aucun doute. Il faut bien de temps en temps ergoter sur ce que l'on pense être des moins-values si l'on veut mettre en évidence les points forts plaisants d'une histoire!
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sabine59
  26 août 2018
Une belle découverte, vraiment! Je ne connaissais pas l'auteure, qui a déjà eu plusieurs prix. Et dès les premières pages, j'ai été séduite par l'écriture, tout en poésie et émotion, en pudeur aussi.
Le titre fait immanquablement penser à la chanson de U2 et plus spécialement aux paroles" is there time to be a beauty queen". Cependant, contrairement à mon attente, s'il est question de la guerre en Bosnie et de Sarajevo, du concours de beauté organisé pour conjurer l'horreur, ce n'est surtout que dans la dernière partie du livre.
Le thème essentiel est celui d'un douloureux événement familial, qui a fait perdre ses repères à une famille. C'est la souffrance de Joaquim, de ses parents, après la disparition de sa soeur Viviane à seize ans.
Comment se construire quand on a dix neuf ans au moment des faits? Comment continuer pour un père, une mère?
Le livre est donc une introspection, Joaquim, la quarantaine, égrène ses souvenirs, alors qu'il revient après la mort du dernier membre de la famille, son père , à Rouen, sur les lieux douloureux de l'enfance et de l'adolescence.
Pour survivre, Joaquim avait décidé de partir à l'étranger, comme photographe, dans les zones de conflit. Mais cette fuite en avant, qui le fait se rendre d'abord à Sarajevo en 1993, il la sait inutile:" on n'oublie jamais rien; on escamote ou on enfouit."
Les flash-blacks ramènent le lecteur à l'époque où Viviane était encore vivante, ils nous plongent aussi dans l'enfer de Sarajevo ( les traumatismes des habitants sont extrêmement bien rendus), et évoquent la dégradation familiale.
Les remarques sur la mémoire, l'acte de photographier, les séquelles irréversibles d'un drame familial, le quotidien affreux de civils subissant la guerre sont très justes et nous imprègnent en profondeur.
Un grand merci à Babelio et aux éditions Buchet-Chastel pour m'avoir permis d'entrer dans l'univers d'Ingrid Thobois. Je compte lire d'autres livres de cette auteure très attachante.Si vous avez des titres à me suggérer, je suis prenante!
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tynn
  17 juillet 2018
Voici un joli roman doux amer dont les images fortes me trotteront longtemps dans la tête.
Avec une remarquable sensibilité et une documentation précise concernant les années noires de Sarajevo, Ingrid Thobois nous glisse dans les bagages de Joaquim, photographe de guerre, traînant une histoire familiale dramatique qu'il tente de conjurer en se frottant aux risques du son métier.
L'acte fondateur du globe-trotteur étudiant sera cette plongée dans la ville assiégée, au plus près des populations, dans l'intimité d'une famille qui verra couronner sa reine de beauté 1993, comme un défi à la mort et à l'horreur.
Le livre structuré en deux narrations parallèles sur plusieurs années évoque autant les brisures extérieures, par la zone de conflit, qu'intérieures par la douloureuse résilience d'un vécu familial détruit par un secret.
C'est la reconstruction en sérénité d'un homme qui se joue ici, avec une écriture tout en délicatesse, sur un contexte qui porte haut les idées de fraternité et d'amour familial.
Une très belle réussite.
Je vais m'empresser de découvrir les autres titres de la romancière.
Remerciement à #Netgalley
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mariech
  19 août 2018
Miss Sarajevo , livre reçu lors d'une opération spéciale Masse Critique.
Livre de l'auteur Ingrid Thobois dont j'ai lu un autre roman il y a quelques années , le roi d'Afganistan ne nous a pas mariés , livre que j'avais beaucoup aimé .
Cette lecture Miss Sarajevo m'a encore plus plu , j'ai eu l'impression que l'ecriture de l'auteur était encore plus belle .
Miss Sarajevo le titre est une référence à un concours de beauté organisé lors de la terrible guerre fratricide en Bosnie , guerre ' à nos portes' , ce qui nous semblait inimaginable après la chute du mur de Berlin qui nous berçait de la douce illusion de vivre une période de paix éternelle .
Le roman se compose de deux histoires , cette guerre si troublante parce que si proche , et l'histoire personnelle de Joachim , toute en retenue .
Je pense que c'est cette partie que j'ai le plus aimé , l'histoire de cette famille qui n'a jamais pu mettre des mots sur sa souffrance en pensant bien faire et qui s'est enfoncée dans un mal - être sans retour .
Histoire toute en finesse comme je les aime , il me semble que ma critique ne rend pas hommage à ce livre , alors un seul conseil , lisez le et pendant quelques heures suivez les pas de Joachim de Sarajevo à Rouen , revenez sur les lieux de son enfance et vous lirez un roman qui évoque merveilleusement le temps qui passe , les traces de souvenirs sur nous devenus adultes .
Merci à l'auteur pour ce beau roman , merci à babelio pour cette belle lecture , je vais m'empresser de la conseiller autour de moi .
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isabelleisapure
  07 septembre 2018
Avant tout, je tiens à remercier Babelio et les Editions Buchet Chastel qui m'ont permis grâce à Masse Critique de découvrir la plume sensible et délicate d'Ingrid Thobois.
Je suis toujours curieuse de me plonger dans un roman lorsque je ne sais rien de l'auteur, j'aime cette immersion en terre inconnu.
Et là, je dois dire que j'en ressors tout à fait conquise. J'ai tout aimé dans ce livre à la fois grave et poétique.
J'ai aimé ces histoires qui se chevauchent entre Paris, Rouen et Sarajevo.
J'ai aimé Joaquim, photographe de guerre, en proie à un grand mal être après le suicide de sa soeur et qui part à Sarajevo, ville meurtrie en espérant exorciser ses démons.
J'ai aimé la façon dont l'auteur nous transporte, d'une ville à l'autre, d'un drame à l'autre.
Une histoire personnelle douloureuse qui fait échos à l'histoire d'une ville en proie aux bombardements où l'on tente de survivre en rêvant de devenir « Miss Sarajevo », lorsque l'on ose comme Inela passer outre le danger et défiler en brandissant une pancarte : « Don't let them kill us ».
Sans jamais tomber dans le larmoyant, l'auteure réussit un roman pudique et émouvant.
Une belle lecture.

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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel   24 septembre 2018
Dès son invention, la photographie, thanatopraxie qui ne dit pas son nom, s'est invitée dans la sphère familiale, au premier rang des cérémonies marquant les âges de la vie.
(p. 17)
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LencreuseLencreuse   13 septembre 2018
Tout le monde parle de "travail de deuil". Il n'y a pas de "travail de deuil". Il y a une infinité de portes ouvrant sur une infinité d'autres portes. Il y a le franchissement d'une succession de sas qui n'isolent de rien et ne favorisent aucun passage. Il y a des jours qui se ressemblent tous dans la stupeur de faits devenus irréversibles : ce mot, ce silence, ce geste, cette musique, cet enfant que l'on n'a pas fait, une caresse retenue, l'ensemble de ce qui ne s'écrira pas ou ne s'effacera plus. On franchit le seuil des nuits avec une régularité de bête de somme, et sur le chemin de halage du quotidien, on s'étonne d'être encore capable d'avancer. Il arrive pourtant toujours un matin où une dernière cloison finit par céder, révélant une pièce dont la brusque luminosité oblige à plisser les paupières, faisant sourire la totalité du visage. Progressivement, l'oeil s'habitue pour discerner ce que l'on comprend être un jardin, vaste nuancier de verts grouillant de vie minuscule, éclaboussé de pointillés multicolores. L'odeur s'élève, riche et presque écoeurante. La condensation perle au gras de la végétation. Comme au retour d'un long voyage en mer, on revient à la terre avec une précaution de convalescent. Et c'est là, dans la moiteur de l'humus et son effleure suri de naissance, que l'on comprend être revenu à la vie.
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LencreuseLencreuse   13 septembre 2018
Joaquim ignorait que le temps emporte tout, et que très peu de fratries résistent au courant de devenir adulte. Passé un certain âge, la plupart des frères et soeurs ne partagent plus que des souvenirs qui coïncident rarement. Pourtant, à la mort de l'un, à la mort de l'une, fût-ce à des âges canoniques, ce n'est jamais que celui ou celle de la petite enfance qu'on enterre : cette cadette dont l'arrivée provoqua une perte jamais compensée, cet aîné dont on chercha sa vie entière à se faire aimer.
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JolapJolap   01 septembre 2018
Le propre de l'angoisse est de venir interrompre l'acte le plus anodin, le plus quotidien et de l'enrayer. Elle se glisse dans les plis des draps, de lit défait en lit défait, dessinant une chaîne ininterrompue d'insomnies. Elle traverse le corps de part en part, de cellule en cellule, s'infiltre dans chaque membre, tendon, muscle, nerf. Rien ne sert de lutter. Il faut attendre que les proportions du monde se rétablissent, que l'angoisse redevienne peur, inquiétude et son objet un bibelot dont on pourra bientôt se moquer. (p40)
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sabine59sabine59   21 août 2018

L'imminence du départ, ce spasme entre la certitude d'un quai et le doute d'une destination, déstabilise un grand nombre de voyageurs. On a beau avoir lu les panneaux d'affichage, vérifié les écrans, rien n'y fait: le parallélisme des quais et des trains semble une invite à se tromper de voie, à se tromper de vie.
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