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ISBN : 2020414775
Éditeur : Seuil (28/08/2002)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.46/5 (sur 189 notes)
Résumé :
Voilà un premier roman pas comme les autres... D'abord parce qu'il ne s'agit pas du premier ouvrage de l'auteur. Chantal Thomas a déjà apporté aux lettres des études remarquables, notamment consacrées à Sade et à Thomas Bernhard, fouillant les limites de la littérature. Ensuite parce que Les Adieux à la reine dont l'action se déroule au XVIIIe siècle, n'est pas véritablement un confortable roman histor... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
missmolko1
15 septembre 2012
Première rencontre avec Chantal Thomas et je suis conquise. Les Adieux a la reine débute le 14 juillet 1789, date que tout le monde connait. Et pourtant L'auteure choisit de nous faire vivre trois jours non pas au coté du peuple qui se révolte mais du coté de Versailles, tout près de Marie-Antoinette.
Une approche vraiment très intéressante car on y découvre une Versailles très sale et délabré (ce n'est pas l'image que j'en ai...), les habitudes de la cour qui peu à peu sont chamboulées par la révolte qui monte.
Mis a part quelques longueurs, j'ai vraiment beaucoup apprécié ce roman et il me tarde de découvrir le film qui en découle.
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PiertyM
16 février 2015
Les Adieux à la Reine est d'une originalité saisissante, le livre exploite un aspect de la révolution française qu'on aurait pas soupçonné, il aborde la question des trois journées les plus déterminantes pour la France et surtout pour l'avenir douteux de la royauté, un moment capital où le peuple se met au rendez-vous avec la politique pour faire brandir l'arche de son existence, un moment crucial pour l'histoire de la France mais c'est raconté sous un angle qui n'aurait vraiment pas d'influence sur les trois journées de la révolution, mais ça touche une forme sensibilité, une forme d'humanité qui nous pousse à reconnaître qu'en dehors de la perturbation politique et des divers renversements des situations, il y a eu aussi des coeurs brisés...
En effet, Chantal Thomas nous entraîne dans les couloirs du palais sans pour autant s'appesantir sur la politique, on côtoie les différents personnages de la cour royale sans prétention, c'est parce que c'est fait dans le regard d'un personnage non moins important, c'est Sidonie, la lectrice de la reine marie Antoinette, épouse du roi Louis XVI, qui nous fait découvrir la vie de l'autre coté de la cour royale c'est-à-dire du côté des servants et servantes. La lectrice de la reine nous parle des adieux douloureux de la reine avec un personnage féminin qui occupait beaucoup une place de choix dans son coeur, Gabrielle de Polignac, une comtesse à qui la reine était prête à satisfaire tout genre de caprice. Il fallait bien la protéger contre le mauvais vent qui menaçait déjà la couronne, c'est en cela que la reine va se servir de Sidonie pour guider Gabrielle loin des émeutes surtout qu'elle figurait déjà parmi les cibles à abattre des révolutionnaires.
Un bon voyage ce livre!
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Aela
07 avril 2012
"Les adieux à la reine", c'est le premier roman de Chantal Thomas, spécialiste du XVIIIème siècle et directrice de recherche au CNRS.
Le livre vient d'être adapté au cinéma par Benoît Jacquot.
C'est une chronique précise des premiers jours qui ont suivi la prise de la Bastille.
La narratrice est Agathe Laborde, autrefois lectrice de la reine Marie Antoinette et qui se trouve exilée à Vienne en 1810 au moment où elle raconte les faits.
Les adieux ce sont ceux faits entre la reine Marie Antoinette et sa chère "favorite", Gabrielle de Polignac.
Marie-Antoinette va organiser la fuite de sa favorite et ce moment des adieux va être particulièrement pathétique dans le livre.
Toutefois, cette chronique des premiers jours de la Révolution française ne se résume pas aux relations entre Marie Antoinette et Gabrielle de Polignac.
Chantal Thomas nous livre un portrait saisissant de la société française du 18ème siècle; entre le roi Louis XVI qui n'arrive pas à comprendre que le peuple souhaite exercer le pouvoir, entre une Cour attachée à ses privilèges et qui ne veut pas voir la misère du peuple, entre une reine attachée à ses suivantes mais peu consciente de la réalité, entre le clan Polignac qui ne pense qu'à ses intérêts en oubliant la sécurité de la reine malgré tous les bienfaits qu'elle leur a octroyés, tout est analysé avec finesse ici.
Un très beau livre qui nous donne un nouvel éclairage sur ces moments cruciaux de notre Histoire.
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MissLeo
09 février 2013
Premier roman de Chantal Thomas, par ailleurs auteur d'essais sur Sade, Casanova ou Thomas Bernhard, Les Adieux à la Reine séduit avant tout par sa capacité à restituer l'ambiance de Versailles au cours de ces quelques journées charnières du mois de juillet 1789, qui sonnèrent le glas de la Monarchie Absolue. le personnage de Marie-Antoinette n'est pas du tout au centre du roman, comme le titre pourrait le laisser penser, et les souvenirs de la liseuse évoquent surtout les charmes et les contraintes de la vie à la Cour, dans l'univers clos du château et de son vaste parc : nous suivons Agathe-Sidonie lors de ses promenades dans les jardins, et visitons avec elle la ménagerie, le Hameau de la Reine ou encore le Petit Trianon, croisant par la même une foule de personnages aux attributions clairement définies. Les descriptions sont très détaillées et admirablement réalistes, et nous invitent à ressentir les émotions de la narratrice.
"Même par temps maussade, le ciel de Versailles s'éclaire en fin de journée et c'est, à chaque fois, d'une beauté qui bouleverse. Je l'ai constaté encore ce soir là." (page 50)
Nous prenons connaissance des rites qui accompagnaient les journées du Roi et de la Reine, suivis du lever au coucher par une cohorte de courtisans et d'officiels, et pénétrons dans l'intimité de Marie-Antoinette et de son entourage. La narratrice évoque avec beaucoup de délicatesse les moments passés en compagnie de cette dernière, et son témoignage est sublimé par l'amour et la fascination qu'elle voue à cette souveraine solitaire et mal intégrée.
"Distraitement, elle a enlevé son bonnet de dentelle. Ses cheveux, flous, très blonds, se sont répandus en nuage sur l'oreiller, tandis qu'une puissante odeur de jasmin envahissait la pièce. Une de ses épaules s'est dénudée. Je restais immobile, subjuguée... Je ne pouvais me décider à partir. Je ne sais pas ce que voulait la Reine, mais je voulais toujours davantage." (page 37)
Plus surprenants sont les passages évoquant la puanteur d'un Versailles rongé par les odeurs nauséabondes et les miasmes. On est loin de l'image idyllique renvoyée par la sublime architecture des lieux ! La vie à la Cour semble en réalité bien peu attrayante et pleine de désagréments. Et pourtant, vivre dans le Château était alors le privilège ultime, celui auquel tous aspiraient, quels qu'en soient les inconvénients.

La lectrice assiste impuissante à l'effondrement subit d'un univers dont l'harmonie lui semblait pourtant immuable, ce qui parait effectivement douloureusement absurde et inimaginable. La Bastille tombe. Rien n'a changé, et tout est pourtant différent. Louis XVI, Roi par "accident", pas du tout intéressé par le pouvoir, et Marie-Antoinette, l'étrangère, planant à mille lieues des préoccupations de son peuple, forment un couple royal en complet décalage avec l'agitation qui les entoure. Ils sont dès lors condamnés à subir avec dignité le tumulte de l'Histoire en marche.
"Je l'ai appris depuis. La foule acclame ou insulte n'importe qui, n'importe quoi. L'objet ne compte pas. La foule s'excite de se sentir une foule. Son délire monte à la proportion de ce bizarre phénomène de conscience de soi ou de conscience sans soi. "Je ne suis personne", dit la foule. Multipliée par des milliers, cette nullité est irrésistible. Et je m'y livrais, le temps d'une bouffée d'émotion, compréhensible puisqu'il me semblait entendre, avoir à portée de mes sens, la preuve tangible de l'amour du peuple pour son Roi. Et je l'avais cette preuve, mais j'ignorais alors qu'il pût exister un peuple aussi versatile, aussi rapide à passer des larmes d'attendrissement à l'appel au meurtre que le peuple français..." (page 66)

Agathe-Sidonie Laborde erre désormais dans Versailles, où les derniers vestiges d'une aristocratie en déroute se préparent à la fuite inéluctable. Les nouvelles de la prise de la Bastille parviennent peu à peu au château, et la Cour ne prend pas tout de suite la mesure de la gravité des événements. L'inquiétude monte progressivement, et c'est finalement une peur panique qui s'empare de Versailles, où les langues du petit personnel se délient avec insolence. Choquée, la lectrice surprend une conversation entre deux huissiers de porte qui se moquent avec outrecuidance du si respectable Duc de Richelieu.
"Ils ont eu tous les deux un fou rire. Celui sur la statue s'est laissé glisser de son perchoir. L'autre se roulait de rire. je les observais comme on observe des monstres. Quelles métamorphoses étaient en train de s'emparer de ce lieu et de ceux qu'il abritait ? Ces deux-là qui, auparavant se tenaient muets et raides comme des piquets dans leur habit de drap et n'étaient pas plus vivants que les portes qu'ils gardaient, les voilà qui jactaient de toute la force de leurs poumons, et gesticulaient sur le sol ; ils se pressaient les côtes, gémissaient que ça leur faisaient mal de rire autant, mais l'un des deux répétait "il en peut plus de corriger" et leurs hennissements reprenaient..." (page 126)
Mais où va le monde ???
La reconstitution est minutieuse, et il est passionnant de découvrir la Révolution Française du point de vue de la Cour, quand on nous la présente souvent de celui du Tiers-Etat. La prise de la Bastille est d'abord une simple rumeur, et donne lieu aux suppositions les plus extravagantes, avant que les conséquences de cet événement fondateur ne s'imposent d'elles-mêmes dans l'esprit de tous.
La plume de l'auteur est superbe, et l'on se délecte de ces phrases magnifiques qui parsèment l'ouvrage, évoquant un monde voué à disparaître. N'oublions pas que tout est vu à travers les yeux de la lectrice, dont le regard est forcément nostalgique et sensible à la beauté des lieux où elle vécut pendant plusieurs années une existence heureuse, bercée par la routine du quotidien. La quiétude initiale est vite remplacée par un sentiment d'urgence, et l'on tremble avec Agathe, contrainte d'abandonner la Reine pour s'enfuir avec les Polignac.
Il m'a fallu un peu de temps pour rentrer dans l'histoire (les parties se déroulant à Vienne en 1810 sont me semble-t-il moins réussies), mais je suis ressortie ravie de cette lecture captivante, quoique pas forcément facile d'accès. Ce n'est pas un roman historique traditionnel, dans le sens où il s'agit avant tout du témoignage d'une femme, qui nous livre ses impressions et le fruit de ses réflexions. Certains lecteurs risquent de le trouver un peu long, car trop descriptif. Ce ne fut pas mon cas, et je le recommande sans réserve !

Un excellent roman. Lumineux et captivant !
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thedoc
11 janvier 2016
"Les Adieux à la reine" nous présente le récit d’Agathe-Sidonie Laborde, qui fut seconde-lectrice à la Cour de Marie-Antoinette. L’histoire débute en 1810, à Vienne, là où Sidonie a émigré en compagnie de nombreux autres nobles français après avoir fui les événements de la Révolution. Alors que ces nobles sont rattrapés par l'Histoire de France sous les traits des armées napoléoniennes, l’ancienne lectrice de la reine se souvient... Par flash-back, elle se remémore trois journées, les 14, 15 et 16 juillet 1789, qui ont vu s'effondrer la monarchie française. Tout est perçu à travers ce qu’elle a vécu, vu et entendu. De sa chambre insalubre sous les combles jusqu’aux couloirs sombres d’un château labyrinthique, nous découvrons avec Sidonie la vie à Versailles. Entre ses rencontres avec les membres de l’aristocratie, ses discussions avec les personnes subalternes comme elle, ses moments de lecture – et de complicité – avec la reine qu’elle admire, les heures s’échelonnent lentement et la tension monte inexorablement. Car Paris s’enflamme d’un feu révolutionnaire qui va bientôt gagner Versailles…
Si ce livre nous relate en partie les états d'âme et les difficultés de la vie des nobles français exilés à Vienne, ce sont bien les trois journées de juillet 1789 qui sont pour ma part les plus passionnantes à suivre. A travers le ressenti de Sidonie, le lecteur suit les événements qui inexorablement vont mener à la chute du royaume capétien. Mais Sidonie ne le sait pas, de même que les jeunes ambitieux et vieux aristocrates qui croisent sa route. Bien loin du Versailles qui est donné à voir aux touristes, nous découvrons un palais sombre et inquiétant, trop froid ou trop chaud, trop marécageux, trop grand ou trop étroit. Toute une population bigarrée et de rangs divers s’y côtoie. La nuit du 16 juillet, alors qu’on apprend que le roi a été réveillé en pleine nuit, que la Bastille est prise et que le peuple veut le pouvoir, des scènes presque irréalistes ont lieu. Courtisans, domestiques, chacun est en proie à l’angoisse et à la panique sous l’influence des rumeurs qui courent. Ce sont les yeux de Sidonie qui nous permettent d’assister à cette nuit sans fin et ce sont également eux qui nous présentent une Marie-Antoinette à la fois décidée et légère, mais surtout follement éprise de son amie Gabrielle de Polignac, duchesse flamboyante mais bientôt déchue.
« Les Adieux à la reine » n’appartient pas à ces récits historiques classiques se déroulant sur un période assez longue. Ici, trois jours – mais trois jours essentiels - suffisent à rendre l’ambiance d’une époque, ou plutôt de la fin d’une époque. De plus, le personnage de Sidonie nous permet d’appréhender l’intime et le privé dans l’Histoire, que ce soit dans les couloirs de Versailles ou dans les salons de la reine. Ce sont ici les gens et leur ressenti qui sont mis en valeur et non les événements eux-mêmes. La lenteur du récit nous permet enfin de nous imprégner totalement de l’atmosphère si particulière de la nuit du 16 juillet.
Voici donc un roman historique avant tout porté par ses personnages. Le résultat en est que, avec une écriture très sobre, Chantal Thomas ne relate pas simplement un moment de l’Histoire, elle nous le fait vivre.
J’ai trouvé par ailleurs que l’adaptation cinématographique du livre rendait très bien compte de cette ambiance.
A lire, même pour ceux qui ne sont pas férus d’Histoire !
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Citations & extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
tojaditojadi04 mars 2011
C'était une heure folle pour une séance de lecture régulière , mais la Reine avait très vite introduit l'usage de me faire appeler n'importe quand , lorsque décidément , et même en ayant reculé le plus tard possible l'heure de son coucher , elle sentait que le mécanisme de l'insomnie se mettait en place . Dans ma voix , qui n'avait paru que sourde , et commodément discrète à mon protecteur monsieur de Montdragon , la Reine avait aussi perçu une vertu apaisante . Je pouvais sauter un passage , ou lire deux fois le même , la reine ne le remarquait pas .Elle était sous l'emprise d'un désir d'oubli , d'une invite que , sous-jacente aux mots , ma voix lui portait : Fermez les yeux , reposez-vous . J'accourais , ensommeillée , à peine rajustée , un habit jeté sur ma chemise de nuit .
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AelaAela07 avril 2012
Enfin le Roi a posé une question:
- Cela veut-il pour vous Madame dire quelque chose?
J'ai appris que le peuple en veut pas seulement du pain, il veut aussi le pouvoir.
A ce point d'insanité je suis confondu. Je croyais jusqu'à présent que le pouvoir était un poids de devoirs et de responsabilités dont on héritait, et que l'on acceptait par humilité et respect pour Celui qui nous avait désigné.
Une sorte de malédiction dissimulée sous un manteau d'hermine.
Me serais-je trompé?
Y aurait-il quelque chose de désirable dans le pouvoir?
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missjohndeedmissjohndeed15 avril 2012
A ces mots je reconnus la comtesse Diane de Polignac, j'eus encore plus le désir de l'éclipser, mais je ne l'osai pas : cette femme me téténisait . C'était bien elle ! Elle parlait de dynamique, que nous étions en train de chuter. c'était son style de découvrir en toute situation le mouvement qui pouvait la porter... Elle se campa au milieu de la salle. Aussitôt les hommes se levèrent. Ils s'en voulaient de s'être laissés aller en présence d'une personne aussi considérable. Diane de Polignac, fille de Gabrielle de Polignac, la favorite de la Reine, était massive, sans beauté et subjuguait par son intelligence, sa hauteur. Elle ajoutait à ses "qualités" une violence non dissimulée. On se sentait en face d'elle comme en face d'un chef de guerre, et lorsqu'elle convoitait un homme, elle ne s'embarrassait pas de détours pour l'obtenir. Mais au fond, c'était plutôt avec son frère qu'elle formait un couple. Le duc de Polignac avait des manières séduisantes.
Sa carrière avait été d'une rapidité inconcevable. [...]

Lucide sur les facultés politiques de celle-ci, qui étaient incomparablement supérieures aux siennes, il s'était remis entre ses mains et exécutait à la lettre tout ce qu'elle lui conseillait. Diane avait la détermination, l'audace, un instinct calculateur qui faisait qu'elle détectait dans l'instant ce qui lui était profitable. C'est grâce à ce sens qu'elle avait immédiatement deviné, aux tout premiers signes de l'amitié de la eine pour Gabrielle de Polignac, qu'elle tenait la clef de la toute pusissance. Diane et son frère régnaient sur Versailles, mais ils se servaient pour cela d'un appât : Gabrielle. [...]

Gabrielle avait l'art de traveser les Grands Appartements comme s'il s'était agi d'un jardin privé. Avec une tranquilité qui suspendait le souffle.
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liratouva2liratouva217 janvier 2014
e lisais. Tout s'était tu autour de moi. La Reine écoutait. Je n'avais pas besoin de voir l'expression de son visage pour en être sûre. Cet espace, qui, à mon arrivée, était occupé par le chaos, devenait limpide, ordonné. Il était l'intérieur même de son esprit Je lisais. Il y avait une douceur et une fierté secrète dans ma voix. Elle avait réussi cette merveille: libérer la Reine de l'étau de fureur et de regrets. La Reine s'abandonnait à la suite des mots comme à des notes de musique. Elle renaissait et j'étais l'instrument de sa renaissance ...Mais lorsqu'on annonça Gabrielle de Polignac, la Reine aussitôt m'échappa.
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alzaiaalzaia17 juin 2014
(...) j'entendis : "Rondon de La Tour, comte de mes deux, délivre-moi, nom de Dieu. C'est moi, La Joie, ton valet. Tu m'as oublié, salaud! On se tire et on oublie son nègre. Je suis là à suer sur "L'horoscope contrarié". Je torche des alexandrins. Je trime. Je m'échine :

" Madame, c'est en vain, que vous faisant la cour
Naguère, je vous ai parlé de mon amour.
En vain bandant pour vous mais n'osant vous le dire,
Je crus par des détours pouvoir vous en instruire.
Vous fermâtes l'oreille à mes faibles accents
Et laissâtes brûler mon coeur et mon encens.
Mais les temps sont changés, vous n'êtes plus pucelle,
Quoique sans cesse fraîche, aimable et toujours belle."

C'est beau hein! hein! HEIN! (...) Tu l'aurais pas écrit, toi? Non, bougre ! NON ! NON ! NON ! Pourtant, c'est de toi. Ce sera de toi. Tu vas le signer et on dira Rondon de la Tour vient de nous trousser un chef-d'oeuvre. L'"Horoscope contrarié" est un monument des Belles-Lettres. Ecoute, Rondon, putuain, tu m'as lâché. Taré ! Pourquoi as-tu disparu comme ça, comte vérolé ? Bien sûr que je te mettrai une raclée quand tu me détacheras, mais ce n'est pas pour ça que tu as pris la poudre d'escampette. Quelque chose d'atroce se passe... Il y a un silence effroyable dans les turnes. Les tauliers, on dirait, ont été égorgés. Au secours ! Au secours ! Au secours !
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Videos de Chantal Thomas (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Chantal Thomas
Visite guidée : Elisabeth Louise Vigée le Brun (1755-1842) avec l'écrivain Chantal Thomas .Elisabeth Louise Vigée le Brun, très connue pour ses portraits classiques de Marie-Antoinette. Promenade dans les allées de l'exposition qui lui est consacrée au Grand Palais avec l'auteur des "Adieux à la reine". Elisabeth Louise Vigée le Brun (1755-1842) jusqu'au 11 janvier 2016 aux Galeries nationales du Grand Palais à Paris. Réalisation : Pierrick Allain, Gilles Heuré / Télérama Octobre 2015
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