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EAN : 9782234078048
160 pages
Éditeur : Stock (07/05/2014)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 26 notes)
Résumé :
David Thomas est le maître de l’instantané : ces microfictions sont autant de moments où la vie se fige, tragique ou drôle, au fond qu’importe.
Une femme n’a de plaisir que si on lui lit du Pierre Louÿs pendant l’amour. Deux anciens amants se rencontrent sur le trottoir et n’ont plus rien à se dire.
Un homme vole un rôti comme un acte de folie. Absurde ? Tendre ? Décalé ? Ce livre d’un charme fou ne pourra que séduire celles et ceux qui préfèrent le ri... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
trust_me
  22 mai 2014
65 textes en 150 pages. Des tout petits riens, des instantanés, des polaroïds. Beaucoup d'histoires de couples qui vacillent, mais pas que. Les narrateurs sont des hommes et des femmes qui savent manier l'ironie et ont la répartie cinglante. Des hommes et des femmes désabusés, lucides, d'une sincérité qui ne laisse aucune place à l'orgueil mal placé. C'est un régal absolu, c'est parfois absurde, souvent cruel, toujours très drôle. Et la légèreté de façade cache des réflexions bien plus profondes qu'il n'y parait.
L'exercice est incroyablement difficile. Parvenir à une telle épure et à une telle efficacité en termes d'écriture et de narration relève du tour de force. Et puis l'art de la chute est ici maîtrisé à la perfection. Mes histoires préférées ? Celle du gars seul qui, pour son anniversaire, s'achète un cadeau, le planque dans la maison et quelques jours plus tard s'enfile une bouteille de whisky. « Et une fois que je ne sais plus comment je m'appelle ni s'il fait jour ou nuit, je cherche mon cadeau. Cette année, je l'ai retrouvé. C'était un papillon épinglé dans une boîte. Je ne sais pas ce qui m'a pris de m'offrir un truc pareil. » J'ai aimé aussi celle du gars discret et silencieux, celui qu'on ne remarque jamais mais qui s'explose les oreilles chaque soir avec du hard rock (sans doute parce qu'il m'a rappelé quelqu'un…) ou encore ce dîner guindé où de l'apéritif au digestif, la discussion glisse de « Ah, moi je suis plutôt parc à l'anglaise, les jardins à la française m'ennuie… » à « Comment tu veux que je te branle ? ». Je pourrais en citer des tas d'autres tant les pépites se suivent à chaque page.
Un énorme coup de coeur, donc. Ce recueil, c'est la micro-fiction comme je l'aime, tellement, tellement plus irrévérencieuse que ce que fait Delerm par exemple.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Syl
  08 juillet 2014
"Sort-on jamais de nos montagnes ?". Nous pouvons passer toute une vie, la tête enfouie, à parcourir des galeries souterraines, à rechercher le moindre petit faisceau de lumière. On peut se perdre, mais il faut toujours continuer à avancer…
Doute,
fébrilité,
quête…
"C'est le travail de toute une vie".
Une vie, deux vies… "Ma femme me laisse avoir deux vies. Une le jour et une la nuit. Elle se couche toujours plus tôt que moi, mais elle ne dit rien quand je reste encore éveillée trois ou quatre heures. Elle sait que c'est pendant ces moments-là que j'écris le plus et le mieux. Mais parfois, elle me demande de venir me coucher en même temps qu'elle, pour m'avoir à ses côtés quand elle s'évanouit dans le sommeil. Alors je le fais. Une fois qu'elle est endormie, je reste à côté d'elle, même si mon ordinateur me siffle de venir le nourrir de ce qui me passe par la tête. Quelque chose me dit que je suis plus utile contre son dos."
Confidence,
délicatesse,
tendresse,
ou simplement le pur amour.
Les histoires sont courtes comme un paragraphe, comme deux pages ou quatre pour la plus longue, et racontent avec humour,
légèreté,
fantaisie,
fragilité
et causticité, des instants de vie d'hommes et de femmes.
Ils sont jeunes, vieux, seuls, en couple, bien ou mal accompagnés, en décomposition, en analyse, en expectative, heureux, déconfits, désireux de poursuivre, las d'un quotidien sinistré ou fade, et s'attardent dans ces "instantanés". Leurs réflexions sont les nôtres. Nous avons tous vécu
leurs petits bonheurs,
leurs solitudes,
leurs vides,
leurs souvenirs d'enfance,
leurs désenchantements,
leurs déclarations d'amour,
leurs évidences…
Il est doux de voir à travers une nouvelle, un homme se réfugier dans son cache-nez pour retrouver sa mère, comme s'il se lovait sur sa poitrine… Il est rentré dans une parfumerie, a demandé à la vendeuse de vaporiser son écharpe d'un parfum spécial, il s'est trouvé un square tranquille, s'est assis, a attendu, a fermé les yeux, s'est enseveli dans l'écharpe et s'est rappelé. Besoin de sécurité, d'amour… Maman, j'ai mal à l'âme, tu me manques…
Il y a aussi l'histoire de cette vieille dame qui a connu les horreurs de la guerre, la déportation, deux veuvages, qui a élevé seule ses enfants… toute une vie à trimer… Ils la voient vieille, elle est désormais sur le banc de touche. "Pour un dimanche d'octobre il fait encore beau et doux, ils se disputent pour une histoire de projet de loi concernant une taxe à 1,3% sur l'épargne. Ils disent tous les trois qu'ils ont peur de l'avenir. Je les ai toujours entendus dire ça. Sans doute estiment-ils que je suis trop vieille pour me demander ce que j'en pense, alors je leur propose de se resservir une tasse de thé." Une vision juste de notre monde, de la peine et beaucoup d'élégance.
Et cette femme qui tombe de vélo et qui se retrouve aux urgences… Son mari est fort, un roc, il garde son calme alors qu'elle pisse le sang. En fait ? et elle ne s'en doute pas … il s'en fout. Tout simplement, il s'en fout. Il est "insensible".
Un repas entre amis qui s'étire, et, au "digestifs + digestifs + digestifs", qui prend des voies impudiques et lascives.
C'est impitoyable, intelligent, très bien raconté, précis, si sensible et criant. C'est parfois mélancolique, désabusé, mais souvent drôle. L'éventail déployé nous offre tant de sentiments et d'expériences mâtures et infantiles ! Les histoires se succèdent toutes différentes, on les pénètre, on les reconnaît car elles sont des images de notre société, notre entourage, nos maisons. Ce recueil de nouvelles est délicieux !
Un livre que j'ai plaisir à vous recommander…
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krol-franca
  11 juin 2014
C'est le genre de bouquin qui vous donne un air niais à la lecture… Vous avez toujours un petit sourire en coin !
L'éditeur dit sur la quatrième de couverture que David Thomas est le maître de l'instantané. C'est tout à fait ça. J'avais déjà lu et apprécié La patience des buffles sous la pluie. Là encore, j'ai savouré ces micro-histoires qui savent parfaitement extraire l'essentiel d'une vie. Comme la photographie d'une période !
Absurdes, ironiques, décalées, ces petites fictions sont tout ça à la fois… Il faut un sacré talent pour réussir ce tour de force de nous parler, de parler de nous, avec juste quelques mots bien choisis, bien agencés et sans nous lasser… C'est charmant, tout à fait charmant avec ce qu'il faut de férocité, d'humour, et un petit grain de folie.
Alors, évidemment, toutes n'ont pas eu le même impact sur ma petite personne. Certaines (très peu) m'ont laissée de marbre mais globalement, elles m'ont plutôt séduites.
Livre lu dans le cadre de Masse critique de Babelio. Merci à l'éditeur pour l'envoi du roman.
Lien : http://krolfranca.wordpress...
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LN
  03 juin 2014
Avec tendresse et poésie David Thomas peint des situations cocasses ou plus sordides de la vie quotidienne. Il met en scène des hommes ou des femmes seuls ou mariés, jeunes ou vieux, confrontés à des thématiques universelles : les échecs de la séduction, l'incommunicabilité du couple, les divergences d'opinion concernant l'avenir ce grand inconnu, les ruptures, la solitude de cette femme qui ne veut pas finir sans enfants, inversement, la peur d'être parent et d'engendrer un monstre, celui qui apprend la persévérance à son fils...
Et puis la nostalgie, nostalgie de l'enfance innocente, l'envie de profiter de nos parents qui ne sont pas éternels, de regarder sa mère jardiner jusqu'à la nuit des temps ou d'écouter son père raconter Gargantua :
"Tout petit, je devais avoir quatre ans, mon père nous faisait la lecture à mes frères et à moi, avavnt de nous coucher. Mais plutôt que de nous lire des histoires pour enfants, mon père nous lisait du Rabelais. Il sortait de la bibliothèque un énorme livre illustré, qui me semblait aussi lourd que moi, ete nous nous blotissions contre lui. Je l'écoutais avec les yeux grands ouverts, deux doigts dans la bouche et un autre dans les trous de nez au cas où j'y trouverais queqlue chose d'intéressant, et je ne me lassais jamais, en collant mon oreille contre sa poitrine, d'entendre sa voix chaude nous promener dans la vie de ces géants dont les problèmes intestinaux me réjouissaient. Je me souviens très bien que je riais à me tordre quand mon père imitiait les pets de Gargantua en se pinçant la bouche. Je me souviens très bien que, lorsque j'étais là, sous son bras, je trouvais que la vie était formidable."
Dans une parfaite maîtrise de l'instantané David Thomas sait être subtil et spirituel pour nous parler de nous !
Lien : http://www.lecturissime.com/..
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vicim
  24 juillet 2014
Je suis bien embêtée pour rédiger ce billet puisque j'ai beaucoup de mal à savoir ce que j'ai vraiment pensé de ce recueil de nouvelles. Je n'ai pas détesté, loin de là, j'ai passé un bon moment de lecture mais je ne parlerai pas de pépite comme mes camarades.
J'ai aimé la diversité des personnages, ces hommes et femmes passionnés, amoureux, déçus par la vie, pleins de regrets et je dois bien avouer que David Thomas sait dresser des portraits rapides et saisissants. Ces nouvelles racontent la vie de couple, la vie à deux et son lot de déceptions, de bonheur, d'adrénaline parfois. Il met en avant nos peurs d'Hommes : le temps qui passe, la vie, la mort. L'auteur joue avec les mots et aussi avec les chutes qu'il maîtrise très bien. Les textes sont sans fioriture et très efficaces.
Lien : http://lesbavardagesdesophie..
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critiques presse (1)
Chro   01 juillet 2014
Son univers ? Quotidien, immédiat : des couples, des hommes seuls, des femmes lasses, la plupart du temps urbains, modernes, fatigués, indifférents. Son génie [David Thomas] consiste à les croquer en deux phrases (un record), avec une simplicité déconcertante. A quoi s’ajoute, souvent, une chute impeccable.
Lire la critique sur le site : Chro
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Anis0206Anis0206   10 juin 2017
Ils sont là, dans ma bouche, nombreux. Ils sont prêts à sortir mais je ne sais pas pourquoi je suis incapable de les libérer. Je les garde comme un ruminant conserve longtemps la nourriture entre ses mâchoires, je les garde pour qu’ils finissent tout naturellement par fondre dans ma gorge. Je ne dis pratiquement rien, je suis quelqu’un de très silencieux. Ceux qui vivent avec moi s’en sont accommodés, cela ne les gêne plus. Parfois, j’entends des proches me suggérer que cela me ferait certainement du bien de dire ce que j’ai sur le cœur, ou ce que je pense, ou ce que je ressens. Il m’est arrivé de me laisser convaincre et de penser que, effectivement, s’exprimer était sans doute la meilleure des solutions pour se sentir plus léger, plus souple et faire corps avec les autres et la vie. J’ai essayé, plusieurs fois, mais je n’ai jamais réussi, ça s’est toujours passé de la même façon : j’ouvre la bouche, j’inspire comme quand on est sur le point de prendre la parole, et puis je la referme. Et toujours, cette phrase qui me traverse l’esprit : est-ce bien nécessaire ?
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SylSyl   08 juillet 2014
"... Ma femme me laisse avoir deux vies. Une le jour et une la nuit. Elle se couche toujours plus tôt que moi, mais elle ne dit rien quand je reste encore éveillée trois ou quatre heures. Elle sait que c’est pendant ces moments-là que j’écris le plus et le mieux. Mais parfois, elle me demande de venir me coucher en même temps qu’elle, pour m’avoir à ses côtés quand elle s’évanouit dans le sommeil. Alors je le fais. Une fois qu’elle est endormie, je reste à côté d’elle, même si mon ordinateur me siffle de venir le nourrir de ce qui me passe par la tête. Quelque chose me dit que je suis plus utile contre son dos."
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alouettalouett   14 septembre 2016
J’ai parfois la sensation de m’accrocher de plus en plus aux aspérités de la vie. Ce qui me paraissait comme insignifiant il y a trente ans me semble aujourd’hui lourd, laborieux. Jeune, je n’étais curieux de rien mais je m’émerveillais de tout ; aujourd’hui, si je suis curieux de bien des choses, pratiquement plus rien ne m’étonne. J’étais prêt à tout croire alors que, maintenant, je ne crois presque en plus rien. Avant, j’avais peu d’opinions mais je parlais beaucoup et, paradoxalement, depuis quelques années, plus mon jugement s’aiguise, se précise, s’affine, et plus je me tais. A vingt ans, je voulais rencontrer le plus d’hommes possible, à présent je n’aspire plus qu’à voir la terre et ses paysages
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ValleerieValleerie   11 mars 2016
Je me dis souvent qu'il ne faut jamais négliger les jolies choses, elles sont aux hommes ce que les points d'eau sont aux bêtes.
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SylSyl   08 juillet 2014
"... Pour un dimanche d’octobre il fait encore beau et doux, ils se disputent pour une histoire de projet de loi concernant une taxe à 1,3% sur l’épargne. Ils disent tous les trois qu’ils ont peur de l’avenir. Je les ai toujours entendus dire ça. Sans doute estiment-ils que je suis trop vieille pour me demander ce que j’en pense, alors je leur propose de se resservir une tasse de thé."
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