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Michèle Valencia (Traducteur)
EAN : 9782743603588
400 pages
Payot et Rivages (17/03/2004)
3.89/5   23 notes
Résumé :

Verdon, une bourgade du Nebraska au début du siècle. Une famille de paysans, ou plutôt un clan, aisé et arrogant, s'y lézarde sous les coups conjugués de la mécanisation, de l'endettement, de la loi du profit immédiat, du chemin de fer et de l'exode rural...

Le clan ne résistera pas à une transformation de la société encore mal comprise et encore plus mal vécue.

Pour Lincoln Fargo, le grand©père, la vie est un cadeau qu'on... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Nous sommes au début du 20ème siècle : le train entre en gare de la Ci... Non non : en gare de Verdon, Nebraska.
En descend une des filles de la célèbre famille Fargo, dont le mari a disparu sans laisser de trace, la laissant seule avec un gamin. Elle regagne donc le domicile du patriarche, son père Lincoln Fargo.
La famille est célèbre car elle possède à peu près tout dans le coin, cultivant de vastes terres et ayant placé des rejetons dans les banques, hôtels et autres du patelin.
Sauf que cette vision patriarcale commence à être battue en brèche par l'irruption de la modernité.
Ah ça, la modernité, Lincoln Fargo n'est pas pour : "Que feraient les femmes du droit de vote si elles l'obtenaient ? Que savaient-elles de la politique, des affaires, ou de quoi que ce soit du monde extérieur ? Ça, elles plongeraient immédiatement le pays dans la pagaille. Ce serait un vrai foutoir. Aussi catastrophique que ça l'avait été après 65, quand ils avaient lâché dans la nature tous ces Nègres ignorants."
Mais il va être bien difficile pour le fils de ne pas entendre les sirènes des nouvelles machines agricoles... pour les petits-fils de résister à l'appel de la ville et de ses usines...
Avec une écriture assez incisive, l'auteur nous refait, quelques années après Richard Llewellyn, un "Qu'elle était verte ma vallée" dans le Nebraska.
Très bonne traduction de Michèle Valencia.
Challenge Solidaire 2022
Challenge États-Unis (Nebraska)
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Voici une fresque familiale où l'on retrouve tous les aspects qui font d'une grande famille un revers de toutes les situations ! En effet, Avant l'orage nous relate les péripéties de la famille Fargo, un clan de paysans de Verbon où le patriarche Lincoln Fargo, le grand-père, veille au respect de certains principes familiaux mais avec de nombreuses mutations qui surgissent, elles transforment non seulement la vie elle-même mais aussi des mentalités...
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A Verdon, bourgade du Nebraska, une famille de fermiers autrefois prospère se délite sous l'effet de la modernité ; mais règne toujours en toute puissance, inspirant crainte et respect.
Il y d'abord Lincoln Fargo, le patriarche, personnage fantasque, symbole de l'Amérique. le verbe haut, ce vétéran de la Guerre de Sécession passe son temps à chasser les poules avec sa canne, un cigare noir coincé entre ses lèvres. Il a légué ses terres à son fils aîné, Sherman, arrogant et vénal, qui n'arrive pas à les faire fructifier malgré l'achat de couteuses machines agricoles.
Son autre fils, Grant, est un dandy musard, un "gommeux", un imprimeur dépassé par les nouvelles techniques de la presse.
Sa fille Edie, abandonnée par son mari, tente tant bien que mal d'élever son garnement de fils.
Sa dernière fille, Myrtle, est marié à Alfred, un anglais atteint de la syphilis qu'il tente de soigner avec des pommades au mercure.
Il y a ensuite l'oncle Barkley, un riche banquier qui ne se laisse pas attendrir par la situation financière de sa belle famille. Sa fille Bella, une brune plantureuse aux moeurs légères lui donne du souci.
Il y a enfin Jeff Parker, le cousin un brin dadais, qui fait rire le bourg malgré lui. Son abnégation lui a permis de devenir avocat.

Tous à leur manière sont entraînés dans une chute inexorable, battus par la vieillesse, le progrès, la corruption et la jalousie qui leur ronge le foie. La tension est palpable, l'orage va finir par éclater.

Une grande fresque familiale sous fond de roman noir, ce roman de Jim Thompson, qui n'est pas un polar, est à part dans son oeuvre.
Il aborde de nombreux thèmes au rang desquels les liens de la famille et du mariage, l'enfance, l'adolescence, l'alcoolisme, le commerce et la corruption. Avec une grande acuité Big Jim dépeint l'Amérique rurale d'après la Grande Dépression, confrontée à la modernité et à l'appât du gain.
Les dialogues sont savoureux et la traduction de Michèle Valencia impeccable.

Il y a du Faulkner dans cette histoire !
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Vous avez envie de lire un roman de Jim Thompson ? Ça tombe bien, c'en est un. Et un bon. Vous voulez lire un polar ? Raté ! C'est loin d'en être un. Oh, bien sûr ! Il y a quand même trois morts... dont un de vieillesse. Mais ils sont loin d'être au coeur de l'intrigue. Bref, ce ne sont que des victimes collatérales. Parce que, quand vous suivez les pérégrinations des membres d'une communauté du Nebraska pendant dix ou vingt ans, il y a forcément des événements malheureux. Mais il y en a aussi des bons ! diront certains. Hé bien, en lisant ce roman, ces optimistes risquent de déchanter.

Oui, même si ce n'est pas un polar, ce roman est signé Jim Thompson. C'est donc sans surprise un roman noir. Je n'ai pas encore lu tous ses écrits. Alors, peut-être que... de la même façon qu'il a écrit ce roman hors-genre... a-t-il écrit un roman ou une nouvelle avec une fin heureuse. Je ne suis pas trop gourmand. Juste la fin. :-)

En bref : C'est du Jim Thompson, donc il ne faut pas hésiter le lire si on aime les romans noir. Mais plairait-il à des amateurs de fresques sociales, à l'image des raisins de la colère de John Steinbeck ? Peut-être. J'ai failli écrit « sans doute » mais quand je vois comment certains se lancent dans la lecture de livres qui ne leur conviennent pas parce que « c'est un classique dont on ne dit que du bien »... je prends mes précautions.
Lien : https://livres.gloubik.info/..
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Ce roman de 1946 est la chronique de la famille Fargo du Nebraska. Je ne sais pas si les frères Coen l'ont lu mais l'ambiance et les personnages, l'humour dans un monde dur, a pu les inspirer.

Edie Fargo et son garçonnet Robert arrivent à Verdon par le train . Edie n'a plus de nouvelles de son mari et elle est contrainte de rentrer dans sa famille. Elle devra trouver un travail chez des immigrés allemands qui ont leur propres écoles et leurs exploitations dans la région.

Chapitre après chapitre, nous faisons connaissance avec chacun des membres de la famille. Lincoln Fargo est le patriarche, un dur revenu de tout qui a roulé sa bosse avant de venir s'échouer dans le Nebraska. Il s'exprime encore avec un franc parler choquant, semble se moquer de tout et considère la vie comme un cadeau qu'on vous reprend lentement. Il ne cache pas son mépris pour son plus jeune fils Grant, une sorte de dandy qui boit plus que de raison et couche en secret avec sa cousine, la belle Bella, fille unique du banquier de la ville, qui rêve de sortir de ce coin pourri.
L'autre fils de Lincoln, Sherman, un fermier qui trime dur, se fait rouler par un représentant qui lui vend des machines agricoles. Il est marié à Joséphine, hydropisique, père d'une famille nombreuse, dont les terribles Gus et Ted, qu'on verra grandir et s'en aller loin de leur coin de cambrousse. Mais que peut-il arriver de bon à deux gars comme eux, incapable de rentrer dans le moule ?
Tout une galerie de personnages se déploie comme une frise. Les scènes s'enchaînent en nous les présentant, avec leur naïveté et leur barbarie ( des garnements fouettés jusqu'au handicap par un homme qui ne sait pas encore qu'il est malade) le burlesque (des gamins qui remplacent le lait par de l'eau, des amorces dans un cendrier). La farce est toujours diluée de cruauté (un gamin qui joue un « tour pendable » c'est le moins qu'on puisse dire), l'humour est teinté de corruption, on regarde vivre ces personnages aux lâchetés très humaines pour lesquelles Thompson a une grande tendresse. le drame couve sans cesse et on ne sait jamais quand il va éclater...
On fait une recherche sur le mot « siphyllis », maladie qui affecte la personnalité d'un des personnages.
On voit un monde qui change: un personnage s'étonne d'un magasin moderne où on se sert tout seul et on paie comptant. Un autre ne trouve pas vraiment sain cette manie moderne de construire des wc à l'intérieur des maisons. Un troisième ne comprend pas que la salle de bain soit dans sa chambre d'hôtel et s'attend à devoir la partager.
Un grand roman à la simplicité trompeuse avec des scènes d'anthologie.
Lien : http://killing-ego.blogspot...
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Il s'agissait des employés qui pulvérisaient la peinture, expliqua Simpson, et certains d'entre eux arrivaient à se faire sept dollars par jour. Ce qu'il n'expliqua pas, c'est qu'ils n'avaient plus de dents au bout de six mois, ne voyaient presque plus au bout d'un an et ne pouvaient effectuer ce travail plus de trois ans environ.
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Dans une société qui comptait si peu de membres, la manière dont un homme menait son affaire était rapidement perçue par ses voisins. Donc, si vous voyiez quelqu’un partir du mauvais pied, votre devoir et votre privilège étaient de l’aider à se reprendre.
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Voilà ce qu’était la vie : un cadeau qu’on vous reprenait lentement. Un cadeau qu’il fallait restituer. Vous démarriez avec quelque chose entre les mains et vous finissiez sans rien. On vous enlevait les meilleures choses à la fin, quand vous en aviez le plus besoin. Et quand vous étiez au bout du rouleau, quand il ne vous restait plus de raison de vivre, vous mouriez.
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Les poules étaient devenus insouciantes pendant les mois de sa convalescence et certaines, mêmes, ne l'avaient encore jamais vu ; Il en frappa six avec la poignée de sa canne avant qu'elles puissent se rendre compte que les jours de paix étaient terminés. Il franchit la porte d'un air important, au son de leurs piaillements rauques. Il les maudit joyeusement et se moqua d'elles lorsqu'elles s'enfuirent en exhibant leur derrière rouge cerclé de plumes que la peur dressait en éventail.
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Construire une maison nettement plus belle que celle de votre voisin relevait du mauvais goût ; c’était quelque chose qui ferait jaser, susciterait l’envie et vous ferait taxer du péché mortel d’extravagance. En construire une de mauvaise qualité était tout aussi mal vu. Dans ces communautés dont les membres entretenaient des liens étroits, un homme n’était que très peu maître chez lui et pas du tout à l’extérieur de sa maison.
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Videos de Jim Thompson (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jim Thompson
L?action se déroule sur une journée, un samedi de Pâques. Tôt le matin, la foudre s?abat sur Richard Weatherford, pasteur respecté d?une petite communauté de l?Arkansas. Son jeune amant vient lui réclamer le prix de son silence : 30 000 dollars. Marié, cinq enfants, prêcheur intégriste, toujours prompt à invoquer la figure de Satan pour stigmatiser les homosexuels, embarqué dans une croisade pour la prohibition de l?alcool, Richard va tout faire pour préserver la façade de respectabilité qu?il a patiemment construite. A n?importe quel prix. Au nom du bien. Au bout de ce samedi noir, la petite ville sera à feu et à sang, mais Richard Weatherford aura réussi à sauver sa réputation?
Fils d?un prêcheur baptiste, Jake Hinkson continue à régler ses comptes. Après L?Enfer de Church Street et Sans lendemain, Au nom du bien enfonce le clou avec une rage jouissive. Admirateur de Flannery O?Connor et de Jim Thompson, Hinkson livre un texte polyphonique, radicalement noir, portrait au tranchoir d?une petite communauté étouffante, prisonnière de valeurs hypocrites et d?une morale d?un autre âge. En bon auteur du Sud, il pousse le jeu jusqu?à son paroxysme. La fin, qui se déroule un an plus tard et montre le pasteur dans son prêche de Pâques, droit devant l?armée des âmes bien pensantes, est un monument de cynisme ravageur. Entre-temps, Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche. Michel Abescat Dry County, traduit de l?anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides, éd. Gallmeister, 320 p., 22,60 ?.
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